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Partageurs d'émotion N°2

37 pages
LE SEUL MAGAZINE DEDIE AUX AUTEURS INDEPEN- DANTS ET AUX LECTEURS CURIEUX ! C’est avec beaucoup de plaisir et de fierté que nous vous présentons ce troisième numéro de notre magazine. De plaisir… car c’en est vraiment un que de recevoir vos Bernard BEKA textes, de plus en plus nombreux, preuve évidente que, Rédacteur en chef doucement mais surement, nous trouvons notre place. contact@jelivremonhistoire.com De fierté… car comment ne pas être fiers d’avoir dans les colonnes de cette revue, une interview exclusive de notre marraine : Régine DEFORGES ! Nous sommes toujours vigilants sur la qualité des textes que nous publions et les nombreux compliments que nous recevons par mail nous récompensent. Couverture : banque d’images fotolia Vous le savez, notre crédo est de faire savoir au plus grand Maquette : Bruno Cammareri - 06 63 29 68 57 nombre, aux sceptiques aussi, que le talent existe chez les Impression : DIGITAL PRINTING - 10, Bd Paumont auteurs indépendants. D’ailleurs, beaucoup de lecteurs 13015 Marseille nous l’écrivent et félicitent la rédaction pour ses choix édi- Rédacteur en chef et Publicité : Bernard Beka toriaux et pour la diversité des écrits publiés.06 09 22 20 34 Responsable d’édition et du comité de lecture : Vous savez aussi que nous avons un objectif : nous hisser Véronique Rénier au niveau des revues littéraires « professionnelles » en Les Partageurs d'émotion est édité par "je livre étant, un jour prochain, présents en kiosques.
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LE SEUL MAGAZINE DEDIE AUX AUTEURS INDEPEN-
DANTS ET AUX LECTEURS CURIEUX !
C’est avec beaucoup de plaisir et de fierté que nous vous
présentons ce troisième numéro de notre magazine.
De plaisir… car c’en est vraiment un que de recevoir vos
Bernard BEKA textes, de plus en plus nombreux, preuve évidente que,
Rédacteur en chef doucement mais surement, nous trouvons notre place.
contact@jelivremonhistoire.com
De fierté… car comment ne pas être fiers d’avoir dans les
colonnes de cette revue, une interview exclusive de notre
marraine : Régine DEFORGES !
Nous sommes toujours vigilants sur la qualité des textes
que nous publions et les nombreux compliments que nous
recevons par mail nous récompensent.
Couverture : banque d’images fotolia Vous le savez, notre crédo est de faire savoir au plus grand
Maquette : Bruno Cammareri - 06 63 29 68 57 nombre, aux sceptiques aussi, que le talent existe chez les
Impression : DIGITAL PRINTING - 10, Bd Paumont auteurs indépendants. D’ailleurs, beaucoup de lecteurs
13015 Marseille
nous l’écrivent et félicitent la rédaction pour ses choix édi-
Rédacteur en chef et Publicité : Bernard Beka
toriaux et pour la diversité des écrits publiés.06 09 22 20 34
Responsable d’édition et du comité de lecture : Vous savez aussi que nous avons un objectif : nous hisser
Véronique Rénier
au niveau des revues littéraires « professionnelles » en
Les Partageurs d'émotion est édité par "je livre
étant, un jour prochain, présents en kiosques.mon histoire" autoentreprise. Siret 423 374 594
83600 Fréjus
Dans ce but, nous avons signé un contrat avec une atta-
Site web : http://www.jelivremonhistoire.com
chée de presse connue et reconnue par la profession. Elle
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a pour mission de faire connaître « Les Partageurs d’émo-lespartageursdemotion
tion » aux principaux médias (presse, radio, télé). C’est un L’éditeur décline toute responsabilité quant
aux contenus formulés par les articles dans les passage incontournable si l’on veut atteindre rapidement
différentes rubriques. Tous les textes, photos et
« l’objectif » !dessins ont été soumis à l’acceptation par l’auteur
de leur libre publication dans le magazine sans
rétribution de l’auteur. Mais, au-delà de tout, c’est d’abord grâce à vous, lecteurs
Toutes reproductions, traductions, pour tous pays et auteurs du premier jour que ce rêve deviendra réalité.
et tous supports, intégrales ou partielles, faites
sans le consentement de l’auteur et de la rédaction Pour ce numéro 3 : Béatrice Ortéga, Alain Diracca, Vladimir
du magazine, sont illicites.
