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Contexte national
et international
Éclaircie
e ralentissement écono- de frein sur l’investissement etLmique mondial, initié dès le un déstockage massif.
milieu de l’année 2000 aux
Etats-Unis, s’est poursuivi tout La baisse de la demande des en-
au long de l’an passé, en s’ac- treprises s’est traduite par uneEn 2001, la phase
centuant au second semestre. nette contraction des échangesd’expansion de
Les Etats-Unis et les pays for- internationaux, diffusant et ren-
l’économie française a mant la zone euro ont ainsi en- forçant d’un pays à l’autre
registré un recul de leur activité, l’onde de choc en provenancemarqué le pas. Au-delà
au troisième trimestre pour les des États-Unis.de la croissance en
premiers, au quatrième pour les
moyenne annuelle seconds. La France n’a pas Le repli des flux commerciaux
échappé à ce mouvement géné- des grands pays de la zone euro(2,0 %), l’ampleur du
ral : son PIB a diminué de 0,1 % a été d’autant plus importantralentissement ressort
à l’automne dernier. que l’attentisme des entreprises
dans la faible européennes, en s’ajoutant au
choc brutal en provenance deaugmentation du PIB en
Très forte dégradation la demande extérieure à laglissement sur l’année
zone, s’est traduit par une nettedu climat des affaires
(0,9 %). Le freinage contraction des échangesfin 2001
intra-européens.vigoureux de l’activité
s’explique par deux Dans un contexte général de re- La France s’est inscrite dans ce
pli de la demande des entrepri-éléments spécifiques : panorama, enregistrant une
ses, les événements du 11 sep- contraction sans précédent deune contraction
tembre ont de nouveau dégradé ses exportations et de ses im-exceptionnelle des les anticipations. Donnant portations à la fin de l’année
quelques signes ténus de re-échanges extérieurs et dernière. Le cycle des importa-
dressement à la fin de l’été der- tions a été amplifié par celui duune grande réactivité
nier, le moral des industriels secteur des nouvelles technolo-des entreprises devant américains a rechuté au qua- gies. Celui-ci explique plus de
trième trimestre. En Francela détérioration des 40 % de la décélération des im-
comme dans l’ensemble de la portations françaises de pro-perspectives mondiales.
zone euro, la baisse du climat duits manufacturés observésLe seul soutien de la des affaires dans l’industrie s’est entre la fin 2000 et la fin 2001.
accentuée, dépassant le pointcroissance en France a
bas atteint lors du creux deété la progression de la
1996, marqué par une qua- La France a mieux résisté
consommation des si-stagnation de l’activité. que ses partenaires
ménages, qui résulte de la zone euro
La dégradation des anticipa-principalement d’une
tions des entrepreneurs en 2001
augmentation record s’est traduite par un comporte- Après le ralentissement enregis-
ment restrictif de demande de tré en 2000, du fait du prélève-(4 %) du pouvoir
leur part, passant par un coup ment sur le pouvoir d’achat desd’achat.
6 Octant n° 89 - Avril 2002 Bilan économique 2001Contexte national et international
consommateurs induit par la Au cours de 2001, les autres de la zone euro est loin d’une
progression des prix du pétrole composantes du revenu ont amélioration uniforme. Le Ja-
et la dépréciation de l’euro, la permis de compenser les effets pon n’est pas sorti de la réces-
demande des ménages dans la du ralentissement de la masse sion. Les zones émergentes, à
zone euro s’était pourtant re- salariale dans les secteurs l’exception de quelques pays
prise au premier semestre de concurrentiels. Les salaires ver- d’Asie producteurs de haute
2001, sous l’effet des baisses sés par les administrations pu- technologie, ont encore une ac-
de prélèvements obligatoires bliques ont bénéficié des reva- tivité déprimée. Mais le redres-
mises en oeuvre dans les prin- lorisations successives de sement des anticipations des
cipaux pays de la zone (Alle- l’indice de traitement brut. Les entrepreneurs s’observe dans
magne, France, Italie). Depuis prestations versées aux ména- toute l’Europe. Il devrait induire
le début de l’été, elle s’est de ges ont également accéléré, par un comportement moins res-
nouveau nettement infléchie. le biais de la revalorisation des trictif et permettre, notamment,
retraites et de la progression des une progression de la produc-
Dans ce contexte, le rythme de indemnisations chômage. Au fi- tion industrielle, dont la nette
croissance de la consommation nal, le ralentissement du revenu contraction a expliqué le recul
française s’est distingué de celui disponible des ménages avant de 0,2 % du PIB de la zone euro
de ses principaux partenaires, en impôt est moins important que au quatrième trimestre de 2001.
