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Rapport d'un

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Rapport d'un

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Ajouté le : 20 mai 2011
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Variétés historiques et littéraires, Tome X Rapport d’un affidé de l’Angleterre, à Paris. 1655
1 Rapport d’un affidé de l’Angleterre, à Paris, en 1655.
5 juillet 1655. — J’ai reçu votre lettre, par laquelle j’ai vu ce qu’on m’offre par mois, jusqu’à ce que je me sois fait connaître, ce que j’accepte.
Mais j’entends que quand on aura vu comment je peux servir, et quels services je peux rendre, on augmente de beaucoup ma pension.
Je vous prie de bien faire comprendre ceci : qu’on ne peut pas faire naître les occasions à servir, mais qu’on peut seulement les embrasser lorsqu’on les trouve. Ce que je dis parce que peut-être on pourra s’étonner de la stérilité des avis, ce qui procédera du cours des affaires, et non de ma faute.
Assurez-vous que le prince de Condé ne fera grand’chose cette campagne, que les Espagnols se tiendront sur la défensive, et que nous faisons cette année de grands progrès partout.
8 juillet.— Présentement, il n’y a nul changement à attendre en ce royaume. Les peuples sont accablés de misères, de tailles, de toutes sortes d’impositions, qu’ils 2 aiment mieux souffrir que la guerre .
La noblesse est tellement ruinée, qu’elle n’est pas capable de monter à cheval pour aucune exécution, quelque apparence qui leur puisse être présentée d’une plus 3 avantageuse condition .
Les parlements sont tous asservis, et ceux qui les composent n’oseroient parler ni 4 rien dire contre le présent gouvernement .
Les grandes villes ne respirent que le repos, et détestent tous ceux qui ont été les auteurs des derniers troubles.
L’Ordre ecclésiastique est tout dépendant de la cour et du favori, de qui ils ont reçu leurs bénéfices.
Tous les gouverneurs de places sont attachés de même à la cour et au cardinal. Tous les grands seigneurs se plaignent, et je n’en connais pas un seul qui soit capable de rien. Pour Paris, tout le monde déteste le présent gouvernement, et s’y assujettit pourtant volontairement.
5 On a cru que le cardinal de Retz pourroit causer quelque altération pour le jubilé , car, venant à être donné par ses ordres, l’autorité du roi étoit en quelque façon violée, et le jubilé étant refusé au peuple, cela devoit, selon toute apparence, causer quelque sédition ; cela n’a point du tout réussi. Les grands-vicaires nommés par le cardinal de Retz ont été mandés en cour. Un d’eux a obéi et y est allé ; l’autre y a été amené par force, et le peuple n’a point remué. Et quand on auroit pris tous les curés prisonniers, personne n’auroit rien dit. On voit clairement que dans Paris on veut le repos, et qu’on ne veut plus entendre à aucun remuement ; cela est certain. Quant aux courtisans, ils sont toujours mal contents ; mais avec cela, il découle toujours quelque douceur qui les appaise, et nul n’est capable de rien. Le maréchal de Turenne, qui seul a sens, courage et expérience, est asservi à la 6 faveur ; car, de uis u’il est marié , il a si rande eur de erdre la fortune de sa
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