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ILE DE FRANCE
n 2001-2002, parmi les 1 077 412 élèves du second degré des collè-
ges et lycées publics ou privés de l’Ile-de-France qui apprennentEune première langue vivante, 970 940 élèves étudient l’anglais, soit
90,1 %, proportion quasi-identique à celle de la province (90,2 %). Néan-
moins, la diversité des langues choisies est plus accentuée en Ile-de-France
qu’au niveau national. Ainsi, la région capitale rassemble près de la moitié
des élèves étudiant le russe en première langue vivante en France. L’alle-
mand est davantage adopté comme première langue par les élèves franci-
Anglais-espagnol, tel est
liens (9,1 %) que par les jeunes provinciaux (8,6 %) (figure 1).
le doublé gagnant dans
le choix des langues
epuis 1994,Dvivantes à la rentrée
le couplé anglais-espagnol s’est renforcé2001. En effet, 9 élèves
franciliens sur 10
Entre 1994 et 2001, la prédominance du choix de l’anglais comme premièrechoisissent l’anglais
langue s’affirme : à la rentrée 1994 - 1995, ce choix concernait 87,4 % des
comme première langue
élèves contre 90,1%àla rentrée 2001-2002. Cette évolution s’est faite prin-
et 7 sur 10 l’espagnol
cipalement au détriment de l’allemand (dont la part d’élèves passe de 11,5 %
comme seconde langue. à 9,1 %), mais aussi de toutes les autres langues vivantes dont la part des ef-
Depuis 1994, la fectifs se trouve réduite : c’est le cas notamment de l’arabe littéral, de l’espa-
prépondérance du gnol, du portugais, du russe.
tandem anglais-espagnol
s’est renforcée en Depuis la moitié des années soixante-dix, l’espagnol a remplacé l’allemand
comme seconde langue étrangère la plus répandue dans les collèges et lesIle-de-France comme en
lycées. Entre 1994 et 2001, la part d’élèves hispanisants s’est encore af-province, au détriment
firmée, passant de 58,6 % en 1994 à 70,8 % sept ans plus tard. Là encore,de l’allemand et desINSTITUT ce choix se fait au détriment de l’allemand, puis dans une moindre mesurelangues « rares ».NATIONAL DE LA de l’anglais et du russe. L’abandon progressif, depuis la rentrée 1997, de
Néanmoins, la diversitéSTATISTIQUE l’enseignement d’une première langue vivante renforcée au profit de
des langues vivantesET DES ETUDES l’étude obligatoire d’une deuxième langue vivante en classe de quatrième se
étudiées est encoreECONOMIQUES fait essentiellement au bénéfice de la langue espagnole. L’italien semble en
grande en Ile-de-France, revanche échapper à ce processus d’homogénéisation des langues étu-
surtout dans les diées : sa part, bien qu’assez marginale (1,5 % en 1994, 1,7 % en 2001), se
départements de l’ouest trouve maintenue dans le temps alors que toutes les autres langues « rares »
de la région. se marginalisent dans la période considérée.
ILE-DE-FRANCE
MENSUEL N° 2 1 2 - AOÛT 2002 - 2,2 €
àlapage
SociétéFigure 1 : Répartition des premières langues vivantes D éfinitions
choisies dans les collèges et lycées
L’étude d’une première langue vivante est obligatoire pour tous dès l’entréeIle-de-France Province
dans l’enseignement du second degré, sauf pour les élèves de sixième de
Effectifs % Effectifs % consolidation. La deuxième langue vivante est un enseignement optionnel
proposé en classes de quatrième et troisième. La réforme des lycées ayant
Allemand 97 962 9,09 388 139 8,58 débuté en classe de seconde à la rentrée 1999, la deuxième langue fait
Anglais 970 940 90,12 4 080 238 90,19 partie des enseignements de détermination au choix, avec une partie des
Espagnol 3 418 0,32 46 936 1,04 heures dédoublées. En première générale, elle est devenue obligatoire pour
Italien 453 0,04 3 772 0,08 les séries scientifiques et économiques. Dans les autres classes du second
Russe 1 589 0,15 1 939 0,04 cycle général et technologique, elle continue de faire partie des enseigne-
ments optionnels.Autres * 3 050 0,28 3 110 0,07
Ensemble 1 077 412 100,00 4 524 134 100,00 L’étude d’une langue vivante ne concerne pas tous les élèves de second
cycle professionnel ; elle est obligatoire pour ceux des classes de baccalau-
* arabe littéral, chinois, hébreu moderne, japonais, néerlandais, polonais, autres langues
réat professionnel, de B.E.P. et de certains C.A.P. (secteur des services etvivantes
Source :ministère de l'Education nationale, DPD, base centrale de pilotage, année scolaire hôtellerie-restauration).
