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retraites
Ls cnséquncs ds pfils ndvdulsds vnus d’actvté au ln d lacaè su l nvau ds pnsns d tatPatck Aubt* t Cndy Duc**
Cette étude présente une modélisation des profils de revenus d’activité au cours de lacarrière des salariés et des indépendants du secteur privé nés en 1946, observés dans lesdonnées de l’échantillon interrégimes de cotisants (EIC) de 2005. Les profils individuelssont modélisés de manière à pouvoir estimer, pour chaque personne, un niveau moyende revenu d’activité au cours de la carrière, des pentes de début et de fin de carrière, ainsique la fréquence des « trous » de carrières et des revenus exceptionnellement élevés.En début de carrière, la pente moyenne des revenus d’activité selon l’âge est d’autantplus élevée que les personnes ont de hauts revenus. Ce n’est plus le cas en deuxième par-tie de carrière (après 40 ans), où la plupart des personnes ont un revenu d’activité stable.Les revenus d’activité ou salaires « exceptionnels », au sens où ils s’écartent fortementde leur tendance, que ce soit vers le haut ou vers le bas, sont par ailleurs beaucoup plusfréquents chez les personnes ayant de bas revenus.Une conséquence de ces caractéristiques est que la règle de calcul du salaire (ou durevenu d’activité) annuel moyen sur les 25 meilleures années plutôt que sur l’ensemblede la carrière, règle appliquée dans le régime général et les régimes alignés pour calculerle montant des pensions, devrait avantager en premier lieu les personnes ayant de trèshauts revenus, d’une part, et celles ayant les plus bas revenus, d’autre part. Cette règleest en effet plus favorable aux profils de carrière salariale ayant la variabilité la plusforte, que celle-ci découle de la croissance du salaire avec l’âge ou de la fréquence dessalaires annuels chutant fortement par rapport à la tendance. En pratique, ce résultat estnéanmoins fortement atténué du fait de l’existence de deux autres dispositifs : le pla-fonnement des salaires portés au compte, d’une part, et le minimum contributif, d’autrepart.
* D  C (u momn d l édcon d lcl), ** DConc : pck.ub@n.f  cndy.duc@n.gouv.f
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 441442, 2011
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Undea nlittet ésraetsutr ien etémrepisrsiéqeu, ee rne lFartiavnecem, eanut xa bporno--fils des carrières salariales et à leurs évolutionsau fur et à mesure des générations (Guillotin,1988 ; Lollivier et Payen, 1990 ; Bayet, 1996 ;Baudelot et Gollac, 1997 ; Debrand et Privat,2002 ; Koubi, 2003 ; Briard, 2007). Ces étudescherchent généralement à décomposer les tra-jectoires individuelles de salaire observées endéterminant ce qui, dans ces trajectoires, relèved’effets propres liés au cycle de vie (effets d’âgedes salariés), à la cohorte de naissance (effetsde générations), à la conjoncture économique(effet de date), ainsi qu’à d’autres déterminantséventuels du salaire (diplôme, qualification, évé-nements de carrière passés, etc.). Elles ont per-mis d’identifier un certain nombre de résultats,désormais robustes et bien documentés, sur lesprofils de carrière salariale. Les salaires ont ainsiun profil concave en fonction de l’âge, croissanten première moitié de carrière puis constant,voire légèrement décroissant, en seconde partiede carrière. À l’exception de ce qui concerne letout début de carrière, ces profils sont de plusrelativement robustes d’une génération à l’autre,une fois pris en compte les effets de période liésà la conjoncture économique. À âge donné, lessalaires ont par ailleurs augmenté fortementd’une génération à l’autre pour les plus ancien-nes, portés par d’importantes augmentationssalariales annuelles. Mais les différences entregénérations se sont nettement atténuées à partirde celles nées à la fin des années 1940, avec leralentissement de la croissance économique àpartir