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L’INNOVATION EN HAUTE-NORMANDIE
Près de 15 000 emplois R&D en 1999
Éric DÉON
Près de 15 000 chercheurs et techni- l’emploi puisque un emploi sur dix corres-L’innovation est une priorité
ciens en R&D exerçaient en Haute-Nor- pond à ce type de poste. C’est même l’unessentielle. C’est l’un des
mandie en 1999, soit 2,2% de l’emploi des plus forts taux enregistrés en 1999
facteurs majeurs de la total régional. En région, trois de ces em- dans les aires urbaines françaises. Cette
plois sur cinq sont tenus par des techni- «densité» exceptionnelle s’explique encroissance future de
ciens ; en France, trois emplois sur cinq grande partie par la présence d’un impor-l’économie française, de sa
sont des postes de chercheurs. Ainsi, en tant complexe pétrochimique sur ce petit
valeur ajoutée et de sa densité Haute-Normandie, les chercheurs en territoire. De la même manière, les aires
R&D représentent 2,1% des effectifs na- urbaines de Vernon (secteur aéronau-en emplois hautement
tionaux et les techniciens 4,4%. tique), Louviers (pôle pharmaceutique),qualifiés. Le cœur de
Elbeuf et Gournay (filière automobile) figu-
l’innovation repose sur la rent dans le peloton de tête quand on rap-
FORTE DENSITÉ DE CHERCHEURS porte le nombre de chercheurs etrecherche et développement
techniciens au nombre d’actifs.ET TECHNICIENS R&D(R&D). Le niveau
À NOTRE-DAME-DE-GRAVENCHON A titre de comparaison, l’aire urbaine
technologique d’un pays est de Rouen, premier bassin d’emploi de la
Les emplois en recherche et dévelop- région, ne compte que 1,8% de cher-un critère déterminant de sa
pement sont à 90% localisés dans les cheurs et techniciens en recherche etplace dans la communauté
aires urbaines. S’il est vrai que leur développement dans l’emploi total. En
internationale. nombre augmente souvent en fonction de 1999, c’est l’un des taux les plus bas
la population active, leur taux d’emploi parmi les aires urbaines françaises deIl est donc intéressant de
(part de l’emploi R&D sur l’emploi total) en taille comparable. L’aire urbaine duconnaître la localisation, la
revanche n’est pas forcément lié à la taille Havre affiche une position un peu plus
place et l’évolution de l’emploi des aires urbaines mais plus générale- avantageuse. En effet, parmi les 14 aires
ment à la structure de l’appareil productif, urbaines françaises de taille similaire,des chercheurs et techniciens
voire à l’implantation de grands établisse- elle occupe la 4e place avec 2,5% d’em-
en Haute-Normandie.
ments disposant parfois d’unités de re- plois R&D dans sa population active.
cherche. Le cas de l’aire urbaine de Plus généralement, on remarque queAvertissement :
Les données présentées ci-dessous étant issues du Notre-Dame-de-Gravenchon est exem- les aires urbaines comprenant des villes
sondage au quart des recensements de population
plaire en Haute-Normandie : en 1999, portuaires ou des villes proches de Parisde 1990 et 1999, des précautions d’utilisation s’im-
posent. En effet, les petits nombres peuvent présen- cette aire se situe au 7e rang en nombre souffrent fréquemment d’un déficit d’em-
ter une incertitude due à l’échantillonnage.
de chercheurs et techniciens R&D, au plois stratégiques. Ainsi, Marseille, Lille ou
12ème rang en nombre d’emplois total Toulon, entre autres, présentent de mo-
’emploi «métropolitain supérieur» (1)
mais largement en tête en termes de pro- destes taux d’emploi en recherche et dé-Ls’est développé rapidement entre
portion de chercheurs et techniciens dans veloppement en 1999.