2001-2002
L’académie de Paris se distingue par la tradition de ses établis-Cette concentration autour de l’anglais-espagnol n’est pas
sements d’enseignement de langues vivantes variées, où l’onpropre à la région parisienne, puisqu’elle suit assez fidèlement
recense, entre autres, 220 élèves suivant des cours de chinoiscelle qui est observée au niveau de la France entière (figure 2).
en première langue, 231 des cours de japonais et 463 des cours
d’arabe littéral. Ce phénomène peut, en partie, s’expliquer parUne première sensibilisation à l’anglais et à l’allemand à l’école
une présence un peu plus forte de la communauté étrangèreprimaire, progressivement généralisée depuis 1998-1999, va
dans la capitale que dans le reste de la région. Trois résidentspeut-être influencer à l’avenir le choix de la première langue
étrangers sur dix à Paris sont originaires de l’Union euro-pour l’entrée en sixième.
péenne, dont la majorité du Portugal, puis dans une moindre
mesure de l’Espagne et de l’Italie. De même, les 3e, 10e et 13eParis, le plus large choixA arrondissements accueillent une population relativement
d’une première langue
nombreuse originaire d’Asie du sud-est. Les élèves étrangers
choisissent probablement d’étudier leur langue d’origine, liée àSi le choix de l’anglais en tant que première langue est l’option
la nationalité à laquelle ils appartiennent.la plus fréquente, des différences apparaissent entre les trois
académies franciliennes, mais aussi entre départements. Ainsi,
Pour des raisons qui tiennent à la fois à des inégalités d’offre selondans l’académie de Paris et dans une moindre mesure dans
les établissements et à la forte sélection scolaire, l’allemand n’estcelle de Versailles, s’observe une moins forte concentration
étudié comme première langue vivante que par une minorité deautour de l’anglais.
collégiens. Il est un peu plus fréquent dans l’académie de Versailles
Figure 3 : Répartition des premières langues vivantes
par départementFigure 2 : Part des élèves ayant choisi :
%
92
90
Seine-Saint-Denis 92,4 7,0
88
86 anglais 1ère langue
Val-d'Oise 91,2 8,684
82
80 90,8 8,8Seine-et-Marne
78
76
90,8 8,6Val-de-Marne74
72
90,1 9,770 Essonne
68
66 89,7 9,4Hauts-de-Seine
64
62
Yvelines 88,5 10,560
58 espagnol 2ème langue
56 88,3 9,8Paris
54
52
0 20 40 60 80 100%
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
allemand autresFrance Ile de France anglais
Source : ministère de l'Education nationale, DPD, base centrale de pilotage Source : ministère de l'Education nationale, DPD, base centrale de pilotageFigure 4 : Répartition des deuxièmes langues vivantes M éthodologie
choisies dans les collèges et lycées
Cette étude présente les effectifs selon la langue vivante choisie dans lesIle-de-France Province
établissements publics et privés du second degré de l’Ile-de-France durant
Effectifs % Effectifs % la rentrée scolaire 2001 - 2002. Le champ de l’étude inclut tous les élèves du
second degré des établissements publics et privés, y compris ceux de B.T.S.
