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QUEEN LATIFA
JanMimi ne se souvient pas très bien comment il a atterri dans cet « after » étrange à la lumière bleutée digne d’un fond d’aquarium. Sa fausse Rolex lui annonce trois plombes du matin. Il se sent un brin dans le potage, le cerveau embrumé et les jambes plutôt molles. Sa tête résonne sous les coups de marteau-piqueur de la techno de merde que le DJ impose à tous les joyeux fêtards qui se déchaînent sur la piste de danse… Une grosse boule lumineuse dans le style «Saturday night fever »balance des éclairs qui zèbrent la masse mouvante et laisse apparaître une silhouette désarticulée puis une autre. Des lasers se déchaînent, trouant la nuit. Soudain, JanMimi distingue une beauté, un vrai canon qui émerge du magma le temps d’une seconde. Ce n’est pas possible, il a dû rêver… Il ne peut plus détacher le regard d’une grande nana aux longs cheveux bruns, aux traits fins et à la bouche pulpeuse qui a l’air de s’en donner en se trémoussant… A chaque nouveau passage du spot, il découvre un nouvel aspect de la merveilleuse beauté dansante… Taille fine, poitrine généreuse, jambes interminables. Elle a vraiment tout pour faire craquer un mec, cette belle enfant… D’un pas un peu chancelant, JanMimi s’approche d’elle. Il ne sait pas trop où il est, ce qu’il a fait, ce qu’il a bu depuis le début de la soirée et surtout où sont passés les potes qui l’accompagnaient quelques heures plus tôt. Maintenant, il se retrouve seul et s’en moque totalement. Il n’y a plus que la belle inconnue qui l’intéresse… Et par chance, voilà que cette techno abrutissante s’arrête brutalement. Une série de vieux slows des années soixante commence à prendre le relais. Il reconnaît les premiers accords de « A whiter shade of pale » du
mythique Procol Harum. La beauté brune quitte la piste de danse pour s’approcher du bar… Allez, JanMimi, c’est le moment de saisir ta chance, même si tu risques le râteau. Comme dirait l’autre, sur un malentendu, ça pourrait peut-être fonctionner… Pourtant quelque chose lui dit qu’un pareil canon, ça ne peut en aucun cas être pour lui… - Excusez-moi, Mademoiselle… La fille se retourne et examine de la tête au pied le grand blond un peu gauche qui vient d’oser l’interpeller. Un sourire légèrement moqueur se dessine sur ses lèvres pulpeuses… - Permettez-moi de vous offrir un verre… Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? - Une vodka orange, ça pourrait le faire… JanMimi en commande aussitôt deux à un barman assiégé et entraîne la beauté vers une table libre dans le coin le plus sombre de la salle. - Je manque à tous mes devoirs, s’excuse JanMimi, je ne me suis pas présenté. Jean-Michel Dubois, JanMimi pour les intimes. J’ai 29 ans, je suis commercial chez ASVPT. - Enchantée, répond la belle en suçotant sa paille d’un air coquin, moi c’est Queen Latifa… - A en juger par votre type de beauté, vous êtes méditerranéenne, ou je me trompe ? - Tu ne te gourres pas, beau blond, je suis d’origine beur, mais française à 100%. Je viens de la Duchère. - Et moi de Perrache… De fil en aiguille, la conversation s’oriente sur toutes sortes de futilités, caractéristiques des premiers pas, des manœuvres d’approche. La vodka orange ne dure qu’un moment. Très vite, ils passent au verre suivant, puis à un autre. De plus en plus titubant, JanMimi entraîne quand même Queen Latifa vers la piste de danse pour une nouvelle série de slows. La magnifique maghrébine se colle à lui lascive, abandonnée.
