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Bilan économique 2004 : Première approche globale de l'économie mahoraise

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A Mayotte, l'année 2004 a été marquée par un important changement d'ordre statutaire, une poursuite du développement des grands équipements publics et deux épisodes cycloniques. Ces éléments de contexte ont diversement pesé sur l'activité économique caractérisée par de bons et de moins bons résultats.
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dossier Bilan économique 2004
Première approche globale
Mayotte, l’année 2004 a été année de pleine activité pour l’opérateur
marquée par un important privé qui assure désormais la distributionAchangement d’ordre statutaire, des carburants à Mayotte en lieu et place
une poursuite du développement des du service public qui en avait la charge.
grands équipements publics et deux
épisodes cycloniques. Ces éléments de Hausse des prix,
contexte ont diversement pesé sur
hausse des salaires
l’activité économique caractérisée par
de bons et de moins bons résultats.
L’année 2004 est marquée par une repriseDeux cyclones en 2004 de la hausse des prix avec + 3,5 %. CetteLe 2 avril 2004 marque une étape impor-
hausse est d’abord due à celle des pro-tante dans le processus de transformation
Deux épisodes cycloniques ont duits alimentaires (+ 5,2 %) qui contri-statutaire de Mayotte. A cette date, l’exé-touché Mayotte en 2004 ; Elita en
buent à hauteur de 2,2 points à l’aug-cutif de la Collectivité départementale dejanvier et Gafilo en mars ; ce dernier a
mentation générale. Les produits frais, leMayotte, jusque-là du ressort du préfet, aprovoqué d’importants dégâts dont a
poisson se sont tout particulièrement ren-eu à souffrir, notamment le secteur été confié au président du Conseil géné-
chéris en 2004. Les prix des services auxagricole. Pour la première fois une ral. Le développement des infrastructu-
aide à l’agriculture a été mise en ménages croissent de 9,9 % mais contri-res publiques se poursuit avec, notam-
place à grande échelle pour buent à hauteur de 1,4 points. Les haus-ment, l’engagement des travaux pour la
l’indemnisation des dégâts aux ses du poste transport et du SMIG enconstruction du deuxième quai du port decultures à la suite de ce cyclone ; sont les principaux moteurs.Longoni, le début des travaux de l’aéro-6 000 agriculteurs en ont bénéficié.
gare modernisé et la livraison complète, Au 1er juillet 2004, le SMIG brut s’élève
pour la rentrée de septembre, du collège à un peu plus 588 euros. Il a été revalori-
de Koungou. Deux événements survenus sé de 10,07 % en un an. Le mouvement
en 2004 sont l’illustration de la transfor-Chômage de rattrapage vers le niveau du SMIC
mation des structures de l’appareil produc- métropolitain se poursuit. En moyenne
tif à Mayotte : l’installation d’une nou-Au 31 décembre 2004, 13 097 annuelle, le SMIC mahorais aura pro-
demandeurs d’emploi étaient inscrits velle grande enseigne dans le secteur de gressé de 9,2 % en 2002, 11,2 % en 2003
à la DTEFP. Ne sont comptabilisés l’équipement du foyer et la première et 8,9 % en 2004. Compte tenu de
que les personnes de nationalité
française et les étrangers en situation
régulière. Le taux de chômage a
diminué de près de 2 % (13 348 Importations annuelles en milliers d’euros
inscrits au 31 décembre 2003) mais il
continue de frôler les 30 %. Les
femmes sont toujours majoritaires,
elles représentent 66 % des chômeurs
et 3 350 chômeurs ont moins de
25 ans.
Liminaire
En l’état actuel de l’information
économique et sociale disponible à7
Mayotte, l’Insee n’est pas en mesure
de dresser un bilan annuel complet de
la situation économique du territoire.
Depuis 1997, l’Institut développe
La valeur des importations a quadruplé en quinze ans. Les produits alimentaires en repré-considérablement ses prestations à
sentent 23 % avec une valeur totale de 50 millions d’euros en 2004. Les matériels de trans-Mayotte mais ne dispose pas encore à
ports ont maintenant autant d’importance que les machines et appareils avec 35 millions
ce jour de la plupart des indicateurs
d’euros. Les importations ne cessent de se diversifier et les autres produits forment mainte-
conjoncturels permettant de le faire. nant 43 % du total.8 Cet article n’a pas d’autre ambition
A noter que les statistiques douanières ne prenaient pas en compte les produits pétroliersque de rassembler et de présenter les
jusqu’à 2002, car l’approvisionnement était effectué par le service des armées. Ils sont doncinformations connues de son antenne
exclus de cette série. Ils s’élèvent à 19,8 millions d’euros en 2004, soit près de9%du totallocale et celles qui ont été
des importations.communiquées par l’IEDOM.
