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Orche s tre National du C apitole de T oulous e | T ugan S okhie v ...

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SAMEDI 17 DÉCEMBRE – 20H Piotr Ilitch Tchaïkovski Roméo et Juliette Modeste Moussorgski Chants et danses de la mort entracte Johannes Brahms Symphonie n° 1 Orchestre National du Capitole de Toulouse Tugan Sokhiev, direction Olga Borodina, mezzo-soprano Coproduction Orchestre National du Capitole de Toulouse, Salle Pleyel. Fin du concert vers 21h45. O rc he st re N at io na l d u C ap it ol e de T ou lo us e | T ug an S ok hi ev | O lg a B or od in a | S am ed i 1 7 dé ce m br e 17/12 TOULOUSE.
  • douceur aux accents populaires de la clarinette
  • sérénade
  • orchestre national du capitole
  • thème diatonique
  • réduit pour les années soixante
  • requiem de verdi avec valery gergiev
  • force du destin
  • ton amour
  • morts
  • mort
  • morte
  • jeune
  • jeunes
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SAMEDI 17 DÉCEMBRE – 20H
Piotr Ilitch Tchaïkovski
Roméo et Juliette
Modeste Moussorgski
Chants et danses de la mort
entracte
Johannes Brahms
Symphonie n° 1
Orchestre National du Capitole de Toulouse
Tugan Sokhiev, direction
Olga Borodina, mezzo-soprano
Coproduction Orchestre National du Capitole de Toulouse, Salle Pleyel.
Fin du concert vers 21h45.
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Orchestre National du Capitole de Toulouse | Tugan Sokhiev | Olga Borodina | Samedi 17 décembrePiotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893)
Roméo et Juliette, ouverture–fantaisie
e eComposition : octobre-novembre 1869 ; révisé en juillet-septembre 1870 (2 version) et août 1880 (3 version).
Dédicace : à Mili Balakirev.
eCréation : Moscou, le 16 mars 1870, orchestre dirigé par Nikolaï Rubinstein (1 version) ; Saint-Pétersbourg,
e erle 17 février 1872, orchestre dirigé par Édouard Nápravník (2 version) ; Tifis [Tbilissi], le 1 mai 1886, orchestre dirigé
epar Mikhaïl Ippolitov-Ivanov (3 version).
Effectif orchestral : 3 fûtes, 3 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons – 4 cors, 2 trompettes, 3 trombones, 1 tuba – timbales,
batterie, harpe – cordes.
Durée : environ 20 minutes.
« C’est la meilleure œuvre que j’aie jamais écrite. » Après l’achèvement de son « ouverture–
fantaisie » sur le Roméo et Juliette de Shakespeare, Tchaïkovski ne se doute pas que son
autoritaire mentor, Mili Balakirev, qui lui avait soumis le sujet en vue de l’écriture d’un
poème symphonique et auquel l’œuvre est dédiée, exigera de sa part de multiples révisions
et remaniements (opérés pendant l’été 1870, puis en août 1880).
L’ouverture fantaisie est parcourue par trois thèmes principaux, que la forme intrique de
façon très audacieuse et astucieuse : elle s’ouvre sur un choral, joué par les bois graves,
qui doit exprimer, selon le compositeur, « une âme solitaire dont la pensée est dirigée vers
le ciel ». Il s’agit du thème de frère Laurent, le moine franciscain confesseur de Roméo qui
joue également un rôle de conciliateur et d’adjuvant des deux amoureux. La triple cadence,
peu conventionnelle, ponctuée par la harpe, représente l’empreinte du destin des jeunes
gens. Car bientôt surgit le thème de la haine entre les Capulet et les Montaigu : le confit
est marqué par l’utilisation de motifs en question / réponse entre les cordes et les bois,
évoquant l’antagonisme entre les deux familles, et les épées s’entrechoquent violemment
dans les coups de cymbales. Enfn s’élève la célèbre mélodie de l’amour entre Roméo
et Juliette, divisée en deux parties (une partie plus passionnée pour le jeune homme,
une plus tendre et sensuelle pour la jeune flle) : « [Elle] ne se prête manifestement pas
au développement, comme d’ailleurs toutes les vraies mélodies, longues et nettement
délimitées. Mais en revanche, quelle inspiration ! Quelle inexprimable beauté, quelle passion
ardente ! C’est un des plus beaux thèmes de toute la musique russe. » (Rimski-Korsakov).
