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fil durance N3

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fil durance N3

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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Les hommes de la Durance
Cévenol de naissance, Denis Furestier est venu à Briançon pour y effectuer son service militaire. Tombé sous le charme des Alpes, il y est resté. Aujourd’hui Directeur d’un Centre de Vacances du Comité d’Entreprise d’EDF à Savines, il est également Membre du Conseil Scientifique du SMAVD. Mais c’est en qualité de Président Fondateur de l’Association des Radeliers de la Durance qu’il est invité à s’exprimer dans ce troisième volet de notre rubrique «Les hommes de la Durance».
En conjuguant les sources documentaires et les conseils de radeliers plus Denis FURESTIER expérimentés, les membres de l’association sont parvenus à mettre sur pied une reconstitution historique de descente en rivière. Depuis quelques années, vers la fin mai, ils fabriquent des radeaux à l’Argentière-la-Bessée. Le montage, effectué comme autrefois, Lorsque je suis selon les méthodes traditionnelles remises debout sur un radeau, à l’honneur, prend environ une semaine. bien des documents Ils disposent d’un stock de bois, renouvelé que j’ai consultés tous les ans, des troncs d’arbres de 12 à me reviennent14 mètres qui sont assemblés avec des en mémoire.liens végétaux, constitués de noisetiers tordus, et des clamaux*. Vient enfinle moment attendu de la mise “Je suis passionné par l’histoire, l’histoire locale enà l’eau et de la descente. La navigation est très technique, particulier. Il y a 25 ou 30 ans peut-être, une personne âgéebeaucoup plus qu’il n’y paraît. La Durance va vite et les de Savines m’avait raconté que dans sa jeunesse onradeaux qui pèsent plusieurs tonnes ont une grosse inertie. pratiquait le flottage sur la Durance pour descendre lesIl n’y a pas de force de propulsion en dehors du courant de coupes de bois vers l’aval. Cette histoire est restée dans unla rivière. Alors, il faut savoir «lire »la rivière, entrer dans coin de ma mémoire pendant des années, jusqu’à ce que lesle courant, en sortir. Il faut anticiper les pièges, sous peine circonstances de ma vie professionnelle m’amènent à rédigerde s’échouer. un mémoire. J’avais le choix du sujet, cette histoire deDurant la descente en radeau la perception de la rivière est flottage m’est revenue à l’esprit.très différente. J’imagine la Durance du temps des radeliers. L’opportunité m’a été offerte de travailler pendant plusieursElle n’a pas dû beaucoup changer au cours des mille ans où mois sur la question en accédant librement aux archives. J’aielle a vu du bois flotter, elle est restée à peu près la même commencé par celles de Gap, puis Digne, Marseille, Aix,jusqu’aux aménagements humains de ces dernières Toulon, Lyon, pour finir aux archives de la Marine à Paris. Jedécennies. Aujourd’hui l’eau ne fait plus descendre des me suis trouvé face à une masse énorme de documents: leradeaux, elle produit de l’électricité. La Durance on ne la voit plus vieux datant de 1094, les plus récents du début duplus, elle passe dans le canal. Le barrage en régulant le débit vingtième siècle. Le flottage se révélait être une activitéa supprimé le gros du danger qu’elle représentait pour les beaucoup plus importante que je ne l’avais imaginé.riverains… Comment un métier dont l’existence était attestée pendantLe succès de l’association (qui compte aujourd’hui 180 plus d’un millénaire avait-il pu être quasiment oublié enmembres) correspond au besoin qu’ont nos contemporains moins d’un siècle? deretrouver leurs racines et des repères par rapport à L’Association des Radeliers de la Durance est née de lal’histoire de leur pays. volonté de rétablir la mémoire d’une profession dont nonMes longues recherches aux archives m’ont fait prendre seulement les techniques, les modes de fonctionnement,conscience du faible impact de l’écrit sur la mémoire mais l’existence même n’avait laissé de témoignages quecollective. C’est pourquoi les radeliers de la Durance dans les archives.envisagent la mise en place d’une structure muséographique De nombreux pays ont à un moment ou à un autre de leurretraçant l’histoire du flottage au niveau du bassin versant histoire utilisé le flottage. C’est une activité qui n’est paset du pays. Expositions, conférences feront le lien entre morte dans le monde. Mais au bord de la Durance plusl’histoire et le présent.” personne ne savait construire un radeau et encore moins le* Cavaliers métalliques utilisés pour la confection des radeaux. faire flotter. Pour redonner vie au flottage il fallait commencer par réapprendre à construire des radeaux et “La Durance de long en large” retrouver les techniques de navigation pour leur faire ouvrage récemment édité par descendre la rivière. Nos voisins Espagnols et Italiens nous“les Alpes de lumière”, auquel Denis Furestier a contribué en ont transmis leur savoir-faire et nous ont permis de nous compagnie de Guy Barruol, faire la main en descendant des radeaux avec eux. Catherine Lonchambon et La documentation faisait état dans 85 % des cas de radeaux Cécile Miramont. Indispensable pour tous les de 12 à 14 mètres de long. L’hiver, les radeliers faisaient passionnés d’Histoire et... flotter des radeaux plus modestes, les radelles, et en période de Durance. de crues de gros radeaux de marine mesurant jusqu’à 25 mètres et pesant de 15 à 20 tonnes.
