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corrigé bac es philosophie 2017

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BAC ES RENDEZ-VOUS LE

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Ajouté le : 15 juin 2017
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BaccalauréatES

Session 2017

Épreuve:Philosophie


Durée de l’épreuve : 4 heures

Coefficient : 4

PROPOSITION DE CORRIGÉ

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1

SUJET 1/.
Être roi de sa raison semble signifier que l'on fait ce que l'onveut, en ce
sens être raisonnable serait ne rencontrer aucunobstacle moral, n'être
limité par aucune autoritéétouffante ou extérieure capable d’influencer.
Cependant, celui qui revendique son indépendance à l'égard de toute loi,
de toute instance dominante, celui-ci ne se condamne-t-il pas à vivre
seul en dehors de tout réseau social ? La raison qui équilibre n’est elle
pas victime d’elle-même?
De plus, la raisonpeut désigner aussi une forme de puissanceliée à un
savoir, et en ce sens respecter une autorité c'est reconnaître les lois de
la nature, c'est donc plutôtune manière degagnersa liberté en se
libérant de son ignorance. Finalement, être en harmonie avecsa raison :
est-ce s'affranchir de touteautorité ou au contraire respecterce qui fait
autorité ? N'est-il pas utopique de vouloir se soustraire à toute loi
sociale, morale ou naturelle ? Alors comment être en phase avec sa
raison ? Ne peut-on pas concilier la raison et « la nécessité autoritariste ?
» Il faudra alorss'interroger sur la possibilité d'être son propre maître en
exerçant son autorité sur soi-même et assumer ainsi ses responsabilités.
1. La raison comme indépendance à l'égard de toute autorité
A. L'affranchissement de toute autorité comme absence de contrainte
« Être en phaseavec ma raison c'est faire tout ce qui me plaît » : cette
idée reçue renvoie à une notion de liberté comme possibilité de tout faire
sans limite ni contrainte. Or, n'être déterminé par rien, c'est n'avoir
même pas un motif de préférer telle ou telle chose. Mais cette liberté
d'indifférence ne permet pas la raison. En effet, dans une fable de
Buridan, un ânequi se trouvait à égale distance dedeux mêmes picotins
d'avoine finit par mourir defaim. L'absence de contrainte ne peut être
qu'une condition négative d'une véritable raison.
La raison comme sentiment immédiat de faire « tout ce qui me plaît »,
c'est-à-dire l'idée d'une volonté absolument indéterminée, s'éprouve
dans l'expérience du choix. La possibilité d'agir sans aucune raison plutôt
qu'une autre est à son paroxysme dans l'idée d'acte gratuit. Ainsi, dans
Les Caves du Vaticande Gide, Lafcadio cherche à se prouver l'absolu de
sa raison par unacte qui ne répond à aucune motivation : il vajeter du
train où il se trouve un vieillard sans défense.
Ainsi revendiquer sa raisoncomme affranchissement par rapport à toute
autorité, c'est vouloir poser sa liberté comme infinie et absolue. Mais
estce seulement possible ?
B. Une raison comme absence de contrainte est-elle possible ?

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Mais suffit-il pour être librede le vouloir ? Le désir de se prouver sa
liberté n'est-il pas déjà un premier motif à l'acte deLafcadio ?Le désir
du meurtre n'est-il pas uneraison inavouée ? Finalement, la raison
n'estelle pas illusoire? Le déterminisme est la doctrine métaphysique qui
affirme que l'ensemble du réel est régi par des relations de cause à effet.
Chaque phénomène seraitdéterminé par une cause, qu'elle soit
physique, psychologique, sociale ou autre. Vouloir s'affranchirde toute
autorité en résistant aux différents déterminismes par sa raison est-il
envisageable ?
La raison, comme possibilité de commencer une nouvelle série de
phénomènes, se présente comme un principe irrationnel, un brin
d'indétermination dans le monde. L'homme, en se croyant la seule
exception qui n'obéit pas aux lois universelles de lanature, seprend
pour « un empire dans un empire » selon Spinoza.La raison comme le
libre arbitre ne seraitqu'une illusion des « hommes qui se croient libres
par cette seule cause qu'ilssont conscients de leurs actions et ignorants
des causes par où ils sont déterminés » (Spinoza,Éthique, III).
Ainsi, s'affranchir de touteautorité, se poser au-delà de touteloi semble
impossible car, qu'on en ait conscience ou non, onest toujours inscrit
dans une formede déterminisme. Faut-il en conclure que la raison n’a
raison de rien ?