Nicolas, Nicole Charles, Pascale Quiviger, Isabelle Boncio-
Toute copie autre que destinée à un usage
lini, Pierrick Lozé, Laétitia Proust et Christian Vanlierde, personnel est strictement interdite.
s’unissent à moi pour vous souhaiter une… Bonne lecture.
Dépôt légal Avril 2013 - Numéro ISSN : 2260-1325
Commission paritaire : N° 0215 K 91694
Bernard BEKA
1Edito .................................................................................................................
Bernard BEKA 1
Les auteurs prennent la parole ..................................
Entretien avec Régine DEFORGES 3
Tribune libre ...............................................................................................
Laetitia PROUST 7
Coup de projecteur.............................................................
Alain DIRACCA - écrivain public 8
Témoignage
Isabelle BONCIOLINI - Correspondances 11
Des nouvelles de nos auteurs ..................................
Pierrick LOZE 12
Rue des poètes ....................................................................................
Vladimir NICOLAS 16
Notre coup de coeur .....................................................
Béatrice ORTEGA - Editions en gros caractères 18
L'eau à la bouche ..............................................................................
Pascale QUIVIGER - Cérémonie assassine 20
Atelier d'écritue ...................................................................
Christian VANLIERDE - Ecrire une nouvelle tittéraire 26
Le goût de l'étrange .........................................................................
Nicole CHARLES - Alkemilla 30
Abonnement 35
Carnet d'adresses .............................................................................36
2Les auteurs prennent la parole...
Régine
DEFORGES
Née à Montmorillon en Poitou, elle poursuit ses
études dans différentes institutions religieuses.
Elle crée, en 1968, sa propre maison d’édition
L’Or du temps et devient la première femme édi-
teur en France. Les ouvrages édités, des livres
érotiques, font alors souvent l’objet d’interdic-
tions diverses, de procès et d’amendes.
Régine DEFORGES est une femme d’engage-
ment. Elle a été présidente de la Société des Gens
de Lettres et membre du jury du Prix Femina dont
elle a démissionné par solidarité avec Madeleine
Chapsal, suite à l’exclusion de celle-ci.
Elle est notamment l’auteure de la célèbre qua-
drilogie romanesque dont le premier tome est La
bicyclette bleue, le dernier volet Noir tango étant
paru plus tard. Ce grand succès populaire (plus
de dix millions d’exemplaires vendus) a été adap-
té en série télévisée en 2000 (avec Laetitia Casta
dans le rôle de l’héroïne Léa Delmas).
À titre personnel, elle est membre du Comité
d’honneur de l’Association pour le Droit de Mou-
rir dans la Dignité et cosigne en 2009 un texte
réclamant la dépénalisation de l’euthanasie.
Son dernier ouvrage, paru en 2012, s’intitule
Toutes les femmes s’appellent Marie (Editions
Hugo & Cie).
Les auteurs
prennent la parole...
3Interview
’est avec beaucoup de plaisir et d’émotion BB : Oui. Un auteur m’a même dit, récemment,
Cdomicile parisien de la marraine de notre démocratique » !
revue, Régine DEFORGES, pour parler, discuter
RD : C’est vrai ! Tout-à-fait, tout-à-fait.
avec elle de notre passion commune : l’écriture.
