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Les revenus des Bretons pendant la crise de 2009 : davantage de pauvreté et d’inégalités qu’avant mais moins qu’ailleurs (Octant Analyse n° 27)

De
6 pages
La crise de 2009 a touché avec plus d’acuité les populations aux revenus modestes. Ce constat se vérifie en Bretagne mais encore plus au niveau national. De ce fait, la Bretagne conforte, avec les Pays de la Loire, sa position de région la moins inégalitaire et la moins exposée à la pauvreté. Au niveau local, les grands pôles urbains, qui abritent les populations aux plus bas revenus, ont particulièrement souffert, tandis que les couronnes périurbaines et les pôles de taille moyenne ont mieux résisté.
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INSEE BRETAGNE
Octant Analyse
Numéro 27 - Janvier 2012Revenus
salaires
Les revenus des Bretons pendant la crise de 2009 :
davantage de pauvreté et d’inégalités qu’avant
mais moins qu’ailleurs
La crise de 2009 a touché avec plus d’acuité les populations aux revenus
modestes. Ce constat se vérifie en Bretagne mais encore plus au niveau national.
De ce fait, la Bretagne conforte, avec les Pays de la Loire, sa position
de région la moins inégalitaire et la moins exposée à la pauvreté.
Au niveau local, les grands pôles urbains, qui abritent les populations
aux plus bas revenus, ont particulièrement souffert, tandis que
les couronnes périurbaines et les pôles de taille moyenne ont mieux résisté.
a crise actuelle a produit ses premiers effets visi- ont également moins progressé (+ 1,3 % par rapport à
bles en 2009. Cette année-là, au niveau national, l’année précédente pour le revenu médian par unité de
2Ll’activité s’est contractée (– 2,7 % pour le PIB) et consommation contre + 3,4 % entre 2007 et 2008).
le chômage a augmenté passant de 7,4 % à 9,1 % de la Avec un revenu médian de 18 080 € en 2009, la Bre-
e epopulation active. Globalement, les revenus des ména- tagne se classe au 7 rang des régions françaises (8
1ges ont moins progressé qu’auparavant et le taux de rang en 2008).
pauvreté s’est élevé de 0,5 point, touchant 13,5 % de la
population.
1- Cette progression se rapporte aux ménages considérés dans leur globalité.La Bretagne n’a pas échappé à ce contexte, la chute de
Elle n'implique pas qu'une majorité d'entre eux ait connu une augmentation de
l’activité s’accompagnant d’une perte de 18 000 em- leur revenu.
plois. Les revenus déclarés par les ménages bretons 2- Cf définitionsLe revenu des ménages augmentation de 3,3 % entre 2007 et 2008. quasiment tous les territoires, s’échelonnant
les plus modestes diminue Cette baisse est propre à cette catégorie de de – 0,5 % en Auvergne à – 3,6 % dans le
mais moins qu’au niveau national ménages car les seuils de revenus délimitant Nord-Pas-de-Calais. Quelques départe-
Dans l’ensemble, cette crise est plus vive- les autres franges de la population ont aug- ments disséminés ici et là enregistrent toute-
ment ressentie par les ménages les plus mo- menté, moins cependant que l’année fois une évolution positive mais ces augmen-
erdestes. Pour la première fois, la valeur du 1 précédente. tations sont très limitées, en deçà de 1 % sauf
décile, le seuil de revenus en-deçà duquel se pour les départements de Corse, du Cantal
trouvent les 10 % des ménages bretons les Ce repli reste toutefois plus faible qu’au ni- et des Alpes-de-Haute-Provence.
plus défavorisés, a diminué de 1 % après une veau national où il atteint 1,8 %. Il concerne
La prise en compte des prestations sociales
dans le revenu relativise légèrement ce cons-
Le quart nord-est du pays plus durement touché tat. Un breton sur dix vit avec moins de 924 €
Évolution du premier décile de revenus entre 2008 et 2009 par département par mois en 2009, prestations comprises,
contre 929 € en 2008.
