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Dossier pédagogique pour les collèges lycées et associations

De
44 pages
Contacts : 17 octobre 2008 Dossier pédagogique pour les collèges, lycées et associations ATD Quart Monde, secrétariat 17 octobre, 33 rue Bergère, 75009 Paris Internet : - Mail : Ce dossier, réalisé pour l'année scolaire 2008-2009, est diffusé avec le soutien du ministère de l'Éducation nationale. Il est aussi diffusé par le CIDEM, dans le cadre de parcours civiques d'éducation à la citoyenneté ( 21ème Journée mondiale du refus de la misère

  • misère

  • droit de l'homme

  • droit fondamental

  • monde passionné de communication… face aux conflits

  • fondateur d'atd quart

  • atd quart


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17 octobre 2008
ème21 Journée mondiale
du refus de la misère
Dossier ppédagogique ppour l les
collèges, l lycées eet aassociations
Contacts :
ATD Quart Monde, secrétariat 17 octobre, 33 rue Bergère, 75009 Paris
Internet : www.oct17.org - Mail : oct17@atd-quartmonde.org
Ce dossier, réalisé pour l'année scolaire 2008-2009, est diffusé avec
le soutien du ministère de l'Éducation nationale.
Il est aussi diffusé par le CIDEM, dans le cadre de parcours civiques
d'éducation à la citoyenneté (www.cidem.org)SOMMAIRE
Ce dossier pédagogique comprend trois parties :
Partie 1 - Réfléchir à la pauvreté et à l’exclusion
avec les élèves des collèges et lycées ? ......................................3 à 13
(une autre version existe pour les écoles, les enfants jusque 12 ans) (10 pages)
Titre I - Origine et sens de cette journée du 17 octobre ...................................... 3 à 6
Titre II - Pourquoi, comment parler de pauvreté, de misère, d’exclusion ? ........ 7 à 11
Titre III - Témoignages d’actions de solidarité menées en lycée ...................... 12 à 13
Partie 2 - Documents pour la classe (24 pages) : ........................................14 à 39
Dossier 1 : textes choisis, et questions pour les analyser, argumenter ............ 14 à 34
Dossier 2 : Quelques aspects socio-économiques de la pauvreté. ..................35 à 39
Partie 3 - Bibliographie (5 pages) ................................................................40 à 43
Quelques suggestions de journaux, livres, chansons, films,
adaptées selon les âges des jeunes, ou pour les enseignants et parents. ............40 à 43
E DOSSIER PÉDAGOGIQUE s’adresse aux enseignants, aux éducateurs, aux animateurs de
jeunes, à la communauté éducative toute entière, pour qu’ils aident les enfants et lesC
jeunes à découvrir les valeurs de fraternité, de solidarité, en refusant, à leur niveau, la
misère et l’exclusion, en agissant pour que tous les enfants et jeunes soient respectés,
réussissent leur scolarité et puissent ainsi trouver, demain, une place utile dans leur
pays, en donnant le meilleur d’eux-mêmes.
Pour en savoir plus…
Ce dossier pédagogique est en ligne sur le site : www.oct17.org rubrique « ce que je peux
faire », puis « agir avec les enfants et les jeunes ». Il peut également être commandé à l’adresse
suivante : à ATD Quart Monde 107 avenue du Général Leclerc - 95480 Pierrelaye (4 € port compris).
Le Mouvement Tapori a édité pour les enfants de 7 à 12 ans une mallette pédagogique
« Ensemble contre la misère, l’Amitié pour vaincre l’exclusion » qui peut être commandée à l’adresse
suivante : 107 avenue du Général Leclerc 95480 Pierrelaye (25 € + 5 € de frais de port).
Un dossier destiné aux écoles, pour les enfants de moins de 12 ans, est aussi disponible sous
forme imprimée (3,5 € port inclus) et peut être commandé à l’adresse suivante : Tapori 33 rue Bergère
75009 Paris. Il peut aussi être téléchargé gratuitement sur le site : www.oct17.org
17 octobre 2008 – Journée mondiale du refus de la misère – Dossier pédagogique pour les collèges, lycées et associations -2/44
?????????Partie 11 -R Réfléchir àà l la ppauvreté eet àà l l’exclusion
aavveecc l leess ééllèèvveess ddeess ccoollllèèggeess eett l lyyccééeess ??