du premier choc pétrolier, conjugué à ladiminution puis à la stagnation de la part dessalaires dans la valeur ajoutée depuis la fin desannées 1970. Koubi (2003) estime ainsi que le« salaire annualisé permanent », caractérisantle niveau de salaire des diverses générationsindépendamment des autres effets d’âge et depériode, aurait été maximal pour la générationnée en 1942. Enfin, le niveau des rémunérationsse dégrade en tout début de vie active pour lesgénérations nées après 1950. En parallèle, ladisparité des progressions des salaires en pre-mière partie de vie active est plus grande, ausein de chaque génération.La connaissance du profil et des caractéristi-ques des carrières salariales est d’importanceà plusieurs titres. Elle l’est, en particulier, pourl’analyse des montants de pension des retrai-tés et futurs retraités. Les systèmes de retraitesne se contentent pas, en effet, d’appliquer uneproportionnalité simple entre salaire moyen surla carrière ou masse totale de cotisation, d’unepart, et montant de la pension, d’autre part. Ils
incluent un ensemble de dispositifs visant àatténuer l’impact, sur le montant des pensions,des « accidents » de carrière, c’est-à-dire despertes transitoires d’emploi ou de niveau derémunération. Ces divers dispositifs (1) 1et leurarticulation sont par ailleurs complexes, si bienqu’il est très difficile de prévoir tous leurs effetspar de simples raisonnements théoriques, baséssur une vision schématique des carrières. Laconnaissance empirique des profils de carrièresalariale, dans toute leur diversité, est dès lorsnécessaire pour bien appréhender l’impact, plusou moins atténué, des aléas de carrière sur leniveau des pensions, et plus généralement laredistribution permise par les règles de calculdes retraites.La problématique générale de l’articulationentre carrière et retraite est bien sûr vaste et nepeut être traitée en entier dans une seule étude(cf. encadré 1). Dans cet article, on s’intéresseraplus spécifiquement à l’un de ses aspects : l’effetdu dispositif consistant, dans le régime général(CNAV) et les régimes alignés (MSA salariés,RSI artisans et commerçants (2)2, à estimer lesalaire de référence servant pour le calcul de lapension sur les 25 meilleures années, plutôt quesur toutes les années de la carrière.Ce dispositif permet de neutraliser l’impact despériodes de baisses de rémunération (3),3 qu’el-les soient dues à des pertes d’emploi ou à desbaisses ponctuelles du salaire ou des revenusd’activités, puisqu’il exclut ces périodes ducalcul du salaire de référence. Il bénéficie donc a priori aux personnes dont la variabilité desrémunérations au cours de la carrière est la plus1. C dpof on è pén dn l égm d b,m l on bucoup mon dn l égm complémnarrCO  aGirC qu fonconnn p pon  ébln unln z éo n coon  pon.2. CNaV : c nonl dunc vll. Msa : muu-lé ocl gcol. rsi : égm ocl d ndépndn.3. À logn, l l d éfénc pou l clcul du monnd l pnon é mé u l 10 dnè nné d lcè. C mod d clcul v à gn un cn ux dremplacement entre le salaire de fin de carrire et le montantd l pnon d , qu à dnd l ln n md coon vé u cou d l cè  monn d l. L dpof  nu éé éfomé, l clcul du ld éfénc pn d 10 dnè ux 10 mllu nnépu, dn un opqu d plu fo conbuvé d yèmd , ux 25 mllu nné d l cè. L éfomon n énué l ln n l d éfénc  l dfin de carrire et de ce fait loign de la logique visant  garantirun ux d mplcmn, mêm  c objcf  condééparmi les finalits gnrales du systme de retraite. Ds lors, ildevient lgitime de rinterprter, comme on le fait ici, la finalit« chnqu » d l ègl d « d 25 mllu nné ». Cègl d clcul n n ff plu d nu à u un ux dmplcmn donné, comm ll pouv l f ufo vune formule de calcul spcifiquement conue pour cela. Elle agitdonc plutt, dornavant, comme un « filtre » corrigeant l’impactd lé d cè négf u l nvu d émunéon.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 441442, 2011
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