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Bilan 2008 - Emploi

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L’emploi recule L’emploi salarié fait les frais de la crise éco- nomique. Le recul est sévère dans l’in- dustrie alors que la croissance des effectifs dans la construction est stoppée. Dans l’é- conomie de proximité, l’emploi dans le com- merce stagne. Seuls les secteurs de l’aide à domicile et des services aux personnes res- Philips, s’ajoutent aux baisses de production dans la branche tent créateurs d’emplois. de l’électronique pour véhicules automobiles. Au total, 650 emplois ont disparu, soit une baisse de 10 %. n 2008, les effectifs salariés ont baissé de 0,8 % en Les industries agricoles et alimentaires fléchissent elles aussi.EBasse-Normandie. Cela représente 4 100 emplois salariés Dans ce secteur, la baisse de l’emploi permanent frôle les 2 % perdus. La crise économique mondiale a stoppé net la crois- et l’emploi intérimaire chute de 20 %. La principale branche sance de l’emploi qui allait en s’accélérant ces dernières an- industrielle en Basse-Normandie abandonne ainsi plus de nées (+ 0,4 % en 2005, + 0,6 % en 2006 et + 1,3 % en 2007), après 800 postes de travail en un an, concentrés dans l’industrie de la période sombre de 2001 à 2004 où la Basse-Normandie a la viande, où l’emploi baisse il est vrai depuis plusieurs an- encaissé des restructurations industrielles d’ampleur. En nées, et dans l’industrie du poisson.
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L’emploi recule
L’emploi salarié fait les frais de la crise éco-
nomique. Le recul est sévère dans l’in-
dustrie alors que la croissance des effectifs
dans la construction est stoppée. Dans l’é-
conomie de proximité, l’emploi dans le com-
merce stagne. Seuls les secteurs de l’aide à
domicile et des services aux personnes res- Philips, s’ajoutent aux baisses de production dans la branche
tent créateurs d’emplois. de l’électronique pour véhicules automobiles. Au total, 650
emplois ont disparu, soit une baisse de 10 %.
n 2008, les effectifs salariés ont baissé de 0,8 % en Les industries agricoles et alimentaires fléchissent elles aussi.EBasse-Normandie. Cela représente 4 100 emplois salariés Dans ce secteur, la baisse de l’emploi permanent frôle les 2 %
perdus. La crise économique mondiale a stoppé net la crois- et l’emploi intérimaire chute de 20 %. La principale branche
sance de l’emploi qui allait en s’accélérant ces dernières an- industrielle en Basse-Normandie abandonne ainsi plus de
nées (+ 0,4 % en 2005, + 0,6 % en 2006 et + 1,3 % en 2007), après 800 postes de travail en un an, concentrés dans l’industrie de
la période sombre de 2001 à 2004 où la Basse-Normandie a la viande, où l’emploi baisse il est vrai depuis plusieurs an-
encaissé des restructurations industrielles d’ampleur. En nées, et dans l’industrie du poisson. Dans cette dernière
2008, la Basse-Normandie subit la crise comme toutes les ré- branche, le coup de froid de 2008 intervient après plusieurs
gions, mais le recul de l’emploi y est un peu plus fort qu’en années de croissance soutenue de l’activité et de l’emploi.
France. Les effectifs du secteur marchand non agricole y
L'emploi progressebaissent de 1,3 %, contre 0,9 % en France. Dans le secteur non
pour les services à la personnemarchand (éducation, santé, administration), la croissance
est très faible (+ 0,3 %).
Le recul de l’activité industrielle freine la croissance des ser-
vices aux entreprises. Hors intérim, ces services continuentL'emploi intérimaire chute lourdement
de créer des emplois nouveaux en 2008 (+ 2 %), mais à un
dans l'industrie
rythme deux fois moindre qu’en 2007. Les nouveaux emplois
Les suppressions d’emploi frappent durement l’industrie, en ont été créés dans les services professionnels dont les entre-
première ligne dans la compétition mondiale. L’emploi industriel prises peuvent difficilement se passer, même en temps de
permanent baisse de 1,8 %, un peu moins qu’en France (- 2 %), crise (gardiennage, sécurité, nettoyage, publicité). Les entre-
mais l’emploi intérimaire dans ce secteur s’effondre (- 34 % en prises de conseil et d’assistance ont, quant à elles, créé peu
équivalents temps plein). En cumulant les deux types d’em- d’emplois nouveaux (+ 1 %). Les autres services marchands
ploi, emploi permanent et emploi intérimaire, la baisse des ef- ressentent aussi les effets du ralentissement économique.