Titre 1 - Origine et sens de cette
« Journée mondiale du refus de la misère »
Le 17 octobre 1987,
des défenseurs des Droits de l’Homme et du Citoyen de tous pays
se sont rassemblés sur ce parvis. Ils ont rendu hommage
aux victimes de la faim, de l’ignorance et de la violence.
Ils ont affirmé leur conviction que la misère n’est pas fatale.
Ils ont proclamé leur solidarité avec ceux qui luttent
à travers le monde pour la détruire.
Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère,
les droits de l’homme sont violés.
S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré.
Joseph Wresinski
Photo d’une célébration devant la Dalle
du Trocadéro à Paris, le 17 octobre 1992
en présence de M. Pérez de Cuéllar.
Ce texte est gravé sur une dalle, scellée le 17 octobre 1987 par Joseph Wrésinski, fondateur du
Mouvement ATD Quart Monde, sur le parvis des droits de l’homme et du citoyen au Trocadéro à
Paris, en présence de 100 000 défenseurs des droits de l’homme de tous pays et de toutes conditions.
Dans l’esprit de ce premier rassemblement, le 17 octobre 1987, la Journée mondiale du refus de la
misère est d’abord une journée à l’honneur des personnes victimes de la misère.
Elle doit leur permettre de s’exprimer dans la fierté et la dignité, de mieux se faire comprendre, de
faire reconnaître leur refus de la misère. Elle doit être l’occasion, pour tous les citoyens, d’entendre
le message de ceux qui vivent la misère, de témoigner et de s’engager avec eux. Chacun a un rôle
à jouer pour que les plus exclus puissent exercer leur propre rôle de citoyens. Rompant radicalement
avec les comportements d’assistance, la journée du 17 octobre peut être pour les enfants, les jeunes,
les adultes qui y participent, un temps de réflexion, d’invention, de rencontre, de solidarité, un vrai
rendez-vous civique.
Dans sa résolution du 22 décembre 1992, l’Assemblée générale des Nations Unies a reconnu cette
journée, et invité les États, les organisations intergouvernementales et non gouvernementales à
organiser des activités nationales pour marquer la journée « en accordant l’attention voulue aux
problèmes spécifiques des personnes les plus pauvres ».
Depuis 1987, seize répliques de cette dalle ont été posées dans différents pays (Allemagne, Belgique,
Burkina Faso, Canada, États-Unis, France, Italie, Philippines, Portugal), invitant les populations à
refuser la misère, aux côtés des plus défavorisés. Des personnes de plus en plus nombreuses
renouvellent cet engagement, chaque 17 octobre.
17 octobre 2008 – Journée mondiale du refus de la misère – Dossier pédagogique pour les collèges, lycées et associations -3/44 La j journée ddu rrefus dde l la mmisère :: uun rrendez-vvous ccivique
pour l le rrespect dde l l’égale ddignité dde ttous
« Tant que les droits fondamentaux ne sont pas effectifs pour
certains, la démocratie est menacée et il est insuffisant de vouloir
la défendre ; le seul combat à mener consiste à se rassembler
pour la faire avancer. »
Geneviève de Gaulle-Anthonioz
La pauvreté et l’exclusion ont de multiples seulement d’atténuer, de soulager provisoire-
visages, dans le monde et dans notre pays. Ce ment, ponctuellement :
n’est pas toujours facile de voir la misère à sa Elle atteint la dignité même des personnes qui
porte et de la comprendre. Un rapport du sont humiliées, car elles ne peuvent plus
Conseil Economique et Social, en 1987, a mis assumer leurs responsabilités familiales,
des mots sur ces situations : professionnelles ou sociales, de manière
autonome.