Ce que vous allez lire est la retranscription de BB : Vous avez vous-même été éditrice par le pas-
cette discussion à bâtons rompus où l’auteure se
livre avec beaucoup de sincérité et de pudeur.
RD : Je recevais les manuscrits par la poste, je les li-
sais tous et je mettais de côté ceux qui me semblaient
Malgré la bruine pénétrante et le froid, ce quar-
intéressants mais il y avait beaucoup de déchets et
tier de Paris (Saint-Germain, Odéon) est toujours
puis après une deuxième lecture, je demandais à voir
-
l’auteur, puis on se rencontrait.
tistes, des écrivains, des peintres… J’arrive pile
à l’heure. Je n’avais jamais rencontré Régine DE- BB : Vous dites que vous ne reteniez pas beau-
FORGES auparavant. Nous n’avions eu que des coup d’ouvrages. Mais au fond, pour vous, c’est
échanges téléphoniques. quoi un bon livre ?
RD : Un bon livre, c’est un livre que l’on ne lâche pas.
L’appartement est tel que je l’avais imaginé. Spa-
- BB : Alors cela n’a rien à voir avec la « qualité de
l’écriture » ?-
quer le parquet. Du vrai parquet. Puis mon hôtesse RD : Si bien sûr ! Si c’est trop mal écrit, si c’est bour-
me propose de prendre place sur un gros fauteuil ré de fautes de français et d’orthographe…ça vous
tombe des mains mais un livre qui se tient entre les
qu’elle m’ait offert une tasse de thé, je mets mon deux, sur lequel on peut demander à l’auteur de retra-
dictaphone en marche…
vailler… faut y aller !
Bernard BEKA : Madame DEFORGES, tout
BB : Quels types de livres receviez-vous ?
d’abord merci de votre intérêt pour « Les parta-
RD : A l’époque, c’étaient des romans érotiques.geurs d’émotion ». Comme vous le savez, notre
- BB : Ah oui, eh bien cela aussi c’était plutôt « gon-
-
teurs la possibilité de ne pas être dans la pensée
RD : Ah ça ! (rires) Et j’en ai édité, je ne sais plus, une
soixantaine, une centaine…J’étais alors la première à pas ailleurs. Quand je parle de « pensée unique »,
éditer ce genre d’ouvrage, j’ai « essuyé les plâtres » !
BB : En France, il y a plusieurs millions d’auteurs
manger et ce qu’il faut ou ne faut pas lire. Ce sont
« toujours les mêmes » que l’on voit et que l’on -
entend. Que pensez-vous de notre initiative ? teur » est devenu trop péjoratif. A l’origine c’est
Régine DEFORGES : Oh, eh bien, elle est « culottée »
aime », c’est comme ça. Pourtant, malgré ce et c’est d’ailleurs parce que je trouve votre démarche
nombre important d’auteurs indépendants, les juste et sincère, parce que des textes d’auteurs indé-
pendants, c’est déjà beaucoup, lutter contre la « pen-
sée unique » c’est un dur combat qui vaut la peine
d’être mené, que j’ai accepté de devenir la marraine -
de votre revue. Si la pensée est unique, ce n’est pas
intéressant car il n’y aura plus que des œuvres com- temps à autres la presse régionale) et pas de télé.
plètement formatées sans aucune originalité.
4
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Les auteurs prennent la parole...
Zt*VTTLU[Z?VWtYHP[SLJOVP_KL]VZH\[L\YZ&Régine DEFORGES
RD : C’est parce que les médias ne parlent que de BB : Pourtant le talent n’appartient pas qu’à une
ce dont on parle ! Vous n’avez qu’à voir, dans les certaine élite.
hebdos, ils parlent tous de la même chose, la même
RD : Bien sûr que non ! Le talent est partout mais
semaine. Je suis d’accord avec vous, c’est agaçant,
c’est lassant. Ils n’aiment pas prendre de risques. Ils
Vous savez quand vous lisez dix manuscrits qui vous
pensent que s’ils parlent de tel « truc », ils auront un
sont tombés des mains, le problème c’est qu’hélas,
minimum de lecteurs.
le onzième a peu de chance de retenir votre attention.
