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« Le sol est plus intéressant que la terre ! »

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Jill Clapperton, écologiste des sols de l'université de Lethbridge (Alberta, Canada)
Jill Clapperton était l'invitée du festival national de non-labour et semis direct (NLSD) qui s'est tenu à Reignac-sur-Indre le 31 août dernier. Intervenant sur la relation entre la qualité des sols et la qualité des aliments, elle a particulièrement insisté sur le rôle primordial de l'activité biologique comme vecteur de nutrition et de protection des cultures. Alors que selon l'organisation mondiale de la santé, la qualité intrinsèque de l'alimentation produite ne cesse de se dégrader, elle a insisté sur la nécessité pour les agriculteurs de passer de la notion de rendement à celle de productivité des sols et de qualité des aliments, pour assurer une alimentation animale et humaine saine et durable.
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TRANGER
Jill Clapperton, écologiste des sols de l’université de Lethbridge (Alberta, Canada) « Le sol est plus intéressant que la terre ! » « Sur la Terre, seuls 15 cm nous séparent ill Clapperton était l’invitée du festival natio-bilitépar rapport aux conditions externes et de la désolation : c’est l’épaisseur Js’est tenu à Reignac-sur-Indre le 31 août der-laquelle repose la vie entièreen réponse à des agressions physiques, chimiques 1 nal de non-labour et semis direct (NLSD) quiinternes, de larésilienceet de larésistance de la couche de terre végétale sur nier. Intervenant sur la relation entre la qualitéde la planète. » R. Neil Sampson.ou biologiques. des sols et la qualité des aliments,Pour Jill Clapperton, l’activité elle a particulièrement insisté sur lebiologique est à la base même des rôle primordial de l’activité biolo-cycles du vivant (cycles des éléments gique comme vecteur de nutritionminéraux et des oligoéléments, du et de protection des cultures. Alorscarbone…) en étroite relation avec que selon l’organisation mondialeles plantes. Dans cette optique, l’ob-de la santé, la qualité intrinsèque dejectif de l’agriculteur est de main-l’alimentation produite ne cesse detenir et d’accroître la biodiversité se dégrader, elle a insisté sur la néces-dans ses parcelles afin de déve-sité pour les agriculteurs de passerlopper un sol fertile, équilibré et de la notion de rendement à cellerésistant qui peut se passer de beau-de productivité des sols et de qua-coup d’intrants. Une des premières lité des aliments, pour assurer unemesures est de préserver les alimentation animale et humaineorganismes du sol par un travail saine et durable.minimum afin d’éviter l’élimination des macro-organismes (vers de terres et insectes), mais également L’activitéd’éviter la fragmentation des hyphes de champignons qui tissent biologique un véritable réseau de prospection est le pivot de de l’eau et des nutriments. C’est sur la qualité des solsce réseau que viennent littéralement Mélange de couverts. « La diversité à lase « brancher » les plantes ; il La clé du défi posé à l’agriculture d’aujourd’huipermet également une micro-agrégation du sub-surface du sol est le miroir de la diversité souterraine. » (quantité, qualité, environnement) repose pourstrat minéral et organique, et sert de ressource Jill Clapperton sur les organismes vivants dansd’hui une grande partie des organismes du solalimentaire de base à l’écosystème. Sachant que le sol, seuls capables de fournir aux plantes unereste inconnue (10 % des espèces seraient iden-seule une petite fraction des champignons est alimentation équilibrée. Il s’ensuit naturellementtifiées), on sait en revanche que leur action enpathogène, J. Clapperton insiste également sur des plantes saines, des animaux et des hommesterme de structuration, de fertilité et de recyclagela nécessaire réduction de l’utilisation des fon-en bonne santé, un environnement préservé, maisest irremplaçable. L’activité biologique estgicides qui privent souvent le sol de ce réseau également des exploitations agricoles viables etréellement le lien entre le monde minéral et levivant et actif. préparées aux changements de demain (coût demonde végétal. Cependant, il ne suffit pas de l’énergie et des intrants, conservation destrouver un grand nombre d’individus, il fautPréserver et encourager sols…). aussiun grand nombre d’espèces : en aug-la biodiversité Si en France, on utilise volontiers le terme de chaînementant la complexité du « réseau vivant du alimentaire pour caractériser les relations exis-sol », on permet à celui-ci d’acquérir de laflexi-Parallèlement à la préservation de la faune et tant entre les êtres vivants au sein d’un écosys-de la flore du sol par des pratiques culturales tème, elle préfère parler de « soil food web »adaptées, il est primordial d’installer la bio-Biologique (réseau alimentaire du sol) dans lequel existentdiversité végétale dans les parcelles, diversité effectivement des relations de prédation, mais éga-qui induit une diversité biologique souterraine. Physique Chimique Qualité du sol lement d’association, de symbiose et de stimu-Cette « biodiversité culturale » doit se faire dans lation. Et elle ajoute : «Quand vous êtes deboutle temps (une rotation diversifiée) et dans l’es-sur la terre, vous vous tenez sur le toit d’unpace (mélange de cultures si cela est possible, Qualité deProductivitéQualité de autre monde». En effet, si à l’heure actuelle, lal’alimentation l’environnementmais surtout mélange de plantes pendant l’in-du sol physique et la chimie des sols sont bien étudiées,terculture). En effet, chaque plante induit autour leur biologie demeure encore peu connue. L’activitéde son système racinaire une rhizosphère spé-biologique du sol, sous-estimée par la recherchecifique (voir TCS N° 32), véritable interface entre Santé animale agronomique, les techniciens et les agriculteurs,le végétal et son milieu. Cette interface garan-et humaine et encore trop peu étudiée, possède des fonctionstit une prospection optimale du milieu par les et interrelations éminemment complexes. Si aujour-racines, alimente la plante de manière équili-
24 TECHNIQUES CULTURALES SIMPLIFIÉES. N°34. SEPTEMBRE/OCTOBRE 2005
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