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Familles monoparentales : des conditions de vie moins bonnes

4 pages
En Gironde, comme en France, la monoparentalité se développe. Le parent seul doit concilier activité professionnelle et vie familiale. Les conditions de logement et de travail sont parfois plus difficiles. Ces familles font plus souvent face à une précarité financière que les familles en couple. Les monoparents sont majoritairement des mères, mais la part des hommes élevant seuls un enfant progresse. La situation des pères seuls est plus proche des conditions de vie des couples.
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LE QUATRE PAGES
INSEE AQUITAINE
FAMILLES MONOPARENTALES :
DES CONDITIONS DE VIE MOINS BONNES
En Gironde, comme en France,
la monoparentalité se développe.
erans. Il dépasse 32 000 au 1 janvier 2004. Au coursLe parent seul doit concilier activité
de la même période, le nombre de couples ayant auprofessionnelle et vie familiale.
moins un enfant de moins de 18 ans à charge n’a
Les conditions de logement et de travail
augmenté que de 12,5 %.
sont parfois plus difficiles.
Une localisation plus urbaine
Ces familles font plus souvent face
Les familles monoparentales résident davantage auà une précarité financière
sein d’un pôle urbain (75 % d’entre elles) que les
que les familles en couple.
couples avec enfant (63 %). La proportion de ces
Les monoparents sont majoritairement
familles dans l’ensemble des familles allocataires est
des mères, mais la part des hommes plus élevée dans le nord-ouest de la Gironde (cantons
élevant seuls un enfant progresse. de St-Vivien-de-Médoc, Lesparre-Médoc, Pauillac et
Blaye) ainsi que sur une bande centrale allantLa situation des pères seuls est plus proche
des conditions de vie des couples.
Une forte proportion de familles
monoparentales dans le nord
et le long de l’axe Arcachon-Ste-Foy
Entre 1990 et 1999, le nombre des familles
Lesparre-
Médocmonoparentales girondines a augmenté de 40 %, à
un rythme plus rapide que l’ensemble des familles.
Blaye
La part de ces familles dans (18 %) s’est
accrue de 5 points.
Libourne
Depuis 1999, la monoparentalité en Gironde
Bordeaux
continue de se développer, au même rythme qu’en Ste-Foy-la-G.
ArcachonFrance.
Un phénomène qui s’amplifie
Langon
Part en %Le nombre de familles monoparentales girondines
allocataires de la CAF a progressé de 22 % en cinq © INSEE-IGN 2004 20
25,4
Le nombre de monoparents a évolué plus vite
que celui des couples à partir de 2002 Les familles monoparentales par canton
Indice
Source : Fichier CAF (janvier 2004)
125
base 100 au 01/01/1999
120 Monoparents
d’Arcachon à Ste-Foy-la-Grande via Bordeaux et sa
115
banlieue proche, puis Libourne et Castillon-
110 Couples
la-Bataille. Leur part est également forte au sud-est du
105
département.
er1 janvier de l'année
100
1999 2000 2001 2002 2003 2004
Cette localisation tient pour partie à l’offre de
Nombre d'allocataires avec enfant de moins de 18 ans
logements des territoires et à son adéquation auxà charge, selon la situation familiale, en GirondeINSEE
Source : CAF de la GirondeAQUITAINE ressources des populations qui s’y installent. Ainsi,
INSTITUT NATIONAL
DE LA STATISTIQUE
ET DES ÉTUDES
ÉCONOMIQUES
o
N 135
DÉCEMBRE 2004Des efforts financiers pour le logementUn taux de familles monoparentales
plus important en Gironde qu'en France
Monoparents Couples
Part en %
27 Ensemble des familles allocataires 32 400 90 600
Gironde
26 dont bénéficiaires (%)
25 de l'Allocation de Rentrée Scolaire 69,7 38,0
24 d'une Aide au Logement (APL, ALF, ALS) 68,9 31,4
23 des Allocations Familiales 44,9 74,5
France
de l'Allocation de Soutien Familiale 35,6 0,222
du Revenu Minimum d'Insertion 15,0 3,621
er1 janvier de l'année de l'Allocation Pour Jeune Enfant 14,8 20,720
1999 2000 2001 2002 2003 2004
de l'Allocation Parent Isolé 11,3 0,0
Les familles monoparentales dans l'ensemble
des familles allocataires ayant au moins Allocataires bénéficiaires d'une aide au logement
un enfant de moins de 18 ans à charge et dont le taux d'effort est supérieur à 33 % (%)
Source : CAF de la Gironde
Locataires du parc privé 14,3 7,5c public 0,4 0,1
Bordeaux propose un parc de Accédants à la propriété ou propriétaires 16,6 7,4
logements plus accessible aux ménages
Familles allocataires girondines ayant au moins un enfant de moins de 18 ans à charge
Source : CAF de la Gironde - situation au 1/1/2004monoparentaux que d’autres
communes. L’offre d’emplois
Taux d’effort : rapport entre le montant du loyer moyen après déduction de l'aide au logement et le re-
saisonniers sur Arcachon peut
venu déclaré additionné des prestations familiales, hors aides au logement.
