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Nouvelles générations et culture numérique
L’Atelier Conseil et Stratégie numérique pour le Forum d’Avignon 2012 Novembre 2012
Nouvelles générations et culture numérique Plan du documentObjectifs de l’enquête ................................................................................................................ 3Au sujet de l’Atelier .................................................................................................................... 3Au sujet du Forum d’Avignon..................................................................................................... 4Remerciements .......................................................................................................................... 5Principaux enseignements ......................................................................................................... 6Comment les nouvelles générations découvrent-elles la culture ?......................................... 13Comment les nouvelles générations partagent-elles la culture ? ........................................... 23Comment les nouvelles générations perçoivent-elles les contenus culturels en ligne? ......... 29Qu’attendent les nouvelles générations d’Internet ?.............................................................. 30Les jeunes générations se sentent-elles concernées par les droits des auteurs ? .................. 32Comment les jeunes générations jugent-elles les systèmes de droits des auteurs ?.............. 33Les jeunes générations connaissent-elles les systèmes de droits des auteurs en vigueur dans leurs pays ? ............................................................................................................................... 34Quels systèmes de rémunération des auteurs les nouvelles générations préfèrent-elles ?... 35Quels systèmes de rémunération des auteurs les nouvelles générations utilisent-elles ? ..... 41Quels autres modes de rémunération des auteurs les nouvelles générations envisagent-elles ?........................................................................................................................................ 47Quels sont les contenus culturels les plus recherchés en ligne par les jeunes générations ?. 48Quels usages les nouvelles générations font-elles des contenus culturels auxquels elles accèdent en ligne ?................................................................................................................... 55Quels modes d’accès aux contenus culturels en ligne les nouvelles générations préfèrent-elles ?........................................................................................................................................ 57Quels types de contenus culturels les nouvelles générations créent-elles elles-mêmes ?..... 63Quels types d’applications de création les nouvelles générations utilisent-elles ?................. 69
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Objectifs de l’enquête
Nouvelles générations et culture numérique
Dans le cadre des réflexions lancées par le laboratoire d’idées du Forum d’Avignon 2012, l’Atelier BNP Paribas a mené une enquête pour mesurer la façon dont les jeunes générations utilisent les technologies numériques dans leurs rapports aux contenus culturels et à la création, et pour comprendre notamment quels contenus ils créent, partagent et transmettent eux-mêmes. Le Forum d’Avignon a souhaité donner la parole aux générations numériques, dont les modes d’accès et de diffusion de la culture varient significativement : des natifs du digital dont la fenêtre d’ouverture sur le monde est le moteur de recherche à la génération Y qui communique par, pour et à travers les réseaux sociaux à la génération Z, qui ‘tweete’ à l’envi, quelles sont les tendances communes et quels sont les signaux faibles ?
Au sujet de l’Atelier
L’Atelier est une société spécialisée dans la détection de l’innovation technologique. Fort d’une expertise reconnue de plus de 30 ans, son dispositif de veille repose sur une présence à Paris, San Francisco et Shanghai.
L’Atelier propose aux entreprises de bénéficier de son expertise, de ses recherches et de ses réseaux à travers différents services : Veille sur mesure - Études - Consulting - Tech tours…
Radar, diffuseur d’innovation et passeur d’idées L’Atelier publie une partie du fruit de sa veille et son émission de radio « l’Atelier numérique » sur BFM.
via
son
site
Internet
www.atelier.net
Une des missions de L’Atelier est de faire émerger les idées issues des nouvelles technologies et d’analyser leurs usages. Les événements de L’Atelier : Thémas, Tribunes, tremplins etWeb-events, permettent ainsi de découvrir les innovations récentes et de tisser des liens avec les acteurs IT.
Nos services Observer | Veille technologique
Newsletters professionnelles, identification de services innovants,sourcingd’innovation, veille sectorielle, veille concurrentielle, veille concurrentielle, compte-rendu de salons internationaux.
Découvrir | Tech tours
Organisation de séjours d'affaires mono ou multi-entreprises : Etats-Unis (San Francisco, Boston, New York….), Asie (Shanghai, Pékin, Hong Kong, Tokyo, Osaka, Séoul), Europe, Moyen Orient, Afrique
Comprendre | Études
Etudes de marché, monographie de société,case studies, benchmarks, analyse de business modèles, analyse des modes de consommation.
