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Hommage Liebermann Janvier 2011

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Hommage Liebermann Janvier 2011

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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HOMMAGE à ROLF LIEBERMANN De NikolasKerkenrath Hommage publié dans le NeueMusikzeitung et dans le programme de l’Opéra de Bordeaux à l’occasion de la production de l’Ecole des Femmes, de Rolf Liebermann, sous la direction de Jurjen HEMPEL en Novembre 2010. Le Roi Soleil de Hambourg Je me souviens de Rolf Liebermann En cette année 2010, on célèbre des deux côtés du Rhin de grands compositeurs : Frédéric Chopin, Robert Schumann, Gustav Mahler. Et Rolf Liebermann ? Ce dernier nom vous évoque-t-il peut-être quelque chose ... ? De ce côté du Rhin, nous pensons toujours à ce « Roi Soleil » de Hambourg, notamment grâce à l'enthousiasme de Hugues Gall, son enfant artistique, son successeur et ami. Il est donc tout à fait naturel de nous associer à lui pour qu'au travers de quelques manifestations en France*, on se souvienne qu'il y a plus de trente ans, le règne de Liebermann, sept ans seulement, a profondément changé et durablement marqué la vie musicale française et plus particulièrement l'Opéra de la Ville lumière. Evoquons aussi cet Helvète, citoyen du monde de la culture qui, de 1959 à 1973, a fait duHamburgische Staatsoperl'opéra le plus moderne et le plus audacieux qui soit. La signification de ce travail est d'une certaine façon encore présente en Allemagne, mais difficile à expliquer et à comprendre en France. En effet, il est impressionnant que les esprits visionnaires du Président de la République de l'époque, Georges Pompidou, et de son ministre de la Culture, Jacques Duhamel, aient réussi à attirer Rolf Liebermann, homme plein d'imagination et professionnel débordant d'énergie, pour diriger et réformer « la Grande Boutique » à Paris. Un Helvète, citoyen du monde Par leur entrelacs franco-allemand, ses origines familiales ont prédestiné la vie et l'oeuvre de Rolf Liebermann. Lui-même en parlait à sa façon pleine d'humour :"Par un charmant hasard de l'histoire, je suis né Suisse. Lors d'une manœuvre pour l'empereur, mon père, qui servait dans un régiment de cavalerie à Berlin, sauta par dessus une barrière avec son cheval, se cassa bon nombre d'os et, après avoir été rafistolé, arriva dans un sanatorium suisse pour sa convalescence. Un jour, il alla à l'Opéra de Zurich et vit dans la salle une jeune femme qui lui plut énormément. Comme on l'aura aisément deviné, c'est elle qui devint ma mère. Elle était fille d'une famillefrançaise installée en Suisse et son père avait participé à la guerre de 1870/1871 dans l'armée française contre les Allemands. C'est pourquoi il déclara : pas de prussien chez moi Et comme en ce temps-là, les jeunes filles étaient encore obéissantes, il fut décidé que mon père qui avait déjà terminé ses études de droit à Berlin, devrait repasser tous ses examens une nouvelle fois en Suisse. Quand il obtint enfin un passeport suisse, mes parents purent se marier C'est ainsi que je suis né suisse". Rolf Liebermann est né le 14 septembre 1910 à Zurich. Sa famille comptait déjà un grand artiste, le peintre Max Liebermann, frère du grand-père. Après le baccalauréat, Liebernilann,selon le souhait de son père, fait d'abord des études de droit. Mais la musique est la plus forte : il s'inscrit au conservatoire de musique privé de José Berr, fait de la musique etcompose pour le théâtre et le cabaret, notamment pour son amieLale Andersen, célèbre chanteuse et diseuse. C'est avec une marche composée par Liebermann"Wir sind die internationale Brigade" (Nous sommes la brigade internationale)que les volontaires allemands partent en 1936 sur le front de la guerre civile en Espagne. En 1937, il suit les cours de direction d'orchestre du grand chef Hermann Scherchen à Budapest et devient son assistant auprès de l'orchestre Musica-Viva à Vienne. Tous deux rentrent en Suisse après l'annexion de l'Autriche. Liebermann se débrouille alors pour vivre de sa musique et des critiques musicales qu'il rédige. Il donne aussi des leçons de musique à des enfants de réfugiéset doit finalement faire son service militaire. Dès 1940, il prend des cours de composition à Ascona, chez Wladimir Vogel, élève de Ferruccio Busoni. Lorsque Hermann Scherchen devient directeur de la radio suisse alémanique, Radio Beromünster, il nomme Liebermannchef opérateur du son à Zurich. Cinq ans plus tard, Liebermann y devient responsable du Département de la musique, puis, sur recommandation et insistance du chef d'orchestre Hans Schmidt-lsserstedt, il part au NorddeutscherRundfunk (Radio de l'Allemagne du Nord) à Hambourg qu'il réorganiseen un temps record. Si rapidement même que le maire de l'époque, Max Brauer, l'appelle pour lui confier la direction de l'Opéra. C'est ainsi qu'en 1959 commence ce qui aujourd'hui fait partie de l'histoire de l'opéra allemand. A cette époque, Rolf Liebermann a déjà une renommée internationale en tant que compositeur et est interprété par de grands chefs. En 1947, Hermann Scherchen dirige à Darmstadt la première deFurioso,sa pièce virtuose pour orchestre. En 1954, dans l'étonnement d'abord, puis dans l'enthousiasme du public ,moderne' de Donaueschingen, Hans Rosbaud et Kurt Edelhagen jouent pour la toute première fois sonConcerto pour jazz-band et orchestre symphonique,tandis que Fritz Reiner, quelques temps après, l'inscrit à son programme à Chicago et en réalise un enregistrement, édité en 33 tours. En collaboration avec son ami, Heinrich Strobel, l'illustre directeur de la musique du Südwestfunk Baden-Baden et du festival de la musique contemporaine à Donaueschingen, Rolf Liebermann compose l'opéraLÉONORE 40145,une histoire d'amour franco-allemande pendant la guerre. La première a lieu dans la ville frontière de Bâle et obtient un succès d'estime pour « la compréhension entre les peuples », ce que liceuvrevisait. D'autres mises en scène à Berlinet à Milan provoquent toutefois de fortes réactions de rejet. Pour les spectateurs del'époque, sept ans après la fin de la guerre, le sujet de cet opéra arrive apparemment trop tôt.
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