BB : Mais alors, et ces millions d’auteurs qui sont Il y a la lassitude du lecteur qui se fatigue, qui n’en
aussi des lecteurs de ces hebdos seraient au peut plus des histoires mal écrites, pleines de fautes,
inintéressantes… Il faut comprendre !
RD : Oui, je sais bien… Ils ne font pas leur boulot… BB : Alors cela veut dire qu’il n’y a pas que le
C’est-à-dire qu’ils ne veulent pas prendre de risques… talent mais qu’il faut aussi compter sur le facteur
-BB : Pensez-vous que le monde de l’édition a
sonne au bon moment !changé et si oui qu’elle est votre analyse ?
RD : Oui. Ce facteur existe. Voilà pourquoi il faut en-RD : En fait, il s’est féminisé. Il y a beaucoup plus de
voyer son ouvrage au plus grand nombre de grands femmes éditeurs qu’il n’y en a jamais eu mais qu’il ait
éditeurs possible.changé en profondeur, non. Non parce que tous les
éditeurs sont à la recherche de « coups » ! Un bon BB : Quels conseils donneriez-vous alors à nos
coup, un truc qui va marcher. Très peu suivent une lecteurs / auteurs pour que leurs livres soient lus
ligne avec un type de collection précis. par les personnes ayant cette charge dans les Co-
BB : On a quand même le sentiment que les
grands éditeurs ne prennent pas de risques et RD : D’abord proposer un manuscrit propre. Pas ra-
qu’ils n’éditent que les noms connus. turé dans tous les sens, pas écorné. Il ne faut pas
que l’on voit qu’il ait fait le tour de toutes les maisons RD : Non, ce n’est pas vrai. Ce sont des idées re-
d’édition. La présentation d’un manuscrit est très im-çues. Non, non, ils prennent aussi des risques. Il y a
portante. Pas de livre écrit manuellement, personne beaucoup de premiers romans édités par les grandes
ne le lira.maisons d’édition. Simplement ils ne le clament pas
forcément sur les toits ! BB : Pensez-vous que l’ouvrage doive être préala-
blement corrigé par un professionnel ?BB : Et le chemin pour se faire éditer par ces
grandes maisons d’édition ? RD : Pourquoi pas si vous en avez un sous la main
mais ce n’est pas une obligation. Il y a des gens qui RD : Le même que celui que vous connaissez. Soit
ont des tours de plume qui sont les leurs et il ne faut par la poste, soit vous avez un ami écrivain qui va re-
pas y toucher. mettre le manuscrit à un directeur de collection mais
si l’ouvrage n’est pas bon, il ne sera pas pris, même si BB :
c’est présenté par Camus… Régine DEFORGES. Qu’est-ce que l’écriture vous
a apporté ?BB : Il y a quelques temps, j’avais un ami qui tra-
vaillait pour un grand éditeur et qui me disait que RD : La liberté, rien que ça ! Je suis devenue écrivain
parce que j’adore lire. Je ne pensais pas du tout que
manuscrits par jour, que bien sûr, la lecture était je deviendrais un écrivain puisque j’aimais les livres
des autres. Je n’étais pas à la hauteur si vous voulez.
recevait un courrier comme quoi son livre, bien Il a fallu que j’aie l’incident du « cahier volé » quand
qu’intéressant, n’avait pas été retenu.
j’avais quinze ans pour que je me jette là- dedans,
RD : Oui, mais en France tout le monde écrit. Tout le pour que je me prouve à moi-même que je pouvais
monde a un manuscrit qui traîne dans un tiroir.
