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Reims : les emplois métropolitains supérieurs... en quête de métropole Les emplois métropolitains supérieurs en Champagne-Ardenne : progression marquée à Reims, Epernay et Châlons-en-Champagne

De
6 pages
La Champagne-Ardenne totalisait un peu plus de 22 000 emplois métropolitains supérieurs en 1999. Ces fonctions, plutôt spécifiques des grandes villes, constituaient seulement 4,9 % de l'emploi dans les aires urbaines champardennaises, contre 6,4 % dans l'ensemble des villes de province. Avec 8 000 emplois métropolitains supérieurs, Reims arrive largement en tête des aires urbaines de la région. Entre 1990 et 1999, comparée à la moyenne des villes de province, la progression de ce type d'emplois a été plus lente en Champagne-Ardenne. Cette croissance aura été surtout favorable aux fonctions de recherche-enseignement.
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ARTICLE 5
 par Johara Khelif, INSEE
Champagne-Ardenne
LES EMPLOIS MÉTROPOLITAINS
SUPÉRIEURS EN CHAMPAGNE-
ARDENNE : PROGRESSION MARQUÉE
À REIMS, EPERNAY ET CHÂLONS-EN-
CHAMPAGNE
Le plus souvent, les forces et faiblesses économiques d’une ville ou
d’une zone sont présentées en faisant référence soit aux secteurs
Chiffres Clés
d’activité des entreprises et de leurs établissements, soit à la répartition
Champagne-Ardenne
des emplois selon leur niveau de qualifi cation. Une autre approche
 60% des EMS de Champagne-
peut également être retenue pour caractériser des agglomérations : Ardenne se concentrent dans les
aires urbaines de Reims, Epernay celle des « fonctions métropolitaines supérieures ». Elle complète
et Châlons en Champagne
l’analyse traditionnelle par secteur d’activité, en mettant en évidence  Les fonctions « Enseignement
supérieur et recherche » et des emplois plutôt spécifi ques aux grandes villes.
« Art » connaissent les plus En 1999, la France métropolitaine comptait environ 23 millions d’emplois,
forts taux de croissance
dont 1,8 million relevait des fonctions métropolitaines supérieures, soit
8%. C’est dans les 354 aires urbaines françaises que la proportion
est la plus élevée : 9% contre un peu moins de 3% dans l’espace
rural. Paris continue de jouer un rôle prédominant puisque la capitale
représente à elle seule 45% des emplois métropolitains supérieurs,
contre 22% des emplois.
La Champagne-Ardenne totalisait un peu plus de 22 000 emplois
métropolitains supérieurs en 1999. Dans les aires urbaines de la
région, ces fonctions constituaient seulement 4,9% de l’emploi contre
6,4% dans l’ensemble des villes de province. Cette faiblesse relative
refl ète la situation particulière de la Champagne-Ardenne. Qualifi ée
souvent de zone de passage, tiraillée entre le Bassin parisien et le
Grand Est, la région possède un tissu urbain moins dense que celui
de ses voisines. La proximité de Paris, fortement dotée en emplois
qualifi és (16% des emplois) engendre une sous-représentation de ce
type de fonctions dans le reste du Bassin parisien. Si l’on exclut la
capitale, le taux d’emplois métropolitains supérieurs y est seulement
de 5,4%.
Avec 117 000 emplois dont 8 000 qualifi és de métropolitains supérieurs,
Reims arrive largement en tête des aires urbaines de la région. En
1999, sa densité d’emplois supérieurs (6,9%) la plaçait au 25e rang
des villes françaises les mieux dotées en emplois stratégiques. Dans le
Bassin parisien, Reims compte proportionnellement plus d’emplois de
ce type que la moyenne. Avec des densités voisines de 5,5%, des villes
de taille comparable, comme Le Mans ou Amiens, se sont classées
ème ème28 et 32 . En revanche, la comparaison avec les grandes villes du
Nord et de l’Est est beaucoup moins à l’avantage de l’agglomération rémoise, Lille, Nancy, et Strasbourg étant sensiblement plus grandes
et accueillant environ 8% d’emplois métropolitains sur leur territoire.
Metz enregistre un taux métrde 5,8%, soit 1 point
de moins que Reims.
