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Les années 1999, 2000 et 2001 ont été pour la France une période de conjoncture économique très favorable La croissance, qui sest traduite par une hausse de lemploi et une baisse du chômage significatives, na pas eu les mêmes effets sur toutes les régions françaises La Franche-Comté a certes profité de la reprise, mais entretient une dépendance vis à vis des emplois extérieurs de plus en plus forte Localement, de fortes disparités existent également : certaines zones demploi comme Vesoul cumulent hausse de lemploi, baisse du chômage et renforcement de lattractivité par lemploi, dautres zones demploi comme le Haut-Jura ont connu une évolution du marché local de lemploi beaucoup moins favorable
Nº 70 - MAi2004
Marché du travail
vant la période de creuxde 4% Cest la plus forte hausse conjoncturel actuel, laaprès la Corse et la région Pro-France et lensemble devence-Alpes-Côte dAzur Trois ses régions ont connu unecomposantes expliquent la varia-embellie tout à fait exceptionnelletion de la population active : lim-sur le marché du travail Fin 2001,portance des générations en âge le nombre demplois en Franche-de travailler, la modification des Comté a atteint le niveau recordcomportements dactivité et les de 454000, alors quil était demouvements migratoires La seulement 420000 fin 1997, soithausse du nombre dactifs sex-le même niveau quen 1975 Plusplique essentiellement par un plus de 34 000 emplois ontgrand nombre de per-Jamais les générations été créés en 4 ans,sonnes en âge de tra-en âge de travailler après une stagnationvailler et par une nont été aussi globale sur les deuxhausse des taux dac-nombreuses décennies précéden-tivité Jamais en tes Parallèlement, le chômage aFrance ou en Franche-Comté, les fortement diminué, avec pour lagénérations en âge de travailler Franche-Comté un retour du tauxnont été aussi nombreuses En de chômage aux environs de 7%2001 toutes les générations du fin 2001 Lactualisation de la des-baby-boom sont encore dans cette cription du marché du travail, déjàsituation Sans recensement de la effectuée entre 1990 et 1999 per-population, on ne dispose pas de met de mieux comprendre cesla mesure des taux dactivité mais évolutions remarquablescelui des femmes a probablement Entre fin 1998 et fin 2001, la Fran-continué de progresser comme che-Comté a connu une croissancecela a été constaté depuis plu-de sa population active de lordresieurs décennies, facilité par la
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nont profité de la reprise franc-comtoise La Franche-Comté est de plus en plus dépendante de lextérieur en matière demploi Le nombre demplois en Franche-Comté est relativement faible pour le nom-bre dhabitants Début 2002, 34 300 Francs-Comtois travaillent à lextérieur de la région, contre seulement 11800 personnes qui rentrent quotidiennement dans la région pour venir y travailler Ce déficit (= 22 500) est pour une très large part (15000) lié à limpor-tance du travail frontalier, en plein essor au cours de ces trois années (+3 700) Le caractère résidentiel se renforce aux dépens du carac-tère de pôle économique, réser-voir demplois pour la popula-tion Autrement dit, à ses fron-tières, la région attire davantage Note de lecture: dactifs allant travailler à lex-térieur que demplois destinés Pour 10 000 actifs présents en 1999, la Franche-Comté en compte environ 400 de plus 3 ans après Parallèlement la région compte 500 emplois supplémentaires pour 10 000 actifs présents en débutaux résidents extérieurs de période Dans toutes les régions françaises le nombre d%emplois a sensiblement plus augmenté Comparée aux autres régions de que le nombre d%actifs La Franche-Comté se distingue par une forte hausse de la population active France métropolitaine, la Fran-e e (3 plusforte hausse des régions métropolitaines), et par une hausse «normale »(12 région)du che-Comté a raisonnablement nombre d%emplois Ainsi le nombre d%emplois supplémentaires rapporté au nombre d%actifs supplé-profité de la reprise en emplois mentaires est moins favorable à la Franche-Comté qu%à la majorité des autres régions pendant ces trois années de bonne conjoncture Cependant, plus grande fluidité du marché dulution de la population