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Bilan économique 2003 - Chômage : la progression se poursuit

De
2 pages
Fin 2003, le taux de chômage corrigé des variations saisonnières a atteint 10% en Champagne-Ardenne. Il a progressé de 0,5 point en un an, terminant l'année légèrement au-dessus du taux national. Sur un an, l'augmentation du taux de chômage a été quasiment similaire dans chacun des départements de la région. Le nombre de demandeurs d'emplois âgés de moins de 25 ans a progressé plus modérément en Champagne-Ardenne ( 4,9%) que France entière ( 7,2%). Le nombre de femmes à la recherche d'un emploi a fortement augmenté alors qu'il avait été quasiment stable en 2002. Toutes les catégories socioprofessionnelles ont subi la dégradation de la situation de l'emploi. Ainsi 2 550 ingénieurs et cadres champardennais sont chômeurs fin 2003, soit une progression de 12,3% en un an.
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CHÔMAGE
LA PROGRESSION28
SE POURSUIT
n Champagne-Ardenne, le taux de chômage rités géographiques sont restées prononcées. Les Ardennes
corrigé des variations saisonnières a atteint ont conservé le taux le plus élevé de la région (13,2%), très
10% en fin 2003. Il a progressé d’un demi au-dessus de la moyenne nationale, à l’opposé, la MarneEpoint en un an, terminant l’année légère- s’est située 1,2 point au dessous avec 8,5%.
ment au-dessus du taux national (9,9%). Avec ce taux, la Avec plus de 57 000 Champardennais concernés, le
Champagne-Ardenne s’est classée au seizième rang des nombre de demandeurs d’emploi de catégorie 1 s’est ac-
régions métropolitaines. cru de 6,7% en un an, contre 6% en France métropoli-
Si au niveau national le chômage a monté régulièrement taine. Si dans les Ardennes la progression n’a été que de
tout au long de l’année, l’évolution a été plus contrastée 4,6%, elle a été nettement plus forte dans les trois autres
dans la région. La progression a d’abord été lente et régu- départements (entre +7,3% et +7,4%). Quant aux deman-
lière au premier semestre passant de 9,5% en décembre deurs d’emploi de catégorie 6, c’est à dire ceux ayant exer-
2002 à 9,8 % en juin 2003. Puis le chômage a ensuite for- cé une activité mensuelle réduite, leur nombre a augmenté
tement progressé au cours du troisième trimestre pour at- de 5,6 % en Champagne-Ardenne soit un peu moins vite
teindre son point culminant fin septembre (10,4 %), et qu’en France métropolitaine (+6,6%).
enfin baisser durant le quatrième trimestre. En 2003 la progression du chômage des jeunes a été plus
Le pic régional de septembre 2003 s’explique principale- modérée en qu’en France (+4,9%
ment par les conditions climatiques inhabituelles de l’été. contre +7,2%). Il en avait été de même en 2002. Néan-
En effet, avec la canicule les vendanges ont été de moindre moins, dans la région, près d’un demandeur d’emploi sur
ampleur qu’à l’ordinaire. Les offres d’emploi ont d’ailleurs quatre est âgé de moins de 25 ans. Au niveau national,
été réduites environ de moitié cette année. De plus, la ré- cette proportion n’est que de un sur cinq. Les jeunes sont
colte a exceptionnellement commencé en août, au lieu de traditionnellement plus exposés que leurs aînés aux diffi-
septembre habituellement, et s’est donc terminée plus tôt cultés sur le marché du travail et ils occupent plus souvent
qu’à l’accoutumée. Il en a résulté une ré-inscription mas- des emplois à durée limitée, ce type d’emploi s’ajustant
sive des vendangeurs à l’ANPE dès septembre. La crise de plus rapidement aux baisses de l’activité.
