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L'évolution du chômage de 1997 à 2001 : Forte baisse du chômage pour les jeunes non diplômés

De
2 pages
Passé de 126 000 à 91 000, le nombre de demandeurs d'emploi a fortement diminué en quatre ans, Cette baisse s'accompagne d'une amélioration sensible pour les jeunes sur le marché du travail et d'une situation toujours délicate pour les plus de 50 ans. selon d'autres critères, parfois liés entre eux, tels que le sexe, le niveau de diplôme ou encore la qualification, la reprise a également plus profité aux hommes, aux personnes peu ou pas diplômés, aux ouvriers, qualifiés ou non.
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L’ÉVOLUTION DU CHÔMAGE DE 1997 À 2001
Forte baisse du chômage pour les jeunes non diplômés
mandie faisait déjà partie des régions les gnificative, ou du moins sensiblementPassé de 126 000 à 91 000, le
plus concernées par le chômage. Malgré moins importante qu’en général. Sans
nombre de demandeurs
cette assez bonne évolution sur quatre grande surprise, la reprise a nettement
d’emploi a fortement diminué ans, le constat reste vrai, puisque seuls profité aux jeunes (un tiers de deman-
le Nord-Pas-de-Calais, le Langue- deurs d’emploi en moins pour les moinsen quatre ans. Cette baisse
doc-Roussillon et la région Pro- de 25 ans) et assez peu aux plus de 50
s’accompagne d’une vence-Alpes-Côte d’Azur ont toujours un ans, où le nombre de femmes inscrites à
taux de chômage supérieur (1). Ces trois l’ANPE a même augmenté. De manièreamélioration sensible pour les
régions ont connu des baisses moins im plus détaillée, la tranche d’âge qui a-jeunes sur le marché du travail
portantes que la Haute-Normandie qui connu la plus forte baisse du nombre de
et d’une situation toujours «prend donc ses distances» par rapport demandeurs d’emploi n’est pas celle des
au trio de tête des régions les plus moins de 25 ans, mais précisément celledélicate pour les plus de 50 ans.
touchées. des 25 à 30 ans. Ce qui correspond
Selon d’autres critères, parfois
assez bien au schéma souvent vérifié
liés entre eux, tels que le sexe, d’une période d’alternance entre intérim
FORTE BAISSE POUR LES 25-30 ANS, ou CDD et chômage avant de trouver unle niveau de diplôme ou encore
DIFFICULTÉS AU-DELÀ DE 50 emploi plus stable, qui s’obtient plus faci-
la qualification, la reprise a
lement avec un peu d’expérience. Autre
également plus profité aux De même que cette baisse très géné idée reçue que l’on peut confirmer : la si- -
rale n’est pas homogène sur le territoire, tuation est sensiblement plus difficilehommes, aux personnes peu ou
la reprise n’a pas profité de la même pour les demandeurs d’emploi ayant plus
pas diplômés, aux ouvriers, façon à toutes les catégories de person- de 50 ans, surtout pour ceux d’entre eux
nes. Les grands déterminants que sont qui ont un niveau de formation de niveauqualifiés ou non.