1990 et 1999 mais un peu moins en
Haute-Normandie qu’en France (+9,8%
PART DES CHERCHEURS ET TECHNICIENS DANS L’EMPLOI TOTAL AU LIEU DE TRAVAILcontre +14,8%). Dans la R&D, l’emploi
SELON LES AIRES URBAINES
s’est également considérablement étoffé
Notre-Dame-de-Gravenchon 10,7
entre 1990 et 1999 mais cette fois-ci da- Vernon 8,2
vantage en Haute-Normandie qu’en Gournay-en-Bray 6,0
Louviers 4,8France (+30,8% contre +18,5%), aussi
Elbeuf 3,6
bien en nombre de chercheurs (+35,4%
Bolbec 3,4
versus +28,3%) qu’en nombre de techni- Eu 3,1
Le Havreciens (+28,1% pour +7,6% au niveau na- 2,5
Gaillon 2,4tional). Cet accroissement comparatif
Haute-Normandie 2,2
doit être relativisé car il s’applique à des Lillebonne 2,2
effectifs très contrastés. Ainsi, la région Rouen 1,8
Evreux 1,8assez démunie en emplois R&D, à
Bernay 1,0l’instar de ses deux grandes villes Rouen
Dieppe 0,8
et Le Havre, rattraperait-elle quelque peu Pont-Audemer 0,7
0,5son retard en 1999 ? Fécamp
Yvetot 0,2
(1) L’emploi métropolitain supérieur caractérise des fonctions 024 6 8 10 12
spécifiques des grandes villes. La recherche est l’une de ces
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 - sondage au 1/4 Unité : %onze fonctions métropolitaines (voir AVAL n°17- Septembre
2002).
6 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 26 - Juin 2003
EMPLOILES CINQ SECTEURS OÙ LE PERSONNEL DE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT EST LE PLUS REPRÉSENTÉ NOUS AVONS LU POUR VOUSNOUS A
Production de combustible et de carburants
Industrie automobile
Pharmacie, parfumerie et entretien LES ÉLÈVES DE MATERNELLE
UN PEU PLUS NOMBREUX
Chimie, caoutchouc, plastiques
L’Académie de Rouen a enregistré à la rentrée de
2002 une baisse de 1 889 élèves pour le premier degréIndustrie du bois et du papier
public. Cette diminution était de 2 782 élèves l’année
0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0
précédente. Cette baisse est à nuancer car le secteurIndice de spécificité
pré-élémentaire connaît une légère augmentation deSource : INSEE - Recensement de la population 1999 - Sondage au 1/4
Note de lecture : la part des chercheurs et techniciens de la production de combustibles et carburants dans l’emploi total est 4 fois plus forte 111 élèves dont 96 dans l’Eure et 15 en Seine-Maritime.
en Haute-Normandie qu’en France. L’évolution différente des deux départements est liée à
celle des naissances. L’Eure enregistre une notable pro-
LES CINQ SECTEURS OÙ LE PERSONNEL DE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT EST LE MOINS REPRÉSENTÉ
gression des depuis 1998 mais qui s’est in-
Métallurgie et transformation des métaux terrompue en 2001. La Seine-Maritime a vu ses naissan-
ces décliner jusqu’en 1999 avant de progresser en 2000.
Industries agricoles et alimentaires
Il faudra donc attendre 2003 pour constater une hausse
plus conséquente des effectifs en maternelle.
Recherche et développement
Bilan de la rentrée 2002… / Académie de Rouen. - In :
Note d’information. - N° 03/02 (2003, mars) ; 4 p.Habillement, cuir
Industrie textile FROMAGES AU LAIT CRU
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6
Un fromage au lait cru est un produit vivant fabriqué
Indice de spécificité
avec du lait de vache, de brebis ou de chèvre qui n’a pas
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 - Sondage au 1/4
subi de traitement supérieur à 40°C ni de traitement
équivalent. Ceci permet à la flore lactique de se dévelop-
per, les fromages en seront plus goûteux et plus diversi-FORTE CONCENTRATION DE L’EMPLOI Havre (Université) en passant par le
fiés. La Haute-Normandie produit 2 805 tonnes de fro-R&D DANS LES ÉTABLISSEMENTS Val-de-Reuil (le Bassin d’Essais des Ca-
mages dont 241 au lait cru (8,6%). La Basse-Normandie
INDUSTRIELS rènes de la Direction des Chantiers
en produit 162 992 tonnes dont 18 378 au lait cru
Navals), Saint-Etienne-du-Rouvray (la (11,3%). 70% du lait cru est affecté à l’appellation «ca-
Si l’emploi R&D est concentré dans technopole du Madrillet), Rouen et membert de Normandie». Pour l’ensemble de la France,
les aires urbaines, dans ou à proximité la part des fromages au lait cru par rapport à ceux élabo-Mont-Saint-Aignan (Universités). Ce mail-
rés à partir de lait pasteurisé continue de diminuer :d’établissements industriels d’envergure lage fait partie de RENATER, le REseau
17,7% en 1997 contre 16,4% en 2001.internationale, il se focalise également NAtional de télécommunications pour la
Croissance faible pour les fromages au lait cru / Ministèreautour du réseau régional d’information Technologie, l’Enseignement et la
de l’agriculture…. - In : Agreste Primeur. - N° 121 (2003,
scientifique et technique Syrhano Recherche. avr.) ; 4 p.
