Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Des premiers emplois diversifiés selon les régions, mais des trajectoires professionnelles proches

De
7 pages
L'insertion professionnelle des jeunes débutant en 1999 ne se fait pas dans les mêmes secteurs ni selon les mêmes modalités d'une région à l'autre. Aux régions du nord de la France, où l'industrie a recours à de nombreux jeunes par le biais de l'intérim, s'opposent les régions du sud, tournées plus massivement vers le commerce et les services aux particuliers. En Île-de-France, les débutants, fortement embauchés dans les services aux entreprises, bénéficient de conditions d'emploi plus favorables qu'ailleurs. Ces disparités géographiques s'atténuent ensuite au cours de l'avancement de la carrière : au cours des trois années suivant leur embauche, la stabilité des parcours professionnels des jeunes diffère peu selon la région de résidence.
Voir plus Voir moins

Emploi 3
Des premiers emplois diversifiés
selon les régions,
mais des trajectoires professionnelles proches
Claire Warzée*
L’insertion professionnelle des jeunes débutant en 1999
ne se fait pas dans les mêmes secteurs ni selon les mêmes modalités
d’une région à l’autre. Aux régions du nord de la France, où l’industrie
a recours à de nombreux jeunes par le biais de l’intérim, s’opposent les
régions du sud, tournées plus massivement vers le commerce
et les services aux particuliers. En Île-de-France, les débutants,
fortement embauchés dans les services aux entreprises,
bénéficient de conditions d’emploi plus favorables qu’ailleurs.
Ces disparités géographiques s’atténuent ensuite au cours
de l’avancement de la carrière : au cours des trois années suivant
leur embauche, la stabilité des parcours professionnels
des jeunes diffère peu selon la région de résidence.
u cours de l’année 1999, ici dans un sens particulier : un raire est au moins égale à 90 %
900 000 jeunes de moins emploi est considéré convention- du Smic brut (encadré 1). LesA de 30 ans ont occupé nellement comme stable s’il a « petits boulots » effectués du-
pour la première fois un emploi duré au moins trois mois s’il s’a- rant les études, les emplois d’ap-
« stable » dans les secteurs privé git d’un poste hors intérim et au point, les emplois pendant les
et semi-public. L’expression moinsunmoisetdemidansl’in- vacances d’été (du 15 juin au
er« emploi stable » est employée térim, et si sa rémunération ho- 1 octobre) et les stages n’en
* Claire Warzée fait partie du Pôle de Service de l’Action régionale « Emploi-Population » à la direction régionale du Nord - Pas-de-Calais de
l’Insee.
Données sociales - La société française 315 édition 20063 Emploi
font pas partie. Cet emploi deux fois plus que l’ensemble des durée d’emploi plus longue. En
« stable » est considéré comme salariés ayant un emploi revanche, il n’existe pas d’écarts
la première étape du déroule- «stable»,ont une duréedetra- de durée marqués selon la région
ment de carrière professionnelle vail inférieure à 80 % de la durée de résidence des jeunes.
de long terme. légale. Au total, seule la moitié
des jeunes débutants a un pre-
mier emploi « stable » hors inté-
L’industrie,rim et à temps complet.Des conditions d’emploi
le commerce, les services
incertaines au départ
Ces nouveaux entrants sont en aux particuliers
moyenne restés 15 mois dans recrutent davantage
Les jeunes entrés en 1999 dans leur premier poste. Les jeunes les jeunes débutants
des entreprises de l’industrie, du qui ont débuté par un poste en in-
commerce et des services ont dé- térim ne sont restés sous contrat
L’intérim est une forme d’emploibuté par des postes plus fragiles avec leur agence que quatre mois.
spécifique aux débuts de car-que l’ensemble des salariés. Ils La duréedecepremier emploi
rière : il concerne 15 % des jeu-travaillent très souvent à temps « stable » est liée au temps de
nes, contre 2 % des salariés despartiel ou sous contrat d’intérim. travail. Ainsi, débuter à temps
entreprises du privé et du se-Près de 40 % d’entre eux, soit complet va de pair avec une
mi-public en 1999. L’intérim
constitue en fait une étape tran-
sitoire vers un emploi plus
Encadré 1 stable : au bout de trois ans, par-
Le repérage du premier emploi « stable » mi les débutants intérimaires de
dans les secteurs privé et semi-public 1999, seul un sur dix est encore
dans cette situation.
