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Lettre De Vincent You à François Fillon (page 2)

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3/ Exiger que des ouvriers comprennent les risques et puissent parler à leurs collègues serait, selon certains, une atteinte aux valeurs fondamentales de l'Europe...

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Ajouté le : 14 mars 2017
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3/ Exiger que des ouvriers comprennent les risques et puissent parler à leurs collègues serait, selon certains, une atteinte aux valeurs fondamentales de l'Europe... c'est un peu oublier que la directive n'existe que depuis 1996 et que Robert Schuman n'avait pas construit le Traité de Rome de 1957 sur la base de la course au "moins disant social". Je crois pour ma part que l'évolution de l'UE est le cœur du problème et qu'il est désormais urgent d'en refaire un pôle de civilisation qui défende ses valeurs, plutôt que de les brader, qui protège ses travailleurs et tourne le dos à la sacralisation d'une supposée concurrence libre et non faussée que nous sommes les seuls au monde à souhaiter. Si les valeurs européennes sont en jeu, c’est pour les retrouver non pour les enterrer ! 4/ La Clause Molière ne prétend pas tout résoudre. Si elle reçoit le soutien très marqué des professionnels du BTP qui connaissent la réalité des chantiers, c'est parce que ce qui est en jeu c'est la considération que l'on porte au travail des ouvriers. On ne peut pas travailler sereinement sur un chantier sans parler à ses collègues, on ne peut pas être plombier sans devoir comprendre ce que dit l’électricien à côté. Le travail humain n'est pas transférable par un coup de baguette magique. Il nécessite une équipe, des échanges, une compréhension commune des risques et une confiance. Il n'y a pas deux catégories d'ouvriers: ceux de chez nous et ceux que l'on fait venir pour payer moins cher et gagner le marché sans se soucier de ce qu'ils comprennent ou non. La « Clause Molière » est un choix de responsabilité qui consiste à refuser désormais de casser les prix de nos marchés aux dépends des ouvriers. Il s’agit de payer le juste prix, notamment parce que c’est de l’argent public. On en peut plus accepter que des hôpitaux se construisent, avec les fonds de la sécurité sociale, avec des entreprises qui payent leurs charges sociales ailleurs. Sauver la sécurité sociale c’est commencer par lui maintenir des recettes. Cette course vers le gouffre doit cesser, les Français le comprennent très bien ! J’espère que vous ne céderez pas à ceux et celles qui vous poussent à fermer les yeux sur ces réalités qui sont au cœur de nos territoires. Le redressement de la France ne se fera pas sur le dos de nos ouvriers et PME. Le travail détaché même légal reste un Munich social et politique.pourquoi s’y C’est opposer n’a rien d’un repli nationaliste. Je vous remercie de manifester votre soutien aux élus courageux qui font honneur à notre pays et réclament que la loi française traite les ouvriers des chantiers comme les infirmiers et les médecins : en prenant en compte les risques de leur métier avant de permettre leur installation en France. Si vous le souhaitez, Monsieur le Premier Ministre, je suis à votre disposition pour répondre à toutes vos questions. Respectueusement,
Vincent YOU