la métallurgie et les nombreux plans sociaux qui en ont Avec une progression de 8,7%, les hommes ont été plus
découlé ont eu également un impact sur la poussée du sévèrement frappés par la montée du chômage et notam-
chômage au niveau régional, mais de façon plus diffuse au ment ceux âgés de 25 à 49 ans (+11%). Cette situation peut
cours de l’année. s’expliquer, en partie, par la dégradation de l’emploi in-
Taux de chômage au sens du BIT (CVS)*Augmentation dans les quatre
départements champardennais 14
13
Sur un an, l’augmentation du taux de chômage a été quasi-
ment similaire dans chacun des quatre départements 12
champardennais. Il n’en demeure pas moins que les dispa-
11
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1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003
FranceChampagne-Ardenne
Source : INSEE
* CVS : corrigés des variations saisonnières
INSEE DOSSIER Champagne-Ardenne n°18Evolution du taux de chômage en 2003 Les demandeurs d’emploi (catégorie 1)
Unité : % Taux de chômage Unités : nombre Déc 2002 Déc. 2003 Evolution 29
et % 2002/2003Déc. 2002 Déc. 2003
Hommes 27 597 30 010 +8,7Ardennes 12,6 13,2
Moins de 25 ans 6 720 7 070 +5,2Aube 9,7 10,3
25 à 49 ans 16 885 18 750 +11,0Marne 8,1 8,5
50 ans ou plus 3 992 4 190 +5,0Haute-Marne 8,8 9,3
Femmes 26 163 27 334 +4,5Champagne-Ardenne 9,5 10,0
Moins de 25 ans 5 788 6 058 +4,7France 9,3 9,9
25 à 49 ans 16 932 17 805 +5,2Source : INSEE
Taux de chômage par rapport à la population active totale, 50 ans ou plus 3 443 3 471 +0,8
en données corrigées des variations saisonnières au sens
du Bureau internationnal du travail Ensemble 53 760 57 344 +6,7
Moins de 25 ans 12 508 13 128 +5,0
25 à 49 ans 33 817 36 555 +8,1dustriel, traditionnellement plus masculin. En effet, pour la
troisième année consécutive le volume d’emploi dans l’in- 50 ans ou plus 7 435 7 661 +3,0
dustrie a baissé, le recul ayant atteint 3,7%.
Source : ANPE
Le nombre de femmes au chômage
Note méthodologique :a nettement progressé
Chômeur et demandeur d’emploi
Le nombre de femmes à la recherche d’un emploi a égale-
Selon les normes du Bureau international du Travail (BIT), est consi-ment fortement augmenté en 2003, alors qu’il avait été
déré comme chômeur tout individu répondant simultanément aux
quasiment stable entre 2002 et 2001. Comme pour les
conditions suivantes : recherche d’un emploi, démarches effectives,
hommes, ce sont celles âgées de 25 à 49 ans qui ont été disponibilité, absence d’occupation professionnelle au cours d’une
semaine dite « de référence ». La mesure du chômage est effectuéeles plus affectées (+5,2%). Cependant, le chômage de-
grâce à l’enquête emploi en continu réalisée par l’INSEE au mois demeure avant tout masculin, les femmes ne constituant que
mars. Le taux de chômage est estimé chaque trimestre, par départe-
48% des demandeurs d’emploi. En 2002, cette proportion
ment, en données corrigées des variations saisonnières (CVS), à l’aide
était de 49%. d’un modèle économétrique utilisant des variables d’origine adminis-
trative.La durée moyenne d’inscription à l’ANPE a progressé de
Les demandes d’emploi recensées en fin de mois (DEFM) par l’ANPEtrois jours en un an, passant de 340 à 343 jours. Le chô-
interviennent de manière privilégiée dans ce modèle où sont prises en
mage de longue durée (supérieur à 1 an), qui avait déjà en-
compte, d’une part les DEFM de catégorie 1, d’autre part les DEFM de
registré une forte poussée l’an dernier a continué de se catégories 1 et 6 confondues.
détériorer en 2003 (+8,5%). Fin décembre, il concernait Depuis juin 1995 en effet, l’ancienne catégorie 1 de demandeurs
d’emplois (personnes immédiatement disponibles à la recherche d’unprès de 18 000 personnes dans la région, soit environ un
emploi à durée indéterminée et à plein temps) a été scindée en deux.
tiers des chômeurs.
La nouvelle catégorie 1 regroupe ceux qui n’ont pas exercé d’activité
Comme en 2002, toutes les catégories socioprofessionnel- réduite de plus de 78 heures au cours du mois, les autres étant classés
dans la catégorie 6 car considérés comme non immédiatement dispo-les ont subi la dégradation de la situation de l’emploi. Ain-
nibles.si 2 551 ingénieurs et cadres étaient chômeurs fin 2003,
soit 12,3% de plus qu’en 2002.
Remarque : les séries sur le chômage ont été « rétropolées », les évo-
lutions du taux de chômage entre 2001 et 2002 tiennent compte de
cette correction. Pour cette raison certains chiffres peuvent ne pas cor-
respondre à ceux publiés dans le Bilan Economique édition 2001
Christian Tchiveindhais
INSEE DOSSIER Champagne-Ardenne nº18