Cette étude s’intéresse au premier en qualité d’étudiant est délicat
emploi « stable » des jeunes, mar- car l’information sur la formation
Lesjeunesintérimairessontenquant le point de départ de leur fait défaut.
carrière professionnelle dans des majorité des hommes et débu-
entreprises de l’industrie, du com- Par convention, le début de car- tent leur carrière à 22 ans, contre
merce, ou des services (champ rière a été repéré par la première
23 ans pour les jeunes non-intéri-
ICS). Les emplois saisonniers, les période d’emploi « stable », défini
maires. La moitié d’entre eux tra-« petits boulots » d’étudiants, les comme suit :
stagesetautresemplois «occa- vaille à temps partiel, mais
sionnels » ne sont pas concernés – emploi ne correspondant pas à un perçoit un salaire horaire supé-
car ils ne s’inscrivent pas a priori poste de stagiaire ou d’apprenti ; rieur aux non-intérimaires, en
dans une logique de déroulement
contrepartie de conditions d’em-de carrière à long terme. – durée d’emploi d’au moins trois
ploi plus incertaines.mois s’il s’agit d’un emploi hors in-
Les données sont issues du panel térim, d’au moins un mois et demi
des déclarations annuelles de dans l’intérim ; Placés principalement dans des
données sociales (DADS). Ce fi-
établissements industriels, ces
chier contient l’ensemble des pé- – durée horaire journalière d’au
jeunes sont dans quatre cas surriodes d’emploi dans les secteurs moins deux heures par jour ;
privé et semi-public de 1976 à cinq sur des postes d’ouvriers et
2001 des personnes nées en oc- – rémunération d’au moins 90 % plus précisément d’ouvriers non
tobre d’une année paire (soit un du Smic horaire brut ; qualifiés.
taux d’échantillonnage au 1/25).
Un tel fichier permet de repérer – période d’emploi hors des vacan-
Le secteur du commerce – etla date d’entrée des personnes sur ces d’été (non comprise entre le
er
le marché du travail. En re- 15 juin et le 1 octobre). plus précisément le de
vanche, son utilisation n’est pas détail –embaucheprèsde20%
immédiate en raison de l’exhaus- Au total, 36 600 jeunes de moins
de débutants en 1999, principale-
tivité des périodes d’emploi dé- de 30 ans (représentatifs de
ment en tant qu’employés. Cesclarées : ainsi, le versement de 912 500 jeunes au total) ont exer-
primes ou indemnités peut don- cé pour la première fois un emploi premiers emplois stables sont
ner lieu à une déclaration qui ne « stable » dans le champ DADS au plus souvent qu’en moyenne à
correspond pas à une véritable cours de l’année 1999 et sont temps partiel et exercés par des
période d’emploi. En particulier, donc pris en compte dans cette
femmes. Ces jeunes restent enle repérage des emplois exercés étude.