Bretagne et Pays de la Loire :
les régions les moins exposées
à la pauvreté et aux inégalités
Dans ce contexte difficile, le taux de pauvreté
augmente sensiblement. En Bretagne,
11,2 % des personnes vivent sous le seuil de
pauvreté en 2009, contre 10,8 % en 2008.
Avec les Pays de la Loire et l’Alsace, la ré-
gion reste cependant la moins exposée. De
plus, la pauvreté y est moins intense dans la
mesure où les ménages les plus modestes
disposent souvent de revenus plus proches
du seuil de pauvreté qu’ailleurs.
Pauvreté et inégalités vont généralement de
pair. Les régions du Grand-Ouest, aux popu-
lations traditionnellement plus homogènes
en termes de revenus, voient leur position
En % confortée en 2009. Les inégalités y ont moins
4,7
progressé qu’ailleurs comme en témoignent0
–0,8 erles évolutions constatées de la valeur du 1
–1,8
–3,1 décile de revenus. La Bretagne et les Pays
– 4,8
de la Loire sont ainsi les régions où la struc-
Bretagne : –1,0 %
ture des ressources s’éloigne le moins d’une
France métropolitaine : –1,8 %
répartition théorique qui assurerait une par-
faite égalité de revenus entre tous.Source : Insee-DGFIP, revenus fiscaux localisés des ménages 2008 et 2009
A l’inverse, c’est en Ile-de-France que les
inégalités sont les plus marquées, en partieUn tassement de la progression des revenus encore plus marqué au niveau national
du fait de l’importance des hauts revenus. LaComparaison de l'évolution des déciles de revenus entre 2008-2009 et 2007-2008
moindre amplitude des inégalités danspour laBretagne et la France métropolitaine (en %)
l’Ouest se retrouve également en comparant
4
le seuil de revenus au-dessus duquel figurent
les 10 % des ménages les plus aisés (appelé
3 e9 décile) au seuil en-deçà duquel figurent les
er10 % des ménages les plus défavorisés (1
2
décile). Le rapport entre ces seuils (rapport
interdécile) est en effet de 4,1 en Bretagne,
1 contre 5,6 au niveau national et 7,3 en
Ile-de-France. Cela tient à la fois au carac-
er0 tère relativement élevé du 1 décile (8 118 €
annuels en Bretagne contre 6 667 € au ni-
Bretagne 2008-2009 Bretagne 2007-2008 e
-1 veau national) et relativement bas du 9 dé-
France 2008-2009 France 2007-2008 cile (33 330 € en Bretagne contre 37 163 €
au niveau national). Faire partie des ména--2
d1 d2 d3 d4 d5 d6 d7 d8 d9 ges les plus défavorisés ne recouvre donc
pas les mêmes réalités selon que l’on seSource : Insee-DGFIP, revenus fiscaux localisés des ménages 2007 à 2009
2 Insee Bretagne - OCTANT Analyse n° 27 - Janvier 2012
© IGN - Insee 2012Moins d'inégalités et de pauvreté en Bretagne
erComparaison de l'évolution du revenu médian, du 1 décile et du rapport interdécile entre 2008-2009 et 2007-2008
erRevenu Évolution (en %) 1 Évolution (en %)
Rapport interdécileermédian du revenu médian décile du 1 décile
2009 2009
(en €) entre 2008 et 2009 entre 2007 et 2008 (en €) entre 2008 et 2009 entre 2007 et 2008 en 2009 en 2008 en 2007
Bretagne 18 080 1,3 3,4 8 118 – 1,0 3,3 4,1 4,0 4,0
France
18 355 1,2 3,6 6 667 – 1,8 3,2 5,6 5,4 5,4Métropolitaine
Province (hors
17 858 1,3 3,7 6 705 – 2,0 3,3 5,2 5,0 5,0Ile-de-France)
Source : Insee-DGFiP, revenus fiscaux localisés des ménages 2007 à 2009
place dans le contexte régional ou national. Il 2007, le chômage a entamé en effet une Bretagne qu’au plan national. Si la part des
en va de même pour les ménages les plus hausse ininterrompue de début 2008 jusqu’à revenus non salariés baisse régulièrement,
aisés. la fin 2009. L’augmentation de la part des in- la chute a été plus prononcée en 2009, cette
demnités de chômage dans le revenu entre part passant de 7,4 % à 6,6 %. De même, les
Ni très pauvres, ni très riches, les régions du 2008 et 2009 a quasiment compensé la revenus du patrimoine, qui représentent une
Grand-Ouest se caractérisent par des salai- baisse de celle des revenus d’activités sala- part plus importante du revenu des plus
res en moyenne un peu plus faibles qu’ail- riées, au niveau national comme dans la ré- aisés, se sont érodés.