Allemand 81 393 13,72 437 804 18,78 et de C.P.G.E. (classes préparatoires aux grandes écoles). L’enseignement
Anglais 71 035 11,97 259 595 11,14 des langues vivantes se décline en 8 modalités : première langue vivante,
Espagnol 418 250 70,50 1 456 244 62,48 renforcement de la première langue vivante, deuxième langue vivante, ren-
Italien 9 760 1,65 164 067 7,04 forcement de la deuxième langue vivante, troisième langue vivante, langue
vivante régionale et autre statut (qui concerne principalement l’étude de laRusse 2 273 0,38 2 627 0,11
langue par correspondance). Ne sont pas retenues dans cette étude les lan-Autres * 10 551 1,78 10 505 0,45
gues renforcées afin d’éviter les doubles comptes ainsi que les langues ré-Ensemble 593 262 100,00 2 330 842 100,00
gionales. Les élèves qui n’étudient pas de langue vivante, comme c’est le
* arabe littéral, chinois, hébreu moderne, japonais, néerlandais, polonais, autres langues cas notamment de ceux issus de structures non-francophones, sont exclus
vivantes
du champ de l’étude. Les données utilisées sont celles issues de la « baseSource : ministère de l’Education nationale, DPD, base centrale de pilotage, année sco-
laire 2001-2002 centrale de pilotage » mise à disposition par la Direction de la Programma-
tion et du Développement du ministère de l’Education nationale.
(Essonne, Hauts-de-Seine, Val-d’Oise, Yvelines). Par contre, dans
l’académie de Créteil (Seine-et-Marne, Seine-Saint-Denis,
Val-de-Marne), la prédominance de l’anglais en première langue est L étude des langues
plus prononcée encore qu’elle ne l’est au niveau national.
dans les établissements privés
Au niveau départemental, Paris, les Hauts-de-Seine et les Yveli-
L’étude des langues vivantes dans les établissements privés ne diffère pasnes enregistrent de moindres proportions d’élèves ayant
sensiblement de celle observée dans les établissements publics. A lacomme première langue l’anglais, au profit de l’allemand puis
rentrée scolaire 2001 - 2002, 174 408 élèves des étab privés ontd’autres langues vivantes dites « rares », comme les langues
opté pour l’anglais en première langue vivante étrangère, soit une propor-
orientales (figure 3). Ceci tient à la forte présence dans ces dé-
tion de 90,7 %, niveau proche de celui observé pour l’ensemble des élèves
partements d’établissements bilingues publics et privés, accueil- de l’Ile-de-France. Néanmoins les élèves des établissements publics privilé-
lant, entre autres, davantage de germanistes en première langue gient, quant à eux, un peu plus la diversité des langues vivantes. En effet, la
part de ceux qui y ont choisi l’anglais est de 90 %. S’agissant de la secondequ’en deuxième langue (Ecole active bilingue de Paris, lycée
langue étudiée, l’espagnol reste en tête, même s’il est choisi en moinsFranco-Allemand de Buc, lycée international de Saint-Ger-
grande proportion (65 %) que dans le public (72 %). Dans les établisse-main-en-Laye, sections internationales de Sèvres, etc.).
ments privés, environ 75 800 élèves ont opté pour l’espagnol, les autres élè-
ves s’étant orientés principalement vers l’allemand, puis vers l’anglais et
Enfin, tous les départements de l’académie de Créteil comp- l’italien.
tent une proportion d’élèves anglicistes supérieure à la
moyenne régionale.
ept élèves sur dixS
optent pour l’espagnol en seconde langue
À la rentrée scolaire 2001-2002, sur 593 262 élèves qui étu-Figure 5 : Répartition des deuxièmes langues vivantes
dient une deuxième langue vivante, 418 250 ont choisi l’espa-par département
gnol. Le choix de l’espagnol est nettement plus prononcé dans
la région (70,5 % des effectifs de deuxième langue) qu’en pro-
vince (62,5 %) (figure 4). À l’inverse, la proportion de germa-Val-d'Oise 75,9 11,1 10,3
nistes en deuxième langue est plus faible en Ile-de-France
73,7 12,6 12,6Essonne qu’en province. Ces différences traduisent en partie des
conséquences de choix différents dans les premières langues.