l’âge, le niveau de diplôme, la qualifica bac ou supérieur (ils étaient 14% en-
tion et le sexe permettent de repérer les
catégories de population qui ont réelle (1) Depuis, les taux de chômage ont été révisés sur-ntre mars 1997 et mars 2001, le cette période et il s’avère que le taux de chômage
ment bénéficié de l’embellie conjonctu- haut-normand était surévalué et celui de la CorseEnombre de demandeurs d’emploi
sous-évalué. Il en résulte que la Haute-Normandierelle et celles qui, au contraire, n’ont
a diminué de près de 35 000, soit 28% du n’est donc pas en 4e mais en 5e position des régions
globalement pas connu d’amélioration si- les plus touchées.volume initial de personnes disponibles à
la recherche d’un emploi à temps plein,
BAISSE DU CHÔMAGE ENTRE MARS 1997 ET MARS 2001
ayant ou non exercé une activité réduite
Franche-Comtédans le mois (catégories 1 et 6). Cette
Centre
Alsacebaisse très sensible place la Haute-Nor-
Limousin
mandie au onzième rang des régions en Pays de la Loire
Rhône-Alpestermes de décrue, c’est-à-dire tout à fait
Bourgogne
dans la moyenne. Au cours de cette pé- Champagne-Ardenne
Lorraine
riode, le nombre de chômeurs a baissé Basse-Normandie
Bretagnede 27% en France, mais les résultats se
Haute-Normandie
déclinent avec de fortes disparités régio- Aquitaine
France métropolitainenales. Le chômage a fortement diminué
Ile-de-France
en Franche-Comté (-43%) et, dans une Languedoc-Roussillon
Auvergne
moindre mesure, dans le Centre et en Poitou-Charentes
Provence-Alpes-Côte d’AzurAlsace (-37 et -34%). La Corse ou
Nord-Pas-de-Calais
Midi-Pyrénées ont en revanche nette- Picardie
Corsement moins profité de la reprise où les
Midi-Pyrénées
demandeurs d’emploi ne sont que 16%
0 5 10 15 20 25 30 35 40
moins nombreux. En 1997, la Haute-Nor-
Source : ANPE Unité : %
4 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 18 - Octobre 2002
CHÔMAGE2001, 20% plus nombreux qu’en 1997). régions ont connu des évolutions moins avec une évolution favorable, le nombre
Le cap des 50 ans existe réellement : en favorables. Pour la baisse du nombre de d’entrées au chômage à la suite d’une
effet, le même constat ne se vérifie pas chômeurs de niveaux «Bac+2 et plus», mission d’intérim demeure élevé en
sur la tranche d’âge quinquennale précé treize régions font moins bien que la Haute-Normandie.-
dente (45-50 ans). Après 50 ans, le Haute-Normandie. La Haute-Normandie
ÉVOLUTION DU NOMBRE DE DEMANDEURS D’EMPLOInombre de demandeurs d’emploi a dimi se distingue par une très forte hausse du-
(CATÉGORIES 1 ET 6) ENTRE MARS 1997
nué de 5% seulement ; il a, en fait, aug nombre de ses cadres au chô- - ET MARS 2001 EN HAUTE-NORMANDIE
menté de 11% pour les 50-55 ans et mage (deuxième plus forte hausse parmi
Hommes Femmes Ensemble
baissé de 39% pour les plus de 55 ans les régions françaises). A l’opposé, la
De 15 à 24 ans -38 -33 -36
pour qui des mesures existent. Entre 45 baisse du chômage des manoeuvres a De 25 à 49 ans -32 -24 -28
50 ans et plus -8 3 -3et 50 ans, la baisse est supérieure à été très sensible en Haute-Normandie
Ensemble -31 -24 -2820%. Le seuil des 50 ans est donc extrê (deuxième plus forte baisse des régions-
Source : ANPE Unité : %mement net même s’il faut nuancer ce ré françaises).-
sultat par une composante Les ouvriers qualifiés, en Haute-Nor-
démographique. La tranche des 50 à 55 mandie comme ailleurs, semblent être Cette assez longue période de bonne
ans était composée, en 1997, de person les personnes qui ont eu le plus de facili conjoncture a permis de révéler certains- -
nes nées entre 1942 et 1947 ; en 2001, il tés à retrouver un emploi. Ce sont du points persistant même en période de
s’agissait des générations des années moins les personnes pour lesquelles croissance. Ainsi, les femmes profitent
1946 à 1951, beaucoup plus nombreu l’amélioration de la situation a été la plus moins de la baisse du chômage, ce qu’il-
