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Concentration et spécialisation de l'économie bas-normande - Des activités exposées aux risques économiques

De
6 pages
Les activités marchandes et de proximité, comme le commerce la construction et les services d'entreprises, offrent la majorité des emplois bas-normands. Elles sont considérées comme des facteurs de stabilité pour l'économie des territoires et ont globalement fortement accru leurs effectifs depuis une dizaine d'années. A l'opposé, certains secteurs concentrés autour de quelques grands établissements et implantés dans certains territoires ont une structure à risque pour les bassins. Il s'agit surtout de l'automobile, du textile, ou la construction navale. Ensemble, ils emploient 7 % des Bas-Normands. Les bassins de Caen, de Saint-Lô et de Lisieux ont une structure économique diversifiée. De ce fait, ils sont plus aptes à amortir les turbulences économiques. A l'inverse, les bassins de Bayeux, de l'Aigle, de Mortagne-au-Perche ou de Vire restent très spécialisés et de fait fragile si une crise touche leurs secteurs principaux. Durant la dernière décennie, la Basse-Normandie est l'une des régions qui s'est le plus diversifiée. Son tissu productif est aujourd'hui moyennement concentré et assez peu spécialisé.
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n° 144 - avril 2005
Concentration et spécialisation de l'économie
bas-normande
% Les activités marchandes etDes activités exposées
de proximité, comme le commerce,
la construction et les services d'en-aux risques économiques
treprises, offrent la majorité des em-
plois bas-normands. Elles sont
ertains secteurs d’activité peu- core le commerce (65 500 emplois) et considérées comme des facteurs
vent être considérés comme des affichent une croissance d’emploi po- de stabilité pour l'économie des ter-Cfacteurs de stabilité du marché sitive sur ces douze dernières années. ritoires et ont globalement forte-
ment accru leurs effectifs depuisdu travail des territoires. Les unités qui En Basse-Normandie, 65 % des sala-
une dizaine d'années.les composent sont en effet plutôt des riés , soit près de 315 000 personnes,
PME, nombreuses, dispersées harmo- travaillent dans un de ces secteurs. Par-
nieusement sur l’ensemble de la mi ces activités, les services opération- % A l'opposé, certains secteurs
concentrés autour de quelquesBasse-Normandie et peu dépendantes nels aux entreprises (nettoyage
grands établissements et implantésde décisions extérieures à la région. industriel, intérim...) et les services
dans certains territoires ont uneElles exercent des activités, comme la aux personnes (emplois domesti-
structure à risque pour les bassins.construction (32 200 emplois salariés ques...), détiennent le record de pro-
Il s'agit surtout de l'automobile, dufin 2002), les services personnels et gression de l’emploi entre 1992 et
textile, ou la construction navale.
domestiques* (20 900 emplois) ou en- 2002 (respectivement + 126 % et
Ensemble, ils emploient 7 % des
+ 89 %). L’ensemble des bassins a bé-
Bas-Normands.
néficié de la bonne santé de tous ces* blanchisseries, salons de coiffure, soins de
beauté, pompes funèbres ... secteurs "stabilisants", même si c’est % Les bassins de Caen, de
de façon inégale.
Saint-Lô et de Lisieux ont une struc-
Certes, ils ne sont
ture économique diversifiée. De ce
pas à l’abri d’une fait, ils sont plus aptes à amortir les
crise sectorielle ou turbulences économiques. A l'in-
locale, mais les ef- verse, les bassins de Bayeux, de
fets d’un éventuel L'Aigle, de Mortagne-au-Perche ou
ralentissement de de Vire restent très spécialisés et
de fait fragile si une crise toucheleur croissance,
leurs secteurs principaux.voire d’une baisse
d’activité, seraient
a priori amortis % Durant la dernière décennie,
la Basse-Normandie est l'une desplus facilement par
régions qui s'est le plus diversifiée.le marché du travail
Son tissu productif est aujourd'huilocal.
moyennement concentré et assez
Toutefois, ces der-
peu spécialisé.
nières années, les
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 144. . . . . . . . . . .fermetures et les restructurations in- personnes, soit 7 % des salariés du secteur (ou de l’établissement) dans
dustrielles ont contribué à créer une bas-normands, travaillent dans un sec- l’emploi total du territoire, du taux de
certaine insécurité sociale et écono- teur de ce type. Même si ces piliers de chômage, du type d’emplois touchés, de
mique dans la région comme ailleurs. l’économie ont à un moment donné la qualification des salariés...