leurs, mais également par un niveau élevé de gion. Cependant, si les indemnités de chô-
l’activité féminine. Dans ces régions à faibles mage prennent en partie le relais des Enfin, en Bretagne comme au niveau natio-
taux de chômage, nombreux sont les ména- salaires dans un premier temps, cette nal, la part des pensions, retraites et rentes
ges disposant de deux salaires, ce qui les situation ne peut être que temporaire. dans le revenu total a davantage progressé
préserve des risques de pauvreté. qu’entre 2007 et 2008, alors même que le
Par ailleurs, les non-salariés ont été particu- nombre de ménages retraités a moins aug-
La part des salaires en baisse, lièrement touchés, davantage encore en menté qu’auparavant. La baisse des autres
les indemnités de chômage
enhausse
Principal rempart contre la pauvreté, l’emploi Des inégalités moins prononcées dans l’Ouest
ne constitue pourtant pas le seul vecteur de Rapport interdécile en 2009 par département
revenus pour les ménages. L’impact de la
crise, vite perceptible sur l’activité écono-
mique, peut donc être moins tangible et plus
tardif s’agissant des ressources des
ménages.
L’emploi breton, qui a atteint un niveau haut
début 2008, s’est ensuite érodé dans le cou-
rant de l’année (– 1 500 emplois) avant de
chuter plus fortement en 2009 (– 15 900 em-
plois) et de retrouver un peu de dynamisme
en 2010. Dans ce contexte, les revenus d’ac-
tivité n’ont contribué que pour un cinquième
seulement à l’augmentation globale de la
masse des revenus entre 2008 et 2009,
contre plus de la moitié l’année précédente.
De même, entre 2008 et 2009, le nombre de
ménages déclarant des revenus d’activités
salariées a diminué de 1,4 % en Bretagne,
alors qu’il s’était accru auparavant de 2,7 %.
La part des revenus d’activités salariées
dans le revenu total a ainsi baissé, comme au 11,4
6,3niveau national.
5
4,5
3,6
En parallèle, le nombre de ménages décla-
Bretagne : 4,1
rant des indemnités de chômage a nettement
France métropolitaine : 5,6
augmenté (+ 7,7 %, soit environ 15 000 mé-
nages). En baisse continue depuis le début Source : Insee-DGFIP, revenus fiscaux localisés des ménages 2009
Insee Bretagne - OCTANT Analyse n° 27 - Janvier 2012 3
© IGN - Insee 2012types de revenus explique cet apparent pa- Les revenus les plus élevés figurent dans la entre 2008 et 2009 tandis que celui des au-
radoxe. Les pensions et retraites représen- tranche d’âge des 50-59 ans: en effet, cette tres locataires a stagné et celui des
tent 28 % du revenu déclaré breton en 2009 période de la vie correspond aux revenus de propriétaires progressé de 1,4 %.