Agir | Consulting
Stratégie d'innovation, business développement, accompagnement de projets NTIC, conseil investisseurs, interventions en conférences, formations. Contacts :www.atelier.net/contact
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Au sujet du Forum d’Avignon
Nouvelles générations et culture numérique
Le Forum d’Avignon a pour objectif d’approfondir les liens entre les mondes de la culture et de l’économie en proposant des pistes de réflexion au niveau international, européen et local. Créé après la ratification de la Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle et soutenu dès l’origine par le Ministère de la Culture et de la Communication, le Forum d’Avignon organise chaque année, avec ses partenaires, des rencontres internationales qui sont l’occasion de débats inédits entre les acteurs de la culture, des industries de la création, de l’économie et des médias.
Un laboratoire d’idées au service de la culture
Pour chaque édition, le Forum d’Avignon publie des études inédites mettant en avant les liens essentiels entre la culture et l’économie, autour des thèmes proposés par son conseil d’orientation. Tout au long de l’année, ces thèmes font l’objet d’un travail de réflexion et de proposition organisé par le Forum d’Avignon avec des experts, des cabinets de conseil internationaux et ses partenaires publics et privés. Le laboratoire d’idées du Forum d’Avignon approfondit les thèmes suivants : culture, financements et modèles économiques ; culture et attractivité des territoires ; culture et numérique ; culture et innovation. Le Forum d’Avignon publie chaque année des études exclusives élaborées par le laboratoire d’idées et des cabinets de conseil internationaux ainsi que les Actes aux éditions Gallimard.
Les rencontres internationales de la culture, de l’économie et des médias
Evénement résolument international et transectoriel, associant débats et performances d’artistes, le Forum d’Avignon est un espace de réflexion qui explore non seulement la dimension économique de la culture mais aussi le rôle de cohésion sociale et de création d’emplois des secteurs culturels. Le Forum d’Avignon est un lieu de propositions concrètes, de rencontres et de découvertes. Les pistes tracées lors de chaque édition sont relayées dans les instances nationales et internationales.
Plus de 400 acteurs sont réunis : artistes, dirigeants d’entreprise, écrivains, professeurs, réalisateurs, responsables politiques, philosophes, étudiants d’universités internationales, représentants de la création et des industries culturelles. La diversité des points de vue se traduit dans le cosmopolitisme des intervenants, venus de tous les continents.
ContactsForum d’Avignonwww.forum-avignon.orgGrand Palais des Champs Elysées - Cours La Reine – Porte C - 75008 Paris – France Laure Kaltenbach, directrice générale du Forum d’Avignon, Olivier Le Guay, responsable éditorial Email :laure.kaltenbach@forum-avignon.org;forum-avignon@forum-avignon.orgTel : + 33 (0) 1. 42.25.69.10
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Remerciements
Nouvelles générations et culture numérique
Nous tenons à remercier : le conseil d’administration du Forum d’Avignon, et le conseil d’orientation du Forum d’Avignon; l’équipe dirigeante du Forum d’Avignon, en particulier Laure KALTENBACH, Directeur général, Olivier LEGUAY, Responsable éditorial, Rebecca AMSELLEM, chargée de mission ; les partenaires et contacts privilégiés du réseau Forum d’Avignon, en particulier : David GROISON, rédacteur en chef du magazine Phosphore, Etienne RIFFAUT, Ministère Culture et Communication, Serge RAMEZI,responsable des éditions multimédia à l’Ina,Pascale THUMERELLE,Vice PresidentDéveloppement Durable Vivendi,Eléonore de LACHARRIERE, Déléguée générale de la Fondation Culture & Diversité, Juliette MUCCHIELLI, Fondation Culture & Diversité, Claudia Silvia AMBRUOSI, Développement durable de Vivendi ; le cabinet GfK ISL Custom Research France, en particulier : François-René CROCQUET, Directeur Pôle Services, Business & TechnologyDavid VINIEGRA, et Senior Marketing Analyst - Services, Business & Technology - Consumer Experiences ;Lily DIONNE des équipes E-Communication de BNP Paribas pour son analyse de l’influence descreative classdans la culture des entreprises. Bonne lecture, L’Atelier BNP Paribas : Philippe TORRES Directeur Conseil et Stratégie numérique, Louis TREUSSARD Directeur Général, Nicolas d’ANGLEJAN, Directeur Général adjoint.
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Principaux enseignements
Nouvelles générations et culture numérique
Une enquête internationale, auprès des jeunes et en particulier auprès des étudiants.