fectifs dans l’industrie atteint 4,5 %, soit plus de 4 700 postes Les transports créent quelques emplois nouveaux (+ 1 %)
de travail perdus en un an. L’hémorragie concerne surtout mais l’immobilier réduit la voilure (- 4 %), comme les services
l’automobile. Dans ce secteur, le nombre d’intérimaires en liés au tourisme et aux loisirs (- 2 %), de l’hôtellerie à la restau-
poste baisse de moitié entre le quatrième trimestre 2007 et le ration (y compris la restauration rapide), du sport et à la cul-
quatrième trimestre 2008. L’emploi permanent y recule de ture. En revanche, les services personnels et les services
près de 4 %. Au total, un millier d’emplois a été supprimé, le domestiques continuent de croître (près de 700 personnes de
chômage partiel touchant de surcroît de nombreux salariés plus en emploi, souvent à temps partiel, soit + 3 %). L’aide à
encore préservés des plans sociaux. La crise dans l’auto- domicile et l’emploi dans les hébergements sociaux (handi-
mobile entraîne un fort ralentissement dans les activités capés, enfants en difficulté, personnes âgées...) et dans les
plus ou moins intimement liées à cette filière, de la métal- crèches continuent eux aussi de croître (700 emplois
lurgie à la plasturgie, en passant par l’électronique. Dans supplémentaires, + 2 %).
ce dernier secteur, les difficultés de NXP, qui a succédé à
Sur le podium de la croissance de l’emploi, la construction
laisse la plus haute marche aux services aux personnes et à
l’action sociale. Dans la construction, le retournement de ten-
dance est intervenu courant 2008 mais, fin 2008, le nombre
d’emploi permanents était encore supérieur au niveau de fin
2007. En cumulant l’emploi permanent et l’emploi intérimaire,
en baisse de 15 % sur un an, l’emploi total dans la construc-
tion s’affiche, lui, en nette baisse.
Le commerce subit lui aussi les contrecoups de la crise éco-
nomique. Globalement, la création d’emplois salariés perma-
nents dans ce secteur devient très faible (+ 0,2 %), et la baisse
du recours à l’intérim annule cette augmentation. La création
10 Insee Basse-Normandie - Bilan 2008BILAN DE L’EMPLOI SALARIÉ EN 2008
Le calvados limite la casse
Calvados Manche Orne Basse-Normandie
Évolution des Évolution des Évolution des Évolution desEffectifs Effectifs Effectifs Effectifs
effectifs salariés effectifs salariés effectifs salariés effectifs salariéssalariés au salariés au salariés au salariés au
en 2008 en 2008 en 2008 en 200831 décembre 31 décembre 31 décembre 31 décembre
2008 2008 2008 2008Nombre % Nombre % Nombre % Nombre %
Agriculture,
4 940 - 100 - 2,1 6 310 + 130 + 2,1 3 680 - 20 - 0,5 14 930 + 10 + 0,0
sylviculture, pêche
Industrie 39 650 - 960 - 2,4 32 220 - 360 - 1,1 22 580 - 450 - 2,0 94 450 - 1 770 - 1,8
Construction 16 340 + 280 + 1,8 14 010 - 30 - 0,2 7 230 + 10 + 0,2 37 580 + 260 + 0,7
Commerce 33 860 - 20 - 0,1 23 930 + 220 + 0,9 10 670 - 50 - 0,4 68 460 + 150 + 0,2
Services 151 860 - 440 - 0,3 90 330 - 1 080 - 1,2 51 340 - 1 220 - 2,3 293 530 - 2 740 - 0,9
Ensemble 246 650 - 1 240 - 0,5 166 800 - 1 120 - 0,7 95 500 - 1 730 - 1,8 508 950 - 4 090 - 0,8
dont secteur
marchand hors 161 050 -1 370 - 0,8 110 220 -1 390 - 1,2 62 120 -1 800 - 2,8 333 390 -4 560 - 1,3
agriculture
NOTE : les intérimaires sont comptés dans le secteur des services.