Du côté des travaux...
Confortement de la digue de Peyrevert à Noves
ème Les travaux de 2 tranche pour la restruc-turation de cet ouvrage et le confortement se sont déroulés entre juin
Sur une longueur de 250 m, cette dernière tranche vient parachever les travaux de restauration de cette digue d’une longueur totale de 700 m qui assure la protection des fermes riveraines et au-delà d’une partie de l’agglomération de Noves. La maîtrise d’ouvrage de ces travaux d’un montant total de 349 477TTC a été assurée par le SMAVD pour le compte de la Commune et la maîtrise d’œuvre confiée au bureau d’études SOGREAH. Cette opération a bénéficié des concours financiers de la Région PACA, du Département des Bouches-du-Rhône, d’EDF et de la commune de Noves.
Renforcement de la digue des Buissonnades à Oraison Il s’aissait arces travaux de réaliser un premier conforte-ment de la digue pro-tégeant les plans d’eau d’Oraison, en attendant la réfection complète de cet
Ces plans d’eau connaissent en été une affluence touristique très importante et offrent un cadre idéal pour la baignade, les activités nautiques et la pêche. Leur «capture »en cas de forte crue de la Durance serait de nature à entraîner de très graves désordres dans la morphologie de la rivière et à perturber durablement le rétablissement du transit sédimentaire. Ces travaux conservatoires définis et contrôlés par le Service Technique du SMAVD ont consisté à protéger la digue au déversement sur une longueur de 150 m par la restructuration du corps de digue et la pose de matelas de gabion et d’enrochements. D’un montant de 76 000TTC, ils ont été financés par la Commune d’Oraison.
Confortement d’urgence du Seuil 68
Ce seuil situé entre Avignon et Châteaurenard permet la stabilisation du lit et le maintien de la nappe phréatique detout le secteur. Son confortement complet sera pro-grammé dans le cadre du Contrat de Rivière du Val de Durance.
Les dégâts importants qu’il a subis lors des dernières crues de la Durance ont cependant amené le SMAVD en sa qualité de concessionnaire de la gestion du DPF (Domaine Public Fluvial) de la Basse-Durance à réaliser cet été une réparation d’urgence sur cet ouvrage par la mise en place d’enrochements. Le montant des travaux de 22 305est pris en charge en totalité par le SMAVD.