contre 27,1 % en 2008. fin de carrière active et au départ des enfants
qui ne sont ainsi plus à la charge des parents. La dégradation est encore plus flagrante
Les jeunes ménages Cependant, depuis 2007, et quel que soit le pour les locataires les plus modestes du sec-
eret les locataires du secteur social niveau de revenu, les évolutions sont plus fai- teur social: la valeur du 1 décile de revenus
particulièrement touchés bles. Entre 2008 et 2009, tous les déciles de chute de 22,1 % en Bretagne, soit davantage
En Bretagne, comme au niveau national, tou- cette classe ont, au mieux, stagné. qu’au niveau national (– 11,3 %) et pour la
tes les classes d’âge sont affectées par une France de province (– 16,6 %). Les locatai-
rupture dans l’évolution des revenus entre Très logiquement, le taux de pauvreté des res à très faibles revenus hors secteur social
2008 et 2009. Toutefois, les des mé- plus jeunes (moins de 18 ans) a fortement sont également affectés, à un degré moindre,
nages de plus de 60 ans ont logiquement augmenté, passant de 12,5 % à 13,4 % en par une baisse de leur revenu. Cette diminu-
mieux résisté : ils sont en effet constitués Bretagne. Ce taux reste néanmoins le plus tion est en outre moins importante en Bre-
pour une large part de retraites, même si la faible de toutes les régions, devant les Pays tagne (– 4,1 % dans la région contre – 6 %
baisse des revenus du patrimoine que ces de la Loire (14,4 %). Il s’établit désormais à pour la métropole et – 7,6 % pour l’ensemble
ménages ont pu se constituer a pu avoir un plus de 18 % pour la métropole. La pauvreté hors Ile-de-France).
impact négatif. Il n’en a pas été de même augmente également fortement pour les per-
La crise davantage perceptiblepour les jeunes ménages et particulièrement sonnes de 18 à 29 ans, de 11,4 % à 12,2 %,
dans les grands pôles urbainsles plus modestes d’entre eux, qui ont vu leur mais, là encore, la Bretagne est loin des ni-
et les communes isoléesrevenu chuter (– 7,2 % en Bretagne et même veaux nationaux (15 %). Enfin, la pauvreté
– 11,3 % au niveau national) après avoir déjà est en baisse pour les plus âgés (de 11,1 % à L’impact de la crise n’est pas uniforme sur les
peu augmenté (+ 1 %) entre 2007 et 2008. 10,8 %), la Bretagne restant, sur ce point, territoires bretons. Globalement, sur les zo-
dans le milieu de tableau. nes côtières, les retraites en ont amorti les ef-
En corollaire, les inégalités se sont davan- fets en pesant dans l’augmentation des reve-
tage accrues pour les jeunes ménages que Les disparités observées par niveau de res- nus, alors que les salaires se sont essoufflés.
pour les plus âgés. En 2009, le rapport inter- sources et tranche d’âge se reflètent assez A contrario, dans l’intérieur des terres, sou-
décile des ménages bretons de moins de 30 naturellement chez les occupants des diffé- vent dans les zones les plus agricoles, les re-
ans est de 5,1 contre 4,7 en 2008. Cette am- rents segments du parc de logements. Si nul venus des indépendants (revenus issus des
plitude demeure toutefois inférieure à celle n’a été épargné par la crise, les locataires du bénéfices) ont particulièrement souffert.