Parmi les aires urbaines françaises les mieux dotées en emplois, celle
de Troyes se classe à la 45ème place avec un effectif de 69 000, dont
seulement 3 000 sont métropolitains soit 4,4%. La deuxième grande
ville de la région accueille moins d’emplois de ce type que ne pourrait
le laisser supposer sa taille. Le caractère plutôt industriel (industries du
textile) de son économie, explique sans doute cela, ce secteur étant
Dunkerque Les Emplois
Taux d'emplois métropolitains
metropolitains en 1999 (en %)Saint-Omer
Lille supérieurs dans
8.5 les aires urbaines Douai-Lens
Maubeuge 5.5 du Grand EstCambrai
Fourmies 4
Amiens Saint-Quentin
Charleville-Mézières
Noyon Laon LongwyRethel
Beauvais Compiègne
Thionville
ReimsCreil Forbach (*)
Verdun Metz
Pont-à-MoussonChâlons-en-Champagne
Paris Sarrebourg
NancySaint-Dizier
Romilly-sur-Seine
Montereau-Fault-Yonne
Saint-DiéTroyes ÉpinalSens
ChaumontPithiviers Remiremont
Montargis Migennes Thann-CernayLangres
Auxerre BelfortLure
Gien
Montbéliard
Avallon Gray
Cosne-Cours-sur-Loire
Dijon
Besançon
Vierzon
Dole
Bourges BeauneAutunNevers Pontarlier
Source : Recensement de la population de1999
moins consommateur de main d’œuvre hautement qualifi ée. Comme la
plupart des villes industrielles, Charleville-Mézières connaît également
une densité d’emplois métropolitains inférieure à la moyenne des villes
de sa taille : 3,8% contre 4,2%.
Si l’emploi est avant tout concentré dans les villes, cela est encore plus
marqué dans le cas des emplois métropolitains supérieurs. Ainsi, dans
l’espace urbain champardennais, Reims et Troyes comptent plus des
deux-tiers des emplois métropolitains supérieurs pour à peine plus
d’un emploi sur deux. Si l’on ajoute Charleville-Mézières et Châlons-en
Champagne, les quatre plus grandes villes de la région rassemblent
alors 81% des emplois supérieurs pour 72% des emplois. Parmi les
aires urbaines plus petites, Epernay compte aussi un nombre notable
d’emplois supérieurs. Cette ville enregistre en effet un taux d’emplois
page 27stratégiques de 4,5% soit sensiblement la même densité que Châlons-
en-Champagne et Troyes.
Une progression de 11,3% en neuf ans
Dans un contexte de croissance modérée de l’emploi, les emplois
métropolitains supérieurs ont connu une forte progression en France :
+14,8% entre 1990 et 1999 contre +3,8% pour l’emploi total. La
dernière décennie a ainsi vu se créer quelques 215 000 emplois de
ce type. La hausse a avant tout profi té aux 15 aires urbaines déjà
les mieux dotées en 1990, soit Toulouse, Lyon, Strasbourg, Rennes,
Nantes, Bordeaux, Aix-Marseille, Lille, Orléans et Nancy. Mais, c’est
dans l’Ouest que la croissance des emplois métropolitains a obtenu
ses meilleurs scores, notamment à Rennes et à Nantes mais aussi au
Mans et à La Rochelle.

Evolution Cambrai
Evolutions entre 90 et 99 (en %)des emplois
Péronne
Amiens Charleville-Mézièresmétropolitains Saint-Quentin
16.7
entre 1990 et 1999 Sedan 7.2Longwy
Noyon Laon 0
Rethel
Beauvais
Compiègne ThionvilleSoissonsClermont Reims
Creil
Senlis Verdun SarregueminesMetz
Château-Thierry Épernay
Châlons-en-Champagne
Pont-à-Mousson
Paris Bar-le-Duc Sarrebourg
Vitry-le-François Toul
Nancy Lunéville
Saint-Dizier
Provins Romilly-sur-Seine
Saint-Dié
Nemours Troyes Épinal
Sens Chaumont Remiremont
Pithiviers
Joigny Guebwiller
Montargis
Langres Thann-CernayMigennes
Luxeuil-les-Bains
Auxerre Belfort
Lure
Gien VesoulSource : Insee - Recensements de la population 1990-1999
Avec 1 800 emplois métropolitains supérieurs créés depuis 1990 dans
les villes de Champagne-Ardenne, la progression a été plus lente
que la moyenne des villes de province : + 11,3% contre + 17,9%.
La faiblesse relative de ce mouvement se retrouve dans quasiment
toutes les régions situées à l’Est. Ce phénomène est encore plus
accentué dans le Bassin parisien, les villes de ces régions souffrant
de la proximité de Paris qui a concentré 40% des emplois supérieurs
supplémentaires créés entre 1990 et 1999.