Pour en savoir plus, consultez notre site W W W . S M A V D . o r g
Lettre de liaison du SMAVD • Directeur de la publication : Daniel Conte • SMAVD - 2, r. Mistral - 13370 Mallemort - Tél. 04 90 59 4858 • Photographies Hervé Vincent - Conception AVECC • Imp. R. Rimbaud Cavaillon
n°4
Syndicat mixte d’aménagement
de la vallée de la durance
Natura 2000 : contrainte supplémentaire ou opportunité àsaisir ? Parmi les faits importants d’une rentrée par ailleurs riche en évènements, il faut noter la réactivation par les Services de l’ Etat de la procédure de désignation de la Durance au titre du réseau Natura 2000. RappelonsquecetteprocédurerésultededeuxDirectivesEuropéennes:laDirective«Oiseaux»de1985etlaDirective«Habitast»de1992. Ces textes ont pour objectif la préservation voire l’amélioration de la biodiversitéar la création d’un réseau euroéen de sites naturels remarquables, dénommé réseau «Natura 2000». Si on ne peut que partager cet objectif, il faut bien reconnaître que les nombreux aléas qu’a connu le cheminement de cette démarche depuis près de 10 ans (tout au moins pour ce qui concerne la Durance, mais ce ne semble pas être un cas isolé) n’ont rien fait pour en rendre lisible aux yeux des collectivités concernées et moins encore à ceux des simples citoyens, le contenu et les enjeux. Les deux réunions d’information organisées en septembre dernier par les Services de l’Etat en Basse et Moyenne-Durance ont eu le mérite à la fois de permettre la délivrance d’une information claire et précise sur la procédure et ses enjeux d’une part, et de donner aux élus  vv z naturelle de la Durance guidée par Bertrand JACOPIN du SMAVD et commentée par l’occasion d’une large expression de leurs interrogations voire de Georges OLIOSO, ornithologue membre du Conseil Scientifique leurs récriminations. Le Conseil Scientifique, représenté par plusieurs de ses membres, a suivi avec beaucoup d’intérêt les échanges auxquels ces réunions ont donné lieu. Au terme de ces débats riches et souvent vifs, les enjeux semblent aujourd’hui bien posés. Concernant l’esprit et la lettre des Directives, il est clair qu’il ne s’agit pas de mettre «sous cloche» les périmètres désignés, mais tout au contraire de favoriser l’ensemble des activités et pratiques humaines qui s’y sont développées depuis des temps immémoriaux etqui sont souvent à l’origine même de la biodiversité qu’il s’agit aujourd’hui de pérenniser et d’entretenir. En effet, on doit prendre en considération que le parti pris de Natura 2000 est que la biodiversité qu’il est proposé de préserver voire d’améliorer, s’est parfaitement accommodée jusqu’ici des pratiques humaines existantes, celles-ci étant même, dans un certain n ombre de cas directement à l’origine de cette biodiversité: que l’on songe par exemple au rôle des canaux de la Durance dans la création etle maintien de milieux humides, ou à celui joué par les grandes retenues ou plans d’eau artificiels qui comptent aujourd’hui parmi les meilleurs lieux de nidification ou de nourrissage pour les oiseaux. Il en découle que le fameux «Document d’objectif» qui consignera l’ensemble des règles applicables aux milieux naturels remarqu ables de la Durance, sera davantage constitué de mesures de gestion, d’incitation, ou d’accompagnement de certaines actions, que de mesures d’interdiction ou de protection stricto sensu. Il me paraît très important de ce point de vue, de rappeler que les textes réglementaires édictant des interdictions ou des mesures de protection des espèces rares ou menacées existent déjà et s’appliquent, indépendamment de la désignation de la Durance au titre du réseauNatura 2000. Le Conseil Scientifique est prêt, pour sa part, à apporter aux élus de la Durance et au SMAVD, ses compétences et son expertise , afin que de ce qui peut être perçu comme une contrainte supplémentaire, puisse émerger de nouveaux atouts pour notre rivière emblématique et s es riverains. Philippe Bachimon Président du Conseil Scientifique de la Vallée de la Durance
Le billet du Président
L’application à la Durance des Directives Européennes relatives à la mise en place du réseau Natura 2000 est un sujet qui préoccupe depuis plusieurs années les élus de la Vallée. A l’issue des réunions d’information organisées par les services de l’Etat cet automne, une forte majorité des Communes ou Communautés de Communes membres ont délibéré en liaisonavec le SMAVD pour: - regretter des conditions et des délais de concertation jugés insuffisants ; - souligner le caractère indicatif et évolutif du périmètre que les études àengager devront permettre de remoduler ; - souhaiter que le SMAVD soit désigné en qualité d’opérateur pour conduire les études de réalisation du Document d’Objectif et sa mise en œuvre. Il reste maintenant à attendre la concrétisation de tout celà, sachant qu’avec l’appui d’une équipe technique qui va bientôt s’étoffer dans cette perspective et du Conseil Scientifique qui travaille depuis près de 20 ans au côté des élus pour améliorer la connaissance et la préservation des milieux naturels duranciens, le SMAVD dispose de solides atouts pour relever ce défi.
Daniel CONTE Président du SMAVD, Président du Comité de Rivière de la Vallée de la Durance
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