5
\U7HYSVUZL[JOuY&LJL]HP[WL\LTL[[YKL\_L[YSLLYH]PZX\?VUWHYSLLU?UK?L\_TV[KL?]V\Z?US?H\[L\Y?IV\[H\JLU[ZIHZJLU[ZK?\ULTHPZVUOPZ[VPY5+39WLYSLIVUULKPM?JPSLSHJ?LZ[WHYTHPU[LUHU[S\LLTVPZv[YKLLX\?H\KPYPTWVZZPISL]L\_VPZ1LnKL\_JOHUJLYKLJL[[LJLJVU[YHPYKHUZ?KtUPJOLYTHNTH?HZZLaSL
Les auteurs prennent la parole...
TP[tZ KL SLJ[\Y L H\ KLSn KLZ KP_ WY LTPuY LZ WHNLZInterview
cahier volé », 1978, Editions Fayard. Roman en par- on vous humilie trop, il y en a qui se mettent à genoux
tie inspiré de l’enfance de l’auteure). On a volé mon et qui pleurent et d’autres qui font face, ce qui a été
journal intime quand j’avais quinze ans. Il a été lu sur mon cas. J’ai eu beaucoup de chance. Beaucoup
la place publique et mes déboires avec la police ont de chance de réussir, oui, et puis parce que réagir
commencé à ce moment- là. C’est quelque chose qui comme ça était dans ma nature… Je suis un lion/
m’a beaucoup marqué. Le fait d’avoir réussi à mettre scorpion alors… (rires) et puis de réussir par l’écri-
ture, par le livre… Ça, c’était une vraie victoire.
moi une grande victoire.
BB : On dit pourtant des scorpions qu’ils ont un
BB : Vous avez utilisé le mot « liberté ». De quoi côté « auto destructeur » !
vous êtes- vous libérée ?
RD : Oui Bernard, vous avez raison, j’ai ce côté-là. Je
RD : Je me suis libérée de la peur que l’on me vole
ne le revendique pas… Je le subis, c’est comme ça.
ce que j’écrivais… Que l’on me le fasse brûler, ce qui
BB : Notre petite discussion à bâtons rompus se avait été le cas précédemment. Vu le contenu de mes
textes, j’avais peur qu’on me les prenne, qu’on me
les arrache physiquement je veux dire … Oui, oui. Ce ouvrage. Vous allez donc publier vos mémoires ?
texte a été le départ pour moi. Plusieurs éditeurs me
RD : Effectivement. Mes mémoires sortent en mars/l’on demandé et j’ai choisi celui qui me proposait le
avril 2013. Cela a été un travail extrêmement intéres-plus d’argent (rires).
sant mais alors là, pour le coup, véritablement auto
BB :
aussi de démêlés divers et variés, notamment
avec la Justice, quel est le regard que vous portez et à quel point on est seul… toujours seul.
aujourd’hui sur tout cela ?
BB : Et le fait d’écrire tout cela, de vous replonger
RD : Un regard amusé. Là je viens de terminer mes
mémoires et je me rends compte que je l’ai échappé
RD : Non ce n’était pas un exutoire. J’avais décidé de belle bien des fois. J’ai eu beaucoup de chance, que
signer un contrat pour écrire mes mémoires, j’écris
n’aurais pas la force. Je ne recommencerais pas à mes mémoires ! C’est tout. Mais véritablement je ne
être éditeur en tous cas (condamnation pour outrages
aux bonnes mœurs, privation de ses droits civiques. encore une fois, l’écriture de ce livre est à mon initia-
NDLR). Vous ne pouvez pas savoir comme cela a été tive. J’en ai parlé à plusieurs éditeurs. Certains édi-
terrible : la misogynie, la mesquinerie, la bêtise… J’ai teurs m’on fait des propositions, j’ai accepté celle de
eu droit à tout ! Robert LAFFONT et voilà !