Source : Insee, estimations d’emploi provisoires.
d’emplois dans le commerce de détail compense juste la Département dépendant le plus de l’industrie, l’Orne affiche
perte d’emplois dans le de gros. Si l’emploi dans la un fort recul de l’emploi salarié : - 1,8 %. La baisse des effectifs
grande distribution continue d’augmenter, le commerce spé- du secteur marchand non agricole est trois fois plus importante
cialisé est à la peine. Les ménages contiennent leurs dépen- qu’en France (- 2,8 % contre - 0,9 %). Structurellement, l’Orne
ses, et les commerces de meubles, d’équipements du foyer, profite peu des périodes d'une croissance reposant sur les
de parfums, de produits de beauté, d’articles de sport et de services, mais paye le prix fort des crises industrielles.
loisirs sont délaissés. L’emploi salarié y est en recul. Presque tous les poids lourds industriels de l’Orne souffrent
en 2008 : la métallurgie, la plasturgie, l’agroalimentaire, l’auto-
Le Calvados limite les dégâts mobile. Seule la mécanique, très éprouvée par les restructu-
rations en 2004 et 2005, s’en sort relativement bien. A la
En 2008, le Calvados contient à 0,5 % la baisse de l’emploi sa-
différence du Calvados, la construction et les services aux
larié. Grâce à son économie très diversifiée, au poids de son
particuliers ne compensent pas les pertes d’emplois indus-
secteur non marchand et à ses services de proximité, ce dé-
triels. La construction maintient ses emplois permanents,
partement affronte mieux que les deux autres départements
sans plus, et diminue les emplois d’intérimaires, tandis que
bas-normands la crise économique. Il est pourtant frappé de
les services aux particuliers perdent des emplois. Le recul est
plein fouet par la tempête qui secoue les branches phares de
encore plus sévère dans les services aux entreprises, consé-
l’industrie bas-normande que sont l’électronique et l’automo-
quence directe des difficultés des principaux clients dans la
bile. En revanche, ses industries agricoles et alimentaires ré-
grande industrie.
sistent bien. Dans le Calvados, la construction reste assez
La Manche, habituée à tenir la tête des créations d’emploisdynamique en 2008, même si le ralentissement se traduit aus-
si par un coup de frein sur les créations d’emplois. L’emploi dans la région depuis 2005, affiche aussi une baisse de l’em-
ploi salarié en 2008 (- 0,7 %). Pourtant, la Manche ne pâtit endans le commerce stagne, mais les effectifs dans les services
rien des déboires des secteurs phares de l’industrie bas-nor-aux particuliers croissent alors qu’ils baissent dans les autres
départements bas-normands. mande, automobile et électronique, tant ils présentent de for-
tes particularités dans ce département. Ainsi, fin 2008, pas
plus la carrosserie industrielle que la fabrication de fibre op-
tique, spécialités manchoises, n’ont encore subi les effets de
Les estimations d'emploi la crise. La filière énergie, la construction navale et ses
sous-traitants maintiennent leurs emplois. Seul l’agroalimen-- Les estimations de l’emploi salarié au 31
taire connaît un repli significatif. Mais si la Manche limite lesdécembre 2008 sont encore provisoires. Ces
dégâts dans l’industrie, en raison de ses fortes spécificités,estimations sont réalisées principalement à partir des
déclarations des employeurs aux URSSAF et à la MSA. L’intérim elle cumule de mauvais résultats dans les services aux entre-
est connu grâce aux déclarations des entreprises de travail prises et dans les services aux particuliers, notamment dans
temporaire à Pôle Emploi, traitées par le ministère de l’Emploi et la filière touristique, où l’emploi baisse fortement. De plus, le
de la Solidarité. L’emploi dans les secteurs de l’administration, de recul dans la construction est amorcé, après trois années de
l’éducation, de la santé et de l’action sociale est estimé à partir de
croissance euphorique. Ce retournement de tendance a un
tendances nationales. Une version semi-définitive des estimations
fort impact négatif dans un département comme la Manche
d’emplois au 31 décembre 2008 sera disponible début 2010.
où la construction pèse très lourd.
- Le secteur marchand regroupe l’ensemble des secteurs
d’activité, excepté les services administrés (éducation, santé,
action sociale, administration publique et activités associatives). Michel MOISAN
Insee Basse-Normandie
Insee Basse-Normandie - Bilan 2008 11