L’enquêteélaborée par l’Atelier avec le Forum d’Avignon et ses partenaires,a été menée en lignele par Cabinet GfK auprès de507 jeunes de 15 à 25 ansd’unéchantillon internationalcomposé de100 jeunesissus des cinq grandes régions deFranceparisienne, Nord- Est, Nord- Ouest, Sud-Est, Sud-Ouest), (Région 102 jeunesissus des douze Länder d’Allemagne,101 jeunesissus de 29 Etats des Etats-Unis,102 jeunesissus des quatre principales régions d’Inde (Andhra Pradesh, Maharashtra, Tamil Nadu, UttarPradesh) et102 jeunesissus, enCorée du Sud, de Seoul et de la province de Gyeonggi. Laparitéglobalement respectée avec près de 51,70% d’interviewés de sexe masculin et 49,30% de sexe est 1 féminin . La répartition par âgeest de50%pour les jeunesentre 15 à 18 ans, et50%pour ceuxentre 19 et 25 ans.Les interviews ont été menéesFrançais, en Anglais et Hindi (pour environ 3% de l’échantillon en Inde). Les jeunes interviewés sont majoritairement des étudiants, mais les actifs représentent plus d’un quart de notre panel, et bien que minoritaires, les chômeurs ou sans emploi représentent environ 7% de l’échantillon.
Sta tut d es j eun es du pa nel int erna ti onal
100,00% 90,00% 80,00% 70,00% 60,00% 50,00% 40,00% 30,00% 20,00% 10,00% 0,00%
Unemployed / not working Student
Working part-time
Working full-time
Source : Enquête de l’Atelier BNP Paribas pour le Forum d’Avignon 2012.
Plus de67%l’échantillon sont de desétudiants (82 % en Corée du sud, 70% en France et en Inde, 57% aux Etats-Unis et en Allemagne). Près de20% des interviewés travaillent à plein tempsde (près 25% en Allemagne et en Inde vs. 9% en Corée du Sud). Près de 6%travaillent à temps partiel(14% aux Etats-Unis, 2% en France et en Allemagne, 4% en Inde). Environ 7%sont au chômage ou ne travaillent pas(15% en Allemagne, 2% en Inde, 3% en Corée du Sud).
1 La parité n’est pas tout à fait respectée pour l’Inde avec 58,80% d’interviewés de sexe masculin, ni pour la France avec 45% d’interviewés de sexe masculin. La parité est respectée pour les autres pays du panel.
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Nouvelles générations et culture numérique Dans le monde, les jeunesconnectés sont une grande majorité à utiliser les réseaux numériques pour des usages culturels. Par exemple plus de87%des jeunes de notre panel déclarent utiliser Internet pour découvrir des nouveaux contenus culturels et près de83%d’entre eux utilisent plus particulièrement les réseaux sociaux. Avoir le choix… mais ne pas choisir
Maisl’adoption massive de nouvelles pratiques fondées sur l’utilisation des réseaux numériques n’implique pasde factol’abandon des pratiques culturelles plus anciennes. 2 Par exemple,les réseaux de prochesplus populaires qu’Internet pour découvrir des sont nouveautés culturelles. Ils ont utilisé en effet par plus de93%des jeunes de notre panel. Et cela alors même que majoritairement ceux-ci semblent convaincus que les contenus culturels sur Internet sont plus variés que les contenus culturels auxquels ils accèdent par 3 des moyens non digitaux .
Popularité : la prime à la nouveauté
Les nouveaux médias numériques qui sont apparus récemment ne remplacent pas nécessairement les médias plus anciens, mais ils peuvent les dépasser en popularité,au moins pour certains usages. Par exemple, pourdécouvrirnouveaux biens culturels, de Internet, utilisé par plus de87% des jeunes, est plus populaire auprès des jeunes que la Télévision et la Radio, utilisées par plus de84% et eux-mêmes plus populaires que les réseaux sociaux, utilisés par plus de83% des jeunes. Mais ces derniers dépassent déjà en popularité la Presse et les magazines, utilisés par plus de72%des jeunes.
Découvrir ou partager : à chaque usage sa préférence
Chaque génération d’applications a tendance à se spécialiser pour des usages particuliers: par exemple pour notre panel, si les services Internet de première génération sont plus populaires que les réseaux sociaux pourdécouvrirde nouveaux contenus, lorsqu’il s’agit de partagerles contenus culturels, les réseaux sociaux, utilisés par près de77%des jeunes de notre panel, sont plus populaires que les applications Internet de générations plus anciennes, utilisées par près de70%eux. Pour le d’entre partage, les réseaux de proches utilisés par plus de88%jeunes, restent plus populaires que les méthodes fondées sur des l’usage d’Internet.