du niveau national (7,5 en 2009 après 6,6 en secteur social ont été particulièrement tou- Au-delà de ces grandes tendances, les
2008). chés: leur revenu médian a baissé de 0,8 % conditions locales, qu’il s’agisse de difficultés
Les populations des grands pôles urbains et des communes isolées ont le plus souffert
Comparaison de l'évolution des revenus par type d'espace entre 2008 et 2009
er eÉvolution du 1 décile Évolution du revenu Évolution du 9 décile
Rapport interdécile Rapport interdécile
entre 2008 et 2009 médian entre 2008 entre 2008 et 2009
en 2009 en 2008
(en %) et 2009 (en %) (en %)
Bretagne France Bretagne France Bretagne France Bretagne France Bretagne France
Grands pôles (plus de
– 2,5 – 2,3 1,4 1,3 0,9 0,9 5,2 6,9 5,0 6,610 000 emplois)
Couronne
– 0,2 – 0,1 1,3 1,3 0,7 0,8 3,4 3,9 3,4 3,9des grands pôles
Multipolarisé
– 1,0 – 1,3 1,2 1,1 0,9 0,8 3,7 4,1 3,6 4,0des grands pôles
Moyens pôles (5 000
0,6 – 2,5 1,5 1,1 0,6 1,0 4,0 5,2 4,0 5,0à 10 000 emplois)
Couronne
0,7 – 1,2 1,4 1,2 0,2 0,6 3,5 3,7 3,5 3,6des moyens pôles
Petits pôles urbains
(moins de 5 000 – 0,7 – 2,7 1,3 1,2 0,6 0,9 3,9 4,9 3,9 4,7
emplois)
Couronne
n.d. – 0,4 n.d. 1,4 n.d. 0,9 n.d. 3,9 n.d. 3,8des petits pôles
Autre multipolarisé – 1,3 – 1,4 1,0 1,0 0,4 0,6 3,7 4,1 3,6 4,0
Communes isolées hors
– 2,0 – 1,7 1,1 1,3 0,5 1,0 4,1 4,8 4,0 4,6influence des pôles
Source : Insee-DGFiP, revenus fiscaux localisés des ménages 2008 à 2009
n.d.: données non disponibles
4 Insee Bretagne - OCTANT Analyse n° 27 - Janvier 2012Des diminutions de revenus plus importantes dans les pôles urbainséconomiques d’un établissement, d’un
moindre recours à des prestations de servi- aux populations les plus défavorisées
er
Montant en euros et évolution entre 2008 et 2009 du 1 décile de revenusces ou d’un recul des activités de construc-
tion, ont aussi pu avoir des impacts spécifi- pour les grands pôles urbains bretons
ques. Les revenus peuvent évoluer de 1
manière très diverse sur des territoires
Saint-Malo Lannionpourtant géographiquement proches. 0
Auray
MorlaixLa crise a été la plus fortement ressentie
-1
Quimperdans les deux types d’espaces où vivent le
Saint-Brieuc
Vannesplus de personnes à faibles revenus : les
VitréBrest-2grands pôles urbains et les communes hors Fougères
%influence urbaine, avec cependant des parti- Dinan
cularités locales. -3
Lorient
La chute des revenus des plus pauvres a ac- Redon
-4
cru les inégalités, plus particulièrement dans
Pontivy
Rennesles grands pôles urbains (de plus de 10 000
-5
emplois) qui concentrent les personnes les
Guingampplus sensibles aux aléas économiques. Le
er -6revenu des ménages du 1 décile y diminue
6 000 6 500 7 000 7 500 8 000 8 500 9 000de 2,5 %, soit une baisse semblable à l’en-
eurossemble des grands pôles urbains de métro-
Source : Insee-DGFIP, revenus fiscaux localisés des ménages 2008 à 2009pole, après une hausse de 2 % l’année pré-
cédente. Les revenus des plus modestes
diminuent dans quasiment tous les grands
erpôles de Bretagne. La baisse dépasse les très modestes, les inégalités augmentent revenu des ménages du 1 décile augmente
4 % pour quatre d’entre eux : Guingamp, peu. de 0,6 % contre une baisse 2,5 % parmi l’en-
Rennes, Pontivy et Redon. A Lorient, la semble des pôles métropolitains de même
baisse, un peu moins forte, atteint 3,6 %. Par Les couronnes des grands pôles urbains grandeur. L’évolution est analogue pour les
ailleurs, la crise a frappé plus fortement les sont des espaces plutôt homogènes en ter- couronnes qui entourent ces pôles de taille
revenus des Redonnais : les trois premiers mes de revenus. Comprenant moins de per- moyenne : le revenu des plus modestes y