Grégoire Tosser
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17/12 TOULOUSE.indd 2 09/12/11 15:32SAMEDI 17 DÉCEMBRE
Modest Moussorgski (1839-1881)
Chants et danses de la mort – orchestration de Dmitri Chostakovitch
Berceuse
Sérénade
Trépak
Le Chef d’armée
Textes de Golenistchev-Koutouzov.
Composition : 1875-1877.
Effectif original : chant et piano.
Orchestration par Chostakovitch en 1962.
Effectif orchestral : 2 fûtes (dont piccolo), 2 hautbois, 2 clarinettes (dont clarinette basse), 2 bassons (dont
contrebasson) – 4 cors, 2 trompettes, 3 trombones, tuba – timbales, tam-tam, caisse claire, cymbales – harpe – cordes.
Durée : environ 20 minutes.
Œuvre profondément angoissée, les Chants et danses de la mort tiennent de la danse
macabre, dans laquelle la Mort entraîne à sa suite aussi bien les riches que les pauvres,
les jeunes que les vieux – ici, chaque mélodie s’attache à un personnage (ou à un type) :
l’enfant de la Berceuse, la jeune flle malade de la Sérénade, le paysan soûl du Trépak ou
les guerriers du Chef d’armée (d’autres scènes étaient prévues, avec un moine, un exilé
politique, une jeune femme ou Anika le guerrier, mais elles sont restées à l’état de projet).
À chacun, la Faucheuse tient un discours, caressant dans les trois premières pièces (ainsi
qu’elle le faisait chez Schubert, dans Der Tod und das Mädchen ou Der Jüngling und der
Tod), effrayant dans la dernière. Ainsi, les poèmes de Golenistchev-Koutouzov, ami de
Moussorgski et également auteur des textes du cycle Sans soleil, suivent toujours le même
schéma : d’abord présentation du cadre et des occupations des vivants, puis monologue
de la Mort, sauf dans la Berceuse, où le dialogue avec la mère de l’enfant n’est pas sans
évoquer l’Erlkönig de Schubert – en plus sombre encore. Ces quatre imagines mortis
(comme on les nomme à la Renaissance), extrêmement variées mais caractérisées par
l’économie des moyens utilisés, notamment au niveau mélodique – les interventions de la
Mort sont à cet égard particulièrement frappantes –, font preuve d’un sens du dramatique
impressionnant et constituent un chef-d’œuvre du genre. L’orchestration de Chostakovitch
colore avec bonheur ces gravures sur bois, qui marient à une conception de la mort proche
d’un Holbein le Jeune (voir la série La Danse macabre) une grande modernité.
Angèle Leroy
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17/12 TOULOUSE.indd 3 09/12/11 15:32Johannes Brahms (1833-1897)
Symphonie n° 1 en ut mineur op. 68
Poco sostenuto – allegro
Andante sostenuto
Poco allegretto et grazioso
Adagio – più andante – allegro non troppo ma con brio – più allegro
Composition : ébauchée dès 1854 puis reprise et achevée en 1874-1876.
Création à Karlsruhe, le 4 novembre 1876, sous la direction de Felix Otto Dessoff.
Publié chez Simrock en 1877.
Effectif : 2 fûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, contrebasson – 4 cors, 2 trompettes, 3 trombones (pour le
fnale) – timbales – cordes.
Durée : environ 45 minutes.