restant sur une pente annuelle celui des seuls revenus d’activi-
de l’ordre de3%au premier tés salariées des secteurs
comme au second semestre de concurrentiels. Sa croissance En France, l’opinion plus favo-
2001. Cette performance s’ex- annuelle passerait ainsi d’un rable portée par les industriels
plique par une hausse historique rythme très élevé, de l’ordre de sur les stocks montre que le re-
du revenu des ménages en 5%àlafin 2000 en termes no- tour vers un comportement plus
2001, malgré la détérioration en minaux, à un rythme encore so- neutre de la demande des entre-
cours d’année du marché du lide, d’environ 4 % à la prises est amorcé. L’investisse-
travail. mi-2002. ment se stabilise, et pourrait re-
trouver une pente positive à
De fait, la progression de l’em- De plus, les ménages ont béné- partir de la fin du printemps,
ploi salarié concurrentiel a ra- ficié de nouvelles baisses d’im- surtout si une réanimation des
lenti à partir du printemps, pôts au second semestre de exportations venait confirmer
après trois années extrêmement 2001. La réduction des taux l’amélioration du contexte in-
favorables. 230 000 emplois d’imposition pour l’ensemble ternational. La progression de la
auront été créés sur l’ensemble des tranches de l’impôt sur le consommation des ménages,
de 2001, contre près de revenu, ainsi que l’instauration bien que moins vive qu’en
570 000 l’année précédente. de la prime pour l’emploi, puis 2001, resterait voisine de 2 %
Cet infléchissement est d’abord son doublement en fin d’année, en rythme annuel au premier
lié au ralentissement de l’activi- ont allégé les prélèvements semestre, soutenue par les for-
té économique. Il s’explique d’environ 5,5 milliards d’euros tes hausses de revenu en fin
aussi par un amoindrissement (soit 0,6 point de revenu dispo- d’année passée. Les Français
des effets liés à la réduction du nible brut annuel). apparaissent certes un peu
temps de travail (RTT) après les moins portés à consommer,
grandes vagues de passage aux Enfin, la diminution de l’infla- mais l’inquiétude née de la dé-
35 heures dans les plus grosses tion enregistrée à l’automne gradation du marché du travail
entreprises en 2000. dernier et celle attendue d’ici la devrait être limitée par le ralen-
fin du printemps 2002 alimen- tissement de la hausse du chô-
L’infléchissement de l’emploi a tent le pouvoir d’achat. Après le mage, qui avoisinerait 9,2 % de
pesé sur l’évolution du taux de pic atteint à 2,3 % en mai 2001, la population active en juin. La
chômage (au sens du BIT). lié notamment à la hausse des progression des achats repose-
Après avoir baissé jusqu’à prix des produits frais, l’infla- rait aussi sur une nette réduc-
8,6 % au printemps, celui-ci a tion s’est repliée à la fin de tion de l’inflation. Sauf nouveau
augmenté l’été dernier, pour se l’année dernière avec la baisse choc extérieur, le glissement
stabiliser depuis le début de du prix du pétrole, atteignant des prix sur un an serait de
l’automne, à 9,0 % de la popu- + 1,4 % fin décembre. 1,3 % en juin. Dans ces condi-
lation active. tions, la croissance reviendrait
au printemps vers un rythme
La croissance retrouverait annuel proche de 2 %.
Hausse des revenus au printemps 2002
Extraits de la notetoujours soutenue un rythme annuel de 2 %
de conjoncture de mars 2002
de la Direction générale
Au début de 2002, le trait leLe ralentissement de l’emploi de l’INSEE
concurrentiel a entraîné celui plus marquant de l’économie
mondiale est la multiplicationde la masse salariale, qui passe-
rait d’un rythme annuel supé- des signaux suggérant que
l’économie américaine a passérieurà6%jusqu’àlami-2001 à
un rythme d’un peu plus de 3 % le creux conjoncturel. Certes,
l’environnement internationalà la mi-2002.
Bilan économique 2001 Octant n° 89 - Avril 2002 7
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