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Questions à Alessandro Pizzorusso - article ; n°4 ; vol.57, pg 971-991

De
21 pages
Revue internationale de droit comparé - Année 2005 - Volume 57 - Numéro 4 - Pages 971-991
21 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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R.I.D.C 4-2005
    QUESTIONS À ALESSANDRO PIZZORUSSO    Marie-Claire PONTHOREAU      À la lecture de lentretien donné par Rodolfo Sacco à Pierre Legrand dans cette Revue 1 , le comparatiste métait apparu comme nétant pas un juriste comme les autres. Son intérêt, non pas tant pour la différence (pour reprendre une terminologie appréciée des comparatistes post-modernistes tels que Pierre Legrand) que pour ce qui lui est étrange, fait de lui un juriste curieux qui sort des sentiers battus et qui exerce sans réserve son sens critique. Lentretien donné par Alessandro Pizzorusso donnera limpression que le constitutionnaliste ne devient pas, mais quil « naît » comparatiste. Autrement dit, les constitutionnalistes sont depuis toujours comparatistes par vocation en quelque sorte naturelle. De là à en conclure que tous les constitutionnalistes sont des comparatistes avertis et des juristes ouverts et critiques qui sinterrogent sur ce quils font, serait sans doute hâtif. Lors de nos échanges, le professeur Pizzorusso sest lui-même présenté comme un « comparatiste par hasard ». Et, pourtant, il semble y avoir si peu de place au hasard dans la formation dun comparatiste ou bien la seule part qui tient au hasard des rencontres intellectuelles. Sinon, le travail du comparatiste semble plutôt commandé par un lourd investissement qui nest                                                  Professeur de droit public à lUniversité Montesquieu-Bordeaux IV, (CERCCLE). 1  P. LEGRAND, « Questions à Rodolfo Sacco », RIDC,  4-1995, p. 943 et s. Cet entretien mavait beaucoup marquée. Lorsque le professeur Pizzorusso ma annoncé son prochain départ à la retraite, jai pensé que loccasion de lui proposer une démarche similaire était désormais envisageable. Non pas que la fin dune carrière (qui en vérité ne se termine jamais dès lors que lon a la passion du droit et de la recherche) soit forcément le moment pour dresser une sorte de bilan, mais proposer à un homme réservé de livrer quelques éléments (forcément) personnels de son parcours supposait une mise à distance que laccomplissement dune carrière rendait possible.
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pas forcément payant comme le fait remarquer Alessandro Pizzorusso à propos des jeunes docteurs italiens (mais la remarque vaut assurément pour les docteurs français) 2  qui cherchent à sengager dans la carrière universitaire. En retraçant le parcours dun comparatiste, ni linterviewé, ni lintervieweur nont souhaité décourager les plus jeunes, mais souligner les exigences de la comparaison des droits. Ce parcours qui est aussi celui dun publiciste, permettra, nous lespérons, de réfléchir aux rapports entre privatistes et publicistes, entre politistes et constitutionnalistes et même entre constitutionnalistes (plus précisément, sur larticulation du droit constitutionnel jurisprudentiel et du droit constitutionnel institutionnel). En concevant et élaborant cet entretien, je me suis rappelée le reproche que lun des membres de mon jury de thèse avait exprimé à légard de mon travail, celui de mêtre laissée séduire par la doctrine italienne. Je le suis toujours. Cet entretien a débuté en octobre 2004 lors dun premier séjour à Pise ; sest poursuivi en février 2005, et surtout, grâce à un échange de correspondances électroniques auquel Alessandro Pizzorusso a participé avec empressement et patience.  1. Commençons tout dabord par votre parcours : pouvez-vous donner les raisons qui vous ont amené à poursuivre des études en droit ?  Le choix de la faculté de droit fut essentiellement de type utilitaire : mon père était avocat civiliste à Lucques, où nous habitions, et mon frère aîné avait choisi une autre faculté ; par conséquent, javais la chance de pouvoir accéder à un travail suffisamment sûr. Par ailleurs, le lycée que javais fréquenté, offrait à lépoque une bonne formation de culture générale, mais aucune formation spécialisée dont les études universitaires auraient pu se présenter comme une continuation. Le choix de la Faculté de Droit de Pise se présentait donc quasiment comme un choix imposé.  2. Pourquoi le droit constitutionnel ?  Je dois dire que les enseignements de Franco Pierandrei, suivis lorsque jétais étudiant en première année (1950-1951), constituent la première rencontre avec le monde des études juridiques et, en particulier, les études constitutionnelles : ils ont eu pour moi limportance dune découverte. Au lendemain de la  laurea  (1954), Pierandrei (directeur de ma thèse) ma nommé - comme on le pratiquait alors  « assistant volontaire », mission non rémunérée, mais elle permettait détablir un lien, certes, ténu avec lUniversité. Après lobtention de la laurea,  (pour laquelle javais présenté                                                  2 V. O. MORETEAU, « Ne tirez pas sur le comparatiste », D ., 17 févr. 2005, p. 452 et s.
 
 
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