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n° 98 - Décembre 2008
Les emplois touristiques en Champagne-Ardenne
Des spécificités sectorielles et territoriales
En Champagne-Ardenne, fin 2005, le La restauration est le premier employeur du secteur
touristique, avec 4 440 emplois, devant l’hôtellerietourisme emploie 14855 personnes, dont
et le commerce. Les quatre départements champar-16% de non salariés. Il contribue pour
dennais se différencient par leur activité touristique2,9% àl’emploisalariérégional.Sonpoids
dominante. Dans les Ardennes, quatre emplois tou-varie de 2,4% dans les Ardennes à 3,4%
ristiques sur dix relèvent du commerce, environ
dans l’Aube et la Haute-Marne. Avec les
deux sur dix de l’hôtellerie comme de la restaura-
activités thermales, il atteint 4,5% dans la tion. Avec trois emplois touristiques sur dix, la res-
zone touristique du «Sud Haute-Marne ». tauration dans l’Aube et l’hôtellerie en
Dans la zone des «Grands Lacs », Haute-Marne devancent le commerce. Dans la
l’activité touristique s’intensifie fortement Marne, la restauration arrive en tête avec quatre
durant l’été. Entraînées par le tourisme emplois sur dix, suivie de près par l’hôtellerie.
d’affaires,larestaurationetl’hôtelleriesont
Répartition de l'emploi touristique des départementsde loin les deux principales activités
selon l'activité (en %)touristiques de la Marne. Dans l’Aube, la
présence des magasins d’usine renforce le
poids du commerce. Pour les Ardennes, la
fréquentation touristique induit plus
d’emplois dans le commerce, première
activitédesnonsalariésdutourisme.
Fin 2005, la fréquentation touristique génère
14 855 emplois en Champagne-Ardenne, dont 2 380
occupés par des non salariés. Les emplois non sala-
riés, indépendants ou aides familiaux, sont plus pré-
sents dans le secteur du tourisme (16 %) que dans
l’ensemble du marché du travail régional (10 %). Ce
taux est cependant plus faible que dans les régions
voisines - Lorraine (24 %), Alsace (22 %) et Picardie
(18 %) - l’emploi non salarié étant moins fréquent
dans l’hôtellerie et la restauration champardennai-
ses.
Lecture : la restauration représente 37 % des emplois touristiques de la Marne et seulement
18 % dans les ArdennesRépartition des emplois touristiques, salariés
Avec 12 475 salariés, le tourisme représente 2,9 % des
et non salariés, selon l'activitéemplois salariés de Champagne-Ardenne, contre 4,4 % pour la
e
moyenne nationale. La région se place au 20 rang des 22
régions françaises, juste devant la Picardie (2,8 %) et le
Nord-Pas-de-Calais (2,6 %). Dans les autres régions du
Grand-Est - Alsace, Bourgogne, Franche-Comté et Lorraine - la
contribution du tourisme à l’emploi salarié total varie de 3,1 %
en Franche-Comté à 4,2 % en Alsace.
Plus forte contribution du tou-
risme en Haute-Marne et dans
l’Aube
La part du tourisme dans l’économie est plus élevée en
Haute-Marne et dans l’Aube, avec 3,4 % des salariés occupés
dans une activité touristique.
En Haute-Marne, le tourisme emploie 1 985 salariés. Avec près
La restauration dans l'urbain, le
de 700 salariés, l’hébergement constitue le premier secteur
commerce dans le ruraltouristique du département, suivi du commerce. Les loisirs,
avec en particulier les activités thermales, représentent 9 %
Le nombre d’emplois touristiques varie, selon les territoires,des emplois salariés touristiques. Les hébergements, en gîtes
de 690 salariés dans la zone du « Sud et Ouest Aubois » àet campings, sont aussi bien implantés avec 4 % des emplois.
3 060 pour « Reims et sa région ». Cependant, rapporté à l’em-Pour la région, ces deux activités pèsent pour respectivement
ploi salarié total, le tourisme ne concerne que 2,7 % de l’en-6,8 % et 2,7 % dans les emplois du tourisme.
semble des postes de travail salariés de « Reims et sa région »Dans l’Aube, le tourisme occupe 3 220 salariés. Les emplois
du fait de la forte concentration d’emplois dans ce territoire.sont proportionnellement plus nombreux dans le commerce et
Le poids du tourisme dans l’emploi salarié total est particuliè-les activités de loisirs avec respectivement 25,5 % et 9,7 %
rement élevé dans les zones de « Sud Haute-Marne » (4,5 %),des effectifs salariés. Le secteur des loisirs emploie plus de 300
d’« Épernay, Montagne de Reims et Brie champenoise »salariés, 37 % des effectifs régionaux, notamment dans le parc
(3,9 %) et de « Troyes et sa zone touristique » (3,5 %). Il est led’attractions Nigloland et dans les activités sportives et récréa-
plus bas dans la « Plaine champenoise et Argonne marnaise »tives implantées autour des lacs.
