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Marché du travail EMPLOI L’emploi salarié franc-comtois continue de se dégrader en 2009 En 2009, l’impact de la crise économique sur l’emploi salarié en Franche-Comté est plus fort que dans l’ensemble du pays. En un an, la région perd 6 600 emplois salariés privés. Le recul s’amplifie fortement dans l’industrie et dans la construction. Aucun département franc-comtois n’est épargné. La baisse d’activité entraîne un recours élevé au chômage partiel et d’importants mouvements contrastés sur l’intérim. Les offres d’emploi se font plus rares. En 2009, le retournement économique, initié au printemps de 2,5%. Cette baisse est plus forte que celle enregistrée, dans le l’année précédente, continue de pénaliser l’emploi régional. même temps, au niveau national (– 2,2%). Après s’être sans En un an, la Franche-Comté perd plus de 6 600 postes.
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Marché du travail
EMPLOI
L’emploi salarié franc-comtois
continue de se dégrader en 2009
En 2009, l’impact de la crise économique sur l’emploi salarié
en Franche-Comté est plus fort que dans l’ensemble du pays. En un an, la région
perd 6 600 emplois salariés privés. Le recul s’amplifie fortement dans l’industrie
et dans la construction. Aucun département franc-comtois n’est épargné.
La baisse d’activité entraîne un recours élevé au chômage partiel et d’importants
mouvements contrastés sur l’intérim. Les offres d’emploi se font plus rares.
En 2009, le retournement économique, initié au printemps de 2,5%. Cette baisse est plus forte que celle enregistrée, dans le
l’année précédente, continue de pénaliser l’emploi régional. même temps, au niveau national (– 2,2%). Après s’être sans
En un an, la Franche-Comté perd plus de 6 600 postes. En cesse dégradé depuis le deuxième trimestre 2008, l’emploi
2009, l’emploi salarié, principalement marchand, chute de franc-comtois se stabilise au cours des trois derniers mois de
Chute de l’emploi industriel franc-comtois en fin d’année 2009
eEmploi salarié au 4 trimestre 2009 et évolution sur un an
Effectifs
Évolution 2008-2009 (en %)
(en milliers)
Franche-Comté Franche-Comté France
Industrie 91,6 – 7,0 – 4,9
Fabrication d’aliments, boissons et produits à base de tabac 10,5 – 0,1 – 0,9
Cokéfaction, raffinage, industries extractives, énergie, eau, gestion déchets et dépollution 4,4 – 0,5 +1,2
Fabrication d’équipements électriques, électroniques, informatiques et de machines 11,9 – 8,3 – 6,1
Fabrication de matériels de transport 21,9 – 6,5 – 6,1
Fabrication autres produits industriels (textile, bois,chimie, plasturgie, métallurgie…) 43,0 – 9,0 – 7,0
Construction 23,5 – 4,1 – 3,4
Commerce, réparation automobile et motocycle 46,4 – 0,8 – 1,7
Services marchands (y. c. intérim) 98,1 +1,7 – 1,0
Transports et entreposage 17,4 – 4,0 – 2,4
Hébergement et restauration 10,7 +1,9 +0,1
Information et communication 3,6 – 4,0 – 2,9
Activités financières et d’assurance 8,8 – 1,0 +0,4
Activités immobilières 2,5 – 5,1 – 4,1
Activités scientifiques et techniques, services administratifs et de soutien 34,4 +5,8 – 1,4
dont intérim 12,2 +26,6 – 3,6
Autres activités de services 20,7 +3,2 +0,8
Ensemble 259,6 – 2,5 – 2,2
Champ : emploi salarié marchand non agricole
eSource : INSEE (estimations d’emploi - données CVS, provisoires au 4 trimestre 2009)
31Emploi
l’année 2009. La baisse des effectifs touche principalement Cette progression provient de la reprise de l’intérim effectuée
les secteurs de l’industrie et de la construction. Le repli est en 2009. Après s’être très fortement contracté au cours de
plus modéré dans le commerce. Seuls les services marchands l’année précédente, le recours au travail intérimaire s’accroît
semblent épargnés. à partir du deuxième trimestre 2009. Toutefois, les effectifs
Le recul est particulièrement important dans l’industrie. Ce intérimaires présents en fin 2009 ne retrouvent pas leur
secteur perd 6 900 postes en un an, soit une baisse de 7,0%. niveau d’avant la crise.