L’ordre de ces préférences peut encore changer dans le temps, et à terme la popularité d’Internet ou celle des réseaux sociaux va probablement encore progresser par rapport à celles des autres moyens d’accéder à la culture, ne serait-ce parce que le taux de jeunes 4 connectés va encore progresser. Pour paraphraser Bill Gates , si nous avons en général tendance à sous-estimer les effets de la révolution numérique à un horizon de 10 ans, en 2012 nous avons probablement toujours tendance aussi à en surestimer les effets pour nos prévisions à deux ans.
2 Famille, amis, collègues etc. 3 Près de 52% pensent qu’ils sont plus variés et près de 42% pensent qu’ils sont aussi variés 4 Fondateur de Microsoft Corp.
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Nouvelles générations et culture numérique Tout, pour tous, tout de suite… et pas d’histoire d’argent entre nous Depuis prèsvingt ans, de les leaders du digital ont sponsorisé à l’échelle mondiale des habitudes et une culture de la « consommation » des biens culturels fondées sur trois principes en rupture avec nos habitudes culturelles « pré-digitales » : l’exhaustivité, la facilité et la gratuité.86%des jeunes de notre panel estiment que sur Internet tout contenu culturel devrait être accessible par tout le monde. Près de94%d’entre eux pensent que tout contenu culturel devrait y être facilement accessible. Plus de82%d’entre eux pensent que tous les contenus culturels devraient y être accessibles gratuitement…
Notre enquête montre que, sices trois principes, souhaits ou idéaux sont très présents dans la culture digitale des jeunes, ils ne sont pas nécessairement dans leur esprit en contradiction avec le respect des droits des auteurs. Plus de70%des jeunes de notre panel 5 se sentent en effet concernés par les droits des auteurs. Parmi les30%d’entre eux qui ne se sentent pas concernés par cette question moins de10%se sentent pas du tout ne concernés.
Une incidence satisfaisante sur les droits d’auteurs… parce que la règle – ni unifiée, ni expliquée – n’est pas bien comprise
Une majorité des jeunes est satisfaite par les systèmes de gestion des droits actuellement en vigueur.Plus de60%d’entre eux trouvent en effet ces systèmes bien adaptés. Seuls un peu plus de 9% ne les trouvent pas du tout adaptés, alors que près de 13% les trouvent parfaitement adaptés.
Mais les différences entre les systèmes de gestion des droits actuellement en vigueur ne sont pas nécessairement bien comprises des jeunes. Plus de20%d’entre eux déclarent ne 6 pas savoir quel système est en vigueur dans leur pays et parmi ceux qui pensent connaître la réponse à cette question, certains se trompent visiblement : en Allemagne par exemple, près de76%des jeunes pensent connaître le système en vigueur dans leur pays, mais près de61%jeunes pensent que ce système est le des Copyright. Les efforts produits ces dernières années pour rendre les deux principaux systèmes interopérables, rendent ces derniers difficilement distinguables aux yeux du grand public et de manière très concrète la traduction courante en Anglais du terme français « droit d’auteur » par le termecopyright, contribue un peu plus à rendre les deux systèmes équivalents, ou du moins difficilement 7 distinguables, aux yeux des jeunes . Les différences entre ces deux notions s’expliquant essentiellement par des raisons historiques, il est compréhensible que nos jeunes s’y perdent aujourd’hui, quand bien même ils en trouvent les raisons profondes justifiées. Pourtant les deux systèmes n’ont pas les mêmes implications en termes d’usages des œuvres numériques ou numérisées, notamment lorsqu’il s’agit d’utiliser des contenus existants à des fins de création nouvelle.