1876 : voici enfn révélée au public la symphonie que Schumann appelait de ses vœux
quelque vingt ans auparavant. Vingt ans également que Brahms y songe et qu’il s’y essaie :
d’abord en 1854 avec ce qui deviendra le Concerto pour piano n° 1 en 1858 ; puis dès 1862
avec les premières esquisses de l’Allegro initial envoyées à Clara Wieck-Schumann. Tout
ou presque dans l’œuvre évoque l’imposante fgure beethovénienne : l’effectif orchestral,
assez réduit pour les années soixante-dix, renvoie aux partitions viennoises du premier
quart du siècle (il n’est que de comparer à Liszt ou à Wagner dont la Tétralogie est créée
la même année à Bayreuth) ; la tonalité d’ut mineur convoque, plus que la noirceur de
l’ouverture de Coriolan, l’héroïsme de la Cinquième Symphonie (que rappelle aussi une
fgure triolet-noire) ; le rapport de tierce entre le premier et le deuxième mouvement (ut
mineur – mi majeur) naît de la grammaire tonale du Troisième Concerto pour piano de
1800 ; et surtout, le thème diatonique donné par l’Allegro non troppo du fnale entretient
des rapports étroits avec le fameux thème de l’« Ode à la joie » qui couronne la Neuvième
Symphonie, à tel point que Brahms s’écrie : « C’est si évident qu’un âne s’en apercevrait ».
Hanslick, ardent défenseur de Brahms depuis son arrivée à Vienne en 1862, n’est pas
sans le faire remarquer : « Dans cette œuvre, l’étroite affnité de Brahms avec l’art de
Beethoven s’impose avec évidence à tout musicien qui ne l’aurait pas encore perçue.
La nouvelle symphonie témoigne d’une volonté énergique, d’une pensée musicale logique,
d’une grandeur de facultés architectoniques, et d’une maîtrise technique telles que n’en
possède aucun compositeur vivant » (article dans la Neue Freie Presse). Et Hans von Bülow,
longtemps réfractaire à Brahms, de parler de la « Dixième Symphonie, alias la première
symphonie de Brahms ». Malgré ce tribut évident, l’œuvre n’est en rien une resucée de
Beethoven ; c’est indéniablement du Brahms, et ce dès l’introduction lente, sur une pédale
pesante des timbales (l’on songe au Requiem allemand dix ans auparavant), où tout le
matériau thématique du premier mouvement se trouve concentré dans une économie de
moyens qui est une des marques de fabrique du compositeur (cellule do-do dièse-ré).
4
17/12 TOULOUSE.indd 4 09/12/11 15:32SAMEDI 17 DÉCEMBRE
Après une massive forme sonate, l’Andante sostenuto, plus clair, marque une relative
détente où les mélodies prennent de l’importance aussi bien aux violons qu’au hautbois
ou à la clarinette. Le troisième mouvement, qui entretient à nouveau un rapport de tierce
majeure avec le précédent, emprunte au scherzo sa fonction mais non ses caractéristiques
(il évoque plutôt certains intermezzos pianistiques) ; la douceur aux accents populaires de
la clarinette y cède la place à une sorte de trio en si majeur qui joue sur les appels de trois
notes, motifs qui reviendront dans la coda. Le fnale possède lui aussi son introduction
lente, très sombre et mystérieuse, qui débouche sur une seconde section où le cor en ut
majeur joue le premier rôle (écho d’une mélodie de cor alpestre notée en 1868), ponctué
d’un choral aux vents (trombones, bassons, contrebasson). Après un decrescendo, le thème
beethovénien lance l’Allegro fnal proprement dit, forme sonate pervertie qui intègre aussi
bien le thème de cor que les accords dorénavant triomphants du choral.
Angèle Leroy
5
17/12 TOULOUSE.indd 5 09/12/11 15:32Modeste Moussorgski
Chants et danses de la mort
1. Колыбельная 1. Berceuse
Стонет ребёнок... Свеча, догорая, L’enfant gémit. La bougie, noircissant,
Тускло мерцает кругом. Jette une lueur vacillante alentour.
Целую ночь колыбельку качая, Toute la nuit, berçant son enfant,
Мать не забылася сном. La mère n’a pu fermer l’œil.
Раным-ранёхонько в дверь осторожно Tôt le matin, la Mort compatissante
Смерть сердобольная стук! Vient frapper doucement à la porte : Toc !
Вздрогнула мать, оглянулась тревожно... La mère tressaille, se retourne, effrayée.