«La précarité est l’absence d’une ou plusieurs Elle isole, coupe de leur communauté les
des sécurités, notamment celle de l’emploi personnes et familles qui vivent dans la
permettant aux personnes et familles d’assumer misère,
leurs obligations professionnelles, familiales et Elle risque de devenir permanente, durable,
sociales, et de jouir de leurs droits comme le montre la situation de chômeurs de
fondamentaux. L’insécurité qui en résulte (...) longue durée et des personnes qui dépendent
conduit à la grande pauvreté quand elle affecte durablement de l’assistance. Tous perdent
plusieurs domaines de l’existence, qu’elle progressivement espoir de redevenir
devient persistante, qu’elle compromet les autonomes.
chances de réassumer ses responsabilités et de C’est pourquoi le premier but de cette journée
reconquérir ses droits par soi-même dans un est de rendre espoir et courage aux personnes
avenir prévisible. » qui, isolées, n’espèrent plus pouvoir s’en sortir.
Faire respecter cette égale dignité partout et
Les droits fondamentaux sont liés : comment pour tous nécessite un nouvel engagement de
conserver son logement quand on a perdu son chacun dans tous les domaines de notre vie
travail ? Comment apprendre à l’école dans de sociale (travail, école, vie de quartier,
bonnes conditions sans logement décent, sans organisations syndicales, politiques, culturelles,
manger à sa faim ? religieuses...). Il s’agit d’inventer concrètement
Notre pays a adopté en juillet 1998 une loi ensemble les moyens d’avancer vers une société
d’orientation contre les exclusions qui prend respectueuse de la dignité de chacun, en
en considération tous les domaines de la vie reconnaissant comme acteurs indispensables de
(logement, emploi, santé, justice, éducation et cette transformation sociale les personnes et
culture, protection de la famille et de l’enfance). familles qui en sont aujourd’hui les plus exclues.
Elle s’est donnée pour ambition de garantir le
respect de l’égale dignité de tous, par un accès Cet engagement civique permettra à chacun de
effectif à l’ensemble des droits fondamentaux. contribuer, à sa mesure, au respect de l’égale
Cette loi d’orientation relative à la lutte contre dignité de tous les êtres humains et de préparer,
les exclusions a ouvert une nouvelle étape du avec la participation de tous, un avenir sans
combat contre la misère, en affirmant avec force misère.
que la reconnaissance de l’égale dignité de tous
est le fondement de notre vie ensemble.
La misère est un vrai scandale, qu’il s’agit
d’abolir – comme l’a été l’esclavage – et non
17 octobre 2008 – Journée mondiale du refus de la misère – Dossier pédagogique pour les collèges, lycées et associations -4/44ème Le 117 ooctobre 22007, 220 anniversaire
de l la j journée mmondiale ddu rrefus dde l la mmisère
Le 17 octobre 2007, cela a fait 20 ans qu'à l'appel de Joseph
Wresinski, fondateur d'ATD Quart Monde, 100 000 personnes
défenseurs des droits de l'homme se sont rassemblés sur le parvis
des libertés des droits de l'Homme, au Trocadéro, à Paris.
À l'occasion de cet anniversaire, ATD Quart Monde a fait de cette
date un important rendez-vous dans la lutte contre la pauvreté.
(…) En ce 17 octobre 2007
dans nos têtes et dans nos cœurs se bousculent les noms
d'hommes et de femmes, d'enfants de jeunes, de familles
qui nous ont précédés, qui n'en pouvaient plus de la honte,
de ces regards qui les traversaient, comme s'ils étaient transparents.
Le chant qui nous porte ce soir nous unit à leur espérance.
Les voix qui nous rejoignent depuis 150 pays,
à travers la Déclaration de solidarité :
« Refuser la misère, un chemin vers la paix »,
font apparaître dans la lumière cette chaîne de personnes
qui luttent pour la justice et appellent à la fraternité.
Chaîne humaine dans laquelle, vous les enfants,
vous les jeunes, vous êtes devant…
Mais restons vigilants ! L'actualité nous y oblige :
« Les droits de l'homme sont violés »…
Les forts continuent à décider à la place des faibles,
sous prétexte de les protéger….
Osons agir !
Face au changement climatique…
Face à la globalisation de l'économie…
Dans ce monde passionné de communication…
Face aux conflits qui ensanglantent la terre,
osons apprendre de celles et de ceux qui, violentés par une vie insupportable,
portent en eux une paix que le monde ne connaît pas,
une paix bâtie à l'épreuve du pardon….