5 De façon positive ou négative, c’est-à-dire qu’ils jugent cette question importante 6 Le droit d’auteur, fondé sur un droit civil est le système historique fondateur de la protection des droits des auteurs en Allemagne, en France et en Corée du sud. Le Copyright, fondé sur les textes deCommon Lawest le système historique en vigueur (au Royaume-Uni,) aux Etats Unis et en Inde. 7  Au moins pour notre enquête car les questions ont été posées en Anglais pour les jeunes Allemands et les jeunes Sud-coréens
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Nouvelles générations et culture numérique Les jeunes sont majoritairement favorables aux systèmes de rémunération des droits d’auteurs et ils semblent satisfaits des systèmes existants tant qu’ils n’apparaissent pas en contradiction avec leurs usages.D’une manière pratique, parmi lesquatre systèmes de rémunération des auteurs les plus utilisés pour les biens culturels en ligne,les deux systèmes lesplus populairessont ceux qui proposent lagratuité des contenuspour le grand public. La gratuité fondée sur la publicité en ligne est le mécanisme le plus populaire : près de76%des jeunes déclarent y être 8 favorables et plus de70%eux déclarent l’utiliser effectivement. Si les jeunes d’entre préfèrent l’abonnement à la gratuité compensée par des données personnelles (près de64%sont favorables à l’abonnement et plus de60%sont favorables à la gratuité), dans les faits près de63%eux utilisent effectivement la gratuité, alors que 54% seulement d’entre utilisent l’abonnement. Le paiement à l’acte arrive en quatrième position (plus de55%y sont favorables et plus de51%l’utilisent effectivement). Près de18%des jeunes pensent qued’autres systèmes de rémunération des auteurs sont envisageables. Parmi les alternatives auxquelles ils pensent, certains citent par exemple la gratuité des contenus sponsorisés par de la publicité indirecte(bons gagnés par des achats, cadeaux consentis par des marques en fonction des habitudes de consommation des internautes, etc.). Ces mécanismes commencent effectivement à se développer, comme suite logique du modèle gratuit compensé par la communication de données personnelles.Les préférences des jeunes pour certains modes de rémunération des auteurs peuvent s’expliquer par la façon dont ils « consomment » des biens culturels sur les réseaux numériques. De la musique avant toute chose
La musiqueest le bien culturel leplus populaireauprès des jeunes sur Internet (plus de94% d’entre eux utilisent Internet pour découvrir des nouveautés musicales),viennent ensuite les vidéos et les films(plus de92%), puis lesphotos et les images(près de91%). Ces trois types decontenus sont accédés principalement directement en ligne.Près de 91%des jeunes accèdent à lamusique directement en ligne,près de90%pour lesphotoset87% pour les vidéos.Par comparaison 86%des jeunes accèdent à lamusique par téléchargement,près de83%pour lesimageset74%pour lesvidéos. La gratuité pour séduire… et durer ! Alors que les systèmes par téléchargement favorisent historiquement le paiement à l’acte, les systèmes d’accès en ligne, qui ont pour la plupart adopté des modèlesfremiums, concilient plus souvent les modèles payants par abonnement avec des modèles gratuits compensés par de la publicité. La gratuité est sans aucun doute un mécanisme très attractif pour inciter les jeunes à utiliser un nouveau service de diffusion de contenus culturels et pour les fidéliser à moyen ou long terme ; l’abonnement payant se justifie assez facilement pour ceux qui deviennent des utilisateurs intensifs, bien qu’en l’occurrence l’argument du prix reste déterminant pour conserver la préférence dans un environnement très concurrentiel.
8 le plus grand nombre à y être favorables
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Nouvelles générations et culture numérique Accéder aux biens culturels, d’abord pour partager avec ses communautés Les applications d’accès à la culture directement en ligne présentent l’avantage de favoriser le partage - en toute simplicité et légalité - par rapport aux mécanismes de téléchargement qui restreignent les usages à une utilisation personnelle, faute de mécanismes simples d’usage et légaux.Or si près de95%des jeunes accèdent à des biens culturels en ligne pourutilisation personnelle, une près de32%déclarentpartager ces contenus.
Le partage est un phénomène important dans la vie culturelle des jeunes.Plus de 88% d’entre eux déclarent partagerles nouveaux biens culturels qu’ils découvrent avecleur réseau de proches.Près de77%partagent via lesréseaux sociauxet près de70%partagent via d’autres applications Internet. Partagerne signifie pas nécessairement donner,mais profiter ensemble, parler de, recommander, commenter, critiquer, référencer, etc.Sur les réseaux sociaux, un ensemble de mécanismes, appelésplug-ins sociaux,permettent à 9 chaque Internaute de partager ses références culturelles préférées en un clic , d’y ajouter 10 des commentaires ou d’en transmettre les références vers d’autres applications ou à 11 d‘autres personnes en particulier . Sont concernés les contenus numériques directement accessibles en ligne, mais aussi,majoritairement des biens culturels non numérisésqu’il est 12 désormais possible de partager via untweet, une photo, une vidéo, un post de blog, une application mobile de géolocalisation, etc.