,,Полно пугаться, мой друг! « Tu ne dois pas avoir peur. L’aube blafarde
Бледное утро уж смотрит в окошко... Éclaire déjà la fenêtre.
Плача, тоскуя, любля?, Tes larmes, tes angoisses, ton amour
Ты утомилась, вздремни-ка немножко, T’ont épuisée. Va donc dormir un peu,
Я посижу за тебя. Je veillerai à ta place.
Угомонить ты дитя не сумела. Tu n’as pas réussi à apaiser ton enfant,
Слаще тебя я спою.`` - Je lui chanterai des chants plus doux. »
,,Тише! ребёнок мой мечется, бьётся, « Tais-toi ! Mon enfant s’agite, se débat
Душу терзая мою!`` Et mon âme souffre avec lui. »
,,Ну, да со мною он скоро уймётся. « Avec moi, il se calmera vite.
Баюшки, баю, баю.`` - Dodo l’enfant, do ! »
,,Щёчки бледнеют, слабеет дыханье... « Ses joues pâlissent, sa respiration faiblit,
Да замолчи-же, молю!`` - Mais tais-toi donc, je t’en prie ! »
,,Доброе знаменье, стихнет страданье, « C’est bon signe, ses souffrances s’apaiseront.
Баюшки, баю, баю.`` Dodo, l’enfant, do ! »
,,Прочь ты, проклятая! « Va-t-en, maudite ! Tes caresses
Лаской своею сгубишь ты радость мою!`` Feront périr mon bonheur ! »
,,Нет, мирный сон я младенцу навею. « Non, je donnerai à l’enfant un sommeil paisible
Баюшки, баю, баю.`` - Dodo, l’enfant, do ! »
,,Сжалься, пожди допевать хоть мгновенье, « Aie pitié, cesse un instant
Страшную песню твою!`` De chanter ton chant funeste ! »
,, Видишь, уснул он под тихое пенье. « Tu vois : il s’est endormi aux doux sons de mon chant.
Баюшки, баю, баю.`` Dodo, l’enfant, do ! »
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17/12 TOULOUSE.indd 6 09/12/11 15:32SAMEDI 17 DÉCEMBRE
2. Серенада 2. Sérénade
Нега волшебная, ночь голубая, Douceur enchanteresse, nuit bleue,
Трепетный сумрак весны; Ombres frémissantes du printemps.
Внемлет, поникнув головкой, больная La malade écoute, tête penchée,
Шепот ночной тишины. Les murmures du silence nocturne.

Сон не смыкает блестящие очи, Le sommeil ne clôt pas ses yeux brillants,
Жизнь к наслажденью зовет, La vie appelle à la volupté.
А под окошком в молчанье полночи Et sous sa fenêtre, dans le silence de minuit
Смерть серенаду поет: La Mort chante sa sérénade :

«Знаю: в неволе суровой и тесной « Dans les ténèbres d’une captivité cruelle et étouffante
Молодость вянет твоя. Ta Jeunesse se fane.
Рыцарь неведомый, силой чудесной Je suis le chevalier inconnu qui par sa force miraculeuse
Освобожу я тебя. Viendra te délivrer.

Эй, посмотри на себя: красотою Lève-toi, regarde-toi : la beauté illumine
Лик твой прозрачный блестит; Ton visage transparent.
Щеки румяны; волнистой косою Tes joues se colorent, et ta natte
Стан твой, как тучей, обвит. S’enroule comme un nuage autour de ta taille.

Пристальных глаз голубое сиянье Le regard bleu de tes yeux fxes
Ярче небес и огня; Est plus clair que le ciel et le feu ;
Зноем полуденным веет дыханье — Ton souffe est chaud comme le soleil de midi,
Ты обольстила меня! Ton charme m’a conquis.

В вешнюю ночь за тюремной оградой Ton oreille est captivée par ma sérénade,
Рыцаря шепот твой звал… Je suis le chevalier que ton murmure appelait.
Рыцарь пришел за последней наградой; Le chevalier est venu pour l’ultime récompense
Час упоенья настал! L’heure de l’extase est arrivée.