Certaines entreprises emblématiques, porté l’emploi, localement ou même au
L’automobile etcomme Moulinex, ont déposé le bilan. niveau régional, l’histoire montre qu'ils
la construction navale :Ces événements ont pointé du doigt la ne sont pas à l’abri de turbulences écono-
la taille fragilise la réactivitéfragilité de tout un pan de l’économie miques. Si l’un d’entre eux rencontrait
bas-normande, avant tout industriel, des difficultés économiques ou était con- Parmi ces secteurs, on trouve l’auto-
avec des emplois concentrés dans un fronté à d’intenses restructurations ayant mobile, le textile et la construction na-
petit nombre de secteurs d’activité, des effets sur l’emploi, les conséquences vale. Les principales entreprises sont
exercées par des entreprises qui peu- seraient alors lourdement ressenties à la en effet de grande taille et plutôt agglo-
vent être agglomérées géographique- fois géographiquement et dans quelques mérées dans un même lieu. Ces sec-
ment, c’est-à-dire localisées sur un établissements de taille importante. Le teurs ne sont pas sur une dynamique
périmètre réduit tout en étant très dé- choc provoqué serait alors plus difficile- d’emploi très encourageante, chacun
pendantes de l’extérieur. En cas de ré- ment amorti localement et les salariés
duction d’activités, cette configuration touchés moins facilement réinsérés. Bien
est potentiellement source de risque entendu, l’impact final dépend de nom- Pour
pour l’économie locale. Près de 32 000 breux facteurs, et notamment de la place comprendre
ces résultats
Spécialisation-Diver-
sification : un territoire est dit di-
versifié si son tissu économique
propose un large eventail d’activi-
tés. Il est spécialisé si un petit
nombre de secteurs pèse un poids
important dans l’économie locale.
Cette mesure constitue un premier
repérage de territoires potentielle-
ment fragiles. En effet, plus un terri-
toire est spécialisé, plus grand est
le risque de déstabilisation de ce
territoire en cas de choc écono-
mique affectant les secteurs d’acti-
vité qui contribuent à la
spécialisation.
Concentration-Agglomération :
dans un territoire ou dans un sec-
teur d’activité, l’emploi est dit
concentré si il dépend d’un petit
nombre d’entreprises. Lorsque les
établissements, et donc les em-
plois, d’un même secteur sont loca-
lisés dans un périmètre restreint, on
dit que le secteur est aggloméré.
Les sources : Les données sont
issues des Déclarations Annuelles
de Données Sociales de l’année
2000. Le champ de l’agriculture, de
la sylviculture et de la pêche a été
exclu. Les évolutions 90-99 ont été
calculées à partir du recensement
de la population.
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 144. . . . . . . . . . .ÉVOLUTION DE L'EMPLOI, DEGRÉ D'EXPOSITION ET SECTEURS D'ACTIVITÉ : DES CAS BIEN DIFFÉRENTS
Dépendance
Nombre d'emplois Evolution de l'emploi Part des effectifsSecteur d'activité Taux de dépendancesalariés au 31/12/2002 2002/1992 (%) appartenant à un
global
groupe
10 100 - 12,7 93 88Automobile
Composants 6 400 + 23,5 89 93
4 000 + 10,8 85 88Combustibles
Construction navale 3 600 - 41,2 93 93
Pharmacie, parfumerie et entretien 2 400 + 18,3 79 59
2 000 + 74,6 nd ndRecherche et développement
Textile 1 300 - 35,5 55 22
Commerce 65 500 + 23,0 31 24
Santé, action sociale 61 100 + 12,0 - -
Administration 47 900 + 10,1 - -
42 500 + 2,2 - -Education
Construction 32 200 + 7,6 18 19
Services opérationnels 26 600 + 126,5 nd nd
20 900 + 89,2 nd ndServices personnels
Transports 16 700 + 21,9 54 50
20 600 - 2,4 61 51Agroalimentaire
Conseils-assistance 15 300 + 2,9 nd nd
Hôtels-restaurants 15 000 + 45,4 nd nd
11 300 - 3,9 52 39Métallurgie
Finance 10 200 - 4,6 68 70
9 700 + 8,4 52 39Mécanique
Associations 7 600 + 25,0 nd nd
Sport-culture-loisirs 7 100 + 63,8 nd nd
5 500 - 6,6 47 52Bois-papier
Chimie, plastiques, caoutchouc 5 100 + 20,9 61 61
Equipement du foyer 4 900 - 60,3 nd nd
Edition, imprimerie 4 600 + 8,6 38 26
Immobilier 4 300 + 26,2 2 4
4 000 - 8,8 85 88Eau-gaz-électricité
Equipements électriques 3 400 - 9,9 53 56
Produits minéraux 3 300 - 19,2 58 61
2 600 - 44,0 13 13Habillement, cuir
Nota : le taux de dépendance global d'un secteur est la proportion des salariés du secteur employé dans des établissements appartenant à des grou-
pes non bas-normands ou à des entreprises indépendantes ayant leur siège social hors de la région. Cet indicateur n'a pas été calculé pour les activi-
tés non marchandes (santé, action sociale, administration, éducation).
