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Contexte national et international : vitesse de croisière (Octant n° 81)

2 pages
Par la vigueur du rebond observé depuis le printemps dernier, l'année 1999 a démontré la robustesse de la phase d'expansion en cours depuis trois ans. A peine écornés par le "trou d'air", les résultats de l'année dernière sont parmi les meilleurs de la décennie : une croissance moyenne de 2,7 %, une inflation modérée, et surtout la création de 465 000 emplois (dont 370 000 dans le secteur marchand) autorisant un recul de près d'un point du taux de chômage.
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Vitesse de croisière
es résultats enregistrés tra Dans la zone euro, l’ac- -Lduisent la permanence tivité a accéléré en 1999 pour
d’une contribution soutenue de atteindre un rythme de crois-
la demande intérieure, tant de sance proche de4%au second
l’investissement que de la semestre. Sensible à l’été, le re-
consommation, et le rôle privi bond dans l’industrie impulsé-
légié de secteurs comme le bâti par la reprise du commerce-
ment ou l’automobile. Mais mondial s’est accompagné
l’accélération de la croissance d’une légère accélération de la
française depuis le printemps demande intérieure au secondPar la vigueur du
tient aussi à la vigueur re semestre.-rebond observé depuis
trouvée de la demande
le printemps dernier, mondiale. La plupart des Etats de la
zone euro ont bénéficié de la vi-l’année 1999 a
gueur de la croissance. L’Alle-démontré la robustesse
magne a rattrapé une grandeUn environnementde la phase d’expansion partie de son retard au second
international favorable
semestre de 1999 et l’Italie, en-en cours depuis trois
core en retrait en fin d’année
ans. A peine écornés
1999, accélèrerait en début
Dégradé en débutpar le “trou d’air”, les d’année 2000.
d’année 1999, l’environnement
résultats de l’année international de la zone euro
dernière sont parmi les s’est amélioré à partir du prin- Expansion régulière
temps et apparaît très porteur enmeilleurs de la en France
fin d’année. Le dynamisme de
décennie : une l’économie américaine ne se
croissance moyenne de dément pas, avec un rythme de En France, l’activité a ac-
croissance de plus de6%ause céléré un peu plus tôt que dans-2,7 %, une inflation
cond semestre de 1999. L’acti le reste de la zone euro en-modérée, et surtout la vité a stagné au Japon en 1999 1999. La production manufac-
création de 465 000 (+0,3 % en moyenne annuelle) turière a rebondi dès le second
avec un deuxième semestre en trimestre pour enregistrer uneemplois (dont 370 000
net recul. Le Royaume-Uni a progression en rythme annuel
dans le secteur achevé l’année 1999 sur un de l’ordre de 6 % qui s’est main-
marchand) autorisant rythme de croissance de l’ordre tenue sur le reste de l’année. Les
de 3,5 %, bénéficiant à la fois effets d’entraînement de ce re-un recul de près d’un
d’une consommation dyna bond industriel sur les autres-point du taux de mique et de l’embellie du com secteurs ont installé l’activité-
chômage. merce mondial. globale sur un rythme de crois-
6 Octant n°81 - Mars 2000 Bilan économique 1999Contexte national et international
sance régulière au second se mation des ménages. Après une de la zone euro reste très por- -
mestre. La croissance a atteint légère inflexion en début teur. Des grands pays
sur cette période un rythme an d’année 1999, la consomma industrialisés, seul le Japon- -
nuel proche de 4 %. tion a retrouvé un rythme de reste à l’écart d’une croissance
progression assez soutenu, en mondiale qui avoisinerait 4 %
Même si leur contribu ligne avec la progression du cette année. Dans la zone euro,-
tion à la croissance est en pouvoir d’achat du revenu. l’activité progresserait au pre-
moyenne restée faible, les mier semestre 2000 à un rythme
échanges extérieurs ont consti annualisé de l’ordre de 3,5 %.-
tué le principal facteur d’accé Tensions réelles accrues,-
lération de l’activité à partir du C’est sur ce rythme queprogression modérée
deuxième trimestre. Une pro la croissance française s’est- de l’inflation
gression des exportations elle-même installée depuis trois
proche de 10 % l’an a été trimestres. Les conditions sont
La vigueur de l’activitéenregistrée. réunies pour qu’elle s’y main-
s’accompagne depuis le début tienne, comme le suggèrent les
de l’année 1999 d’un surcroît enquêtes de conjoncture. L’in-
de tensions sur l’appareil pro-Investissement et emploi vestissement poursuivrait son
ductif, particulièrement vives expansion grâce aux bonnesdynamiques
dans l’automobile. Dans la anticipations de croissance et à
construction, les goulots de pro- des conditions de financement
L’effort d’investissement duction augmentent fortement favorables. Les créations d’em-
des entreprises est resté aussi vi- ces derniers mois, particulière- plois resteraient vives (200 000
goureux en 1999 qu’en 1998 : il ment en raison de difficultés de emplois marchands) au premier
a progressé en moyenne an- recrutement. semestre, alimentant l’augmen-
nuelle de 7,4 % après 7,3 %, un tation des revenus d’activité et
rythme nettement supérieur à En outre, en amont de la permettant un recul à 10 % du
celui observé lors de la reprise chaîne de production, les fac- taux de chômage à la mi-2000.