Нежен твой стон, упоителен трепет Ton corps est tendre, sa palpitation est délicieuse,
О, задушу я тебя Ô, je t’étoufferai dans un puissant embrassement.
В крепких объятьях любовью моею жгучей! Écoute mon murmure d’amour… Ne dis rien… Tu es à
Молчи! Ты -моя moi ! »
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17/12 TOULOUSE.indd 7 09/12/11 15:323. Трепак 3. Trépak

Лес да поляны, безлюдье кругом. La forêt, les clairières, tout est désert,
Вьюга и плачет и стонет, Pas âme qui vive. La bourrasque hurle et gémit.
Чуется, будто во мраке ночном, On croirait que dans les ténèbres nocturnes,
Злая, кого-то хоронит. Cruelle, elle ensevelit quelqu’un.
Глядь, так и есть! В темноте мужика Regardez : c’est bien ça !
Смерть обнимает, ласкает, Dans l’obscurité, la mort enlace un paysan.
С пьяненьким пляшет вдвоём трепака, Un paysan ivre, avec qui elle danse un trépak
На ухо песнь напевает: En lui chantant une chanson à l’oreille :
«Ох, мужичок, старичок убогой, « Ohé, paysan, vieillard miséreux
Пьян напился, поплёлся дорогой, Tu as trop bu, et tu as voulu te mettre en route,
А метель-то, ведьма, поднялась, взыграла, Mais la bourrasque s’est déchaînée comme une sorcière !
С поля в лес дремучий невзначай загнала. Et t’a fait quitter le champ pour t’égarer dans la forêt.
Горем, тоской да нуждой томимый, Harassé de misère, de peines et de tristesse
Ляг, прикорни да усни, родимый! Allonge-toi donc, endors-toi, mon ami !
Я тебя, голубчик мой, снежком согрею, Je te réchaufferai avec de la neige,
Вкруг тебя великую игру затею. Et je mènerai un grand jeu autour de toi.
Взбей-ко постель, ты, метель-лебёдка! Fais-lui donc son lit, bourrasque,
Гей, начинай, запевай, погодка, Et entonne une chanson qui dure toute la nuit
Сказку да такую, чтоб всю ночь тянулась, Et qui fasse bien dormir le vieil ivrogne.
Чтоб пьянчуге крепко под неё заснулось! Et vous, forêt, cieux et nuages,
Ой вы, леса, небеса да тучи, Ténèbres, vent et neige tourbillonnante,
Темь, ветерок да снежок летучий, Tressez donc un voile blanc, léger comme du duvet
Свейтесь пеленою снежной, пуховою. Pour que je borde le vieillard comme un enfant. »
Ею, как младенца, старичка прикрою. Dors mon ami, paysan bienheureux,
Спи, мой дружок, мужичок счастливый, L’été arrive, tout feuri !
Лето пришло, расцвело! Над нивой Le soleil brille sur les vallons
Солнышко смеётся да серпы гуляют, Les moissonneurs sont au travail ;
Песенка несётся, голубки летают...» Une chanson s’élève, des colombes passent… »
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17/12 TOULOUSE.indd 8 09/12/11 15:32SAMEDI 17 DÉCEMBRE
4. Полководец 4. Le Chef d’armée
Грохочут пушки, блещут брони, La bataille fait rage. Les cuirasses étincellent,
Орудья грозные ревут. Les pièces d’artillerie rugissent,
Бегут полки, несутся кони Les régiments accourent, les chevaux galopent
И реки красные текут. Et des feuves de sang coulent.
Восходит солнце - льди бьются. Midi sonne : les hommes se battent !
Сияет полдень - бой сильней. Le soleil décline : le combat durcit !
Закат пылает, но дерутся Le crépuscule pâlit, mais les ennemis
Полки всё яростней и злей. Se battent de plus en plus furieusement.
И пала ночьна поле брани. Et la nuit tombe sur le champ de bataille.
Дружины в мраке разбрелись. Les armées se sont séparées dans l’obscurité.
Всё стихло, и в ночном тумане Le silence est tombé, et dans le brouillard nocturne
Стенанья к небу понеслись. Des gémissements s’élèvent vers le ciel.