nd = non disponible
Source : Insee, estimations d'emploi - LIFI 2000 (hors agriculture et télécommunications, non significatifs).
d’entre eux ayant fortement réduit ses et celui de Flers (25 %). La forte dimi- zone. Ce secteur diffère d’ailleurs des
effectifs au cours de la dernière dé- nution observée dans le secteur de la autres secteurs "à risque potentiel",
cennie. Leur recul passé a concerné des construction navale (- 41 %) concerne comme l’automobile ou la construc-
bassins très différents. Ce sont les mê- essentiellement le bassin de Cher- tion navale, dans la mesure où la plu-
mes bassins qui continueraient d’être bourg. Enfin, l’impact du déclin du part de ses centres de décision se
touchés si ces réductions d’effectifs se textile (- 35 %) frappe en premier lieu trouvent dans la région. La forte
poursuivaient. La diminution de l’em- le bassin de Flers, alors qu’au contraire, concurrence des pays d’Asie du Sud-
ploi dans l’automobile (- 12 % entre dans la zone d’emploi d’Avran- Est, qui produisent à moindre coût,
1992 et 2002) touche essentiellement ches-Granville, l’emploi textile reste conjuguée à une contraction des be-
le bassin de Caen, qui regroupe encore stable, voire même s'accroît grâce au soins, expliquent en grande partie la ré-
60 % des emplois du secteur en 2002, dynamisme du textile de luxe sur cette duction des effectifs de la filière textile
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 144. . . . . . . . . . .
groupe bleu groupe vert groupe jauneen France, et notamment en
Basse-Normandie. L’économie bas-normande accélère sa diversification
Dans l’ensemble, l’économie bas-normande n’est pas trèsEn revanche, d’autres secteurs dotés
concentrée. Ses dix premiers établissements ne représentent quedes mêmes caractéristiques structurel-
4,9 % de l’emploi bas-normand contre 6,4 % en moyenne dans les régionsles que l’automobile et la construction
e
françaises. Sur ce critère, elle se classe 13 parmi les 22 régions de Francenavale (concentrés, agglomérés, dé-
métropolitaine, entre la Haute-Normandie et la Lorraine. Pour autant, elle estpendants de l’extérieur...) n’ont pas
l’une des régions qui s’est le plus diversifiée pendant la dernière décennie. Sa
pour autant perdu des emplois au cours
structure productive est en effet de moins en moins marquée par des secteurs
de la dernière décennie. Ainsi, le sec-
industriels très particuliers. Le repli
teur des composants qui emploie 6 400
de la "vieille industrie", issue des
personnes, essentiellement à Vire et à décentralisations industrielles des
Caen, a même accru ses effectifs de années cinquante et soixante a
24 % entre 1992 et 2002. En 2002, ce modifié le tissu économique
secteur emploie ainsi 9 % des salariés bas-normand. En outre, les trans-
virois et 3 % des Caennais. Le secteur formations observées s’expliquent
de la pharmacie et de la parfumerie aussi par le développement des
services, avec notamment l’exter-(2 400 emplois) est dans une situation
nalisation des services de l’in-identique, mais est surtout implanté
dustrie et l’augmentation de ladans les bassins de Caen et de Lisieux.