(2,0 %).Dans la Marne, 5 335 personnes travaillent dans les activités
La restauration est davantage représentée dans les territoirestouristiques, soit 2,7 % des salariés du département. La restau-
urbains. Dans la zone de « Reims et sa région », 45 % desration et l’hôtellerie dominent avec 72 % des emplois salariés
salariés du tourisme exercent leur activité dans un restaurant,touristiques, contre 58 % en Champagne-Ardenne et 54 % en
contre 30 % pour l’ensemble de la région et 14 % pour la zoneFrance métropolitaine. Le commerce emploie deux fois moins
« Ardennes hors Vallée de la Meuse et Charleville-Mézières ».de salariés que l’hôtellerie ou la restauration.
A l’inverse, les emplois du secteur du commerce induits par laLe tourisme ardennais induit 1 930 emplois, soit 2,4 % des sala-
fréquentation touristique se trouvent plus souvent dans lesriés du département. La fréquentation touristique dans les Arden-
espaces ruraux. Dans le « Sud et Ouest Aubois » et les deuxnes fournit davantage d’emplois dans le commerce, près de 700
zones touristiques ardennaises, plus du tiers des salariés dusalariés, que dans les autres activités à travers principalement les
tourisme exercent leur activité dans un commerce. Avec 26 %supérettes et les supermarchés. Comme en Haute-Marne, les
d’emplois salariés touristiques dans le commerce, « Troyes ethébergements en campings et gîtes sont mieux représentés qu’en
sa zone touristique », plutôt urbaine, fait exception du fait demoyenne régionale, même s’ils occupent peu de salariés. La res-
la présence des nombreux magasins d’usine.tauration ne constitue que 16 % des emplois salariés touristiques
La zone d’« Épernay, Montagne de Reims et Brie Champe-du département et l’hôtellerie 22 %.
noise » est davantage tournée vers l’hôtellerie avec 38 %
des salariés du tourisme. Pour
Emplois touristiques dans les territoires les « Grands Lacs » et le « Sud
Haute-Marne », ce secteur cons-
Unité : nombre Salariés Non salariés Ensemble
titue également le premier
Reims et sa région 3 060 490 3 550 employeur. Pour ces deux zones,
Troyes et sa zone touristique 2 100 295 2 395 les loisirs contribuent fortement
Sud Haute-Marne 1 580 275 1 855 à l’emploi, avec plus d’un salarié
Epernay-Montagne de Reims et Brie Champenoise 1 240 270 1 510 sur dix. Elles regroupent respec-
Les Grands Lacs 1 225 245 1 470 tivement 27 % et 20 % des
Vallée de la Meuse et Charleville-Mézières 1 160 235 1 395 effectifs régionaux des loisirs,
Plaine Champenoise et Argonne Marnaise 780 160 940 alors qu’elles ne représentent
que 10 % et 13 % des emploisArdennes hors Vallée de la Meuse et Charleville-Mézières 740 230 970
salariés liés à la fréquentationSud et Ouest Aubois 690 195 885
touristique en Champagne-Champagne-Ardenne 12 475 2 380 14 855
Ardenne.Sources : Insee, DADS 2005, Recensement de la population 1999 et Répertoire des entreprises et des établissements (Sirene)
Avertissement : compte-tenu de la méthode d’estimation des emplois du tourisme, la somme des emplois - qu’ils soient salariés
ou non salariés - des neuf zones touristiques n’égale pas celle de la région.
Insee flash Champagne-Ardenne n° 98 2Emplois salariés du tourisme dans les zones touristiques
Une part de non salariés plusde Champagne-Ardenne
élevée dans les Ardennes
Vallée de la Meuse et
Charleville-Mézières
La part des non salariés dans l’activité touristique est plus élevée
LUXEMBOURG
Picardie dans les Ardennes avec 20,5 % des emplois. Elle est moinsBELGIQUE
Emplois salariés touristiques importante dans l’Aube (14,5 %) et la Marne (15,2 %), et se situe
3 060 dans la moyenne régionale en Haute-Marne (16,1 %).
Ardennes hors Vallée
de la Meuse et Les spécificités « touristiques » des départements peuvent expli-1 020 Charleville-Mézières
quer ces écarts. Pour la Marne, les grandes structures hôtelières
Part de l'emploi salarié et de restauration situées sur Reims et ses environs fournissent
touristique dans l'emploi
de nombreux emplois salariés. Dans les Ardennes, la part plussalarié total en %Reims et
sa région élevée du commerce dans l’activité touristique majore le poids du
3.4Plaine Champenoise et non-salariat. Au contraire, dans l’Aube, les activités de loisirs, auArgonne marnaise 2.9
Epernay, taux de salariat plus élevé, renforce le poids des salariés.