- C’est bizarre, lui glisse-t-elle à l’oreille. D’habitude, j’ai une sainte horreur des blonds. Je les trouve fades, insignifiants. Moi, je kiffe vraiment que les bruns, très bronzés, très virils. Elle frotte son bas-ventre contre celui de JanMimi tout en ondulant doucement. Une douce chaleur s’insinue sous la ceinture du pantalon qui commence à présenter un renflement caractéristique… - On pourrait aller s’en griller une dehors, propose la belle, il fait une chaleur ici… Sur le trottoir, JanMimi se montre plus pressant. Il se serre contre elle, lui pelote un peu les fesses qu’elle a bien fermes et remonte jusqu’à la poitrine qui lui semble aussi généreuse qu’épanouie… - Du calme, garçon, lui fait Latifa en le repoussant doucement. Je ne sais pas si j’ai vraiment envie de continuer avec toi… Il n’en faut pas plus pour calmer les ardeurs de JanMimi qui sort une tige de son paquet et l’allume en lui lançant un regard boudeur. - Je déconne, reprend la fille. On va chez toi ou on va chez moi ? - C'est-à-dire que j’habite pas dans le coin, bredouille JanMimi. - Tu vas pas te dégonfler… Allez, t’as bien une caisse ? - Oui, c’est la Mégane qu’est garée, là-bas, dit-il en désignant une voiture du doigt. - C’est vraiment ton jour de chance, petit gars. D’habitude, je ne monte jamais en dessous de la Saab turbo… Faut vraiment que tu m’aies tapé dans l’œil, minaude-t-elle. A peine installés dans la bagnole, Latifa se précipite sur la braguette du futal de JanMimi, la déboutonne adroitement pour en sortir le battant de cloche turgescent qu’elle enfourne vite fait dans la chaleur de son immense bouche pulpeuse. JanMimi ferme les yeux. Un flash de volupté inonde son cerveau. Le va
et vient se fait plus insistant. Il se retient un temps, mais ne peut résister bien longtemps au savoir-faire buccal de Queen Latifa. Il se retrouve très vite au bord de l’explosion. Il n’a même pas conscience que son pantalon est sur ses chevilles et que d’une main vigoureuse, Queen Latifa vient de le retourner comme une crêpe suzette. Elle se mouille l’index et le lui plante délicatement dans le fondement. Non, ce n’est pas possible… JanMimi sent quelque chose de chaud se rapprocher de son anus. Il se retourne à demi et découvre un gros braquemart poilu entre les jambes fuselées de la charmante beurette… C’est un cauchemar, ce n’est pas à une Queen Latifa qu’il a affaire, mais à un King Mohamed prêt à le sodomiser ! C’est monstrueux. Il voudrait hurler. Mais il ne peut pas. L’autre lui plaque une main vigoureuse sur la bouche… Ca y est. Il sent la chaleur s’insinuer en lui. L’autre insiste. S’attendant à la douleur du déchirement final, JanMimi se crispe au maximum… Et c’est à cet instant précis qu’il se réveille en sueur. Tout cela n’était finalement qu’un mauvais rêve. Il reprend petit à petit ses esprits. Il est couché de tout son long sur la banquette arrière de la Mégane. Sa montre indique 4 heures 45. La voiture est garée dans une sombre ruelle complètement déserte. Pas plus d’« after »que de Queen Latifa dans ce coin paumé du vieux Lyon. Seuls témoins de cette nuit agitée: une monstrueuse gueule de bois, un reste de dégueulis sur le col de sa veste et des traces blanchâtres sur son pantalon déboutonné et empêtré dans ses chaussures. Il ne lui reste plus qu’à récupérer un string roulé en boule sous la pédale d’embrayage… Pauvre JanMimi !…
Cette nouvelle est extraite du recueil « Dorian Evergreen» disponible en version papier chez TheBookEdition.com
http://www.thebookedition.com/dorian-evergreen-bernard-viall et-p-16900.html Et en version e-book chez Amazon : http://www.amazon.fr/DORIAN-EVERGREEN-ebook/dp/B 006B8RROC/ref=sr_1_1? s=digital-text&ie=UTF8&qid=1358618588&sr=1-1
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