expliquer la forte proportion de familles
monoparentales sur la commune. dans le parc public. En 2004, les Une famille monoparentale locataire
monoparents allocataires CAF résidant dans le parc privé sur sept consacre plusLe logement,
dans le parc privé acquittent un loyer du tiers de ses ressources pour sonune grosse part du budget
1,5 fois plus élevé que ceux habitant loyer. Cette situation se rencontre très
Les parents seuls ont souvent de plus
dans le parc public. Leur présence plus rarement pour celles qui sont locataires
grandes difficultés d’accès à un fréquente dans le parc privé ne du parc public (0,4 %). Un monoparent
logement que les couples avec enfant, découlerait pas d’un choix. Même si la accédant à la propriété sur six prélève
en raison notamment de leurs plus CAF attribue une aide plus importante plus du tiers de ses ressources pour le
faibles ressources. Ainsi, peu d’entre pour un logement dans le parc privé remboursement de ses prêts. Locataires
eux sont-ils propriétaires compa-
que dans le parc public, le montant de du parc privé ou accédants à la
rativement aux couples. Ils sont deux
loyer restant à la charge de la famille propriété, les couples avec enfant sont
fois plus nombreux à être locataires de demeure plus important dans le parc deux fois moins nombreux à consentir
leur logement (deux-tiers d’entre eux). privé que dans le parc public. autant d’efforts financiers pour leur
Ils louent dans la majorité des cas un logement.
logement dans le parc privé. Or, le coût Ainsi, le loyer constitue un poste de
du logement y est plus important que dépense important dans leur budget.
Ce taux d’effort est d’autant plus grand
que le nombre d’enfants à charge est
Champ de l’étude
faible. Ainsi, parmi les locataires du
Les familles monoparentales ayant au moins un enfant âgé de moins de 18 ans à charge et résidant
parc privé, 16 % des monoparents avecdans le département de la Gironde. On parle de familles avec enfant, qu’il y en ait un ou plus.
Sources moins de trois enfants ont un taux
Les données proviennent d’une part du Recensement de la population de 1999, et d’autre part du fi- d’effort supérieur au tiers de leurs
chier des allocataires de la Caisse d’Allocations Familiales (CAF) de la Gironde au 01/01/2004. Parmi
ressources, contre 6 % de ceux ayant au
les familles monoparentales recensées en Gironde par l’Insee en mars 1999, 94 % étaient allocataires
moins trois enfants. Et 18 % desde la CAF de Gironde.
Les familles allocataires de la CAF bénéficient d’allocations diverses, mais sont parti- monoparents en accession à la
culièrement connues à travers la perception de l’Allocation de Rentrée Scolaire, des Aides au Loge- propriété, avec moins de trois enfants à
ment, des Allocations Familiales et de l’Allocation de Soutien Familial. Contrairement à une idée
charge, consacrent plus du tiers de leursreçue, les monoparents bénéficiaires de au Parent Isolé (API), l’un des trois minima so-
ciaux servis par la CAF, sont peu nombreux (11 % d’entre eux). En effet, un monoparent sort du champ ressources au remboursement de leure
de l’API dès le 3 anniversaire de l’enfant, à moins d’avoir une nouvelle naissance.
prêt.
Cette bonne couverture des familles monoparentales par la CAF permet de s’appuyer sur cette source
pour suivre l’évolution de leur effectif depuis 1999 et pour décrire leur situation économique, les ef-
Les familles monoparentales vivent
forts financiers pour se loger et les difficultés de conciliation entre travail et présence d’enfants.
dans des logements plus petits que lesLes principales caractéristiques des familles monoparentales sont issues des résultats du Recensement
de la population de 1999 : conditions de logement, niveau de qualification, type d’emploi, conditions couples avec enfant et logent plus dans
d’emploi, CSP.
un immeuble collectif. 80 % des
oN 135
DÉCEMBRE 2004Indicateur de niveau de vie Les comportements d’activité
Le revenu d’une famille est égal à la somme de son revenu net imposable déclaré (avant abattements) dépendent aussi du nombre et de l’âge
et des prestations qu’elle perçoit de la CAF. des enfants à charge. Le taux d’activité
Le niveau de vie (en termes de revenus) tient compte à la fois du revenu d’un ménage et de sa taille.