déciles, regroupant les 30 % de la population sonnes en forte difficulté, le premier décile y progresse de 0,7 % tandis qu’au niveau na-
les plus modestes, ont diminué et les revenus est plus élevé. Celui-ci est en légère baisse tional la baisse du revenu est de 1,2 %. Tou-
ont globalement connu des hausses plus fai- (– 0,2 %) et les inégalités entre hauts et bas tefois, ces évolutions masquent une impor-
bles qu’ailleurs. revenus n’évoluent que très faiblement. tante hétérogénéité entre les aires urbaines
de taille moyenne regroupant ces pôles et
A Brest, Saint-Brieuc, Vannes, Fougères et Dans les communes isolées, les plus éloi- leur couronne. Les aires urbaines de Lam-
Dinan, les revenus des plus démunis ont gnées de l’influence d’un pôle d’emploi, le re- balle, Paimpol et Quimperlé sont notamment
erbaissé dans des proportions moindres. Les venu des plus modestes baisse de 2 %. C’est épargnées, le revenu des ménages du 1 dé-
évolutions s’étalent de – 2,5 % à Dinan à une évolution proche du niveau national cile y augmentant de plus de 2 % entre 2008
– 1,6 % à Vannes. A Vitré, qui comptait pour- (– 1,7 %), après une hausse de 2,4 % entre et 2009. Dans le pôle urbain de Paimpol, la
tant moins de bas revenus, la baisse atteint 2007 et 2008. présence importante de ménages retraités
1,9 %. (égale à 41 %, soit la plus forte part de toutes
Dans les petits pôles d’emploi et dans les les aires urbaines de taille moyenne) a,
Dans les pôles urbains de Quimper et Auray, communes dites multipolarisées, qui bénéfi- semble-t-il, permis d’atténuer les effets appa-
qui comptent relativement moins de faibles cient de la proximité de plusieurs pôles d’em- rents de la crise. Dans le pôle urbain lambal-
revenus, le premier décile connaît une baisse ploi, les revenus les plus faibles ont égale- lais, l’importance de l’industrie agroalimen-
inférieure à 1 %. A Lannion, le premier décile, ment subi l’impact de la crise, baissant de taire sur la zone et sa résistance aux effets
relativement élevé, reste quasiment stable. 1,3 % à 0,7 %. de la crise a vraisemblablement permis d’é-
pargner les ménages les plus modestes.
A Morlaix et surtout Saint-Malo, malgré une En revanche, dans les pôles bretons de taille
proportion plus forte de personnes à revenus moyenne (de 5 000 à 10 000 emplois), le LucileCros
Insee Bretagne - OCTANT Analyse n° 27 - Janvier 2012 5Définitions
Un ménage fiscal est un ménage ordinaire constitué par le regroupement des foyers fiscaux répertoriés dans un même logement.De ce fait, en sont ex-
clus :
• les ménages constitués de personnes ne disposant pas de leur indépendance fiscale (essentiellement des étudiants) ;
? les contribuables vivant en collectivités.
Le revenu fiscal correspondà la somme des ressources déclarées par les contribuables sur la déclaration des revenus avant abattement. Il comprend
quatre catégories de revenus :
? les revenus d'activités salariées (salaires, rémunération des heures supplémentaires et complémentaires, allocations de chômage et de prére-
traite, droits d'auteur, avantages en nature, indemnités de maladie, revenus perçus à l'étranger) ;
? les revenus des activités non salariées (revenus nets de déficits des indépendants comprenant les bénéfices agricoles, industriels et commer-
ciaux et non commerciaux) ;
? les retraites(hors minimum vieillesse), pensions d'invalidité, pensions alimentaires(déduction faite des pensions versées) et rentes viagères ;
? les autres revenus (essentiellement des revenus du patrimoine).
Le revenu fiscal est un revenu avant redistribution.