Тогда, озарена луною, Et alors, éclairée par la lune, chevauchant son destrier
На боевом своём коне, Brillant de la blancheur de ses os, la Mort apparaît.
Очей сияя белизною, Et écoutant dans le silence les clameurs et les prières,
Явилась Смерть и в тишине, Pleine de satisfaction orgueilleuse,
Внимая воплям и молитвам, Comme un chef d’armée elle fait le tour du champ.
Довольства гордого полна, Puis montant sur une colline, regardant alentour
Как полководец поле битвы, Elle s’arrête, sourit, et au-dessus de la plaine
Кругом объехала она. Retentit la voix fatidique :
На холм поднявшись, оглянулась, « La bataille est fnie ! J’ai vaincu tout le monde.
Остановилась, улыбнулась. Guerriers, vous vous êtes tous apaisés à ma vue.
И над равниной боевой La vie vous a faits ennemis, moi, je vous réconcilie.
Раздался голос роковой: Morts, tous comme un seul homme levez-vous pour la revue !
«Кончена битва - я всех победила. Déflez devant moi aux sons d’une marche solennelle :
Передо мной все смирились бойцы. Je veux compter mes armées.
Жизнь вас поссорила - я ж померила. Puis allez étendre vos os dans la terre,
Дружно вставайте на смотр мертвецы. Où il est si doux de se reposer de la vie.
Маршем торжественным мимо пройдите - Invisibles, les années succèderont aux années,
Войско своё я хочу сощитать. Les hommes auront tôt fait de vous oublier.
В землю потом ваши кости сложите - Mais moi, je ne vous oublierai pas, et sur vos tombes
Сладко от жизни в земле отдыхать. Je donnerai de grands festins à l’heure de minuit.
Пляской тяжёлою в землю сырую Ma danse pesante tassera le sol humide
Их затопчу, чтобы сень роковую Afn que les os ne puissent jamais quitter l’ombre du sépulcre,
Кости покинуть вовек не смогли. Et que jamais vous ne puissiez sortir de terre ! »
Чтоб никогда
Golenistchev-Koutouzov
9
17/12 TOULOUSE.indd 9 09/12/11 15:32Olga Borodina en Europe, retourne au Metropolitan Tugan Sokhiev
La carrière internationale d’Olga Borodina Opera pour Marfa (La Khovanchtchina) Tokhiev est Directeur musical
démarre après des débuts européens et se produit dans une série de concerts de l’Orchestre National du Capitole de
remarqués au Covent Garden de Londres en France sous la baguette de Riccardo Toulouse. Il a été Premier chef invité
en 1992, dans Samson et Dalila aux Muti. Dans les enregistrements d’Olga pendant trois saisons, avant de devenir
côtés de Placido Domingo. En 1997, elle Borodina, parus sous le label Philips son Directeur musical en 2008. Il
débute au Festival de Salzbourg où elle Classics, on peut citer : La Khovantchina, est également Directeur musical du
retournera plusieurs fois, notamment La Dame de Pique, Guerre et Paix, Le Deutsches Symphonie-Orchester de
pour Don Carlos (Eboli) en 2003. Elle Prince Igor, Boris Godounov, Eugène Berlin, et prendra ses fonctions au début
interprète également La Princesse de Onéguine, La Force du Destin, Don Carlos, de la saison 2012-2013. Cette nomination
Bouillon dans Adrienne Lecouvreur Les Vêpres de Rachmaninov, Pulcinella a reçu un accueil chaleureux, tant de la
(1999) et Dalila (2002) à la Scala de de Stravinsky et Roméo et Juliette de part de la profession, que de la presse.
