La lecture en ligne est gratuite
Lire Télécharger

Les inégalités de réussite
àl'école élémentaire
es chances de parvenir en sixième à l’heureSi les redoublements ont Différences de compétence etLou en avance sont deux fois plus liées au origine sociale pèsent chacunefortement baissé ces vingt niveau à l'entrée au CP qu’à l’origine sociale ou
pour moitié dans les inégalitésau niveau d’études des parents. Un élève qui fai-dernières années, les scolarités de réussitesait partie des 10 % d’écoliers les plus faibles à
à l’école élémentaire restent l’entrée au cours préparatoire (CP) a seulement
Les élèves entrés en maternelle à deux ans ontune chance sur trois d’arriver à l’heure ou enmarquées par d’importantes des résultats peu différents des autres à longavance en sixième. En revanche, presque tous
terme. Si les enfants entrés en maternelle àdisparités. Le retard scolaire et les écoliers entrés au CP avec un niveau d’acquis
deux ans parviennent en CP avec un degré deles classant parmi les 40 % de meilleurs élèvesles résultats aux évaluations compétences supérieur en moyenne à celui desparviennent en sixième sans redoublement.
autres élèves, cet avantage n’est pas durable. Ànationales paraissent liées
De même, le niveau de compétences en français caractéristiques démographiques et familiales
d’abord aux aptitudes et en mathématiques aux évaluations nationales identiques, aucune différence significative n’ap-
de sixième est fortement lié au niveau à l’entrée paraît entre eux sur les résultats aux épreuvespersonnelles, mais aussi aux
en CP. Un écolier qui faisait partie des 10 % d’é- nationales d’évaluation de sixième, en français
origines sociales des enfants. lèves les plus faibles à l’entrée au CP réussit, à comme en mathématiques. Établi pour l’en-
caractéristiques démographiques et familiales semble des élèves, cet avantage réapparaît
comparables, 30 items de moins sur 100 en fran- néanmoins quand l’analyse se concentre sur les
çais et 39 items de moins en mathématiques seuls enfants de milieux défavorisés ou issus de
qu’un écolier faisant partie des 10 % d’élèves l’immigration.
présentant les compétences initiales les plus
Par ailleurs, les élèves qui redoublent ne se réta-élevées. Les disparités de réussite selon le
blissent le plus souvent que de façon tempo-niveau initial sont, en français comme en mathé-
raire. Dans la majorité des cas, un redoublementmatiques, quatre à cinq fois plus fortes que cel-
précoce ne permet pas de rétablissement suffi-les associées à l’origine sociale. Liés à la fois
sant en termes d’acquis cognitifs pour que l’é-aux aptitudes personnelles des élèves et à l’in-
lève ne connaisse pas de nouvelles difficultésfluence du milieu familial et de l’école mater-
dans sa scolarité ultérieure. Pour les élèves dunelle, les résultats aux évaluations à l’entrée en
panel 1997, seulement 15 % des écoliers ayantCP sont déjà très différenciés socialement.
redoublé le CP ou le CE1 figurent dans la moitié
Les disparités sont ensuite renforcées par des qui réussit le mieux en mathématiques à l’éva-
progressions inégales entre le CP et la sixième luation de sixième, En français, les résultats des
selon le milieu d’origine de l’élève. Quand leur écoliers ayant redoublé le CP sont encore plus
niveau de compétences à l’entrée au CP les situe faibles, puisqu’ils sont moins d’un sur dix à figu-
parmi les 10 % d’écoliers les plus faibles, 27 % rer dans la moitié la plus à l’aise. Quand le
des enfants de cadres ou de professions inter- redoublement est plus tardif, les redoublants
médiaires, mais seulement 7 % des enfants obtiennent aux évaluations de sixième des résul-
d’ouvriers figurent parmi la moitié des élèves qui tats plus élevés. Les situations de redressement
réussit le mieux en français aux évaluations restent cependant minoritaires, ne touchant
nationales de sixième. En mathématiques, les généralement qu’un quart des redoublants.
progressions sont moins marquées socialement
mais les différences de réussite restent sensi- Extrait du dossier de presse de
bles. Réciproquement, les élèves de milieux "France, portrait social, édition 2006"
défavorisés sont plus exposés au risque d’une
baisse de leurs performances scolaires.
34 économieéconomie
de Lade LaRéunionRéunion N°128N°128