Montagne de Reims
Champagne-Ardenne : 2,9 %et Brie champenoise Comme pour les emplois salariés, la composition par grande acti-
France métropolitaine : 4,4 %
vité des emplois non salariés induits par le tourisme est très dif-
Lorraine férente d’une zone géographique à l’autre. Pour « Reims et sa
Les Grands Lacs région », caractérisée par un fort tourisme d’affaires, l’hôtellerie
représente 31 % des emplois non salariés et la restauration
Sud et Ouest aubois 39 %. Avec la présence de nombreux magasins d’usine, 43 %
des emplois non salariés de « Troyes et sa zone touristique » sont
localisés dans le commerce et seulement 7 % dans l’hôtellerie.
Sud Haute-Marne La concentration des non salariés sur les trois principales activi-
Troyes et tés, hébergement, commerce et restauration, est particulière-sa zone touristique
ment importante pour « Reims et sa région » (95 %), les
« Ardennes hors Vallée de la Meuse et Charleville-Mézières »
(96 %) et le « Sud et Ouest Aubois » (98 %). Dans chacune de ces
Bourgogne Franche- zones, les loisirs et les autres activités touristiques représentent
Comté
Sources : Zonage CRT - Données Insee, DADS 2005 moins de 5% des emplois non salariés.
L’emploi non salarié est mieux réparti géographiquement que
l’emploi salarié. Les deux plus importantes zones touristiques,Le commerce, première activité
« Reims et sa région » et « Troyes et sa zone touristique », ras-des non salariés
semblent 41 % des emplois salariés touristiques et seulement 33
% des non salariés. Néanmoins, le poids du non-salariat dans
Les 2 380 emplois non salariés sont davantage concentrés
l’emploi touristique évolue fortement d’une zone à l’autre. La partque les salariés sur les trois principales activités touristiques -
des non salariés dans l’emploi touristique est plus élevée danshébergement, restauration et commerce - avec 93 % des
les zones rurales comme les « Ardennes hors Vallée de la Meuse
effectifs, contre 84 % des salariés. Les activités de loisirs,
et Charleville-Mézières » (23,7 %) et le « Sud et Ouest Aubois »sportives et récréatives, et celles liées partiellement au tou-
(22,0 %). Avec 14,8 %, elle est plus faible dans le « Sudrisme comme les transports fluviaux se font encore plus rares
Haute-Marne », plutôt rural, où le tourisme thermal et le casino
parmi les non salariés que les salariés, avec l’équivalent de
de Bourbonne-les-Bains renforcent le poids du salariat. Pour «seulement 135 emplois.
Reims et sa région » (13,8 %) et « Troyes et sa zone touristique »,Les non salariés du tourisme sont plus souvent des commer-
la part des non salariés n’excède pas 14% de l’emploi touris-
çants que des restaurateurs ou des hôteliers. Parmi les 905
tique.commerçants, les trois quarts dirigent un café, une boulan-
gerie ou un commerce de détail non alimentaire.
Audrey Déjoie-Larnaudie, Olivier Karquel
Emplois touristiques dans les départements
Champagne-
Ardennes Aube Marne Haute-Marne
Unité : nombre Ardenne
salariés 500 760 1 905 695 3 860
Hébergement*
non salariés 85 110 265 125 585
salariés 315 935 1 995 440 3 685
Restauration
non salariés 115 195 345 100 755
salariés 685 820 935 515 2 955
Commerce
non salariés 260 210 300 135 905
salariés 435 705 500 335 1 975
Autres**
non salariés 35 35 45 20 135
salariés 1 935 3 220 5 335 1 985 12 475
Ensemble des activités
non salariés 495 550 955 380 2 380
Sources : Insee, DADS 2005, Recensement de la population 1999 et Répertoire des entreprises et des établissements (Sirene)
* Hébergement : Hôtels, campings, gîtes, auberges de jeunesse…
** Autres : offices de tourisme, parcs d'attractions et casinos, gestions du patrimoine culturel et naturel, thermes et thalassothérapie, activités sportives et récréatives, transports flu-
viaux, banques, coiffure...
3 Insee flash Champagne-Ardenne n° 98
©IGN - Insee 2008>> Un pic estival plus marqué dans l’Aube et la Haute-Marne
En Champagne-Ardenne, 2 645 salariés
Saisonnalité de l'emploi salarié touristique
supplémentaires sont employés pendant la période
estivale de juillet-août par rapport à la moyenne
annuelle, soit 21 % de plus.
