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29/11/2006.
Pouvoir et société en Chine.
Alors que le cadre institutionnel du système politique chinois reste fondé sur les mêmes
principes qu’en 1949, le fonctionnement du système change profondément, essentiellement du
fait des bouleversements économiques et sociaux survenus en Chine depuis 1979. Malgré la
libéralisation économique et la dépolitisation de la société chinoise, comment peut-on
expliquer l’emprise encore importante du PCC sur la société chinoise ?
I-
Les nouveaux mécanismes de légitimation de la direction du PC : un
nouveau rapport à la société ?
A-
Ouverture progressive des rangs du PC aux nouvelles élites du pays
Renouvellement des cadres du parti encouragé et souhaité par le parti. Augmentation des
effectifs (66 millions de membres en 2002 contre 35 en 1977)+élévation du niveau d’étude
des membres du parti+diversification des origines sociales (les ouvriers et les paysans ne
représentent plus que 45% des effectifs contre 64% en 1981 Cependant
la proportion
d’entrepreneurs privés reste faible)+vieillissement malgré des campagnes de recrutement
adressées aux jeunes (peut-être parce que le PC n’est plus un passage obligé pour qui veut
réussir socialement en Chine). Ce renouvellement est la traduction d’une volonté de la
direction du parti de s’adapter à la nouvelle société chinoise (et de l’inclure), aux nouvelles
classes moyennes, aux nouvelles élites, etc. Une des conséquence de cette ouverture : des
divisions politiques fortes.
B-
Des élections à la base de la société : une amorce de démocratie ?
Depuis les années 1980, dans les villages, puis dans certains quartiers urbains. Si ces élections
ne sont pas pluralistes, elles permettent surtout à la campagne d’intéresser la population aux
affaires politiques. Plusieurs cas. Ex : Des villages où le seul candidat est le membre du
parti… Ou, dans de plus en plus de villages, le représentant élu n’est pas le responsable du
parti désigné par l’échelon administratif supérieur, mais un chef de village librement choisi
qui doit du coup constamment négocié avec le secrétaire local du PCC. Certains villages n’ont
même plus de comités du PC.
C-
L’instauration
d’un
« Etat
de
droit
socialiste »(Jiang
Zemin,
1997) :
l’apprentissage de la justice ?
La priorité est donnée à une réforme juridique. La réforme a été essentiellement législative et
réglementaire –avec beaucoup de lois d’inspiration occidentales, surtout dans le domaine
commercial. Cette réforme a permis de former un personnel de justice, spécialisé, plus
compétent. Le nombre de procès a augmenté. Et de laisser aux gens la possibilités de se
formuler des revendications. Mais les tribunaux sont toujours sous la tutelle politique du PC +
problème lié à la vénalité de la justice et au protectionnisme judiciaire local.
II-
Des mécanismes de contrôle sélectifs mais efficaces : vers une société
chinoise plus autonome ?
A-
L’explosion des organisations sociales autonome : un contre-pouvoir ?
La plupart restent encore dépendantes du pouvoir (ex : l’association chinoise pour la
planification des naissances ou
la fédération des femmes qui s’apparentent plus à des
organisations de masse propre aux régimes totalitaires) mais un nombre grandissant d’entre
elles n’entretiennent aucun lien avec lui (surtout dans des secteurs jugés moins sensibles,
comme l’éducation ou l’environnement). + dans institutions à but non lucratifs qui regroupent
des écoles, des hôpitaux et des centres communautaires. Palliant souvent un déficit de
présence et de moyens de l’Etat, elles acquièrent progressivement du pouvoir, de l’influence
sur la société chinoise et une réelle capacité de négociation.