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27/09/2006
Mondialisation, américanisation, même combat ?
L’assimilation, voire l’amalgame, entre mondialisation et américanisation est souvent faite
par les mouvements altermondialistes. La mondialisation, c'est-à-dire l’accroissement des
échanges entre des espaces de plus en plus dépendants, se traduit par une concurrence accrue
et une mobilité internationale des facteurs de production. Cette notion a aussi une dimension
culturelle qui affecte les civilisations en accentuant leurs similarités dans un espace mondial
contracté. Poser la question de la validité de l’assimilation entre mondialisation et
américanisation revient alors à s’interroger sur l’américanisation du monde et sur le caractère
impérialiste des Etats-Unis. Mais il faut aussi se demander si la mondialisation, comme
traduction à l’échelle mondiale de certaines valeurs libérales, fait du rêve américain une
horizon d’attente mondial. Cet amalgame revient à envisager la mondialisation sur un mode
unique et l’américanisation comme un phénomène monolithique : il est donc nécessaire, pour
appréhender la mondialisation et le rôle qu’y joue les Etats-Unis dans leur complexité, de
distinguer à la fois les valeurs, les dépendances, les modèles que les Etats-Unis diffusent via
la mondialisation dans l’espace mondial et la place économique et géographique qu’ils
occupent dans les échanges, mais aussi de s’interroger sur les formes de mondialisation qui
échappent aux Etats-Unis, ou du moins qui ne contribuent pas à une simple uniformisation
d’un monde devenu à l’image des Etats-Unis.
I-
La mondialisation au rythme américain.
A-
Une hyperpuissance au commande de la mondialisation.
Les Etats-Unis, comme hyperpuissance, joue un rôle capital dans l’accroissement des
échanges (1
ère
puissance à l’importation), la mobilité des capitaux (1
er
récepteur mondial
d’IDE), l’accroissement de la circulation des NTIC et de l’information (Microsoft, c’est 32
milliards de dollars redistribué en 2004 aux seuls actionnaires+CNN+réseau Echelon), la
diffusion d’une culture mondialisée (Hollywood qui a lui seul résume les mécanismes de la
force des Etats-Unis dans la mondialisation , avec un marché homogène, une langue
fédératrice, un melting pot qui reproduit le monde, des films à messages universels). En outre,
189 des FMN (acteurs majeurs de la mondialisation) américaines figures parmi les 500
premières. Toute l’Amérique (des chefs d’entreprises aux productions culturelles et céralières
s’exportent) s’exporte, et attire à elle le monde, ce qui en fait un (le ?) centre de l’espace
mondial.
B-
Les valeurs américaines au source de la mondialisation.
Libéralisme (le libre-échange étant la condition d’existence du processus de mondialisation),
flexibilté,
financiarisation
de
l’économie
(domination
de
Wallstreet,
90
millions
d’actionnaires), tertiarisation de l’économie et de la société (avec en prime un secteur de la
recherche décisif et dominant, avec une
task force
de 8,7 chercheurs pour 1000 actifs) sont
autant de principes et de formes de fonctionnement américains appliqués et conditionnant la
mondialisation.
C-
Une hyperpuissance fortifiée par la mondialisation.
La mondialisation, processus assypétrique, conforte la puissance américaine et favorise
l’économie américaine (pas toujours la société qui entre à tous niveaux dans le principe de
concurrence mondiale). D’autant que d’autres facteurs y contribuent depuis les années 1990 :
l’écroulement du système soviétique, l’intégration de la Russie et de la Chine dans le système
global des échanges, les difficultés que connaît l’Europe entre stabilisation de la croissance et
de l’emploi et établissement de la monnaie unique, dévalorisation du modèle asiatique à cause
des crises-1990,1997.
II-
Une
américanisation
permise
par
une
puissance
globale
et
incontestable
A-
Séduction et domination du
soft power
A la puissance dure dont la
Pax America
est l’expression la plus radicale se conjugue la
puissance culturelle, le
soft power
, qui s’exprime clairement à travers la culture populaire
financée, produite et diffusée par quelques grandes firmes mondialement connues
(McDonald’s, Coca Cola, Disney…). Cette irrésistible puissance de diffusion se lit dans les