La saisonnalité est davantage marquée en
Haute-Marne et dans l’Aube que dans la Marne et les
Ardennes. L’Aube emploie 950 salariés de plus en
période estivale. En Haute-Marne, le recrutement de
salariés pour la période d’été est également important
avec 535 salariés. En revanche, l’écart n’excède pas
780 emplois dans la Marne, et 315 dans les Ardennes.
La saisonnalité est particulièrement forte dans la zone
des « Grands Lacs » où le nombre de salariés
augmente de 42 % entre les deux mois d’été et la
moyenne annuelle. Elle est beaucoup moins marquée
dans les trois zones de « Reims et sa région », des
« Ardennes hors Vallée de la Meuse et
Charleville-Mézières », et d’« Épernay, Montagne de
Reims et Brie champenoise » avec respectivement
11 %, 12 % et 15 % de salariés supplémentaires.
> Méthodologie
Méthode d'estimation de l'emploi salarié touristique :
Selon la méthode mise en place par l’Insee, un établissement est qualifié de « touristique », et son emploi comptabilisé en « touristique », en fonction
du caractère plus ou moins touristique de son activité et du niveau d’équipement de la commune. En fonction de ces deux critères, activité
de l’établissement et localisation, des règles de décision permettent de déterminer quelle part de l’emploi de l’établissement - de tout l’emploi à aucun
emploi - est considérée comme liée au tourisme.
Règles de décision :
Type de commune
Type d’activité
Bien équipée Moyennement équipée Peu équipée
pour le tourisme pour le tourisme pour le tourisme
100 % touristique (ex. : hôtellerie) Tout l’emploi Tout l’emploi Tout l’emploi
Fortement touristique Emploi saisonnier Emploi saisonnier + partie de Aucun emploi
(ex. : restauration, café-tabac) + partie de l’emploi permanent l’emploi permanent
Moyennement touristique Emploi saisonnier Emploi saisonnier Aucun emploi
(ex. : supermarchés, hypermarchés) + partie de l’emploi permanent
Faiblement touristique Emploi saisonnier Aucun emploi Aucun emploi
(ex. : commerce de détail, habillement)
Non touristique (ex. : industrie) Aucun emploi Aucun emploi Aucun emploi
Pour permettre des comparaisons géographiques pertinentes, les activités en lien avec le tourisme mais non avec la fréquentation touristique du
territoire analysé sont exclues (agences de voyages pour des séjours à l’étranger ou fabrication de caravanes par exemple). Par ailleurs, comme
toutes les autres activités, celles qui ont été retenues induisent des emplois dans le reste du système économique. Ces emplois induits ne sont pas
comptabilisés dans cette évaluation. Ainsi, l’ouverture d’un commerce de détail saisonnier est prise en compte, mais les « induits » par cette
ouverture, par exemple dans le commerce de gros, ne sont pas retenus.
Par convention, n’ont été considérées comme « potentiellement touristiques » que les activités produisant des services. Ainsi, les emplois en lien
avec la fréquentation touristique situés dans les maisons de champagne, qui relèvent du secteur de l’industrie, ne sont pas comptabilisés.
Méthode d’estimation de l’emploi non salarié touristique :
L’activité non salariée consacrée au tourisme comprend l’activité des hôteliers, restaurateurs, commerçants, et toute autre activité potentiellement
touristique. La méthode d’estimation utilisée ici pose l’hypothèse que pour une activité, la part de l’emploi non salarié consacrée au tourisme équivaut
à la part de l’emploi salarié lié au tourisme et calculée selon la méthode ci-dessus.
Par exemple : 1 457 boulangers non salariés exercent en Champagne-Ardenne. La part de l’emploi salarié des boulangeries liée au tourisme étant
estimée à 14,3 %, on estime à 1 457 x 14,3 % l ’emploi non salarié de boulanger consacré au tourisme, soit 209 personnes.
INSEE, direction régionale de Champagne-Ardenne
10, rue Edouard Mignot - 51079 Reims Cedex - Tél. : 03 26 48 60 00
Directeur de la publication : Dominique Perrin, directeur régional de l’INSEE
Chef du Service Études et Diffusion : Françoise Courtois-Martignoni
Rédacteur en chef - Communicaton externe : Clarisse Lefèvre
Secrétaire de fabrication : Stéphanie Michel - Création de l’image visuelle : 5pointcom
Imprimeur : Le Réveil de la Marne, 51204 Épernay
© INSEE-2008 ISSN 1277-5649 - Code SAGE : FLA089860 -Dépôt légal Décembre 2008
Insee flash Champagne-Ardenne n° 98 4

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