poste longtemps, en moyenne
Données sociales - La société française 316 édition 2006Emploi 3
Figure 1 - Comparaison des caractéristiques des entrants et de leur premier emploi dans chaque
région avec l’ensemble des autres régions
Part de
Part des Part des
Part Âge Part Salaire Part Part l'Éducation,
Région services aux services
des en du temps Durée horaire de du santé, action
de résidence entreprises aux
femmes 1999 partiel net l'intérim commerce sociale et
hors intérim particuliers
Administration
Alsace ns --- ns ns - +++ -- - ns --
Aquitaine ns ++ ns ns --- - --- ns ++ ns
Auvergne ns ns ns ns --- ns --- ns - +++
Basse-Normandie ns -- ns ns - ++ --- - ns ns
Bourgogne - --- ns ns -- +++ --- ns ns ns
Bretagne ns ns ns --- -- +++ --- ns ns ns
Centre ns --- ns -- - +++ --- ns -- ns
Champagne-Ardenne ns - ns ns -- +++ --- ns -- ns
Corse ns + ns ns -- /// /// /// ++ ///
Franche-Comté ns -- ns - ns +++ --- -- -- ns
Haute-Normandie ns ns ns ns - +++ - - -- ns
Île-de-France +++ +++ --- ns +++ --- +++ ++ +++ ---
Languedoc-Roussillon ns ++ + ns --- --- -- +++ +++ +++
Limousin ns ns ns ++ ns ns ns ns ns +
Lorraine -- --- ns ns - +++ --- - ns ns
Midi-Pyrénées ns ++ + ns --- -- ns ++ ns ns
Nord - Pas-de-Calais -- ns ns ns ns ++ ns ns -- ++
Provence - Alpes - Côte d'Azur - --- ns -- --- ++ --- -- -- ns
Pays de la Loire - -- ns ns - +++ -- -- -- ns
Picardie + ns ns ns --- ns -- ns ns ++
Poitou-Charentes ns +++ +++ ns --- --- ns +++ +++ +++
Rhône-Alpes ns --- + ns -- ns - ns -- --
Lecture : les résultats présentés ci-dessus sont issus de la mise en œuvre de tests de comparaison de moyennes ou de proportions.
Les signes + et - signifient que, pour la caractéristique étudiée, la moyenne régionale se situe respectivement au-dessus ou en dessous de la
moyenne des autres régions.
L'intensité de l'écart est représentée par +, ++ et +++ (respectivement -).
La mention ns signifie que l'écart entre la moyenne de la région et de l'ensemble des autres régions n'est pas significativement différente de zéro.
La mention /// signifie qu'aucune comparaison statistique n'est possible en raison des trop faibles effectifs.
Par exemple, la part des femmes parmi les débutants dans la région Nord - Pas-de-Calais est très largement inférieure à celle observée dans
les autres régions.
Source : Insee, exploitation Panel DADS 2002.
Données sociales - La société française 317 édition 20063 Emploi
17 mois. Leur salaire à l’em- vé et semi-public) offrent à 15 % La carte régionale
bauche est inférieur aux autres des débutants de 1999 un pre- des premiers emplois
débutants. mier emploi stable. Comparative-
illustre les spécificités
ment à l’ensemble des salariés,
de l’appareil productifPour 15 % des jeunes, la pre- les jeunes sont moins présents
mière expérience professionnelle dans ces secteurs. Les deux tiers
s’est effectuée dans le secteur des d’entre eux sont des femmes. Les L’Île-de-France se différencie
services aux particuliers en 1999. emplois exercés correspondent nettement des autres régions de
Ces jeunes se dirigent avant tout pour moitié à des postes d’em- la métropole. Les conditions
vers l’hôtellerie/restauration et ployés (de la Fonction publique d’emploi des débutants de 1999
sont majoritairement employés. ou employés administratifs d’en- y sont meilleures qu’ailleurs : ils
Ils débutent tôt, en moyenne à treprise) et pour un tiers à des bénéficient d’un salaire à l’em-
22 ans, et sont en majorité des postes de niveau professions in- bauche très largement supérieur
femmes. Leurs conditions de tra- termédiaires de la santé et du et restent plus longtemps en
vail sont fragiles : plus souvent à travail social. Ces postes requiè- poste. C’est dans cette région
temps partiel qu’à temps com- rent plus souvent qu’en moyenne que les jeunes entrent le plus
plet, ils perçoivent une rémuné- pour un débutant, un niveau de tard dans la vie active : ce cons-
ration nettement inférieure aux diplôme élevé, ce qui expliquerait tat se retrouve dans l’âge moyen,
autres débutants. que les jeunes y accèdent plus plus élevé qu’ailleurs, auquel les
âgés (24 ans). La moitié d’entre débutants accèdent à leur pre-
Enfin, les secteurs « Éducation, eux reste plus d’un an en poste, mier emploi stable. De même,
santé, action sociale » et « Admi- dont un quart le conserve même l’Île-de-France est la région où le
nistration » (toujours dans le pri- au moins trois ans. Leur rémuné- taux d’activité féminin est le
ration d’embauche est identique à plus élevé ; de fait, la part des
la moyenne des débutants. Le jeunes débutantes excède celle
Figure2- Part de l'intérim chez temps complet est à peine moins desautresrégions(figure 1). La
les débutants en 1999 fréquent que pour l’ensemble des répartition des premiers emplois
débutants. par secteurs d’activité y est aussi
très spécifique, en lien avec le
tissu productif de la région. Un
Figure 3 - Part de l'Éducation, quart des jeunes débute ainsi
santé, action sociale et
dans les services aux entreprises,
Administration chez les
hors travail temporaire (contredébutants en 1999
14 % pour l’ensemble), et tout
particulièrement dans les activi-
tés de conseils et d’assistance.
