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Tchekhov cas de pratique medicale ocr

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283 pages
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Ajouté le : 21 juillet 2011
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COLLECTION D'AUTEURS ÉTRANGERS PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE CHARLES DU BOS ANTONE TCHÉKHOV UN CAS DE PRATIQUE MÉDICALE Traduit du russe par DENIS ROCHE (Seule traduction autorisée par l'auteur) Avec un portrait hors texte LIBRAIRIE PLON LES PETITS-FILS DE PLON ET NOURRIT IMPRIMEURS-ÉDITEURS — 8, RUE GARANCIÈRE, 6e .'édition originale de ces œuvres complètes est tirée sur papier de [il. Exemplaire de L'ÉDITION ORIGINALE ŒUVRES COMPLÈTES D'ANTONE TCHÉKHOV TOME XIII • UN CAS DE PRATIQUE MÉDICALE A LA MÊME LIBRAIRIE : ŒUVRES COMPLÈTES D'ANTONE TCHÉKHOV TBADUITES DU RUSSE PAR DENIS ROCHE (Saule traduction autorisée far Vauteur) *I. Salle 6. *il. Les Moujiks. *III. Une banale histoire. *IV. Ma Femme. *V. Trois ans. *YI. Ma "Vie (Histoire d'un provincial). * VII. Le Moine noir. *VIII. Le Duel. *IX. Le Jour de fête. *X. La Steppe. *XI. Récit d'un inconnu. *XII. Voisins. *XIII. *Un Cas de pratique médicale. — •* L'Homme à l'étui. *XIV, *XV, *XVI. Théâtre. I, II, III. XVII, XVIII, XIX. Correspondance, I, II, III. XX. Carnets de notes. — Documents biogra­ phiques et critiques. — Index. Les volumes précédés d'un astérisque sont en vente (£929). Ce volume a été déposé à la Bibliothèque Nationale en 1929. TCHÉKHOV A IALTA EX 1S9S COLLECTION D'AUTEURS ÉTRANGERS PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE CHARLES DU BOS ANTONE TCHÉKHOV UN CAS DE PRATIQUE MÉDICALE TRADUIT DU RUSSE PAR DENIS ROCHE (Seule traduction autorisés par l'auteur) Avec un portrait hors texte PARIS LIBRAIRIE PLON •LES PETITS-FILS DE PION ET NOURRIT IMPRIMEURS-ÉDITEURS — 8, RUE GARANCIÈRE, 6° Tous droits réservés Droits de reproduction et de traduction rcsernîs pour tous pays, y compris l'U. R. S. S. UN CAS DE PRATIQUE MÉDICALE Un télégramme, envoyé de l'usine des Liâlikov, priait le professeur de venir au plus vite. La fille d'une dame Liâlikov, apparemment la propriétaire de l'usine, était malade ; c'est tout ce que l'on pouvait démêler en un long télégramme, mal rédigé. Aussi le professeur ne se dérangea-t-il pas lui-même : il se contenta d'envoyer à sa place son interne, Koroliov. Il fallait descendre à la troisième station au delà de Moscou et faire ensuite quatre verstes en voiture. A la gare, un attelage à trois chevaux attendait l'interne. Le cocher avait un chapeau à plumes de paon (1) et répondait d'une voix vi­ brante, à toutes les questions, comme un soldat : « Pas du tout ! » ou « Exactement ça ! » C'était le samedi soir. Le soleil se couchait. De l'usine à la gare venaient des foules d'ouvriers qui saluaient la voiture amenant l'interne. La tombée du jour, les demeures seigneuriales et les villas d'été, aux deux côtés de la route, les bou­ leaux, et la calme impression qui se dégageait (1) Çojfîure classique des cochers de « troïka ». (Tr.) 1 2 UN CAS DE PRATIQUE MÉDICALE alentour, — alors que maintenant, à cette veille de repos, les champs, les bois et le soleil, s'apprê­ taient, semblait-il, à chômer, et peut-être même à prier en même temps que les ouvriers, — tout cela ravissait Koroliov... Né et élevé à Moscou, l'interne ne connaissait pas la campagne et ne s'était jamais intéressé aux usines ; il n'en avait jamais visité aucune ; mais après ce qu'il avait lu à ce sujet, il lui était arrivé de se trouver chez des industriels et de causer avec eux. Et, quand il voyait de loin ou de près une fabrique, il pensait que, si, au dehors, tout y parais­ sait calme et.paisible, il devait régner au dedans l'impénétrable ignorance et l'égoïsme obtus des propriétaires, le travail ennuyeux et malsain des ouvriers, et les .intrigues, et la vodka, et la ver­ mine... Et maintenant tandis que les ouvriers s'écar­ taient de la calèche avec respect et crainte, il lisait à leurs figures, à leurs casquettes, à leur dé­ marche, la malpropreté, l'ivrognerie, l'cnerve- ment, l'ahurissement dans lesquels ils vivaient. On entra par le grand portail de l'usine. De chaque côté apparurent de petites maisons ou­ vrières, des figures de femmes, du linge et des couvertures sur les avant:portes. Le cocher, sans retenir ses chevaux, criait : « Attention ! » Dans une grande cour, nette de tout brin d'herbe, se développaient cinq vastes corps de bâtiments à hautes cheminées, espacés, avec des magasins et des baraquements, le tout baignant dans une sorte UJN CAS DE PRATIQUE MÉDICALE 3 de buée grise, telle une fleur de poussière. Çà et là, comme des oasis dans le désert, s'éparpillaient de maigres jardinets et les toits verts et rouges des maisons de l'Administration. Le cocher, ar­ rêtant tout à coup les chevaux, stoppa devant une maison nouvellement peinte en gris. Les lilas du jardinet étaient couverts de poussière, et le porche, peint en jaune, sentait fortement la pein­ ture. — Entrez, monsieur le docteur, dirent à la porte d'entrée et au seuil de l'antichambre des voix de femmes. Et l'on entendit des soupirs et des chuchote­ ments. — Entrez, nous vous attendons depuis long­ temps... c'est un vrai malheur. Par ici. Mme Liâlikov, dame âgée et corpulente, vêtue d'une robe de soie noire avec des manches à la mode, mais, à en juger sur l'apparence, simple et peu instruite, regardait le docteur avec effroi, sans se décider à lui tendre la main ; elle n'osait pas. Près d'elle se trouvait une personne aux cheveux courts, maigre et déjà pas jeune, portant une blouse bariolée et un pince-nez. Les domestiques l'appe­ laient Christîna Dmîtriévna, et Koroliov devina. que c'était la gouvernante. Comme elle était la seule personne instruite de la maison, on l'avait sans doute chargée de rece­ voir le médecin, car elle se hâta d'exposer, avec de menus détails oiseux, les causes de la maladie, mais sans dire qui était malade, ni de quoi il s'agissait.
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