BB : Oui, je comprends et pour tout vous dire, c’est BB :
tout cela qui m’a poussé à vous demander d’être passé ensemble et...
la marraine de notre magazine et à vous rencon-
RD : Oh, Il y en aura d’autres !trer aujourd’hui. J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup
de courage et beaucoup d’envie de « casser les BB : Avec plaisir.
moules ». C’est ce que j’essaie de faire moi aussi,
RD : Oh vous savez, le courage on sait qu’on en a
quand on est au pied du mur. Avant… On ne sait pas !
BB : C’est-à-dire qu’il n’y a pas de courage quand
on n’a rien à perdre.
RD : Oui et on réagit bien ou non selon les cas. Quand
6
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Les auteurs prennent la parole...Tribune libre...
Le magazine « Les partageurs d’émotion » est un espace
à l’écriture et à la lecture. Amis auteurs, lecteurs, cette
rubrique est la vôtre.
Dans ce livre, on apprend à aimer la vie malgré tout et ne pas baisser 'ai eu une vie mouvementée
qui, je pense, m'a propulsée
de télé comme "ça passe ou ça trappe" sur NRJ12 puis "ça se discute" J
d'oublier mes maux. J'ai été pla-
cée en famille d'accueil à l'âge de
du combattant, mais je ne laisse pas tomber et tout en gardant la force, deux ans. Dans cette famille j'ai su-
la motivation, je contribue à faire connaître mes livres. Le plus dur pour bis des humiliations, des douches
moi c’est de voir tous ces éditeurs qui vous demandent des sommes froides… Sans cesse réduite à un
individu sans cervelle. J'ai com-
ils ne sont pas les seuls) qui n'ont jamais pris la peine de faire la promo mencé à écrire à l'âge de douze
de mon livre. N’est-ce pas le problème de tous ces éditeurs à compte ans. J'ai participé à des concours
d’auteur ?de poèmes et sur, je ne sais plus
combien de participants, prove- J'ai donc contacté moi-même des revues telles que «France dimanche»
nant d’une centaine de pays, j’ai
terminé seconde ! Ce jour-là j'étais d’un article dans « Closer ».
J'ai versé, sur la vente de mon livre "Ephelides", un chèque au restos du sanitaire et social, je suis devenue
cœur. Je suis également apparue pour cela sur le DVD de sol en si il y a maman de deux enfants : Tylan et
trois ans : "les grands gamins" dans les bonus.
d'oublier le stress ou faire ressor- Je m' engage dans diverses associations caritatives auprès de person-
tir des choses qui sont en moi, je nalités célèbres, car j'aime donner et ouvrir mon cœur .
peins. Cette passion alterne avec
Je reste fragile, douce, émotive et dans mes écrits je propose des aven-l'écriture lorsque j'ai le problème
tures humaines, des dictons, des mots remplis de combats à découvrir.de « la page blanche ».
Mon prochain livre "l 'œil écoute les mots" espère un éditeur digne de
Arrivée dans le sud depuis trois
ce nom. Ce livre conte l’histoire d'une femme qui cherche à comprendre
ans avec mes enfants, je travaille
pourquoi son cœur bat si vite sans explication à n’importe quel moment.
On y découvre une maladie, des solutions…puis cet homme près d'elle
de vie, enfants ou personnes han-
si mystérieux et qu'elle ne voit pas. On comprend ce qui les unis tous les
dicapées à domicile.
deux pour le meilleur et pour le pire.
J'ai auto publié un recueil de
J' entretiens tous les jours ma page facebook «Proust éphelides poèmes»
poèmes "les coulisses de l'amour".
où chaque jour, le nombre d’abonnés augmente et ça me fait chaud au
J'ai, par la suite, publié aux éditions coeur tous ces messages !
