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Le Mexique

de presses-universitaires-de-france

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CHAPITRE 11 : INTEGRER LE NOUVEAU MONDE : QUELLE EST L’ECHELLE PERTINENTE ?
Bien que les dynamiques d’intégration nationale
soient incomplètes, de nouvelles dynamiques
continentales se mettent en place. Nation, Continent, Monde, sous quelles formes cet emboîtement peut-il se
faire ?
I/ DES INTEGRATIONS NATIONALES INACHEVEES
La formation des Etats-nations
a été menée très rapidement au cours du XIXe siècle.
Il restait à ces nations nouvelles à compenser le handicap représenté par l’immensité des terres à contrôler et
celle des distances à parcourir.
La question des transports a été déterminante : certains Etats ont apporté des réponses, d’autres ont pris
du retard.
Même si dans certains pays d’Amérique latine, des voies ferrées ont été construites, la maîtrise des
territoires reste très incomplète.
Ils ont près d’un siècle de retard sur l’Europe ou les Etats-Unis.
Le fédéralisme, au moins pour les grands Etats, a permis de rapprocher le citoyen du pouvoir.
Ce fédéralisme est évolutif : Alaska et Hawaï ont été intégrés en 1959 aux Etats-Unis.
Au Brésil, la partition des Etats du Goias et du Mato Grosso ainsi que l’élévation des territoires au
rang d’Etat se sont faites dans les années 1980.
Même si le service militaire est rarement obligatoire pour tous, l’armée reste un moyen d’intégration
important.
En témoigne l’importance d’une population issue d’une immigration importante dans l’armée
américaine (guerre d’Iraq).
Les valeurs nationales sont globalement plus prisées et difusées en Amérique qu’en Europe.
Les difficultés de l’intégration subsistent dans les petits Etats.
La notion d’économie nationale perd un peu de son sens, puisqu’économie, ressources en devises,
ressources fiscales et emploi dépendent trop de firmes étrangères.
Certains pays sont dépendants des transferts de leur population immigrée.
Le niveau de l’endettement de l’Amérique latine est tel (728 milliards de dollars en 2002) qu’il
entame gravement le niveau d’autonomie des décisions.
Les faiblesses de l’autorité de l’Etat se mesurent aussi aux difficultés qu’il rencontre encore, dans de nombreux
cas, à contrôler la totalité du territoire.
L’application de la loi et de l’ordre n’est pas garantie partout.
Assassinats dans les campagnes d’Amérique latine pour des conflits fonciers.
Dans les grandes métropoles, la police a parfois du mal à s’affirmer face à des mafias.
En Colombie, les FARC continuent d’occuper des régions reculées.
L’Etat en Equateur ne peut lutter contre l’autonomie des anciens Jivaro.
La guérilla des
contras
a tenu la moitié du Nicaragua jusqu’au milieu des années 1990.
Ces difficultés à contrôler les territoires explique aussi l’extension des activités liées à la drogue.
Une véritable économie de la drogue s’est mise en place.
25 à 30 millions de personnes vivent de ces activités.
Tout cela traduit une grande perméabilité des frontières.
La frontière entre Mexique et Etats-Unis est le passage d’une importante immigration clandestine.
Le port de Paranagua au Paraguay exporte plus de café que le Paraguay n’en produit.
Malgré l’affirmation d’un nationalisme vigoureux, les pays d’Amérique du Sud n’ont qu’un contrôle
partiel de leur territoire et de leur population ; ceci est évidemment beaucoup moins vrai au Nord.
II/ LES INTEGRATIONS CONTINENTALES : DE LA REALITE COMMERCIALE A LA MISE EN
OEUVRE DES PROJETS D’INTEGRATION ECONOMIQUE
1/ L’affirmation progressive de la puissance dominante des Etas-Unis
Les Etats-Unis ont bâti avec l’Amérique latine un système de relations asymétriques.
Sur le plan politique, les Etats-Unis se sont assurés un champ d’expansion à leur impérialisme.