des monoparents décroît avec le
Le nombre d’unités de consommation (uc) - ou équivalents adulte - de la famille est calculé ainsi : le pre-
nombre d’enfants. Neuf sur dix sont
mier adulte compte pour 1 uc, les adultes supplémentaires et les enfants de 14 ans ou plus pour 0,5 uc,
les enfants de moins de 14 ans pour 0,3 uc. Pour une famille monoparentale, ce nombre est augmenté actifs lorsqu’ils ont un enfant. Ils ne sont
de 0,2 uc. Le revenu par unité de consommation est égal au revenu rapporté au d’uc.
plus que trois sur quatre quand ils en
Le “seuil de bas revenus” est la demi-médiane des revenus des ménages français avant impôts. Calcu-
élèvent au moins trois.
lé par l’Insee à partir des données de l’enquête “Budget des Familles” réalisée tous les cinq ans, il est
actualisé chaque année à partir des données de la comptabilité nationale. Pour les revenus 2002 (ex-
Le taux d'activité féminin chute
ploités ici), il s’établit à 719 euros par mois. Une famille est sous le seuil de bas revenus lorsque son re-
sensiblement à partir du troisième enfant
venu par uc est inférieur à 719 euros par mois.
Famille monopar. Couple
couples avec enfant habitent une ressources proviennent de prestations père mère père mère
maison individuelle, ce qui n’est vrai versées par la CAF. Seulement 9 % des 1 enfant 91 90 96 88
2 enfants 96 88 97 80que pour la moitié des familles couples avec enfant connaissent cette
3 enfants ou plus 92 73 95 60monoparentales. situation de dépendance.
93 87 97 78Ensemble
Une précarité financière Des difficultés Taux d'activité des parents résidant en Gironde
selon le nombre d'enfants (%)plus grande sur le marché du travail
Source : Insee - Recensement de la population de 1999
Les monoparents forment le quart des Les monoparents restent en grande
La mère seule occupe moinsfamilles allocataires de la CAF. Par majorité des femmes (88 % en 1999),
fréquemment un emploi à temps partielcontre, ils constituent 56 % des familles mais la part des hommes progresse
que la mère en couple. Le père seulà bas revenus. Plus de la moitié des (cf. encadré page 4). À âge comparable,
travaille au contraire deux fois plus àfamilles monoparentales allocataires de le parent seul est plus souvent actif - il
temps partiel que le père en couple. Lala CAF déclarent un revenu par travaille ou il cherche un emploi - que
proportion de monoparents travaillant à“équivalent adulte” en dessous du seuil la mère en couple, mais moins que le
temps partiel augmente avec le nombrede bas revenus. Seulement 17 % des père en couple. Le père seul est toujours
d’enfants, et en particulier avec lecouples avec enfant déclarent des plus actif que la mère seule.
troisième enfant. Les mères seules avecressources aussi faibles.
des enfants en bas âge ont un tauxAprès 25 ans, la mère seule
est plus souvent activeCette situation de précarité financière d’activité nettement plus faible que
% que la mère en couple
des monoparents a peu évolué depuis celles ayant des enfants plus grands.100
1999. Les difficultés économiques
90
mère seules’accroissent souvent avec le nombre Temps partiel : 2 fois plus pour les pères
père seul80 seuls que pour les pères en coupled’enfants à charge. Parmi les familles
70 Famille monopar. Coupleallocataires ayant trois enfants ou plus,
mère en couple
père mère père mère60deux-tiers sont en dessous du seuil de
1 enfant 7,4 26,3 4,0 32,6bas revenus, contre un peu plus de la 50
2 enfants 5,6 30,3 3,2 41,0
moitié de celles ayant un ou deux
40 3 enfants ou plus 11,3 43,2 3,6 49,3
père en coupleenfants.
Ensemble 7,3 29,6 3,5 39,130
20-24 30-34 40-44 50-54 60-64
25-29 35-39 45-49 55-59 ans Part des parents travaillant à temps partielPour 38 % des familles mono-
en Gironde (%)Taux d'activité des parents en Gironde
selon la situation de la familleparentales, plus de la moitié des Source : Insee - Recensement de la population de 1999
Source : Insee - Recensement de la population de 1999
Elles occupent plus fréquemment un
Une plus grande dépendance pour les familles monoparentales emploi à temps partiel. La proportion de
Monoparents Couples ces mères travaillant à temps partiel
Ensemble des familles allocataires 32 400 90 600 augmente avec le nombre de jeunes
enfants, elle s’accroît sensiblement dèsPart dans l'ensemble des familles allocataires (%) 26,3 73,7
le deuxième.