ses. Sur la dernière période intercensi- sensible. Il ne faut cependant pas s’y faut toujours nuancer par le fait que
taire (1990-1999), les femmes ont tromper, sortir du chômage reste quand l’amélioration de la conjoncture encou-
beaucoup plus profité de la hausse de même plus facile quand on est jeune, di rage la reprise d’activité des femmes.-
l’emploi (2). En revanche, entre 1997 et plômé et/ou qualifié. Enfin, le nombre L’âge de 50 ans constitue véritablement
2001, les hommes ont plus bénéficié de d’agents de maîtrise au chômage a peu un cap et la baisse du chômage ne pro-
la décrue du chômage (-31% en quatre diminué, mais il s’agit d’un effectif faible fite pas en premier lieu aux cinquantenai-
ans contre -24%) et cette différence et surtout en moyenne plus âgé et le res. Ce ne sont pas les plus jeunes mais
d’évolution est vraie à tous les âges. seuil des 50 ans est alors sensible. plutôt leurs proches aînés (qui ont entre
25 et 30 ans) qui bénéficient de l’em-
bellie. Bien entendu, la décroissance du
LES NON DIPLÔMÉS PROFITENT DEUX FOIS MOINS DE CHÔMEURS chômage s’accompagne de la baisse
FORTEMENT DE LA REPRISE «LICENCIÉS ÉCONOMIQUES» des durées d’inscription, qui sont tradi-
tionnellement longues en
Parmi les résultats un peu moins in Les motifs d’inscriptions ne sont éga Haute-Normandie.- -
tuitifs peut-être, la forte baisse du chô lement pas tout à fait les mêmes après Parmi les enseignements plus nou- -
mage a davantage profité aux niveaux de une période de crise (période précédant veaux liés à l’observation de cette pé-
formation les moins élevés. Il est vrai qu’il 1997) qu’après une période de crois- riode, on note que la croissance ne
s’agit des catégories les plus touchées et sance en emploi et de forte décrue du profite pas qu’aux diplômés ; les jeunes
que le potentiel de baisse au départ est chômage. L’évolution la moins flatteuse non ou peu diplômés, qui sont tradition-
sensiblement plus élevé. Parmi les moins pour la région est celle du nombre d’ins nellement plus touchés, sont les pre- -
de 30 ans, le nombre de demandeurs crits qui commencent leur vie active par miers bénéficiaires de cette reprise. Par
d’emploi sans diplôme a diminué de 52% une inscription à l’ANPE. Ce nombre a di- exemple, le nombre de chômeurs, ayant
et les personnes ayant un niveau BEP ou minué d’un tiers en Haute-Normandie entre 25 et 30 ans et sans diplôme, est
CAP sont 40% moins nombreuses. Ces (contre –50% en France), ce qui place la passé de 3 700 en 1997 à 1 600 person-
catégories de personnes, souvent consi Haute-Normandie à la 20e place des ré nes quatre ans plus tard. Il s’agit donc- -
dérées comme automatiquement les plus gions françaises, laissant les dernières d’un changement de tendance puisque,
mal loties, ont donc particulièrement bé places au Nord-Pas-de-Calais et à la Pi- - depuis un certain temps, le niveau de di-
néficié de l’embellie conjoncturelle. Ceci cardie. Le nombre d’inscrits à la suite plôme jouait un rôle discriminant et les
est encore plus vrai dans d’autres ré d’un licenciement économique est, non-diplômés étaient quasiment systé- -
gions. Pour la baisse du nombre de chô comme ailleurs, en forte baisse (-54% matiquement parmi les moins bénéficiai- -
meurs de niveaux de formation de type dans la région contre -50% en France), res de toute évolution. Enfin, les ouvriers,
CEP et BEPC (Vbis) ou sans diplôme plaçant la région au 10e rang des régions et en particulier les ouvriers qualifiés, re-
(VI), seules respectivement quatre et six françaises. Ceci est dû à moins de licen- présentent la catégorie socioprofession-
ciements, mais aussi à la plus grande fa nelle qui a le plus profité de cette reprise-
(2) Cf AVAL n° 16 - Juin 2002 cilité à retrouver un emploi. Enfin, même durable
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 18 - Octobre 2002 5

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