« S'unir est un devoir sacré »
Donnons-nous les moyens de ce défi !
Ne laissons pas le dernier mot à l'assistance et à la dépendance !…
En ce 17 octobre 2007,
nous réaffirmons avec les artisans de la Déclaration Universelle
des Droits de l'Homme, notre engagement pour un monde,
« où chacun est libre de croire, libéré de la misère et de la terreur ».
Nous réaffirmons, avec tous les acteurs de la Déclaration de Solidarité,
notre responsabilité pour « un monde riche de tout son monde ».
Nous réaffirmons avec les mots de Joseph Wresinski, notre passion
pour « un monde où la justice et le coeur seront enfin réconciliés ».
Extraits du discours prononcé par Eugen Brand, délégué général du
Mouvement international ATD Quart Monde, au Trocadéro, le 17 octobre 2007.
17 octobre 2008 – Journée mondiale du refus de la misère – Dossier pédagogique pour les collèges, lycées et associations -5/44(1)SLAM d’Ami KKarim
J'voulais écrire un beau texte, plein de bons sentiments
Ça parlerait d'un monde meilleur et de rassemblement
Des phrases touchantes, de la douceur quelque chose de consensuel
Un truc un peu abstrait, comme un joli conte de Noël...
Mais maintenant c'est mon stylo qu'a pas été d'accord,
Il m'a dit que raconter la misère ça se faisait pas dans le confort
Que je devais pas oublier en écrivant au chaud devant l'ordinateur
Qu'au bout de ma rue des gens ignoraient, la définition du mot radiateur
(...) C'est pas dans un pays lointain, pas besoin de visa ni de passeport
Pour découvrir l'exclusion, y a qu'à s'balader gare du Nord
Et observer le triste ballet qui se joue sous le panneau des départs
Où se croisent sans se regarder, SDF, et voyageurs en Eurostar
(...) On est tous au fond de nos cœurs des Martin Luther King, des Gandhi
On a tous la place pour recevoir la foi d'un Malcolm X ou d'un Joseph Wresinski
Alors combien de temps encore avant qu'on remette les pieds sur terre ?
Combien de temps avant qu'on refuse tous la misère ?
Je veux plus fermer les yeux, je veux me sentir agressé,
Quand au lieu de la faire disparaître, on me parle de la faire régresser,
C'est comme si on avait offert aux esclaves noirs d'en libérer 20 %
Y a peut-être pas assez de prof d'histoire au sein de nos gouvernements
(...) Moi j'voulais écrire un beau texte, plein de bons sentiments,
Ca parlerait d'un monde meilleur et de rassemblement,
Mais pour écrire autant de courage, y a pas de mots suffisamment forts,
Juste une question, pas compliquée...
... mais combien de temps encore ?
Trocadéro le 17 octobre 2007,
extraits du journal Feuille de Route de novembre 2007
(1) Slam : art d'expression populaire oral, qui se pratique dans les lieux publics sous forme de rencontres et de
joutes oratoires.
17 octobre 2008 – Journée mondiale du refus de la misère – Dossier pédagogique pour les collèges, lycées et associations -6/44Titre 2 - Pourquoi et comment parler de pauvreté,
de misère, d'exclusion, en classe ?
C’est une question à laquelle il n’est pas facile de répondre, pour plusieurs raisons :
Historiquement, c’est une réalité assez mal connue, car elle a surtout été étudiée de l’extérieur, les
personnes vivant ces situations n'ayant que très rarement la possibilité d'exprimer, de décrire elles-
mêmes leur situation.
Vue de l'extérieur, la pauvreté est surtout décrite en termes de manques, sous un angle essentiellement
matériel.
Quelle différence existe-t-il entre pauvreté et misère (ou grande pauvreté) ? Vivre modestement peut
être un choix de pauvreté, volontaire, et cela n’a alors rien de dégradant.
