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ISFA 2002 epreuve de francais

5 pages
I. S. F. A. 2002-2003 __________ _________ Concours d'Entrée ______________ ÉPREUVES DE FRANÇAIS _______________________ ère1 Epreuve : Contraction de texte (2 heures) ème2 Epreuve : Dissertation (1 heure) Les copies de la première épreuve seront rendues au bout de deux heures. Le sujet de la deuxième épreuve sera alors communiqué aux candidats. 1ère EPREUVE CONTRACTION DE TEXTE ------------------------------------- (Durée : 2 heures) Vous résumerez en 250 mots (tolérance + ou - 10 %) ce texte d’environ 2 500 mots, extrait du livre de Tzvetan TODOROV, Mémoire du mal, tentation du bien, Livre de Poche, 2000 Epilogue DEBUT DE SIECLE e Le XX siècle est terminé d’après le calendrier ; il ne continue pas moins de hanter nos mémoires. De celles-ci j’ai voulu, dans les pages qui précèdent, explorer plusieurs facettes selon deux modes complémentaires : analyse conceptuelle des événements et récit des destins individuels. Il me reste à rassembler ici quelques-unes des leçons que j’ai cru pouvoir en tirer et à me demander : Que nous apprennent-elles sur le siècle à venir ? La mémoire elle-même tout d’abord. Le choix qui se présente devant nous n’est pas entre oublier et se souvenir – car l’oubli ne relève pas d’un choix, il échappe au contrôle de notre volonté – mais entre différentes formes de souvenir. Il n’existe pas de devoir de mémoire en soi ; la mémoire peut être mise au service du bien comme du mal, utilisée pour favoriser notre ...
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2002
I. S. F. A.
2002-2003
__________
_________
Concours d'Entrée
______________
ÉPREUVES DE FRANÇAIS
_______________________
1
ère
Epreuve : Contraction de texte (2 heures)
2
ème
Epreuve : Dissertation (1 heure)
Les copies de la première épreuve seront rendues au bout de deux heures.
Le sujet de la deuxième épreuve sera alors communiqué aux candidats.
1ère EPREUVE
CONTRACTION DE TEXTE
-------------------------------------
(Durée : 2 heures)
Vous résumerez en 250 mots (tolérance + ou - 10 %) ce texte d’environ 2 500 mots, extrait du livre
de Tzvetan TODOROV,
Mémoire du mal, tentation du bien
, Livre de Poche, 2000
Epilogue
DEBUT DE SIECLE
Le XX
e
siècle est terminé d’après le calendrier ; il ne continue pas moins de hanter nos mémoires. De celles-ci
j’ai voulu, dans les pages qui précèdent, explorer plusieurs facettes selon deux modes complémentaires : analyse
conceptuelle des événements et récit des destins individuels. Il me reste à rassembler ici quelques-unes des leçons que
j’ai cru pouvoir en tirer et à me demander : Que nous apprennent-elles sur le siècle à venir ?
La mémoire elle-même tout d’abord. Le choix qui se présente devant nous n’est pas entre oublier et se souvenir –
car l’oubli ne relève pas d’un choix, il échappe au contrôle de notre volonté – mais entre différentes formes de souvenir.
Il n’existe pas de devoir de mémoire en soi ; la mémoire peut être mise au service du bien comme du mal, utilisée pour
favoriser notre intérêt égoïste ou le bonheur d’autrui. Le souvenir peut rester stérile, voire nous égarer. Si l’on sacralise
le passé, on s’interdit de le comprendre et d’en tirer des leçons qui concerneront d’autres temps et d’autres lieux, qui
s’appliqueront à de nouveaux acteurs de l’histoire. Mais si, à l’inverse, on le banalise, en le plaquant sur les situations
nouvelles, si l’on y cherche des solutions immédiates aux difficultés présentes, les dégâts ne sont pas moindres : non
seulement on travestit le passé, on méconnaît aussi le présent et on ouvre la voie à l’injustice. La manie analogique n’est
pas moins regrettable que l’obsession littéraliste. Auschwitz et Hitler ont une leçon à nous apprendre, mais ils ne
ressemblent à rien de ce qui s’étale aujourd’hui devant nos yeux. Pour que le passé reste fécond, il faut accepter qu’il
passe par le filtre de l’abstraction, qu’il s’intègre au débat concernant le juste et l’injuste.
Nous aimons à nous réclamer de la « mémoire », pourtant nos conduites ne sont guère plus sages que celles de
nos ancêtres. Nous stigmatisons le racisme ou la violence des autres, nos voisins ou nos grands-parents, ce qui ne nous
empêche pas d’entretenir les nôtres : on n’apprend guère des erreurs des autres. Nous jugeons sévèrement leur
ignorance, ou la facilité avec laquelle ils se sont laissé berner par la propagande ; mais nous en faisons autant, en
prenant pour argent comptant les déclarations de nos présidents et Premiers ministres, reprises avec complaisance par
les médias omniprésents.
Notre rapport au temps a incontestablement évolué. Finie la société traditionnelle, avec sa population stable et
sédentaire, et ses rites bien établis, qu’on était sûr de retrouver d’une année à l’autre. Tout change autour de nous, il faut
acquérir sans cesse de nouvelles informations ; la préservation du passé est menacée. Et l’on préfère aujourd’hui ignorer
le passage du temps : notre imaginaire voudrait nous situer dans un présent perpétuel, où il n’y a pas de place pour les
âges de transition, enfance et vieillesse, sans parler de la mort, dissimulée dans les quartiers réservés de l’hôpital.
Face à cette agression contre son identité – car c’en est une –, face à cette amputation, l’individu moderne
cherche à se défendre. Tout se passe comme s’il s’apercevait avec effroi de l’écoulement de plus en plus accéléré du
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