22 économie 1er trimestre 2005
DE LAREUNIONdossierA MAYOTTE
de l’économie mahoraise
Les exportations sont en recul avec unExportations annuelles en millliers d’euros Eléments sur
total inférieur à un million d’euros en
l’activité
2004. Il existe par ailleurs une activité
économique locale de réexportation très variable d’une
année à l’autre. Elle concerne des mar-
chandises d’une valeur de trois millionsTémoin de l’activité des
d’euros en 2004 et témoigne du rôleentreprises et du niveau
relativement important du port de Lon-d’équipement des ménages,
goni dans la région.la consommation d’électri-
cité a atteint 122 609 kwh
Pourtant, l’activité portuaire est en repli
l’an passé, en progression
pour la deuxième année consécutive.
de 12,2 %. Elle a été mul-
Les cultures d’exportation traditionnelles de Mayotte sont Les mouvements de navires diminuent
tipliée par plus de trois enen régression, seule l’essence d’ylang-ylang garde une de près de 15 % et le tonnage débarqué
dix ans.certaine importance, même si les quantités exportées sont
de marchandises suit la même pente
en baisse. Les exportations de produits de la pêche, et
Dans le secteur agricole, la avec - 6,5 %. Il n’est pas possible, à cenotamment de l’aquaculture, ont pris le relais mais dimi-
filière ylang enregistre unenuent également en 2004. jour, de déterminer la part de cette
chute de ses exportations baisse à attribuer à l’activité de redistri-
Les produits réexportés constituent l’essentiel des mar-
de 44,3 % en volume et la bution qui s’est fortement développée àchandises embarquées au port de Longoni.
production de vanille dédiée Longoni au cours des années récentes.
à l’exportation n’a pas été
significative. Par contre,
l’inflation, le pouvoir d’achat des salariés Embellie pour le tourisme900 kilos de vanille sèche ont été com-
payés au SMIG a progressé de 8,2 % en mercialisés sur le marché local.
2004. En 2004, le tourisme a fortement pro-
Depuis 2003, les exportations de pois-
gressé : 32 000 touristes sont venusLes crédits à l’équipement (39,6 % de sons d’aquaculture (poissons entiers frais
visiter Mayotte. De plus en plus de Réu-l’ensemble des crédits distribués), les non éviscérés) ont devancé celles de la
nionnais séjournent dans le territoire. Ilscrédits de trésorerie (28,6 %) et les cré- filière traditionnelle, pour atteindre 123,7
représentent 57 % de l’ensemble desdits à l’habitat (20,6 %) demeurent les tonnes en 2004. Cependant elles sont en
touristes. La moitié des visiteurs vienttrois principales catégories de concours à recul par rapport à l’année précédente
se détendre, mais le tourisme affinitairel’économie pour les établissements de la (- 19,7 %). Selon les professionnels du
est celui qui progresse le plus. Ces visi-place et les moteurs des transformations secteur, le manque de place disponible
teurs restent plus longtemps et consa-observées. Les prêts aux entreprises sur les vols cargo et le coût du fret péna-
crent à leur séjour un budget total supé-(sociétés non financières et entrepreneurs lisent les exportations des produits de
rieur à la moyenne bien que la plupartindividuels) sont en légère progression de l’aquaculture. Néanmoins, une unité de
soient hébergés gratuitement. La masse5,3 % sur un an. L’encours des crédits transformation de poissons en filet a été
globale des dépenses des touristes (13,7accordés par les établissements de la mise en place en juillet 2004.
millions d’euros) augmente moins viteplace qui s’établit à 225 millions d’euros,
que leur nombre. La dépense moyenneest en forte augmentation (+ 26,1 % en
de séjour par ménage a diminué : 889 Les importationsun an contre + 10,4 % l’année anté-
en 2004 contre 1 177 en 2003, dépensesrieure). La progression de la croissance progressent fortement
faites en plus de l’achat du billetdes crédits de trésorerie (+ 32,3 % contre
d’avion.+ 9,6 % l’année antérieure) et des crédits à Les importations ont fortement progres-
l’équipement (+ 36,2 % contre + 10,3 %) sé : + 12 %, soit 207 millions d’euros Conséquence de ces évolutions, le trafic
se poursuit. Par ailleurs, les crédits à la 7pour 213 000 tonnes (+ 17,6 %). Les aérien a enregistré une progression du
consommation des particuliers s’établis- nombre de passagers de près de 14,3 %importations de produits alimentaires
sent à 54,2 millions d’euros, soit une avec 166 128 passagers recensés. Lessont en légère diminution (- 4 %) mais
hausse de 33,7 % en un an ! Toutefois, mouvements d’appareils commerciauxrestent le poste le plus important de
l’investissement des ménages s’essouffle ont également augmenté de 14,2 %.l’ensemble des importations (23 %). Le
par rapport à 2003. Au 31 décembre poste du matériel de transport devient le
Olivier FROUTÉ2004, les encours bancaires de crédit à deuxième en importance, il a crû de près
l’habitat enregistrent une baisse sensible 8de 50 % en 2004. L’importation des nou-
en glissement annuel (- 17,4 %) contre velles barges pour transporter principale-
+ 7,6 % l’année antérieure. Ceci est cor- ment les véhicules entre la Grande Terre
roboré par la régression du nombre total et Petite Terre explique près de la moitié
de permis de construire instruits par la de la progression.
direction de l’équipement (- 31 %).
économie 231er trimestre 2005
DE LAREUNION

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