Allocataires avec un revenu par uc inférieur au Seuil de Bas Revenus (%) 53,9 16,7
Allocataires dont plus de 50 % des ressources proviennent de prestations CAF (%) 38,0 8,6 La proportion de chômeurs est plus
Familles allocataires girondines ayant au moins un enfant de moins de 18 ans à charge élevée chez les parents seuls que chez
Source : CAF de la Gironde - situation au 1/1/2004
les parents en couple. Et quand il a un
oN 135
DÉCEMBRE 2004oN 135
DÉCEMBRE 2004
Les pères seuls sont mieux logéstravail, le parent seul occupe plus un
En 1999, en Gironde 3 300 pères élèvent seuls leurs enfants. Le nombre de ces pères seuls s’est accrûemploi précaire (essentiellement CDD,
de presque deux-tiers par rapport à 1990. Leur part dans l’ensemble des familles monoparentales a aidé, intérim) que le parent en
progressé de près de deux points au cours de la période intercensitaire, s’élevant à 12 % en 1999. Ils
couple. sont plutôt plus âgés que les autres parents. Seuls 17 % d’entre eux ont moins de 35 ans, contre plus de
25 % des pères en couple et 31 % des mères seules.
Il travaille plus fréquemment dans le Les conditions de logement des pères seuls se distinguent sensiblement de celles des mères seules et se
rapprochent de celles des couples avec enfant. Ainsi, moins des deux tiers des pères seuls résidentsecteur des services, notamment les
dans les pôles urbains, contre trois quarts des mères seules. Ils habitent plutôt dans les communes pé-
services aux particuliers, l’éducation, la riurbaines entourant ces pôles d’emploi. Ils sont plus souvent propriétaires de leur logement que les
mères seules (près de 50 % contre 28 %). Ils vivent plus en maison individuelle (sept sur dix contresanté et l’action sociale et
une sur deux) et habitent des logements plus grands.
l’administration. Par contre, on le
Plutôt moins qualifiés, ils sont dans une situation plus favorable sur le marché du travail que les mères
rencontre moins dans le secteur
seules. Plus actifs, moins touchés par le chômage, ils sont proportionnellement plus nombreux à tra-
vailler, occupent plus fréquemment un emploi à temps plein et deux fois moins un emploi précaire.commercial.
Par rapport aux pères en couple, leur niveau de diplôme et leur taux d’activité sont plus faibles. Ils oc-
Sa plus grande difficulté à trouver du cupent deux fois plus un emploi à temps partiel, mais aussi souvent un emploi stable. Ils travaillent
plus fréquemment dans le secteur des services, notamment les services aux particuliers et les services
travail est sans doute liée à son plus
non marchands, et moins fréquemment dans le commerce, la construction et l’industrie. La moitié
faible niveau de qualification. Près de sont ouvriers ou employés, contre 46 % des pères en couple. Les catégories “cadres et professions in-
termédiaires” y sont moins bien représentées que parmi les pères en couple.34 % des monoparents ne sont en effet
titulaires d’aucun diplôme ou ont
en inactivité contrainte, situation queobtenu le CEP ou le BEPC, contre 28 %
POUR EN SAVOIR PLUS…
l'on ne rencontre que chez un quart desdes parents en couple. Les écarts de
“les familles monoparentales en Eu-couples avec de jeunes enfants. Se poseniveau de diplôme s’atténuent
rope” - Dossier d’études de la CNAF -
ainsi la question de l’adéquation entrecependant avec l’âge. n° 54-mars 2004.
les besoins des familles mono-
Publications de la CNAF, Drees, Direc-En 2004, parmi les monoparents
parentales et les modes de garde tion de la recherche, des études, de l’éva-
allocataires et élevant au moins un luation et de la statistiqueexistants.
enfant de moins de trois ans, près de la
Site internet www.cnaf.fr
moitié sont inactifs et ne perçoivent pas
www.gironde.caf.fr
Carole ZAMPINI (INSEE)de prestation liée à la garde de l’enfant.
Site internet www.insee.frAlain COUDERT (CAF Gironde)On peut considérer que ces parents sont
Directeur de la publication : François Elissalt
Rédacteur en chef : Élisabeth Nadeau - Secrétaire de fabrication : Daniel Lepphaille
INSEE Aquitaine - 33, rue de Saget - 33076 Bordeaux cedex
Tél. 05 57 95 05 00 - Fax : 05 57 95 03 58 - Minitel : 3617 INSEE - Internet : www.insee.fr
e
© INSEE 2004 - n° ISSN 1283-6036 - Dépôt légal 4 trimestre 2004
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