« La misère commence là où sévit la honte », disait le fondateur d’ATD Quart Monde, ayant lui-
même vécu dans la grande pauvreté. Si certaines personnes, par exemple des personnes qui vivent
dans la rue, peuvent donner l’impression de se résigner, d’accepter ce mode de vie, chacun peut
cependant percevoir qu’il s’agit là d’une véritable atteinte à leur dignité. C’est aussi une atteinte à la
dignité des autres êtres humains, au même titre que l’esclavage, réduisant des hommes à une
humiliation extrême, une atteinte à leur dignité. Cette atteinte touche tous les hommes, les uns étant
réduits à la misère, les autres tolérant cette misère à leurs côtés.
Bien appréhender ces réalités qu’on appelle pauvreté, misère, n’est donc pas facile : elles sont
dures pour ceux qui les vivent, mais sont aussi dures à regarder ! D’autant que très peu de personnes
peuvent se croire totalement à l’abri de la misère : les maladies, les catastrophes - naturelles ou non -
les conflits et les guerres, les dégradations de l’environnement, nous l’apprennent, si on se donne la
peine de regarder ce qui se passe autour de nous.
Ceci ne veut pourtant pas dire que nous serions tous égaux face au risque de se retrouver un jour
dans le dénuement le plus total, de se sentir complètement rejeté. Les inégalités ne sont pas réparties
au hasard, elles sont aussi le résultat de l’organisation économique et politique, elles peuvent être
plus ou moins tolérées, ou au contraire combattues par l’organisation communautaire, politique,
sociale, religieuse des pays ou des groupes, à toutes les échelles.
La pauvreté dans le monde n’est pas qu’une question « humanitaire », elle concerne aussi et surtout
l’organisation politique et économique des sociétés et les valeurs qui les fondent.
Provoquer uune rrecherche eet uun cchangement dde r regard…
Dans un esprit de travail volontaire, coopératif, cette recherche pour s’intéresser à la pauvreté
depuis l’école, depuis sa classe, est une excellente occasion pour encourager l’initiative des élèves.
C’est pourquoi il nous semble beaucoup plus intéressant de ne pas proposer trop vite les réponses et
explications, mais plutôt d’éveiller leur curiosité.
Pour les jeunes des collèges et lycées, il s’agit de les inviter progressivement à s’intéresser au
monde dans lequel nous vivons ? Pourquoi y a-t-il tant d’écart de richesses entre certains pays, dits
développés, et d’autres ? Combattre la grande pauvreté, cela implique sans doute de mieux répartir
les richesses produites, mais n’est sans doute pas suffisant, car cela ne peut pas se réduire à prendre
à ceux qui ont trop pour donner à ceux qui n’ont pas assez. C’est aussi permettre à chacun d’apporter
sa contribution, pour ne pas réduire certaines personnes ou groupes à la dépendance, à l’assistance.
Toute personne a une valeur, a des qualités, qu’il s’agit de repérer, de mettre en valeur. Il s’agit de
chercher à quelle place, dans une classe, un groupe, une entreprise, chacun pourra donner de lui-
même, et avoir ainsi la fierté d’apporter sa pierre à la communauté.
Ainsi, cette recherche sur la grande pauvreté - qui ne semble pas d’emblée quelque chose de
facile à travailler, y compris dans une classe - peut devenir un élément fondamental d’une véritable
formation à la citoyenneté, en s’attachant à développer ce que chacun peut comprendre par lui-
même, en lien avec ce qu’il vit concrètement. C’est donc la connaissance du monde dans lequel
nous vivons, l’esprit critique et le sens des responsabilités qu’il s'agit d'encourager.
17 octobre 2008 – Journée mondiale du refus de la misère – Dossier pédagogique pour les collèges, lycées et associations -7/44Une ddéfinition dde l la ggrande ppauvreté ::
Pour la première fois, en février 1987, le Conseil économique et social donne une définition de la
pauvreté en France, dans son rapport intitulé :
« Grande pauvreté et précarité économique et sociale »
La précarité est l’absence d’une ou plusieurs des sécurités, notamment celle de
l’emploi, permettant aux personnes et familles d’assumer leurs obligations
professionnelles, familiales et sociales, et de jouir de leurs droits fondamentaux.