SUJET 2

L’art nait de la fascination de l’insaisissable… comme a pu le dire ANDRE
MALRAUX. Une œuvred’art sert l’humanité et se nourrit de l’opinion,
même si celle-cidemeure subjective voire incomplète. Admiré, contesté,
exposé… l’art semble se tourner vers autrui, comme embarqué par les
flots des mouvements du genre humain… mais quel est le vrai but de
l’œuvre d’art ? Peut-on la saisir sans culture ? Dans une première partie,
nous évoquerons le rapport de force qui allie réel et art puis dans une
seconde partie l’alliance entre contemplation et œuvred’art.
Kant pense que l’art doit être avant tout libre, et faire abstraction des
automatismes de la beauté…. C’est exprimer alors les caprices d’un
temps prisonnier des effets de mode que l’éphémère vient renforcer…
Autrui est alors récompensé de ses attentes « artistiques» etparait
satisfait…je mesens doncproche d’une oeuvre si celle-ci répond à mes
principes, mesgoûts, et mes choix : le réel prend le dessus et

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l’imagination del’artiste compose avec le temps etses effets naturels…
que la mode vient conquérir pour l’éternité, cette dernière étant un
recommencement perpétuel… qui attend l’artiste capable de saisir son
instant esthétique !
Finalement, ce rapport de force s’inscrit dans une démarche spirituelle et
Hegel a exprimécette idée. L’œuvre d’art reste libre car elle traverse les
lois du monde sans angoisse ni remord… comme l’homme se rassure à
travers sa foi. C’est ici la définition même d’une nature rendue possible à
travers l’œuvre qui devientlogiquement sacralisée,telle une déesse
tenant dans sesbras le génie dévoilé ! L’imagination prend tout son sens
dans cette logique irrésistible et unique… qu’un style artistique peut
rendre novateur, altruiste et bienveillant. Hume dans ses « essais
esthétiques » eten assumant son empirisme, précise que l’éducation, la
loi et les traditions nous conditionnent toute notre existence et
métamorphosent nos goûts, faisant de nos sensations des impressions
toutes relatives : l’œuvred’art est la première victime de ce constat… Il
faut développerson sens avant de lui en fournir un ! C’est l’ultime
combat de l’artiste et du contemplateur qui marchent… ensemble !

TEXTE DE HOBBES

Ce texte annonce une partie des idées de rousseau bien avant les thèses
de ce dernier… Hobbes désire un état fort, capablede rendreobéissants
tous ses sujets et avec pour principe d’assurer en échange leur sécurité
absolue ! Le pouvoir souverain est le vrai territoire politique car dieu en
est absent… avec ces bases, Hobbes assure ainsi le juste équilibre entre
lois terrestres etlois spirituelles. C’est ici la naissance de l’état prédateur
qui fait de la soumission un acte volontaire et permettant le bien être
collectif… démocratie et libéralisme naissent ensemble pour lemeilleur et
peut être pour le pire! Cependant la théorie de Hobbes ne doit pas être
confondue avecun absolutisme versatile et mauvaiscar le consentement
demeure une idée principaL’hommle pour Hobbes !e n’est donc pas un
animal social : ilagit systématiquement par intérêt… Hobbesn’était il
pas visionnaire ?

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