du Panthéon un livre auto biogra-
J'ai reçu pleins de messages de personnalités lors de différents salons phique "Ephelides" où je raconte
du livre : Charlotte Valendray, ou encore Danielle Evenou….ce que j'ai subi en famille d'accueil
(le silence, les coups, un viol de huit
années, le suicide de mon frère, ce nom était « prédestiné », eh bien pas mal d’éditeurs m’ont demandé
quelques bonheurs aussi). de prendre un pseudo !!! France quand ta culture fout le camp. …
7
H?UTV[ZV?SHZHJOLa7V\Y(WYuZ?UHUJLYK\JLSP]Y,]LUV\L?uYQHPIPLUWLYZVUULZnKLKLZoNtLZtTPZZPVUZKV\ISLH?Ut[\KLZK\LZKLWLYL[LZQHPOL\YKLZTLZH\WYuZ(?UPYZ\YTVUMYHUJLLZ[WLUZHPZL[?ULU?UL\H[[LU[PVUH]LJnIYHZ1(4(0:SHKLZTHYTVPJOLLV?tUVYTLZQHPnNHNUt?UHSLt[tL\YKts\LVZtKP[PVUZH?U7HU[OtVUKLKLWH`LY7V\YSLZtKP[PVUZX\LK\UVT7HU[OtVUMHTPSSL796<:;KLZ1LWSHPZPYX\LSLLU1?HPTHPZItUt?JPtQHPKLSPILY[tV?JOHJ\UWL\[Z?L_WYPTLYZ\YSLZZ\QL[ZY\ULJV\YZWHNLLL]LU+HUPLSSL;KHUZLU?[YLQtKP[LYJLZ[H\ZZP\ULSH[PMZWHYWHY[PJPWtSLZ
Tribune libre Coup de projecteur
Alain DIRACCA
Ecrivain public
J’ai rencontré Alain DIRACCA lors du Salon du
livre d’Auribeau/Siagne que j’avais eu l’hon-
tout de suite passé avec cet homme discret et
courtois à la fois. Resté en contact avec lui, je
lui ai proposé « le coup de projecteur » de ce
numéro.
Bernard BEKA : Ce trimestre, notre « coup de pro- forme de ce dont parlent mes clients, néanmoins
jecteur » est braqué sur vous, Alain DIRACCA, en les demandes sont irrégulières. Le temps de travail
correspond à quelques heures par mois, bien que je tant qu’écrivain public.
passe mon temps à écrire et à lire.
Pouvez-nous en dire un peu plus sur votre activité ?
BB : Comment travaillez-vous ? De chez vous ?
Alain DIRACCA : C’est un beau métier qui n’entre plus
Vous vous déplacez chez vos clients ? Et votre
sous son appellation : écrivain public, dans le sys-
méthode de travail vous appartient-elle ou es-t-
tème économique moderne. Les domaines d’inter-
vention sont nombreux, du particulier à l’entreprise.
Mon option d’activité s’est orientée vers la correction AD : Le matin, c’est ma part privée du jour. L’après-
de mémoires et de thèses, d’aide à l’écriture pour un midi, je reçois les clients, je me déplace chez eux ou
courrier ou une histoire. ailleurs, quand je n’ai pas de rendez-vous, j’écris ou
je lis. La nuit, toutes les nuits, j’écris, pour mes clients
BB : Comment devient-on écrivain public ?
ou pour moi. Je pense que la répartition du temps
AD : On ne devient pas écrivain public, on l’est. Je est aménagée par chacun. Quant à ma méthode de
suis écrivain public parce qu’enfant, je voulais être travail, elle dépend de ce que l’on me demande. Je
facteur ou maître. Chaque rêve a son époque pour suis essentiellement sollicité par des étudiants qui
tiennent ma curiosité en éveil. Pour répondre à leurs
marine marchande ndlr) artisan potier, sculpteur, pré- demandes, je m’informe sur le sujet de leurs mé-
sident d’une association d’astronomie, peintre en moires ou de leurs thèses. Quel que soit le domaine
concerné : médical, géopolitique, philosophique…
est arrivé, j’ai suivi les cours du CNED, (organisme Pour le dernier client, il a fallu que je relise du Vol-
de formation en ligne ou par correspondance ndlr) taire. C’est passionnant ! Je me souviens d’une étu-
diante qui a travaillé sur la Shoah. Elle m’a permis de puis un stage chez madame Françoise Peters, et j’ai
-ouvert ma porte.