Le commerce et les services aux
particuliers embauchent aussi
de nombreux jeunes. À l’inverse,
les premiers emplois stables
sont peu fréquents dans l’inté-
rim. Dans une moindre mesure,
les jeunes franciliens sont peu re-
présentés dans les secteurs
« Éducation, santé, action so-
ciale » et « Administration » (fi-
gures 2 à 5).
Dans les régions du sud de la
France et en particulier celles du
Bassin méditerranéen, comme en
Île-de-France, le commerce et les
services aux particuliers recru-
tent plus qu’en moyenne de jeu-
nes débutants dans le cadre d’un
Données sociales - La société française 318 édition 2006Emploi 3
premier emploi stable. Dans ces les du Sud et de l’Île-de-France plus important de jeunes dans
régions méridionales, l’« Éduca- par une répartition des pre- les secteurs « Éducation, santé,
tion, santé, action sociale » et miers emplois par secteurs d’ac- action sociale » et « Administra-
l’« Administration » recrutent tivité très différente. Le travail tion ».
plus fortement qu’ailleurs. À l’in- intérimaire est beaucoup plus
verse, le travail intérimaire fréquent sauf en Rhône-Alpes,
concerne moins souvent les jeu- entre 18 % des débutants dans
nes débutants qu’en moyenne. Le le Nord - Pas-de- Calais à 30 %
Encadré 2
temps partiel y est plus fréquent. en Franche-Comté. Dans ces ré-
Les trajectoiresDu fait du fort poids des secteurs gions, le poids important de l’in-
professionnelles des jeunesdu commerce et des services aux dustrie, secteur ayant le plus
particuliers, secteurs moins ré- recours à l’intérim, contribue à Disposant des données des
36 600 jeunes jusqu’en 2002, il amunérateurs, le salaire à l’em- ce résultat. À l’inverse, commerce
été possible d’étudier au coursbauche est inférieur dans ces et services aux particuliers ont
des trois ans suivant le premier
régions. unpoidsplusmodérédansles
emploi stable en 1999, leur par-
débuts de carrière. Les condi- cours professionnel. En plus du
À ces deux premiers groupes, tions d’emploi des jeunes débu- point de départ, chaque parcours
est composé de la juxtapositions’opposent la moitié nord de la tantssontsimilairesàcellesdes
des 36 situations d’emploi men-France et la région Rhône- autres régions, tant en ce qui
suelles enregistrées dans les
Alpes. Dans la quasi-totalité de concerne la durée moyenne du DADS. Chacune d’entre elles est
ces régions, les débutants sont premier emploi, la rémunération déclinée en six modalités :
plus jeunes quand ils décro- à l’embauche, et la part de jeunes
– contrat d’intérim ;chent leur premier emploi à temps partiel.