L’insécurité qui en résulte peut être plus ou moins étendue et avoir des
conséquences plus ou moins graves et définitives. Elle conduit à la grande
pauvreté quand elle affecte plusieurs domaines de l’existence, qu’elle devient
persistante, qu’elle compromet les chances de réassumer ses responsabilités et de
reconquérir ses droits par soi-même, dans un avenir prévisible. [...]
Les propositions (de ce rapport du CES) intéressent directement la population
actuellement en grande pauvreté ou menacée par elle, composée par des
personnes en âge de travailler, mais le plus souvent sans travail, sans qualification
et sans sécurité de ressources minima. Sont pris en compte les parents, les enfants
et les jeunes, mais aussi la cellule familiale en tant que telle.
La pauvreté est ainsi définie en référence aux droits fondamentaux ; le lien entre les différentes
précarités, leur cumul éventuel et leur durée permettent une approche plus juste de la réalité, et donc
une meilleure définition des politiques de lutte contre la grande pauvreté.
On est d’autant plus pauvre que les manques sont nombreux, touchent plusieurs domaines en même
temps. Ces domaines concernent les six droits fondamentaux, dont le respect est une condition pour
vivre dignement :
1. les moyens convenables d’existence, en priorité par l’emploi et la formation,
2. le logement,
3. la promotion de la santé et l’accès aux soins,
4. le droit de vivre en famille,
5. l’accès à une égale justice,
6. l’éducation et la culture.
Combattre la grande pauvreté et l’exclusion nécessite donc de garantir l’accès simultané à tous ces
droits fondamentaux.
Mais on « tombe » rarement dans la grande pauvreté par hasard, ceux qui vivent dans la misère ont
le plus souvent une longue histoire derrière eux, qui remonte parfois à plusieurs générations.
D’où la nécessité de concevoir aussi les moyens de combattre la grande pauvreté et l’exclusion
dans la durée.
17 octobre 2008 – Journée mondiale du refus de la misère – Dossier pédagogique pour les collèges, lycées et associations -8/44Quelques repères :
Il nous semble important de tenir compte de plusieurs orientations pour mener à bien un travail de
découverte de la pauvreté :
1. Prendre la réalité dans toutes ses dimensions : la misère est sans doute matérielle, mais elle est
aussi une réalité culturelle, et elle implique aussi les relations aux autres, des mécanismes
d’exclusion. Lutter contre la misère et l’exclusion ne peut se limiter à soulager ses effets par une
aide financière ; il faut agir aussi sur les causes, culturelles, pour que les personnes retrouvent leur
autonomie : « Apprendre à pêcher, plutôt que donner du poisson », dit un proverbe chinois.
2. Ne pas se contenter d’un regard extérieur : il nous semble essentiel de chercher à connaître ce que
disent et font les personnes qui vivent la pauvreté, pour les associer d’emblée aux recherches de
solutions.
3. Ne pas se contenter de rechercher une connaissance lointaine, à l’autre bout du monde. Cela
réduirait la possibilité que la prise de conscience débouche sur des engagements concrets. La
misère existe aussi à notre porte. Cela n'interdit pas, évidemment, de s'intéresser aussi à ce qui se
vit à travers le monde.
4. Provoquer à un changement de regard : face à la misère, la réaction spontanée est de vouloir aider,
assister, comme on l’a fait récemment avec les victimes du Tsunami. Combattre vraiment la misère
et l’exclusion, cela ne peut pas se réduire à une aide, cela doit viser aussi la participation, la
réintégration de ceux qui risquent l’exclusion comme des acteurs, des personnes utiles, qui
contribuent au développement de leur pays, notamment par un travail reconnu.