pés m’ont fortement impressionné. En même temps,
BB : Est-ce une occupation à temps plein ?
je travaillais sur la correction d’un mémoire qui me
AD : Mon temps est dévoué à l’écrivain public. Les faisait découvrir Hannah Arendt, Myriam Revault d’Al-
corrections que j’accomplis, nécessitent que je m’in- lonnes, Paul Ricœur.
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Coup de projecteur...Alain DIRACCA - Ecrivain public
Ce que demandent mes clients étudiants c’est un que cela m’a encouragé à renouveler l’expérience.
Ma première histoire me fut inspirée par le mot :
la correction. «boustrophédon» (écriture archaïque –grec, etrusque-
dont les lignes se lisaient alternativement de gauche
BB : Comment vous faites-vous connaître cher
à droite puis de droite à gauche, à la manière des
Alain ?
sillons tracés dans un champ. Ndlr) ; la seconde,
AD : Ah, la question secrète. C’est la question qui dont la rédaction n’est pas encore terminée, le fut par
représentait ma grande interrogation. J’ai choisi par- l’ « héraldique » (discipline ayant pour objet la connais-
mi les conseils d’écrivains publics plus expérimentés. sance et l’étude des armoiries. Ndlr).
J’ai eu conscience, assez vite, que les trois façons
Ces deux histoires sont des aventures, de la vie.
les plus rentables étaient : l’inscription dans les pages
jaunes, une publicité sur le parebrise arrière de mon Je travaille aussi sur des séries de petites histoires,
d’une ou deux pages, qui sont des visions, des rêves,
des instants, ces courts écrits sont comme des des-l’entrée de l’immeuble de mon cabinet.
sins.
BB : Quels sont vos auteurs favoris ?proposées par les fournisseurs d’accès à Internet.
AD : Je n’ai pas d’auteur favori, plutôt un genre litté-Mon site n’était pas adapté à mon type d’entreprise,
ceci dit, un site adéquat est un merveilleux outil de
travail. G.G.Marquez, Pierre Péju, Fabienne Verdier, Linda Lê
et bien d’autres encore.
BB :
BB : Merci pour toutes ces précisions. Moi qui est Internet n’est-il pas un concurrent impitoyable ?
AD : Internet n’est qu’un moyen, un outil, ce n’est pas
un concurrent. Avec les étudiants, c’est un moyen je sais, dorénavant, à qui m’adresser ! A bientôt
très pratique pour communiquer. Précédemment,
Alain et bonne continuation.
vous m’avez demandé si je me déplaçais, avec Inter-
AD : Merci Bernard, à bientôt. net ce n’est pas utile, j’ai travaillé pour une étudiante
de Lyon 2 pendant près d’un an.
Si je lis votre question autrement, je pourrais vous Exemple de boustrophédon
répondre, oui. Sur la toile, il y a tout ce qu’il faut pour
écrire correctement, cependant, pour utiliser les pos-
sibilités offertes par Internet, il faut déjà savoir écrire
convenablement et avoir le temps.
Oui, ce métier a un avenir, dans les entreprises, l’ad-
ministration et auprès des particuliers, il sera de plus
en plus l’interface incontournable entre l’individu et le
monde, ne serait-ce que par l’aspect social.
BB : Avez-vous déjà écrit un livre et si oui dans
quel genre ?
AD : Oui, écrire un roman était pour moi le summum
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tention, et je l’ai écrit. Je ne l’ai pas publié. Je n’ai pas
le courage, je n’ose pas.
J’ai eu tellement de plaisir à découvrir des pays incon-
nus, à partager des aventures avec mes personnages
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Coup de projecteur...