stable. La part des femmes y est
– emploi long (de plus de 9 mois)
inférieure à la moyenne natio- Enfin, en Auvergne, Poitou-Cha- à temps complet (plus de 80 % de
nale, avec des écarts surtout rentes et dans le Limousin, les la durée légale) ;
marqués dans les régions du caractéristiques des jeunes et de
– emploi long à temps partiel ;Nord, en Lorraine, Bourgogne leur premier emploi ne présen-
et Pays de la Loire. Ces régions tent pas de spécificités marquées, – emploi court à temps complet ;
se distinguent avant tout de cel- à l’exception d’un recrutement
– emploi court à temps partiel ;
Figure 4 - Part des services aux –horsemploidanslechamp
particuliers chez les débutants Figure 5 - Part du commerce DADS : une personne dans cette
en 1999 chez les débutants en 1999 catégorie a un emploi dans le sec-
teur public, ou a repris des étu-
des, est inactive ou au chômage.
Si seuls les emplois « stables »
ont été pris en compte en début
de carrière en 1999, l’étude du
parcours professionnel sur trois
ans a pris en compte tous les em-
plois, « stables » ou non.
Les trajectoires ont été réunies
en groupes « ressemblants » se-
lon la méthode des « trajectoi-
res-types ». Son principe est le
suivant : deux personnes ont des
parcours professionnels d’autant
plus proches qu’il est fréquent de
constater qu’au bout de x mois
leur situation d’emploi est iden-
tique. Ainsi, à cette règle corres-
pond une distance qui a permis
de mettre en œuvre une classifi-
cation conduisant à la formation
de cinq groupes de trajectoires.
Données sociales - La société française 319 édition 20063 Emploi
surlemarchédutravail privéet situations sont hétérogènes. Si laLes parcours
semi-public. moitié d’entre eux n’a plus d’em-professionnels dans
ploi dans le champ des entrepri-
les trois ans qui suivent
10 % des jeunes, après un pre- ses du secteur privé ou semi-
le premier emploi stable mier emploi très souvent à temps public, l’autre moitié a un em-
partiel, effectuent progressive- ploi à temps complet, le plus
Au cours des trois années sui- ment une mobilité profession- souvent depuis plus de neuf
vant leur premier emploi stable, nelle. Au bout de trois ans, leurs mois.
les jeunes ont suivi des par-
cours professionnels divers qui Figure 6 - Répartition régionale des trajectoires selon 2 des 5
ont été regroupés en cinq catégo- grandes catégories de trajectoires-types
ries (encadré 2).
Parcours Début de parcoursLa moitié des entrants sur le
Part régionale professionnel stable marqué par l'intérimmarché du travail en 1999 a
et significativité associée
connu un parcours stable dans
selon la région de résidence
les entreprises privées ou se- % Significativité % Significativité
mi-publiques. Parmi ces jeunes,
nombreux sont ceux qui ont Alsace 49 ns 13 +
conservé une activité profession-
Aquitaine 48 ns 11 ns
nelle sur la période, avec des
Auvergne 54 ++ 11 nsconditions d’emploi favorables.