sous-traitance. L’emploi dans lesCes dynamiques qui stimulent au-
services aux entreprises a ainsijourd’hui l’économie des bassins
progressé de 28 % en Basse-Nor-concernés, ne doivent pourtant pas oc-
mandie entre 1990 et 1999 contre
culter le fait que la structure d’entre-
24 % en France sur la même pé-
prise de ces secteurs présente des
riode. La proportion des emplois de
risques potentiels assez forts. Les em-
ce secteur dans la région (10 %)
plois étant très dépendants de décisions reste néanmoins inférieure à celle
prises et aléas vécus par un petit nombre observée en France (14 %). Le rat-
d’entreprises, concentrées géographi- trapage n’a pas été total.
quement, et dépendant assez souvent de
centres extérieurs à la région.
Parmi ces secteurs, deux sont en très n’occupe désormais plus que 4 900 sa-
Sur ces simples considérations structu- nette perte de vitesse, et ont produit du- lariés. Un nouveau ralentissement dans
relles, le risque économique potentiel rant la dernière décennie des effets très ce secteur risquerait de toucher plus
pour les bassins concernés paraît un peu négatifs sur l’emploi local. Le secteur particulièrement celui de Flers qui
plus limité pour une quinzaine d’autres de l’habillement et du cuir a perdu emploie encore plus de 1 800 salariés
secteurs d’activité. Ces derniers sont en 44 % de ses effectifs entre 1992 et en 2002.
effet faiblement concentrés (peu de très 2002. La déstabilisation de cette in- De façon un peu atténuée, l’emploi a
grandes structures). Ils emploient plus dustrie de petites et moyennes entrepri- légèrement reculé dans l’agroalimen-
de 134 000 personnes soit 28 % de la ses a fortement pesé sur le bassin de taire (diminution de 2,4 % entre 1992
population salariée bas-normande. Ces Flers, où elle tenait une place beaucoup et 2002). Cette baisse a été assez dure-
emplois sont répartis au sein de très plus forte que dansl’ensemble de la ré- ment ressentie dans les bassins de
nombreuses petites structures, et donc, gion. Le poids de cette filière reste en- Bayeux et de Coutances, où cette in-
de ce point de vue, moins exposés à des core important en 2002 : 2,1 % dans le dustrie occupe une place plutôt forte.
décisions de restructurations que celles bassin contre 0,6 % dans la région.Ce La crise a surtout touché la transforma-
qui peuvent affecter les secteurs du même bassin continuerait donc d’être tion du lait. Cette branche a une struc-
groupe précédent. En revanche, une touché de plein fouet si de nouvelles ture qui expose encore d’ailleurs les
crise sectorielle pourrait avoir des effets restructurations survenaient dans ce territoires de Bayeux, de Cherbourg et
locaux très ciblés, au moins pour des secteur. De même, l’industrie des équi- de Saint-Lô à des risques potentiels
secteurs comme l’habillement-cuir, la pements du foyer, en raison notam- forts en cas de crise. Les grands grou-
chimie-plastique-caoutchouc et la mé- ment du démantèlement deMoulinex,a pes tels Danone ou Besnier à Bayeux
tallurgie, dont les emplois sont essen- vu ses effectifs fondre (- 60 %), affec- augmentent le risque de dépendance du
tiellement groupés dans un petit nombre tant particulièrement les bassins de territoire par rapport à l’extérieur. La
de bassins (secteurs agglomérés). Caen, d’Alençon et de Bayeux. Elle transformation de la viande pourrait
. . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 144. . . . . . . . . . .s’en approcher d’ailleurs mais elle a donc à l’attractivité de la région (natio- Dans le conseil et l’assistance aux en-
montré sa capacité de réaction, et son nale et internationale). Quant à la treprises (activités informatiques,
assise locale, lors des crises successi- mécanique, autre pilier de l’économie prestations juridiques et comptables,
ves de la vache folle et de la viande por- bas-normande avec ses 10 000 emplois, études de marché, publicité...), les ef-
cine. Les plus gros établissements se elle paraît relativement moins dépen- fectifs ont progressé plus modérément
situent essentiellement dans le bassin dante de sièges sociaux ou de têtes de (+2,9 % entre 1992 et 2002). Les
caennais avec notamment Soviba à groupes extérieurs. Dans ce secteur, 15 000 emplois salariés se répartissent
Villers Bocage. Enfin, le secteur 40 % des salariés travaillent dans des sur plus de 1 800 établissements. Ces
agroalimentaire comprend tout un pan établissements appartenant à des grou- établissements sont installés essen-