Cette évolution dépasse très nettement celle enregistrée au
niveau national (– 4,9%). Survenue en 2008, la crise éco- Aucun département franc-comtois
nomique marque un décrochage, accentuant fortement le n’est épargné
repli de l’emploi industriel régional entamé en fin d’année
2001. Dans la région, aucun secteur industriel n’échappe à Avec plus ou moins de rigueur, le bouleversement économique
cette dégradation. La métallurgie, la fabrication de matières frappe les quatre départements francs-comtois, dont trois sont
plastiques, le bois-ameublement, etc. font partie des activités considérablement impactés.
ayant subi la plus grosse perte d’effectifs (– 9%), au même titre Le Jura, dont les effectifs ne totalisent pourtant qu’un cinquiè-
que la fabrication d’équipements électriques, électroniques, me de l’emploi salarié franc-comtois, concentre plus de 30%
informatiques et de machines (– 8,3%). La fabrication des des suppressions de postes effectuées dans la région. Dans ce
matériels de transport est à peine moins touchée (– 6,5%). département, la baisse atteint 3,7% et tous les grands secteurs
L’emploi est beaucoup moins affecté dans l’ensemble des sont déficitaires. En un an, l’industrie perd près de 1 300
activités concernant les industries extractives, la production et emplois, soit une baisse d’effectifs de 5,8%. Les suppressions
la distribution d’eau ou d’électricité et la gestion des déchets concernent principalement la fabrication d’équipements
(– 0,5%). En revanche, la fabrication d’aliments, de boissons électriques, électroniques, informatiques et de machines et
ou de produits à base de tabac parvient à maintenir ses la fabrication d’autres produits industriels. La construction
effectifs (– 0,1%). est également en forte baisse (– 5,2%), conséquence des
effets de la crise dès le quatrième trimestre 2008. La baisse
Construction : les difficultés s’intensifient est générale dans l’ensemble des services, à l’exception du
secteur de l’hébergement et de la restauration, ce dernier
En 2009, en Franche-Comté, la situation de l’emploi ne cesse réussissant à créer une soixantaine de postes. Dans le com-
de se dégrader dans le secteur de la construction. Le déficit merce, l’amélioration de l’emploi constatée en fin d’année
d’emplois, observé l’année précédente, s’amplifie tout au long 2009 ne parvient pas à compenser la baisse relevée sur les
de l’année. En un an, le recul correspondant est de 4,1%, soit trois premiers trimestres. Au final, en fin d’année 2009, ce
0,7 point au-dessus de la moyenne nationale du secteur. secteur accuse un repli de 0,9%.
Après un premier trimestre assez difficile, les effectifs du En 2009, dans le Territoire de Belfort, l’évolution de l’emploi
commerce parviennent à se stabiliser sur la fin de l’année. s’aligne sensiblement sur celle du Jura (– 3,6%, soit 1 200
Au final, sur l’année 2009, l’évolution est de – 0,8%, soit postes supprimés), avec une perte généralisée dans tous les
0,9 point au-dessus de celle relevée au niveau national. secteurs d’activité. L’industrie, dont les effectifs augmentent
À l’opposé, l’emploi progresse dans les services marchands. dans ce département depuis le milieu de l’année 2007, perd
Après un fléchissement enregistré au cours des trois premiers de l’emploi dès la fin d’année 2008. L’effet s’accentue for-
mois de 2009, celui-ci marque une reprise dès le deuxième tement en cours d’année 2009, avec un creux de vague au
trimestre et s’inscrit dans une hausse de 1,7% en fin d’année. troisième trimestre, entraînant en fin d’année 2009 un déficit
du nombre de salariés de 6,3%. Après une année 2008 relati-
vement stable, la construction est en perte de vitesse (– 5,4%),
avec un recul très important au cours des trois derniers mois
de 2009. Le commerce et les services marchands ne sont
pas épargnés et leurs effectifs sont en baisse respectivement
de – 1,6% et – 1,9%. Les variations vont de – 4,4% dans les
activités financières ou d’assurance à – 1,0% pour les activités
scientifiques, techniques ou les services de soutien.
