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Aperçu des principaux résultats du recensement de la population de 1999 de l'Orne - Activité

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L'Orne est le département bas-normand qui enregistre la plus forte baisse de sa population active au cours de la décennie. Si le taux d'activité féminin progresse comme partout, les Ornaises âgées de 25 à 54 ans demeurent les Bas-Normandes les plus actives. Bien qu'ils soient de moins en moins nombreux, les Bas-Normands qui peuvent encore travailler le plus souvent sur leur commune de résidence sont les Ornais. Si le nombre de chômeurs augmente dans l'Orne moins fortement que dans les autres départements bas-normands, le nord et l'est du département connaissent des situations particulièrement difficiles.
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n° 78 - septembre 2000
Aperçu des principaux résultats du recensement
de la population de 1999 de l’Orne
Activité
L’ORNE PERD SES ACTIFS
nes susceptibles d’être actives, ayant % L’Orne est le départementu 8 mars 1999, on comptait
quant à elle progressé de 2 %, la baisse bas-normand qui enregistre la127 700 actifs dans l’Orne, soit
du nombre des actifs tient uniquement plus forte baisse de sa popula-A2,6 % de moins qu’en 1990.
à la forte diminution du taux d’activité. tion active au cours de la dé-Cette perte est plus sensible que dans la
Ce dernier a en effet baissé de 2,5 cennie.Manche (- 0,9 %), le Calvados enregis-
points depuis 1990 pour atteindretrant dans le même temps une crois-
53 %, un taux voisin de celui de lasancede6%du nombre de ses actifs. % Si le taux d’activité féminin
Manche (52,8 %) mais nettement infé- progresse comme partout, les
rieur à celui du Calvados (54,9 %).La population totale des personnes de Ornaises âgées de 25 à 54 ans
Cette baisse du taux d’activité tient à la15 ans et plus, c’est-à-dire des person- demeurent les Bas-Normandes
les plus actives.
%Bien qu’ils soient de moins
en moins nombreux, les
Bas-Normands qui peuvent en-
core travailler le plus souvent
sur leur commune de résidence
sont les Ornais.
% Si le nombre de chômeurs
augmente dans l’Orne moins
fortement que dans les autres
départements bas-normands, le
nord et l’est du département
connaissent des situations parti-
culièrement difficiles.
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conjonction de deux phénomènes : le premier lié au vieillis 1990. Ces jeunes demeurent pourtant proportionnellement-
sement de la population et le second aux changements de plus nombreux à être actifs à ces âges que dans le départe-
comportement face au marché du travail. ment du Calvados où les formations supérieures, plus nom-
breuses, attirent des jeunes d’autres départements, gonflantLa population ornaise a encore vieilli durant la décennie. Si
ainsi la part de la population scolarisée.la part des 25-35 ans a ainsi diminué de plus de 7 %, dans le
même temps, celle des 60 ans et plus augmentait de 12 %. A l’autre extrémité de la pyramide des âges, le taux d’activité
Ces seniors étant très peu actifs (3,4 % travaillaient encore des actifs les plus âgés (55 à 64 ans) a chuté de sept points au
en 1999), le vieillissement de la population ornaise explique cours de la décennie et, en 1999, seulement 35 % des person-
à lui seul 20 % de la réduction du taux d’activité ornais. Mais nes de cet âge sont encore actives. La généralisation du dé-
l’essentiel de la baisse est à mettre à l’actif d’un changement part à la retraite à 60 ans, l’incitation au départ des
de comportement dans les classes d’âge se trouvant aux deux agriculteurs et les préretraites liées aux grandes restructura-
extrémités de la population en âge de travailler, à savoir les tions industrielles sont, à des degrés divers, les trois grandes
15-24 ans et les 55-64 ans. causes de cette forte réduction de l’activité.
Dans l’Orne, comme ailleurs, les jeunes entrent de plus en Toujours la plus forte activité
plus tard sur le marché du travail. La durée des études s’al féminine régionale-
longe et aujourd’hui, un tiers seulement des jeunes âgés de
Dans la population d’âge intermédiaire (25 à 54 ans), le taux
15 à 24 ans est entré dans la vie active contre près de 42 % en
d’activité est resté pratiquement stable sur la décennie. Cette
stabilité cache pourtant deux mouvements opposés. Si le
taux d’activité masculin diminue, celui des femmes continue
à augmenter. Même si l’accroissement de cette activité fémi-
nine a été plus fort dans le Calvados et dans la Manche,
l’Orne demeure en 1999 le département où le taux d’activité
des femmes de 25 à 54 ans est le plus élevé, 70 % d’entre elles
étant sur le marché du travail.