Dans le numérique, il y a ce qui existe… et ce que je crée grâce à ce qui existe Le partage ne concerne donc pas uniquement des biens culturels créés par d’autres, mais également descontenus culturels dérivés, référencés par les Internautes, voire créés par les Internautes eux-mêmes, soit à partir de biens culturels existants, soitex nihilo. Lacréation de contenus culturels par les jeunes est donc trèsliéephénomène du au partage. C’est en soi un phénomène qui commence à prendre de l’ampleur. Plus de10%des jeunes déclarent en effetutiliser des contenus culturels numériques pour créereux-mêmes des nouveaux contenus. Les jeunes ont désormais à leur disposition des applications numériques qui leur permettent de créer eux-mêmes la plupart des types de contenus culturels auxquels ils ont accès sur Internet. Par exemple, près de85% d’entre eux déclarent utiliser des applications qui permettent de créer desphotos, plus de58%des applications qui permettent de créer des vidéos, près de53%pour lamusique, plus de40%pour leslivres. Ces applications, qui sont pour la plupart diffusées sous des formes ou dans des versions gratuites, atteignent un niveau de simplicité qui les rend désormais accessibles par le grand public, alors mêmes qu’elles ont atteint des niveaux de performance dignes des outils réservés aux professionnels il y a quelques années seulement.
9 Commandelike ou « j’aime » en Français10 Commentou commenter 11 Shareou partager 12 Message échangé sur le réseau socialTwitter
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Bon API, mes amis
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D’autre part55%eux déclarent utiliser des d’entre applications diffusées via les réseaux sociaux, c’est-à-dire des applications qui proposent des fonctionnalités simples, voire automatiques, de partage des objets créés via les réseaux sociaux. Avec ces applications, chaque création donne lieude factoà un acte de partage.
Créateurs numériques de tous les pays, partagez
Enfin, près de50% des jeunes déclarent utiliser des applications de programmation informatique. Ces applications permettent non seulement de créer des jeux, mais aussi tous types de programmes susceptibles à leur tour d’être utilisés pour créer des nouveaux contenus culturels.Ce résultat est en soi suffisamment important pour laisser penser qu’une nouvelleclasse moyenne de créateurs est probablement en train de naître à l’échelle mondiale.
En 2012 une majorité de jeunesayant accès à des ordinateurseux-mêmes des créent contenus numériques entrant dans le domaine des biens culturels. Par exemple, près de 59%des jeunes de notre paneldéclarent créereux-mêmes desimages et des photos, plus de37%desfilms et des vidéos, près de37%déclarent créer de lamusique, plus de30%des jeuxet près de30%deslivres.
On partage plus ce que l’on crée : un enseignement pour l’Europe
En France et en Allemagne, les taux de partage et de création des biens culturels par les jeunes sont inférieurs aux moyennes internationales de notre panel. Y-a-t-il une corrélation entre ces deux types d’usages ? Le besoin, la volonté ou le réflexe de partage est-il un des éléments déclencheurs, ou l’une des motivations principales de la création de nouveaux contenus par les jeunes ? Ceux qui créent eux-mêmes des contenus le font-ils « pour le plaisir » de créer ou pour celui de partager ? Si la corrélation entre partage et création était scientifiquement démontrée, nos deux pays seraient-ils incités à repenser la façon dont ils promeuvent l’utilisation des réseaux sociaux auprès de leurs citoyens, leurs consommateurs et leurs entreprises ?
Digital-natives, rebondir dans un monde créé par leurs aînés
Lesdigital-natives vont-ilschanger le monde par leurs comportements de consommateurs ?La faculté de transformer le monde n’est-elle pas – aujourd’hui encore – l’apanage d’un petit nombre d’entrepreneurs, et d’artistes, plus rebelles, audacieux, ambitieux que la grande masse des consommateurs ? Plus actifs et plus créatifs aussi. La réponse à cette question reste difficilement mesurable mais force est de constater que les générations numériques qui ont, dans une certaine mesure, déjà pris le pouvoir grâce aux technologies 13 numériques ne sont pas desdigital-natives. Ce sont moins desdigital-natives qu’une digital-creative-class qui est pour l’instantle moteur de la révolution numérique dans les industries culturelles.
13 Microsoft, Apple, Amazon, Google, Facebook etc.
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Un pour Un
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