Comme dans le Jura et le Territoire de Belfort, en 2009, la
crise ampute 3,4% de l’emploi en Haute-Saône. L’industrie
accuse le choc avec une disparition de plus de 1 000 postes
salariés en un an, dont une majorité se situant dans la fabri-
cation d’autres matériels industriels et plus de 200 concernant
la fabrication des matériels de transport. Avec une perte de
2,9% de ses emplois, le commerce est proportionnellement le
deuxième poste déficitaire dans ce département. En un an, ce
L’année économique et sociale 2009 en Franche-Comté 32Emploi
secteur subit la plus forte baisse départementale de la région. ont la possibilité de recourir à l’activité partielle de longue
(1)En revanche, la baisse observée dans la construction est la durée (APLD) . Ce dispositif monte rapidement en puissance
plus faible de la région (– 1,1%). Dans les services marchands, au cours de l’année, il totalise 103 demandes concernant
l’emploi régresse de 5,6% dans le secteur des transports et de 6 100 salariés.
(2) l’entreposage, avec une chute particulièrement forte au cours En Franche-Comté, les demandes d’emploi enregistrées
des trois premiers mois de l’année 2009. À l’opposé, dans les progressent de 10,7% en un an. Cette évolution est proche
activités d’hébergement et de restauration, l’emploi progresse de celle enregistrée au niveau national (+11,4%). Dans la
de 5,7%, après avoir été en baisse l’année précédente. région, le nombre d’inscriptions au chômage consécutives
Le Doubs paraît être un peu préservé. Dans ce département, à un licenciement, économique ou autre, ou à une fin de
la baisse globale de l’emploi est de 1,4% et n’atteint pas convention de conversion, régresse de 1,9% alors qu’il pro-
celle relevée en moyenne nationale. Pourtant, le Doubs est le gresse de 3,2% en moyenne nationale. Les inscriptions suite
département où le secteur de l’industrie connaît les pertes pro- à une démission ou à la fin d’une mission d’intérim sont
portionnellement les plus importantes. Le recul atteint 8,0%, également moins nombreuses en 2009. En revanche, les
soit un déficit de 3 800 emplois. La fabrication des autres reprises d’activité et les premières entrées sur le marché du
produits industriels et celle des matériels de transport totalisent travail sont à l’origine des inscriptions plus nombreuses de
à elles deux les trois quarts des suppressions d’emploi. Dans nouveaux demandeurs d’emploi (+35,9%).
la construction, le repli déjà présent fin 2008, s’intensifie en
2009. L’emploi reste stable dans le commerce. En revanche, Des offres d’emploi en forte baisse
le Doubs est le seul département où les effectifs progressent
dans les services marchands. L’emploi de nombreux intéri- En 2009, les offres d’emploi collectées dans la région par
maires, en fin d’année, est à l’origine de ce constat. Pôle Emploi sont en très nette diminution (– 24,9%), soit
13 900 offres de moins que l’année précédente. Les offres
La durée moyenne des périodes d’emplois durables (plus de 6 mois) sont les plus impactées :
de chômage partiel s’allonge elles reculent de 26,6% en un an. Les CDD et les missions de
moins de 6 mois représentent 61,5% des offres collectées,
En 2009, le recours au chômage partiel est en très forte soit 0,8 point de plus qu’en 2008.
hausse. La persistance de la crise oblige de très nombreux En revanche, dans le même temps, le nombre de sortie des
établissements à recourir à ce dispositif. Leur nombre est demandeurs d’emploi des fichiers de Pôle Emploi augmente
multiplié par 5,5 en un an. Toutefois, le nombre de person- légèrement (+1%). Cette reprise est cependant moins forte
nes touchées par cette mesure évolue proportionnellement que celle constatée en moyenne nationale (+3,4%). Les sorties
moins rapidement que le nombre d’heures autorisées. En pour absence au contrôle restent majoritaires et représentent
conséquence, la durée moyenne des périodes de chômage 41,1% de toutes celles enregistrées par Pôle Emploi. Elles pro-
partiel s’allonge. Elle est de 91,1 heures par personne contre gressent de 16% en un an. Par ailleurs, en 2009, les reprises
38,6 heures en 2008. À partir de mai 2009, les entreprises d’emploi déclarées sont moins fréquentes (– 5,9%).
Martine POTY (INSEE)
(1) L’activité partielle de longue durée est un dispositif qui a pour objet le versement d’allocations complémentaires de chômage partiel aux salariés subissant une
réduction d’activité en dessous de la durée légale ou conventionnelle du travail pendant une période de longue durée.
(2) Demandes de catégories A+B+C, soit les demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi.
L’année économique et sociale 2009 en Franche-Comté 33
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