5. Agir dans la durée, ne pas se contenter de solutions ponctuelles.
Pour plus d’informations : quelques pistes de recherches :
Par internet, notamment, les élèves de collèges et lycées peuvent mener eux-mêmes une recherche
pour prendre conscience de ce qu’est la pauvreté, la misère, l’exclusion sociale, en France ou même
dans le monde. Voici quelques pistes, non exhaustives :
L’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale :
www.cohesionsociale.gouv.fr/presse/breves/rapport-observatoire-national-pauvrete-exclusion-
sociale-2003-est-paru-736.html
Voir aussi le Rapport n°4 du Conseil pour l’Emploi, les Revenus et la Cohésion sociale (CERC)
intitulé « les enfants pauvres en France », Janvier 2004 :
www.cerc.gouv.fr/rapports/rapport4cerc.pdf ou son résumé, en 6 pages :
Statistiques de l’INSEE :
www.insee.fr/fr/ffc/accueil_ffc.asp - www.cerc.gouv.fr/rapports/sixpages.pdf
Dossier sur la grande pauvreté et la réussite scolaire sur le site « Eduscol » :
www.eduscol.education.fr/D0115/default.htm
D’autres sites associatifs existent, il suffit de taper les noms des associations pour obtenir leur adresse
internet et mener une recherche, trouver leur manière de présenter la pauvreté.
Quelques sites associatifs : www.emmaus-international.org - www.secours-catholique.asso.fr -
www.secourspopulaire.asso.fr - www.ccfd.asso.fr
Les sites des organisations internationales www.unicef.org et www.unicef-irc.org/cgi-
bin/unicef/Lunga.sql?ProductID=467 qui traite de la pauvreté des enfants en perspective: Vue
d’ensemble du bien-être des enfants dans les pays riches (rapport 2007)
Ceux de certains médias, peuvent aussi apporter des informations utiles. Par exemple, Le Monde
diplomatique donne des informations sur la pauvreté dans le monde :
www.monde-diplomatique.fr/cartes/pauvreteindimdv51
17 octobre 2008 – Journée mondiale du refus de la misère – Dossier pédagogique pour les collèges, lycées et associations -9/44
???????Donner la parole à ceux qui vivent la grande pauvreté :
La pauvreté peut être définie en termes économiques, politiques ou encore sociologiques.
Mais parce que les chiffres ne disent rien des souffrances, les meilleures définitions de la
pauvreté sont celles des personnes qui vivent dans les difficultés.
Témoignages : « La pauvreté, c’est… »
On ne veut plus être pauvres
« La pauvreté, c’est pas seulement dans les poches, c’est dans la tête. »
« La misère, c’est quand tu ne sais pas comment fonctionne le monde, un peu comme
si tu étais hors du monde. »
« La pauvreté, c’est avoir les mêmes rêves que tout le monde pour l’avenir, mais
aucun moyen de les réaliser sur terre. »
« La pauvreté, c’est devoir mieux me comporter avec mes gosses que quiconque,
parce que quelqu’un m’observe. »
« La pauvreté, c’est marcher partout, tout le temps, par tous les temps. »
« La pauvreté, c’est être traité comme rien, moins que rien, et l’accepter. »
« Héberger quelqu’un, c’est interdit. Mais les familles disent souvent : on ne peut pas
laisser un chien dehors, on ne laisse personne dehors ! »
« La pauvreté, c’est garder ses secrets, devoir dire des mensonges et faire semblant. »
« La pauvreté, c’est avoir besoin d’aide, mais avoir trop peur d’être jugée comme
une mère incapable pour la demander. »
« La pauvreté, c’est raconter toute ma vie, encore et encore, simplement pour obtenir
ce à quoi j’ai droit. »
« La pauvreté, c’est que chacun pense avoir le droit de dire son opinion à mon sujet,
simple-ment parce que je demande un peu d’aide. »
« La pauvreté, c’est ne pas avoir une seule personne à qui parler qui ne soit payée
pour m’écouter. »
« Dans le fait d’être pauvre, le pire, c’est de regarder la vie passer et de ne jamais
être dedans. C’est difficile, car même si on fait des efforts pour être dedans, on n’y
arrive pas. On ne veut pas de nous. »
« Le plus dur, quand on est pauvre, ce n’est pas de ne pas avoir de sous, c’est de ne
pas être reconnu, c’est de ne pas avoir de place dans la société. »
(Extrait du journal « Résistances », publié à l’occasion du 17 octobre 2004)
17 octobre 2008 – Journée mondiale du refus de la misère – Dossier pédagogique pour les collèges, lycées et associations -10/44

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