Seine-et-Marne 73,6 14,0 11,4
En province, la part d’élèves ayant opté pour l’espagnol en
72,5 13,7 9,8Seine-Saint-Denis
71,8 13,5 12,8Yvelines
P our en savoir plus71,0 13,7 11,6Val-de-Marne
70,3 14,1 12,7Hauts-de-Seine Repères et références statistiques - édition 2001- chapitre 4-20, ministère
de l’Education nationale, de la recherche et de la technologie.
62,3 16,1 13,8Paris
Giry-Coissard Monique : « Les langues vivantes dans le second degré en
0 20 40 60 80 100% 1997-1998 », ministère de l’Education nationale, de la recherche et de la
technologie, note d’information DPD 98-36, novembre 1998.
espagnol allemand anglais italien autres
Giry-Coissard Monique : « Les langues vivantes dans le second degré en
1999-2000 », ministère de l’Education nationale, de la recherche et de la
technologie, note d’information DPD 00-40, octobre 2000.Source : ministère de l'Education nationale, DPD, base centrale de pilotage
‘première langue est un peu plus élevée qu’elle ne l’est au ni-
Directeur de la publication : Alain Charraud - Comité éditorial : Odile
veau francilien. Elle est moins élevée pour l’allemand. Bovar - Rédactrice en chef : Corinne Benveniste - Secrétaire deINSTITUT
rédaction : Josette Siriostis - Conception graphique : Muriel Granet -
NATIONAL DE LA Maquette : Vincent Bocquet - Crédit photo : Stéphane Joubert -
Impression : Comelli.STATISTIQUE ETDes singularités académiques apparaissent, différenciant les Vente par correspondance : Direction régionale d’Ile-de-France -
DES ETUDES ECONOMIQUES Information-Commercialisation - 7, rue Stephenson - Montigny-le-
académies de Créteil et Versailles de celle de Paris. Les élèves Bretonneux - 78188 Saint-Quentin-en-Yvelines cedex - tél. 01 30 96 90 99
Direction régionale d’Ile-de-France - Fax 01 30 96 90 27 -
7, rue Stephenson - Montigny-le-Bretonneuxdépendant de et V privilégient davantage l’es- INSEE Info Service - Tour Gamma A - 195, rue de Bercy - 75582 Paris
78188 Saint-Quentin-en-Yvelines cedex Cedex12-Tél0141176611-Fax0153178809-
pagnol en seconde langue vivante étrangère. Paris se distingue Abonnement : Françoise Charbonnier - 12 numéros par an, France :
22€€- Etranger :27 - Le numéro :2,2€.
par une assez grande diversité des deuxièmes langues choisies : N° ISSN 0984-4724 - Dépôt légal : 2ème semestre 2002 - Code SAGE :
I0221252 - Commission paritaire n° 2133 ADaprès l’espagnol, viennent par ordre d’importance l’allemand,
© INSEE 2002
l’anglais, l’italien, l’hébreu moderne, le russe et enfin, le chinois
et l’arabe littéral.
Par département, les différences sont les mêmes que celles ob-
servées pour le choix de la première langue. Les départements
de Paris, des Hauts-de-Seine et des Yvelines se démarquent
par une pluralité des secondes langues vivantes étudiées, de
même que le département du Val-de-Marne ( figure 5).
Corinne Barre,
Rectorat de l’académie de Créteil
INSEE
ILE-DE-FRANCE
dernières parutions 2002 :
n° 207, janvier : L'Ile-de-France, région privilégiée
des migrants des Dom-Tom.
n° 208, février : 700 000 Franciliens ont un
besoin d'aide lié à leur état de santé.
n° 209, mars-avril : Une méthode pour définir
des « bassins d'hospitalisation »
en Ile-de-France.
n° 210, mai-juin : A Paris, plus de six
femmes sur dix vivent seules après 80 ans.
A paraître :
- Enquête sur les sans domicile en Ile-de-France
- Les inégalités scolaires en Ile-de-France
Insee - Ile-de-France à la page figure dès sa parution sur le site internet de l’Insee : www.insee.fr/ile-de-france
à la page
N° 212