active reste25 000 Dans une économie fer-malgré la croissance de lem-travail Cette situation plus favo-faible comparé aux deux facteursmée, ces évolutions auraientploi et le nombre important dac-rable peut également expliquer uneprécédents Cette hausse de la po-conduit à une baisse de 5 000 dutifs partis travailler à lextérieur entrée plus précoce des jeunes danspulation active devrait se poursui-nombre de demandeurs dem-de la région, le nombre de de-la vie active Larbitrage entre étu-vre jusquen 2006 ou un peu plusploi En réalité, la baisse du chô-mandeurs demplois a moins des et emploi se fait plustard dans le cas dun re-mage a été deux foisdiminué quailleurs 25 000 emplois facilement en faveur decul sensible de lâgeplus forte (= 9 350 per-Une régionS e u l eal  A l s a c e créés en 3 ans lemploi quand les oppor-moyen de départ à la re-sonnes en 3 ans), beau-plus dépendanteconnu une évolution tunités sont plus nombreuses Letraite coupde Francs-Comtoism o i n sf a v o r a b l e  de lextérieur solde migratoire des actifs resteSi entre fin 1998 et fin 2001, leayant trouvé un emploiLexplication est sim-probablement déficitaire mais sen o m b r ed e sa c t i f sf r a n c s -hors de leur région de résidenceple :le potentiel de baisse du réduit par rapport aux périodescomtois a augmenté de 20 000,La plus grande mobilité des ac-taux de chômage est faible dans antérieures Son impact sur lévo-celui des emplois a crû detifs nest pas une tendance nou-les régions où ce taux est déjà velle, mais, dans la région, lesfaible Ce qui distingue vrai-évolutions des entrées et desment la Franche-Comté des sorties ne sont pas symétriquesautres régions françaises est bien Le nombre de personnes quice nombre de sorties du terri-habitent hors de la région et quitoire en forte augmentation: la o c c u p e n tu ne m p l o if r a n c -région héberge de plus en plus c o m t o i sa ce r t e sa u g m e n t éd ep e r s o n n e st r a v a i l l a n te n (+7 150), mais beaucoup moinsSuisse, à Oyonnax ou en Alsace que le nombre de personnes quiCe constat se retrouve dans sortent quotidiennement du ter-les évolutions comparées du ritoire régional pour aller tra-nombre dactifs et du nombre vailler (+11500) Les Francs-d  e m p l o i s E nm o y e n n ee n Comtois ont ainsi plus profitéFrance pour 1 nouvel actif, 2 de la reprise en emplois à lexté-emplois ont été créés En Fran-rieur de la région, que les per-che-Comté, 5 emplois ont été sonnes résidant à lextérieurcréés pour 4 nouveaux actifs
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(soit 1,25 emploi pour 1 nou-les zones demploi de Belfort et vel actif)du Revermont, la proportion Lembellie économique ne sestdemplois occupés par des per-pas déclinée uniformément sursonnes résidant à lextérieur de le territoire franc-comtois Sansla zone demploi est particuliè-parler de pôles de croissance, onrement importante Les échan-distingue toutefois des zonesges avec lextérieur sont impor-demploi dans lesquelles la re-tants dans les deux sens Ainsi prise de lemploi a été très dy-Belfort entretient des relations namique, dautres où elle naprivilégiées avec la zone dem-pas eu lieu Ainsi, en trois ans,ploi de Montbéliard ou avec la variation de po-lAlsace Vesoul, Belfort, pulation active dansLes zones demploi Lons-le-Saunier l e st r e i z ez o n e sde ray, Montbéliard demploi de Fran-et le Revermont :et Besançon ont éga-che-Comté est com-lement connu une pé-premiers bénéficiaires prise entre =2% etriode favorable sur le de la reprise +9%, lévolution demarché du travail lemploi entre = 1% et +8% Lamais un peu moins marquée que baisse du chômage na pas nonles zones demploi précédentes plus été également répartie puis-À Besançon et Montbéliard, la que les variations séchelonnentpopulation active a fortement aug-entre +5% et = 25%menté avec lapport de jeunes gé-Les zones demploi de Vesoul,nérations plus nombreuses et plus Belfort, Lons-le-Saunier et duactives en 2001 quen 1998 En Revermont ont connu une évo-effet, le rebond de la natalité du lution du marché du travail trèsdébut des années 1980 est respon-favorable entre fin 1998 et finsable dune génération plus nom-2001 Dans ces quatre zonesbreuse que la précédente (nais-demploi, le nombre demploissances en 1975) De