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DION CASSIUS,
Histoire Romaine
, XLI, 19-25
Marseille refuse de recevoir César.
Siège de cette ville
Les Marseillais sont vaincus par Brutus dans un combat naval
Capitulation de Marseille
19. Seuls de tous les peuples de la Gaule, les habitants de Marseille ne se déclarèrent pas
pour lui et ne, lui ouvrirent point leurs portes. Dans une réponse digne d'être transmise à la
postérité, ils déclarèrent qu'ils étaient les alliés du peuple romain, et aussi bien disposés
pour César que pour Pompée ; qu'ils ne s'inquiétaient pas de savoir quel était celui qui
défendait une mauvaise cause, n'étant pas capables de le reconnaître ; que, s'ils voulaient
l'un ou l'autre venir en ami dans leur ville, ils le recevraient sans armes ; mais qu'ils la
fermeraient à l'un et à l'autre, s'ils se présentaient pour faire la guerre, Assiégés par César,
ils le repoussèrent, et résistèrent longtemps à Trébonius et à Décimus Brutus, qui les
cernèrent ensuite ; car César avait assiégé lui-même, pendant un certain temps, Marseille
dont il croyait s'emparer sans peine (il regardait comme une honte de n'y avoir pas été
reçu, lui qui s'était rendu maître de Rome sans coup férir) ; mais, les habitants ayant tenu
bon, il confia ce siège à d'autres, et marcha en toute hâte vers l'Espagne.
20. II y avait envoyé C. Fabius ; mais, craignant qu'il ne reçût quelque échec s'il soutenait
seul la lutte, César s'y rendit en personne. L'Espagne était gouvernée alors par Afranius et
Pétréius, qui avaient chargé un corps de troupes de défendre le passage des montagnes, et
rassemblé le gros de leur armée à llerda, où ils attendaient les ennemis de pied ferme. Ils
tombèrent à l'improviste sur Fabius, qui, après avoir forcé les troupes préposées à la garde
des Pyrénées, traversait le Sicoris, et massacrèrent un grand nombre de ses soldats
abandonnés par leurs compagnons ; car le pont s'était rompu avant qu'ils l'eussent franchi.
Cet accident servit puissamment Afranius et Pétréius. César arriva bientôt après : il passa le
fleuve sur un autre pont, et les provoqua au combat. Pendant plusieurs jours, ils n'osèrent
pas en venir aux mains avec lui, placèrent leur camp en face du sien et se tinrent
tranquilles. Cette attitude lui inspira une telle confiance qu'il tenta de s'emparer d'une
position très forte, qui se trouvait entre leurs retranchements et Ilerda, espérant les
empêcher de rentrer dans la ville. Afranius, qui avait deviné ses vues, occupa d'avance cette
position, repoussa ceux qui l'attaquaient et les mit en fuite. Pendant qu'il les poursuivait, il
eut à soutenir le choc de ceux qui sortirent de leur camp pour fondre sur lui ; puis, cédant à
dessein, il les attira dans un lieu qui lui était favorable et en tua un plus grand nombre que