Milan, ainsi que Carmen, Eboli et Marina Berlioz, pour lesquels elle a travaillé A Toulouse, la relation entre Tugan
(Boris Godounov) à l’Opéra de Paris. Elle avec Valery Gergiev, Bernard Haitink et Sokhiev et ses musiciens est de plus en
débute aux Etats-Unis en 1995 dans La Sir Colin Davis. Sous le label Erato, elle plus plébiscitée. Tugan Sokhiev travaille
Cenerentola à l’Opéra de San Francisco où a enregistré Samson et Dalila avec José également en étroite collaboration avec
elle retourne notamment pour L’Italienne Cura, sous la direction de Sir Colin Davis. le Théâtre Mariinsky et est sollicité,
à Alger (2005) et Samson et Dalila Parmi ses enregistrements de récitals dans le monde entier, par les opéras et
(2006). Elle chante pour la première fois en solo, fgurent Tchaïkovski, Les Chants orchestres les plus prestigieux. Dans
au Metropolitan Opera en 1997 (Boris du Désir, le Boléro et un album d’Arias le courant de cette saison 2011/2012,
Godounov). Parmi ses nombreuses d’Opéras avec l’Orchestre du Welsh Tugan Sokhiev dirigera l’Orchestre
interprétations sur la scène new-yorkaise, National Opera (Opéra National Gallois) Philharmonique de Berlin, l’Orchestre
citons Amnéris (Aïda), Carmen, Dalila, et Carlo Rizzi. D’autres disques sont aussi Symphonique de la Radio Finlandaise,
Isabella (L’Italienne à Alger), Laura parus et notamment le Requiem de Verdi le Deutsches Symphonie-Orchester de
(La Gioconda), Eboli et Marguerite (La avec Valery Gergiev, Aïda avec l’Orchestre Berlin, l’Orchestre Philharmonia (où
Damnation de Faust). En concert, elle Philarmonique de Vienne, sous la direction il revient chaque saison), l’Orchestre
interprète notamment Roméo et Juliette, de Nikolaus Harnoncourt, ainsi que La Symphonique de Sydney et fera ses
le Stabat Mater de Rossini, Pulcinella, Ivan Mort de Cléopâtre de Berlioz, enregistré débuts avec l’Orchestre Symphonique
le Terrible et Alexandre Nevsky avec les lors de concerts en direct au Musikverein de Melbourne. Il effectuera plusieurs
plus grands orchestres. Elle interprète de Vienne avec l’Orchestre Philarmonique tournées avec l’Orchestre National du
Chants et Danses de la mort aux BBC de Vienne et Valery Gergiev sous le label Capitole de Toulouse : en Allemagne, en
Proms avec Valery Gergiev et l’Orchestre Decca. Un double album regroupant une Amérique du Sud et au Royaume-Uni. À
philharmonique de Rotterdam, avec sélection de chants et arias, intitulé « A l’opéra, il a dirigé Tosca au Théâtre du
James Conlon à l’Opéra Bastille, avec Portrait of Olga Borodina », est paru Capitole de Toulouse et Boris Godounov
Mstislav Rostropovitch et l’Orchestre récemment chez Philips Classics. Olga à l’Opéra d’État de Vienne. Ses débuts
du Concertgebouw d’Amsterdam à Borodina s’est vu décerner le Prix d’Artiste avec les Orchestres Philarmoniques
Amsterdam et au Royal Festival Hall de Nationale de Russie en 2002 et a été de Vienne et de Berlin, unanimement
Londres, avec l’Orchestre national de lauréate du Prix d’État de Russie - plus salués par les critiques qui l’ont
France (2006/2007). En 2010/2011, elle haute distinction en Russie – en 2007. Son consacré « Dirigentenwunderwaffe »
est La Princesse de Bouillon (Adrienne récent enregistrement du Requiem de (chef d’orchestre miraculeux), et sa
Lecouvreur) au Covent Garden de Londres Verdi avec l’Orchestre Symphonique de tournée européenne avec l’Orchestre
et interprète notamment le Requiem Chicago et dirigé par Riccardo Muti a reçu Philharmonia et l’Orchestre de Chambre
de Verdi sous la baguette de Riccardo le Grammy Award 2010 dans la catégorie « Mahler Chamber Orchestra », sont les
Muti au Festival de Salzbourg. Cette « meilleur album de musique classique ». temps forts de la saison. Tugan Sokhiev
saison, elle fait une tournée de récitals est invité régulièrement à diriger des
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