Ils ont passé plus de 80 % de
Basse-Normandie 46 -- 14 +++
leurs trois premières années de
Bourgogne 47 ns 17 +++vie active marquées par un
contexte macroéconomique favo- Bretagne 46 --- 14 +++
rable dans des emplois de longue
Centre 49 ns 17 +++durée (de plus de neuf mois) à
temps complet. Champagne-Ardenne 47 ns 14 +++
Corse 47 ns 1 ---Pour 10 % des jeunes, le début
de carrière a été fortement mar- Franche-Comté 45 -- 21 +++
qué par l’intérim. Parmi eux,
Haute-Normandie 46 --- 17 +++
80 % de ceux ayant encore un
emploi dans le champ privé et Île-de-France 55 +++ 7 ---
semi-public sont en contrat d’in-
Languedoc-Roussillon 48 ns 6 ---
térim un an après leur entrée. Au
Limousin 52 ns 10 nsbout de trois ans, ils sont encore
plus de 30 % à travailler en tant
Lorraine 47 ns 14 +++
qu’intérimaire contre 5 % de l’en-
Midi-Pyrénées 48 ns 9 ---semble des jeunes débutants. Au
total, sur les trois premières an- Nord - Pas-de-Calais 50 ns 11 ns
nées de vie active, ils ont en
Pays de la Loire 50 ns 14 +++moyenne passé plus de la moitié
du temps en intérim. Picardie 49 ns 16 +++
Poitou-Charentes 52 ns 10 nsUn troisième groupe rassemble
10 % de jeunes qui bénéficient Provence - Alpes - Côte d'Azur 45 --- 6 ---
d’une certaine stabilité dans des
Rhône-Alpes 49 ns 13 +++
emploisàtempspartiel surune
longue période. Ayant principale- France métropolitaine 50 11
ment travaillé avec ce type de
Lecture : 46 % des jeunes de Basse-Normandie ont un parcours professionnel stable. Cette part estcontrat au cours des trois ans
inférieure à celle constatée dans l'ensemble de la France (50 %).après leur premier emploi stable,
Source : Insee, exploitation Panel DADS 2002.
ces jeunes restent très présents
Données sociales - La société française 320 édition 2006Emploi 3
Enfin, 20 % des jeunes ont un Normandie, Basse-Normandie toires « stables » ne sont pas
parcours professionnel marqué et Bretagne, la part de jeunes moins fréquentes que dans le
par une forte instabilité. Au bout dans des parcours profession- reste de la France. Le constat
de quelques mois, ils sont très nels stables est plus faible que est analogue en Alsace, alors
nombreux à ne plus avoir d’emploi surl’ensembledelaFrance(fi- que le chômage des jeunes ac-
dans les secteurs privé ou semi-pu- gure 6). C’est l’inverse en tifs y est au plus bas en 1999.
blic : c’est le cas de 70 % d’entre Île-de-France et en Auvergne En fait, les disparités régiona-
eux après seulement un an. (55 %). les en termes d’insertion des
jeunes interviennent essentiel-
Le poids de ces parcours stables lement àlasortiedusystème
par régions n’est pas directe- éducatif, pour la recherche duD’une région à l’autre,
ment lié au taux de chômage premier emploi stable. Une foisla part des parcours
des jeunes. Ainsi, si dans le entrés sur le marché du travail
stables varie peu
Nord - Pas-de-Calais ou le Lan- de façon stable, leur maintien
guedoc-Roussillon le taux de en emploi ne dépend plus au-
Dans les régions Provence - Alpes - chômage des 15-30 ans était le tant de la localisation géogra-
Côte d’Azur, Franche-Comté, Haute- plus élevé en 1999, les trajec- phique.
Pour en savoir plus
quelles évolutions sur 20 ans ? »,Béduwé C., « Trajectoires-type : Espinasse J.-M., « Enquêtes de che-
Données sociales, Insee, 2002.une méthode pour l’étude des mo- minement, chronogrammes et classi-
bilités professionnelles », Actes des fication », Documents et séminaires
journées d’étude du Céreq-Las- du Céreq, n° 99, septembre 1994. Lollivier S., « Récurrence du chô-
mas-IDL des 17 et 18 mai à Mar- mage dans l’insertion des jeunes : des
seille, Céreq, 2001. Le Minez S., Roux S., « Les diffé- trajectoires hétérogènes », Économie
rences de carrières salariales à par- et Statistique, n° 334, Insee, 2000.
Céreq, « Quand l’école est finie », tir du premier emploi », Économie
2001 (document disponible sur le et Statistique, n° 351, Insee, 2002. Petit S., « Stabilité et régularité :
site du Céreq - www.cereq.fr -, deux dimensions de l’insertion pro-
sous la rubrique « Nos publica- Le Minez S., Roux S., Zamora P., fessionnelle », Économie Lorraine,
tions »). « Insertion et début de carrière : n° 213, Insee, 2001.
Données sociales - La société française 321 édition 2006

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin