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L'effet boule de neige en matière organique

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Si, voilà quelques années, une vision strictement « travail du sol » de l'agriculture de conservation était nécessaire pour montrer et démontrer les avantages du non-labour, aujourd'hui la réussite technique demande d'aller beaucoup plus loin. Le développement d'agrosystèmes « écologiquement intensifs », produisant beaucoup avec peu de ressources, ne nécessite pas seulement de protéger le sol et de réduire la mécanisation, mais au-delà, de faire croître la fertilité et l'autonomie des sols. Avec les dix ans de recul et d'expérience de la revue TCS, nous vérifions chaque jour sur le terrain que cette fertilité (physique, chimique et biologique) passe par le développement de ce que nous appelons le « volant d'autofertilité » : un concept qui englobe d'une part les volumes de matières organiques produits et apportés (résidus de culture, couverts végétaux, amendement organique et fertilisation minérale) et d'autre part les capacités et la vitesse de recyclage d'une activité biologique puissante et diversifiée.
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 rechercheet innovations
L’EFFET BOULE-DE-NEIGE DE LA MATIÈRE ORGANIQUE… Si, voilà quelques années, une vision strictement « travail du sol » de l’agriculture de conservation était nécessaire pour mon -trer et démontrer les avantages du non-labour, aujourd’hui la réussite technique demande d’aller beaucoup plus loin. Le dé-veloppement d’agrosystèmes « écologiquement intensifs », produisant beaucoup avec peu de ressources, ne nécessite pas seulement de protéger le sol et de réduire la mécanisation, mais au-delà, de faire croître la fertilité et l’autonomie des sols . Avec les dix ans de recul et d’expérience de la revueTCS, nous véri-fions chaque jour sur le ter-rain que cette fertilité (physi-que, chimique et biologique) passe par le développement de ce que nous appelons le « volant d’autofertilité » : un  concept qui englobe d’une part les volumes de matiè-res organiques produits et apportés (résidus de culture, couverts végétaux, amende-ment organique et fertili-sation minérale) et d’autre part les capacités et la vi-tesse de recyclage d’une acti-vité biologique puissante et diversifiée. Cette notion de développe-ment du volant d’autofer-tilité peut être comparée à l’effet « boule-de-neige » :  plus le système sol-plante est alimenté dans un cycle biomasse produite > ma-tière organique restituée > humification/minéralisa- intelligemment de la bio- tement structuré et organisé, le comportement des sols, tion > recyclage biomas- masse dans un système, plus tant il est vrai que, à l’image l’évolution de la matière > se > etc., plus sa capacité de l’autonomie et la stabilité d’un moteur, le sol a besoin organique et le retour éco-« digestion » et de nutrition du système augmentent. Ce de carburant (la matière or- nomique. Depuis 1990, deux des cultures augmente en système n’est bien entendu ganique) et d’oxygène pour rotations parmi d’autres sont volume et en vitesse. Autre- envisageable qu’à partir du fonctionner. étudiées : maïs – pois – blé et ment dit, plus on produit moment où le sol est correc- soja – maïs – pois – blé. Bien Carbone limitantque les deux précédents du « Il y a toutes sor- bléSi en France et en Europe, soient identiques dans tes de façons de lesles données sont pour l’ins- deux cas, il observe de nourrir l’activitét a n t e écarts de rendement w a y n e grands m p i r i q u e s , D biologique mais 2002. Cette diffé- depuisBeck, chercheur de l’uni-il faut que ce soit s’explique en fait sur renceversité de Pierre au South éaqveucil iburné . rSéigimone   long terme par le volumeDakota (USA), a commencé le les nourrit avec résidus inférieurs dans laà mesurer le phénomène sur de trop de paille ils rotationsa ferme expérimentale. Il avec deux légumi-teste avec succès les rota- neuses et ce malgré une pro-n’ont pas assez de protéines (azote)tions en semis direct depuis duction d’azote supérieure. et si les résidusune vingtaine d’années dans Dans la première rotation, sont insuffisants lades conditions pédoclimati- production et les retours ils n’ont pas as- deques difficiles (climat conti- résidus sont importants sez d’énergienental sec et froid). Mis à deux campagnes sur trois, (carbone). Si onpart des résultats étonnants alors qu’ils ne le sont que enlève les rési- deuxsur la gestion du salissement ans sur quatre dans dounst  fdaui mc heat mspi  iolns   laen semis direct, il observe deuxième : en termes de travaille le sol onl’impact de la rotation sur production de blé ce n’est détruit leur mai-IMPACT DE LA ROTATION SUR LE RENDEMENT DU BLÉ D’HIVER son et on brûle(EN T/HA) leur nourriture. » Dwayne Beck. 2Maïs / pois / blé30,802 260,025 240,006 Soja / maïs / pois / blé1,9 3,8 2,0
14TECHNIQUES CULTURALES SIMPLIFIÉES. N°50. NOVEMBRE/DÉCEMBRE 2008