artisanal qui associe transformation et pes non bas-normands ou à des entrepri- tiellement dans la zone d’emploi de
vente de détail (boulangeries, charcu- ses indépendantes ayant leurs sièges Caen-Bayeux (41 % des emplois), de-
teries...). Cette partie emploie près de sociaux hors de la région. En revanche, vant celles de Flers (14 %) et de Cher-
4 000 salariés, largement répartis sur elle est très dépendante des commandes bourg (12 %). Les plus grands sont
l’ensemble de la région. Elle suit une d’équipement des grands groupes et des spécialisés dans l’informatique. Ils se
logique de commerce de proximité, to- grandes entreprises. Ce secteur est peu situent pour l’essentiel dans le bassin
talement différente évidemment des concentré et peu aggloméré. Il a connu de Cherbourg, avec Game Ingenierie
autres branches de l’agroalimentaire. des fortunes diverses dans la région, (210 salariés fin 2002),Euriware (300
En revanche l’emploi a progressé dans avec des effets négatifs marqués sur cer- salariés) et la Société Générale pour
l’hôtellerie-restauration (+ 45 %) ou en- tains territoires comme le Nord-Coten- les Techniques Nouvelles (250 sala-
core de la mécanique (+ 9 %). L’hôtel- tin et Argentan, ces dernières années, et riés). Hormis ces quelques PME, le
lerie-restauration, est surtout présente des effets plutôt positifs dans le Calva- secteur est surtout constitué de toutes
sur les bassins de Caen et de Lisieux qui dos et autour du "Pôle Mécanique petites structures, ce qui limite de ce
regroupent respectivement 32 % et Sud-Normandie" et du triangle Fa- strict point de vue, les risques écono-
22 % des emplois régionaux du secteur. laise-Flers-Vire dans les années miques potentiels sur un territoire par-
Son économie est très liée au tourisme, quatre-vingt-dix. ticulier.
Les bassins d’emploi face aux risques économiques
Caen, Saint-Lô et Lisieux , les bassins les moins exposés
Les territoires de Caen, de Saint-Lô et des bassins où l’emploi public est plus établissements dans le bassin d’Avran-
de Lisieux ont une structure productive présent qu’ailleurs, ce qui contribue à ches a fortement progressé (+10,9 %
assez proche. L’économie y est très di- asseoir l’économie locale . contre +2,2 % dans la région), symbole
versifiée et peu agglomérée et les em- Les territoires d’Avranches, d’Alen- du dynamisme de la zone et atout face à
plois peu concentrés. Ainsi, dans les çon et de Granville ont une structure d’éventuelles difficultés. Dans ces
bassins de Caen et de Lisieux, le com- productive assez
merce de détail et de réparation, sec- proche. Dans ces
teur le plus important en termes bassins, le secteur
d’effectifs, ne représente qu’environ de la construction,
11 % des emplois salariés. En outre, qui emploie entre
l’emploi n’est pas tributaire des grands 14 et 15 % des sa-
établissements. Par exemple, le bassin lariés, est le plus
de Lisieux reste le territoire bas-nor- gros employeur de
mand le moins dépendant des grands la zone (hors ad-
établissements : ses dix plus ministration pu- n’emploient que 13 % blique). Les
des salariés (hors administration établissements
d’État) contre un maximum proche de restent de taille
39 % à Argentan. La dynamique de moyenne. Entre
l’emploi est aussi plutôt positive, avec 1993 et 2003, le
des créations dans ces trois bassins sur nombre de nouvel-
la période 1990-2003. Ce sont aussi les entreprises ou
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 144. . . . . . . . . . .trois bassins, les emplois des secteurs 2003. Dans l’ensemble de ces bassins, exemple, les dix plus gros établisse-
dits stabilisants représentent 63 % des excepté Cherbourg du fait de la pré- ments commeAcome etGuyDegrenne
emplois salariés contre 60 % en région. sence d’activités nucléaires et de SA, emploient 32 % des salariés de la
conseil et d’assistance, la proportion zone. Enfin, ces bassins restent handi-
Les bassins de Flers, Cherbourg,
de cadres reste inférieure à celle de la capés par une main d’œuvre plutôt non
Argentan et Coutances sont assez spé-
région (30,6 %). qualifiée et vieillissante. Ainsi
cialisés : l’emploi y est respectivement
trouve-t-on à L’Aigle nettement plus
concentré dans l’automobile, la cons- En revanche, les bassins de l’Aigle, de
d’adultes d’âge actif sans diplôme que
truction navale et l’agroalimentaire Mortagne-au-Perche, de Bayeux ou de
dans la région : 19,5 % contre 15,3 %.
