Cet ouvrage et des milliers d'autres font partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour les lire en ligne
En savoir plus

Partagez cette publication

L’INSERTION DE L’ECONOMIE INDIENNE DANS MONDIALISATION
L’Inde émerge depuis quelques années et représente un cas spécifique dans le concert du développement économique
mondial, même si ce pays est à plusieurs vitesses (importance des traditions religieuses qui contraste avec le niveau des
établissements supérieurs faisant partie des meilleurs du monde).
Rompant avec le modèle d’économie fermée mis en place après l’indépendance en 1947, 1991 est un tournant
économique qui marque le début d’une libéralisation et d’un processus d’insertion de l’Inde dans la mondialisation
: le
gouvernement de Manmohan Singh supprime les licences d’importation et met fin au système de permis (licences raj)
institué dans les années 1950 qui contraignaient les entreprises indiennes à obtenir des autorisations administratives pour
toute décision économique importante.
La croissance économique ( de l’ordre de 6% en moyenne depuis 1991) légitime a posteriori cette décision. Ainsi avec la
Chine, l’Inde constitue un second géant économique auquel la mondialisation offre des opportunités, tout en créant des
problèmes économiques inédits.
I/ Les facettes de l’insertion de l’économie indienne dans la mondialisation sont diverses
Cette insertion comporte deux dimensions : commerciale et productive.
L’insertion commerciale est un phénomène ancien (3% des exportations mondiales en 1913) mais avait décru au cours du
XXème :
- progression rapide de l’insertion commerciale depuis les années 1980 : les exportations indiennes représentaient
0,5% du commerce mondial de marchandises à la fin des années 1980, 1,5% en 2005, et on prévoit 3,5% pour
2015.
- percée des exportations de services de l’économie indienne encore plus rapide : l’Inde est le premier exportateur
mondial dans le domaine des services informatiques et des services aux entreprises (7% du total).
- cette spécialisation contraste avec la spécialisation de l’économie chinoise sur les produits industriels, et témoigne
d’une maîtrise technologique et d’une stratégie commerciale offensive de la part des autorités indiennes.
- membre de l’OMC depuis sa création en 1995, l’Inde multiplie les accords préférentiels de libéralisation des
échanges régionaux et bilatéraux depuis 2000 (avec l’ASEAN et le Mercosur par exemple).
L’insertion productive est relativement récente et témoigne de la force du capitalisme indien :
- racines historiques de ce capitalisme : il existe un milieu entrepreneurial depuis la colonisation anglaise, milieu
issu de la caste marchande, et des entreprises ont prospéré depuis la fin du XIXème siècle et ont entretenu des
contacts avec le marché mondial par des stratégies de formation des élites dans les plus prestigieuses universités
anglo-saxonnes et par des partenariats avec des entreprises occidentales afin de s’approprier le progrès technique.
- ces entreprises font une entrée remarquée sur la scène mondiale (OPA hostile de Mittal sur Arcelor en 2006, et,
amicale,
de Tata sur Corus).
- alors que les FMN occidentales se replient sur un domaine, les entreprises capitalistes indiennes gardent une
forme conglomérale : Tata Tea achète British Tea en 2000, Tata Consultancy Services crée une unité de sous-
traitance au Royaume-Uni avec une société d’assurance vie).
- l’essor des IDE sortants ne doit pas faire oublier la forte poussée des IDE entrants (2% du PIB indien) et des flux
d’investissements de portefeuille (prospérité du Bombay Stock Exchange), car l’Inde apparaît comme un pays
« sûr ». Attention cependant, les chiffres n’ont rien à voir avec ceux de la Chine !
II/ Des débats contradictoires existent au sein des PDEM sur les effets de cette insertion
Les théories économiques légitiment l’ouverture des territoires nationaux et la libéralisation des flux commerciaux et
financiers, car la mondialisation créerait des opportunités de croissance pour tous les pays.