L’Orne comptait, en mars 1999, 112 300 actifs ayant un em-
ploi, soit 4 300 de moins qu’en 1990 (- 3,7 %). Le déclin mar-
qué des activités indépendantes et notamment de
l’agriculture en est la raison principale. Ainsi, pendant que
l’emploi salarié progressait de 3,9 %, trois actifs non salariés
sur dix ont disparu entre 1990 et 1999. Cette évolution n’est
pas propre à l’Orne puisque la baisse atteint 31 % dans la
Manche. Ce phénomène est d’autant plus marquant que ces
formes d’emploi occupent un poids particulièrement impor-
NOMBRE D’ACTIFS AYANT UN EMPLOI
Echelon 1999 1990 Évolution 1990-1999 (en %)
112 296 116 640 - 3,7Orne
Arrondissement d’Alençon 39 405 41 214 - 4,4
45 702 47 539 - 3,9Arrondissement d’Argentan
27 189 27 887 - 2,5Arrondissement de Mortagne-au-Perche
Espace à dominante rurale 63 633 66 020 - 3,6
48 663 50 620 - 3,9Espace à dominante urbaine
19 857 20 407 - 2,7Dont : Aire urbaine d’Alençon *
12 410 12 873 - 3,6Aire urbaine de Flers
8 866 9 443 - 6,1Aire urbaine d’Argentan
6 457 6 880 - 6,1Aire urbaine de L’Aigle
1 073 1 017 + 5,5Aire urbaine de Nogent-le-Rotrou *
* partie ornaise uniquement
Source : Insee, recensements de la population de 1990 et 1999
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tant dans les deux départements : encore un actif sur six dans
l’Orne et près d’un sur cinq dans la Manche.
L’Argentanais perd 6 %
de ses actifs occupés
La réduction du nombre d’actifs ayant un emploi touche
l’ensemble du territoire ornais, à l’exception de la partie or-
naise de l’aire urbaine de Nogent-le-Rotou. La baisse la plus
forte (- 6 %) est enregistrée dans le bassin d’emploi d’Argen-
tan, durement touché par la fermeture de certains de ses fleu-
rons industriels, dont Moulinex. Ce bassin affiche à présent
le taux d’activité le plus faible de l’ensemble des bassins or-
nais. A Flers et à L’Aigle, la diminution atteint 4 % en raison
de la fermeture de près d’un tiers des petits commerces et des
exploitations agricoles. Pourtant, le nombre d’actifs salariés
y a augmenté de 5 % dans le même temps. Le bassin d’Alen-
çon, quant à lui, accuse une baisse du nombre d’actifs ayant
vail : ils sont 43 % à travailler dans leur commune de rési-un emploi inférieure à la moyenne départementale. Le bassin
dence. C’est un trait caractéristique des zones très rurales oùde Mortagne enfin, grâce à une hausse de9%deses salariés
l’emploi non salarié prédomine, que l’on retrouve plus parti-résidents qui compense presque la disparition des activités
culièrement à l’est de l’axe Argentan-Alençon ainsi qu’ànon salariées, conserve sa population active employée à un
l’ouest du département, autour de Tinchebray et de Passais.niveau identique à 1990. Le Perche apparaît ainsi comme le
En dix ans, en raison du déclin marqué des activités non sala-territoire offrant la meilleure résistance à l’érosion de l’em-
riées et de la poursuite du mouvement de périurbanisation,ploi du département.
les déplacements quotidiens pour motif professionnel se sont
Si le nombre d’actifs diminue, le contenu de l’emploi a lui
pourtant intensifiés : en 1990, plus d’un Ornais sur deux
aussi profondément évolué dans le sens d’une certaine fragi-
n’avait pas à sortir de sa commune pour travailler.
lisation. Le nombre d’intérimaires a été ainsi quasiment mul-
En mars 1999, le nombre d’Ornais se déclarant au chômagetiplié par quatre en dix ans pour atteindre 2 600 personnes, le
lors du recensement de la population s’établissait à 14 900nombre de salariés exerçant un emploi à durée déterminée
personnes, soit 11,7 % de la active. L’Orne appa-passant quant à lui de 5 000 à 8 000, soit 8,5 % de l’ensemble
raît ainsi dans une position intermédiaire au sein des trois dé-des salariés du département. De même, les contrats aidés
partements bas-normands. Malgré une croissance plus(Contrat-Emploi-Solidarité, Emploi-jeunes...) concernent à
mesurée que dans la Manche et dans l’Orne (+ 14 % contreprésent près de 2 700 personnes.