Le revenu disponible, après redistribution, est un revenu fiscal auquel on ajoute les revenus sociaux non déclarés(minima sociaux tels que RSA et mini-
mum vieillesse, prestations familiales, aides au logement) et où l'on soustrait les impôts directs (impôt sur le revenu et taxe d'habitation).
Le nombre d'Unités de Consommation(UC) d'un ménage permet de tenir compte des économies d'échelle résultant de la vie en groupe. Il est évalué
comme suit : le premier adulte compte pour 1 UC, les autres personnes de plus de 14 ans pour0,5 UC chacun, et les enfants de moins de 14 ans pour
0,3 UC chacun.
Le niveau de vie est égal au revenu disponible du ménage divisé par le nombre d'unités de consommation(UC). Le niveau de vie est donc le même pour
tous les individus d'un même ménage.
Le taux de pauvreté correspondà la proportion d'individus dont le niveau de vie est inférieurà un seuil de pauvreté(exprimé en euros). Le seuil de pau-
vreté est déterminé par rapportà la distribution des niveaux de vie de l'ensemble de la population. On privilégie en Europe le seuil de 60% du niveau de
vie médian.
La médiane du revenu fiscal par unité de consommation partage les personnes en deux groupes: la moitié des personnes appartientà un ménage dont
le revenu déclaré par unité de consommation est inférieur à la médiane et l'autre moitié un revenu par UC supérieur.
Si on ordonne une distribution de revenus, les déciles sont les valeurs qui partagent cette distribution en dix parties égales.
Ainsi, le premier décile est le revenu au-dessous duquel se situent 10% des revenus ; le neuvième décile est le revenu au-dessous duquel se situent90%
des revenus.
e erLe rapport interdécile est utilisé pour mesurer la dispersion du revenu. Il établit le rapport entre les hauts et les bas revenus (9 décile / 1 décile).
Le pôle urbain est une unité urbaine offrant au moins 10000 emplois et qui n'est pas située dans la couronne d'un autre pôle urbain. On distingue égale-
ment des moyens pôles (unités urbaines de 5 000 à 10 000) et les petits pôles (unités urbaines de 1 500 à moins de 5 000 emplois).
Pour en savoir plus
? Les niveaux de vie en 2009 / Philippe Lombardo, Éric Seguin, Magda ? Les conséquences de la crise sur l’emploi dans les régions / Stève La-
Tomasini. - Dans: Insee première ; n° 1365 (2011, août).-4p. croix. - Dans : Insee première ; n° 1295 (2010, mai). - 4 p.
? Disparités territoriales des revenus des ménages bretons / Catherine ? Les revenus des ménages entre 2002 et 2007 - Un rééquilibrage entre
Quesson ; Insee Bretagne. - Dans : Octant ; n° 118 (2010, mars). - P. territoires mais des disparités dans les pôles urbains / Anne-Thérèse
5-12. Aerts, Sandra Chirazi. - Dans : Insee première ; n° 1309 (2010, août). -
4p.? L’économie française comptes et dossiers: édition 2010: rapport sur les
comptes de la Nation 2009 / INSEE ; coordonné par Thierry Méot. - ? Insee (www.insee.fr)
2010. - 196 p. ? Insee Bretagne (www.insee.fr/fr/regions/bretagne)
? Bilan économique et social 2009 / Laurent Di Carlo, Valérie Mariette, Isa-
belle Roiseau ; Insee Bretagne. - Dans : Octant Analyse ; n° 3 (2010,
avr.). - 21 p.
INSEE BretagneDirecteur de la Publication : Michel Guillemet
36, place du Colombier
Rédacteur en chef : Jean-Marc Lardoux CS 94439
35044 RENNES Cedex
Composition : Jean-Paul Mer
Pour tout renseignement statistique :
erISSN 2105-1151 -© Insee 2012 - Dépôt légal: 1 trimestre 2012 09 72 72 40 00 (tarification appel local)
6 Insee Bretagne - OCTANT Analyse n° 27 - Janvier 2012

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