(SYstème Réseau de HAute-NOrmandie) De par la structure de son système pro-
dont les villes de l’axe séquanien sont la Nelly LANNEFRANQUEductif en Haute-Normandie, la R&D est lar-
colonne vertébrale. Il va de Vernon (la So- gement tournée vers des centres de
ciété Européenne de Propulsion) au recherche privée du secteur industriel.
Parmi ses trois grandes composantes culaire» et des «transports et équipe-
(R&D identifiée en tant que telle, activités ments» (notamment en matière deRECHERCHE
de recherche intégrée dans des unités de moteurs).ET
production, enseignement supérieur et ad- Entre 1990 et 1999, la Haute-Nor-DÉVELOPPEMENT (R&D)
ministration), 85% des chercheurs et tech- mandie voit partir davantage de cher-
Les emplois R&D au lieu de travail
niciens exercent dans des établissements cheurs et techniciens qu’elle n’en attire, le
comprennent :
industriels contre 78,5% en France (hors solde étant légèrement négatif d’une cen-1. des emplois de niveau supérieur quali-
fiés de “chercheurs” : Ile-de-France) ; 14% dans l’enseignement taine d’actifs.
- ingénieurs et cadres techniques de (20% en France, hors Ile-de-France) ; 1% Les nouveaux arrivants de la R&D vien-
recherche, études ou développement
dans l’administration. Plus précisément, les nent principalement de régions limitrophesdans les établissements industriels ;
- chercheurs de la fonction publique ; chercheurs et techniciens sont proportion- comme l’Ile-de-France, la Basse-Normandie
- emplois supérieurs des établisse- nellement plus nombreux en Haute-Nor- ou la Picardie mais aussi de régions indus-
ments de recherche et d’enseignement
mandie dans la production de combustibles trielles comme Rhône-Alpes etsupérieur.
et de carburants, l’industrie automobile, la2. des emplois de techniciens Nord-Pas-de-Calais. Ceux qui quittent la
Ces emplois sont liés à une fonction «Re- pharmacie, la chimie, et l’industrie du bois Haute-Normandie migrent avant tout vers les
cherche» définie par un croisement entre
et du papier. A contrario, la recherche pu- régions limitrophes et en partie vers le Centre
activités (codes NAF) et professions et ca-
blique, l’enseignement supérieur, le textile, et en Rhône-Alpes. Les mouvements detégories socioprofessionnelles (codes
CSP). Les effectifs correspondant sont is- l’habillement et le cuir sont moins bien lotis chercheurs concernent davantage les ré-
sus des recensements de population 1990 dans la région qu’en France en personnel gions Ile-de-France, Rhône-Alpes et
et 1999. Ils ne tiennent pas compte de la
hautement qualifié. Par rapport aux autres Nord-Pas-de-Calais tandis que les déplace-quantité de travail (pas de prise en compte
du temps partiel). Pour évaluer le potentiel régions, la Haute-Normandie est particuliè- ments des techniciens sont plus fréquents
humain de la R&D, c’est donc l’approche rement spécialisée dans les domaines dans les régions Picardie, Basse-Nor-
par les effectifs qui a été privilégiée.
technologiques de la «chimie macromolé- mandie et Centre
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 26 - Juin 2003 7

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