plus, pour des a augmenté sensiblement plusraisons de logement ou doppor-que le nombre dactifs et le chô-tunité demploi, les jeunes rési-mage a fortement diminué Dedent souvent dans les grandes ag-plus, dans les zones demploi deglomérations La plus grande flui-L o n s - l e - S a u n i e re tVe s o u l ,dité sur le marché du travail les a lattractivité sest plutôt renfor-conduit à rentrer de façon plus cée Ainsi, pour Lons-le-Sau-précoce dans la vie active nier le nombre dactifs entrantNéanmoins, dans ces trois zo-travailler dans la zone demploines demploi, le nombre dem-a augmenté de 750 alors queplois a plus augmenté que le dans le même temps, le chiffrenombre dactifs Montbéliard se de ceux qui sortent na augmentédistingue par une baisse du chô-que de 300 Fin 2001, les échan-mage moindre car les emplois ges domicile-tra-créés ont souvent Lure-Luxeuil et Dole vail sont de ce faitprofité aux rési-quasiment équili-ont profité de la croissancedents extérieurs brés pour la zonede la zone dem-des territoires limitrophes demploi de Lons-ploi, alors que le-Saunier Vesoul est la seuleles habitants de la zone dem-zone demploi franc-comtoiseploi nont profité que plus rare-qui attire plus dactifs quoti-ment des emplois créés à lexté-diennement quelle nen perdrieur Ce décalage pose la ques-Le chef-lieu de la Haute-Saônetion de ladéquation entre la a, semble-til, renforcé son rôlemain-duvre disponible et les de pôle structurant en matièreemplois offerts À Besançon et demploi au cours des trois der-ray, les échanges avec lexté-nières années: de plus en plusrieur ont joué en sens inverse, de personnes résidant dans lesfavorisant une forte baisse du zones demploi de Lure-Luxeuilchômage local ou de ray viennent travailler àLes zones demploi de Lure-Vesoul ou aux alentours DansLuxeuil et Dole ont connu une
Note de lecture:
À Vesoul, il y a 34 100 actifs, 32 300 emplois et 2 800 chômeurs au 01/01/2002 Par ailleurs 4 100 personnes sortent quotidiennement de la zone d%emploi pour aller travailler (sortants), et 5 100 emplois de la zone d%emploi sont occupés par des résidents extérieurs (entrants) On a l%équation comptable : Nombre d%actifs = emplois + chômeurs + Sortants  Entrants En effet 34 100 = 32 300 + 2 800 + 4 100  5 100
variation du nombre demplois sensiblement égale à la varia-tion du nombre dactifs entre fin 1998 et fin 2001 Ceci na pas empêché le chômage de dimi-nuer dans dimportantes propor-tions Ces territoires ont profité de la croissance en emplois des zones voisines, le nombre dha-
Note de lecture:
bitants travaillant à lextérieur étant de plus en plus important Parallèlement, peu demplois ont été occupés par des person-nes résidant à lextérieur Ces zones demploi, à limage de la région, entretiennent une forte dépendance vis à vis de lexté-rieur
À Vesoul, entre le 01/01/1999 et le 01/01/2002, la population active a augmenté de 1 400 personnes Cette hausse se décompose comme suit : 2 300 emplois en plus, 800 chômeurs en moins, 400 personnes en plus qui vont travailler à l%extérieur et 500 emplois de plus occupés par des résidents extérieurs (1 400 = 2 300  800 + 400  500)
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Méthode Choix du découpage en zones demploi Pour relier évolutions de lemploi et du chômage, on a choisi de travailler sur des territoires que lon peut qualifier de bassins dem-ploi :les résidents y trouvent, pour la grande majorité, un emploi sur place et les employeurs locaux la main d!uvre dont ils ont besoin" Le découpage en zones demploi présente lavantage de proposer une partition de les-pace régional en territoires cohérents et adap-tés à létude du marché du travail"
Schéma déquilibrage du marché du travail Quand on veut étudier un marché local de lemploi, on cherche à relier les ressources en main-d!uvre (la population active) avec les besoins en main-d!uvre (les emplois)" Bien sûr le territoire ne vit pas complètement en autarcie" Si une grande part dactifs résident et travaillent dans la zone (les «stables »),cer-tains actifs travaillent à lextérieur de la zone (les «sortants »)et certains emplois sont oc-cupés par des personnes résidant à lextérieur (les « entrants »)" Comptés dans les actifs, les chômeurs ne tra-vaillent ni dans la zone ni à lextérieur" Caractériser un marché de lemploi par le seul taux de chômage est très réducteur et ne tient pas compte, en particulier, du volume et de la nature des échanges" Pour être complet, on a: Population active = Actifs ayant un emploi+ Chômeurs = Stables + Sortants+ Chômeurs = Stables + Entrants 5 Entrants + Sortants+ Chômeurs = Emplois + (Sortants 5 Entrants)+ Chômeurs"
