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L'Oiseau

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Dans les ombrageuses contrées du lointain, là où pensées et idées se perdent dans un désert fait de glace et de brume, là où carcasses et anciennes cités demeurent dans le silence des montagnes, un oiseau passe dans ce ciel sans teint, à l’affût.

Publié par :
Ajouté le : 16 août 2014
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Dans les ombrageuses contrées du lointain, là où pensées et idées se perdent dans un désert fait de glace et de brume, là où carcasses et anciennes cités demeurent dans le silence des montagnes, un oiseau passe dans ce ciel sans teint, à l’affût. Ses yeux vinrent à observer les cieux, des astres chatoyant recouvraient le monde et dans le silence du monde des flocons de neige tombaient. Et lui, il pleurait. Nul ne vît la main qui traversa les épais barreaux,nul ne vît la main sortir de cette infime renfoncement où rougeoyait à peine la lueur d'une torche. Non, nul ne vît le sourire de cet être lorsque la neige toucha ses mains noircies par la crasse, nul ne vît que cette neige si froide réchauffa le cœur de cet être sans âge enfermé ici bas. C'est ce souvenir qu'il garda de cette nuit immortelle, lorsque ses yeux prirent l'éclat des cieux et lorsque la neige envoyée des dieux lui donnèrent l'espoir de tenir, encore et encore. Oui, le destin est incertain et le hasard fait parfois mal les choses. Et j'ai fermé mes yeux, ballottant mon regard dans ces cieux améthystes, senti la force des vents et contemplé les nuages, brûlé d'amour et pleuré par peine, préféré me taire alors que j'aurais pu crier, senti les coups ardents sur mon corps frêle, erré dans des rues sans rêves, observé les gens, marcher sans jamais comprendre pourquoi j'étais là et dans quel but. J'étais l'oiseau et je brûlais de vivre. J'étais l'enfant dans la prison et je me sentais si seul. Réalité ou fantasme je ne savais que choisir. J'étais l'oiseau, je suis l'enfant. Lorsque ses forces l’abandonnèrent et qu'il n'avait plus la force de tenir sur ses pieds, lorsque sa main retourna dans l'abîme sans fond de sa cellule, seul l'oiseau pleura. L'enfant n'existait plus. Car il était l'oiseau, car j'étais l'oiseau. Le poids du monde ne l'encombrait plus, il faisait battre ses ailes vers l'horizon glacé, vers le sombre manteau de la nuit, rêvant d'un futur plus beau, d'étincelles magiques, de foudre et de toundra, de cascade et de forêt de sapin. Il rêvait d'amour et de fille, de joie et de fête, d'amis et d'aventure. Et quand l'enfant, étendu sur le sol graisseux de sa cellule, ferma les yeux une dernière fois, il souriait. Il était fier de l'oiseau qu'il était. Il ne garda pas comme dernière image les blocs de pierre noires de sa cellule, il ne garda pas non plus comme dernière image la lueur mourante de la torche, ni celle du garde qui le regardait en gloussant. Non. Il ne voyait que le cosmos sans limite, que le panthéon des dieux qui lui souriait, il ne voyait que l'oiseau et lui ne faisant qu'un, ils étaient au dessus de tout. Au dessus du monde entier, comme si ils n'en eurent jamais fait parti. Et c'est comme le plus libre de tout les hommes qu'il parti, quelque part où jamais, on ne le retrouverait.