de 1994-1995. teurs qui avaient concouru à la Dans ces conditions, les ména-
modération des prix à la consom- ges maintiendraient leurs dé-
Cet effort d’équipement mation en début d’année 1999 se penses de consommation sur un
s’accompagne d’une croissance sont progressivement retournés rythme de 3 %, grâce à un flé-
inédite de l’emploi. Avec et le contexte apparaît plus infla- chissement du taux d’épargne
465 000 postes de travail sup- tionniste. Les prix des matières qui permettrait de compenser le
plémentaires (après 385 000 en premières importées ont en effet léger repli du pouvoir d’achat
1998), l’année 1999 a enregis- enregistré une nette remontée, lié à la remontée de l’inflation.
tré des créations d’emplois ex- sous l’effet conjoint de la hausse Le glissement des prix à la
ceptionnelles. Dans les secteurs du cours du pétrole et de l’impact consommation est passé par un
concurrentiels, la hausse des ef- de la reprise mondiale sur le maximum de 1,6 % en janvier.
fectifs salariés (+ 370 000) ré- cours des autres matières premiè- Grâce à la stabilisation des prix
sulte de la croissance, et aussi res. Les prix de vente industriels du pétrole et à la baisse de la
des efforts de diminution du sont désormais orientés à la TVA, il reviendrait à 1,2 % en
coût du travail entrepris depuis hausse, essentiellement dans les juin. Avec la poursuite de la
plusieurs années et des effets de biens intermédiaires. phase d’expansion, les tensions
court terme de la réduction du
continueraient de se dévelop-
temps de travail. Pourtant, les tensions in- per, mais ni leur niveau actuel,
flationnistes restent contenues. ni le relèvement des taux d’inté-
Ce rythme exceptionnel Le glissement annuel de l’en- rêt qu’elles favorisent ne sont de
de créations d’emplois permet semble des prix à la consomma- nature à infléchir à court terme
une décrue rapide du chômage tion atteint + 1,3 % en fin le rythme de la croissance.
en 1999 à un rythme proche de d’année, après + 0,3 % fin
1 point par an. Cette baisse s’est 1998. Les effets directs de la
nettement accentuée au cours hausse des produits pétroliers
du second semestre de 1999, en contribuent pour 0,9 point au
phase avec l’accélération de glissement annuel de l’indice
l’activité. d’ensemble fin 1999.
Dans ce contexte, la
confiance des ménages reste au
Extraits de la note deplus haut. L’indicateur résumé Le rythme de croissance
conjoncture de marsde confiance des consomma- serait de 3,5 % au 2000 de la Directionteurs a progressé tout au long de
premier semestre 2000 générale de l’INSEEl’année 1999 pour atteindre des
niveaux historiques en fin
d’année. Ce climat de Au début de l’an 2000,
confiance a stimulé la consom- l’environnement international
Bilan économique 1999 Octant n°81 - Mars 2000 7

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