pour les deux derniers. Hormis Cou- Vire ont une structure productive en-
De ce fait, ces territoires sont considé-
tances, ces bassins ont tous été con- core plus spécialisée. Ainsi, les sec-
rés comme potentiellement plus fragi-
frontés à une diminution de l’emploi teurs de l’édition, de la plasturgie et du
les, car si des difficultés touchaient
entre 1990 et 1999, alors que bois-papier sont très présents à Mor-
l’un de ces secteurs dominants, l’em-
progressait légèrement au niveau ré- tagne-au- Perche, la métallurgie à
ploi local serait fortement affecté et le
gional (+ 0,4 %). Les années récentes L’Aigle, l’agroalimentaire à Bayeux et
territoire rencontrerait des difficultés à
ont d’ailleurs confirmé cette tendance les équipements mécaniques à Vire. De
reconvertir ses salariés.
puisque seul Coutances a accru ses ef- plus, ces territoires sont dépendants de
fectifs salariés du privé entre 2001 et grands établissements. A Vire par Bruno DARDAILLON
CARACTÉRISTIQUES DES BASSINS D'EMPLOI BAS-NORMANDS
Evolution de Part des 10 Evolution du Part des cadres
Part des 15 à Part des
l'emploi plus gros nombre et professions Part des plus Part des moins
Population 59 ans sans ouvriers non
1990-1999 établissements d'établissements intermédiaires de 60 ans (%) de 20 ans (%)
diplôme (%) qualifiés (%)
(%) (%) 1993-2003 (%) (%)
Caen 432 300 + 7,0 16,8 + 7 12 35 9 18 26
Bayeux 53 500 - 0,6 30,5 + 5 18 23 12 23 25
119 700 + 0,8 12,8 + 7 17 25 11 24 25Lisieux
Vire 55 500 - 6,1 35,7 + 2 19 21 15 28 23
Cherbourg 198 700 - 5,7 21,1 + 3 15 33 7 21 27
Saint-Lô 88 200 - 2,5 15,8 + 2 16 28 10 23 25
Avranches 61 300 - 0,9 22,1 + 3 16 22 12 29 23
53 500 + 4,0 20,6 + 7 15 24 12 30 23Granville
Coutances 59 500 + 1,2 29,2 + 3 16 22 12 29 23
Flers 110 500 - 2,9 20,9 + 1 18 22 16 26 24
67 400 + 0,2 17,1 + 6 16 32 10 23 26Alençon
Argentan 38 200 - 6,0 38,6 + 5 17 24 13 23 25
34 700 - 5,0 34,7 + 7 19 25 11 10 26Mortagne
L'Aigle 49 000 - 1,6 26,5 + 1 19 21 17 23 24
Source : Insee, recensements de la population 1990-1999, SIRENE, DADS 2000 (hors administration)
DIRECTION REGIONALE DE L’INSEE CENT POUR CENT Basse-Normandie
93, rue de Geôle Directeur de la publication : Jean-Louis BORKOWSKI
14052 CAEN CEDEX 4 Rédacteur en Chef : Pascal CAPITAINE
Tél. : 02.31.15.11.00 Fax : 02.31.15.11.80 Secrétaire de Rédaction : Nadine GAUTIER
Site Internet : www.insee.fr/basse-normandie Composition PAO : Colette DE BRITO
Directeur : Jean-Louis BORKOWSKI
Administration des ressources : Colette JOURDAIN Prix de vente : le numéro : 2,2€
Service statistique : Jean-Pierre SERVEL Abonnement un an (12 numéros) :
Service études et diffusion : Laurent DI CARLO - France : 20€
Attaché de presse : Philippe LEMARCHAND - Étranger : 23€
ISSN 1267-2769 Dépôt légal : avril 2005 Code SAGE : Cent14470 © Insee 2005

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