Cette équation comptable reste vraie en variation"
Les zones demploi de Morteaulégèrement progressé La forte et Pontarlier constituent vérita-hausse de lemploi et surtout le blement un cas à part Le nom-grand nombre de sorties du ter-bre demplois a certes augmenté,ritoire nont pas suffi à absorber mais la population active en-laugmentation de la population core plus Dans ces deux terri-active Ces deux zones dem-toires limitrophes de la Suisse,p l o ia p p a r a i s s e n tm o i n s le nombre de fronta-q u  a u p a r a v a n t Morteau liers a considérable-comme des réservoirs et Pontarlier : ment augmenté endemplois pour leurs trois ans Lattrait dudes zones demploihabitants, tandis que travail frontalier fa-de plus en plusleur caractère rési-vorise probablementdentiel sest renforcé résidentielles les migrations rési-Les zones demploi dentielles, qui entraînent unede Saint-Claude et de Champa-forte croissance de la popula-gnole sont celles qui ont le moins tion active À Morteau, le chô-profité de la période de con-mage a fortement diminué, lejoncture économique favorable surplus de population activeEn effet, alors que la hausse étant plus quabsorbé par unmoyenne de lemploi est de près nombre de navettes vers lexté-de 6% dans la région, ces zones rieur très important À Pontar-ont connu une baisse des effec-lier, en revanche, le chômage atifs Dans le Haut-Jura, malgré
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Ainsi une variation de la population active peut être décomposée en une variation de lemploi, une variation du solde des navettes domi-cile-travail (variation du nombre de sorties moins variation du nombre dentrées) et une variation du chômage" (pour exemple voir le tableau sur les zones demploi)"
Chômage au sens du recensement de la populationAfin dêtre cohérent avec le der-nier recensement de la popula-tion (1999), nous avons estimé au 01/01/2002, la population ac-tive ainsi que le nombre de chô-meurs au sens du recensement" Le chômage au sens du recense-ment est déclaratif" Est considé-rée comme chômeur toute per-sonne se déclarant au chômage" Généralement ce nombre est un peu plus élevé que le nombre de demandeurs demplois en fin de mois ou que le nombre estimé de chômeurs au sens du BIT"
Estimations Sans recensement de la population, il est très difficile de compter le nombre demplois dune zone demploi, le nombre de chômeurs ou le nombre de déplacements domicile-travail" Afin de réaliser cet exer-cice de bouclage de marché du travail, lINSEE a dû estimer de nombreux éléments" Plutôt que de donner un intervalle de confiance, nous avons préféré donner une valeur arrondie à la centaine (ou à la cinquantaine dans les cas litigieux)" Ces résultats sont à interpréter avec prudence" Il ne faut pas attacher trop dimportance aux valeurs prises isolément, mais plutôt sintéresser au scénario construit à partir de lensemble des grandeurs estimées"
un nombre plus important de navettes vers lextérieur, notam-m e n td ef r o n t a l i e r sv e r sl a Suisse, cette dégradation de lemploi sest même accompa-gnée dune hausse du chômage À Champagnole, la population active a diminué et la pression démographique est donc moins forte Le chômage y a même diminué La structure économi-que, industrielle et agricole, de ces zones demploi peut contri-buer à expliquer la moins bonne tenue de lemploi sur longue période Mais cet effet structu-rel est insuffisant pour expli-quer le déficit constaté, qui est avant tout le produit dun moin-dre dynamisme économiquen
François GITTON
INSEEFranche-Comté « le Major » 83, rue de Dole BP 1997 25020 BESANÇON Cedex Tél : 03 81 41 61 61Fax : 03 81 41 61 99 www.insee.fr/fc
Directeur de la publication :Didier Blaizeau Rédacteur en chef :Jean-Michel Floch Mise en page :Maurice Boguet Imprimerie :Noir sur Blanc Besançon
Nº de CPPAP : 3 021 AD ISSN : 1248-2544 © INSEE 2004 dépôt légal : Mai 2004