+ 18 % pour la Manche et + 21 % pour le Calvados), le chô-
Enfin, les Ornais demeurent les Bas-Normands qui, propor-
mage ornais reste à un niveau plus élevé que dans la Manche
tionnellement, se déplacent le moins pour rejoindre leur tra-
(11,5 %).
Un chômage aussi fort à Alençon
qu’à Cherbourg
Les chômeurs (au sens du recensement) sont particulière-
ment nombreux dans les principales villes du département.
Leur part y dépasse les 15 % de la population active à Argen-
tan, L’Aigle et Flers pour atteindre 18 % à Alençon, soit un
taux voisin de celui enregistré à Cherbourg, ville particuliè-
rement touchée par les problèmes de l’Arsenal et de la Cogé-
ma. Toutefois, le chômage ne se limite pas à ces pôles
urbanisés. Le nord et l’est du département connaissent une
situation de l’emploi particulièrement difficile, avec des taux
de chômage qui dépassent les 11 %. De plus, pour les cantons
de Vimoutiers, la Ferté-Fresnel, Trun ou le Merlerault, forte
proportion de chômeurs et faible activité de la population
(signe d’un vieillissement) se conjuguent. Les actifs y sont
donc peu nombreux et, parmi ceux-ci, une forte part n’a pas
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RÉPARTITION DES ACTIFS ET INACTIFS PAR TYPE
Type d’activité 1999 1990 Évolution 1990-1999 (en %)
- 2,6127 675 131 041Actifs
112 296 116 640 - 3,7Actifs ayant un emploi
93 411 89 943 + 3,9dont : Salariés
18 885 26 697 - 29,3Non salariés
14 879 13 023 + 14,3Chômeurs
500 1 378 - 63,7Militaires du contingent
164 736 162 802 + 1,2Inactifs
66 817 57 312 + 16,6Anciens actifs
23 135 24 195 - 4,4Élèves, étudiants, stagiaires non rémunérés
74 784 81 295 - 8,0Personnes de moins de 15 ans ou autres inactifs
Source : Insee, Recensements de la population de 1990 et 1999
d’emploi. A l’opposé, la partie ouest du département, plus l’Orne, soit 56 % de la population du département. Parmi el-
rurale, apparaît moins frappée par le chômage. Elle doit cette les, près de 67 000 sont retraitées. Leur nombre ne cesse
faible emprise du chômage à la bonne santé économique du d’augmenter du fait de l’allongement de la vie et des sorties
flérien mais surtout aux départs massifs de populations jeu d’activité qui interviennent de plus en plus tôt.-
nes vers des territoires plus attractifs.
Les personnes inactives étaient, en mars 1999, 165 000 dans Jean-Claude FARIGOULE
La population active comprend la population ayant un emploi, les chômeurs et, depuis le recensement de 1990, les
militaires du contingent. Elle est composée de personnes âgées de 15 ans ou plus. Le taux d’activité à un âge don-
né est le pourcentage de personnes actives parmi la population de l’âge correspondant. Sont classés dans la ru-
brique « chômeurs » les personnes qui se sont déclarées « chômeurs » ou « sans emploi » sauf si elles ont déclaré explicitement par
ailleurs ne pas rechercher du travail. Sont aussi comptés comme « chômeurs » les mères de famille, « femmes au foyer » et « retraités »
qui ont déclaré explicitement rechercher du travail.
Les actifs ayant un emploi (ou actifs occupés) sont comptabilisés ici en leur lieu de résidence et non à leur lieu de travail. Il ne s’agit donc
pas d’un indicateur du potentiel d’une commune.
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ISSN 1267-2769 Dépôt légal : Septembre 2000 Code SAGE : Cent%7870 © Insee 2000

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