Certaines villes de Champagne-Ardenne ont néanmoins connu
des évolutions supérieures à la moyenne nationale. Au cours de la
dernière décennie, les plus forts taux d’accroissement ont concerné
le triangle : Reims–Epernay-Châlons-en Champagne. Ces trois villes
concentrent désormais 60% des emplois supérieurs de l’espace urbain Emplois Emplois métropolitains supérieurs
Nom de l'aire urbaine
Nombre en Evol. Nombre Taux en Taux en Evol. Unité : nb et %
1999 90/99 en 1999 1999 1990 90/99
117 781 6,8 8 185 7,0 6,1 22,3Reims
69 338 -2,7 3 044 4,4 4,4 -2,1Troyes
42 265 0,4 1 587 3,8 3,7 2,3Charleville-Mézières
34 367 -0,7 1 634 4,8 4,2 12,2Châlons-en-Champagne
22 474 -0,4 590 2,6 3,0 -12,7Saint-Dizier
20 042 2,6 911 4,5 3,9 19,9Épernay
16 700 -0,5 592 3,5 3,3 7,2Chaumont
12 726 -4,2 369 2,9 2,4 16,8Vitry-le-François
9 794 -3,6 297 3,0 2,4 21,7Sedan
8 009 -12,4 201 2,5 2,2 0,5Romilly-sur-Seine
8 221 -0,2 277 3,4 3,4 0,4Langres
Rethel 5 503 -4,7 135 2,5 3,2 -26,6
Aires urbaines de
367 220 0,9 17 822 4,9 4,4 11,3
Champagne-Ardenne
13 413 501 5,6 858 916 6,4 5,7 17,9France de province
18 531 447 3,8 1 675 453 9,0 8,2 14,8France métropolitaine
Source : Insee - Recensements de la population de 1990 et 1999
Emplois métropolitains champardennais. À Reims, les emplois supérieurs ont augmenté de
supérieurs dans les 22,3% en neuf ans, contre une moyenne de +18,3% dans les grandes
aires urbaines de villes de France et +21,9% dans celles du Bassin parisien de taille
Champagne- Ardenne
comparable (offrant entre 45 000 et 150 000 emplois). Dans le même
temps, les villes de plus petite taille (offrant moins de 45 000 emplois)
enregistraient un accroissement moyen de 10,5% en France et de
seulement 7,5% dans le Bassin parisien, tandis qu’Épernay voyait
croître ses emplois supérieurs de 19,9% et Châlons-en-Champagne
de 12,2%.
Troyes, en revanche, n’a pas bénéfi cié de la hausse générale du niveau
des qualifi cations. Les emplois supérieurs comme tous les autres ont
baissé de plus de 2% en dix ans. Un taux d’emplois tertiaires inférieur
à la moyenne et la hausse du chômage sur l’ensemble de la décennie
expliquent en grande partie cette évolution.
Le cas de Charleville-Mézières est légèrement différent : les emplois
métropolitains ont légèrement progressé (+2,3%) tandis que l’ensemble
des emplois demeurait stable. Le même type de phénomène (emplois
stables et hausse modérée des emplois métropolitains supérieurs)
mais à une échelle plus petite se retrouve à Langres ou à Chaumont.
Dans certaines villes, si le nombre total d’emploi a diminué, celui des
emplois métropolitains a, en revanche, augmenté. Cela a été le cas
de Sedan et de Vitry-le-François dont la baisse des effectifs occupés
(-4% en neuf ans) s’est accompagnée d’une croissance de plus de
15% de ceux des fonctions supérieures. Enfi n, Saint-Dizier ou encore
Romilly-sur-Seine, traditionnellement industrielles, ont enregistré une
page 29Aire Urbaine Charleville- Champagne-
Reims Troyes Châlons Saint-Dizier Épernay Chaumont France
Unité : % Mézières Ardenne
Services aux
entreprises 23,8 23,8 28,9 19,6 14,2 21,7 29,6 23,3 31,6
Recherche 22,0 10,9 7,1 9,7 10,2 5,9 4,1 15,2 15,5
Commerce 12,8 14,3 14,5 10,9 10,5 8,3 12,8 12,8 11,4
Gestion dans
l'industrie 7,5 13,7 10,9 7,8 27,1 23,1 4,9 10,8 6,3
Banque-
Assurance 9,5 9,7 9,4 9,5 4,7 7,5 11,0 9,0 8,4
Art 7,6 7,5 8,3 5,4 9,0 6,3 8,1 7,5 6,7
Transports 5,6 5,2 8,4 11,0 8,6 7,6 6,9 7,0 5,9
Commercial
dans l'industrie 5,5 6,6 4,3 4,2 10,8 11,2 4,9 5,9 4,3
Télécom-
munications 2,6 5,0 6,7 19,0 1,4 4,9 13,5 5,4 4,3
Informatique 2,4 2,2 1,1 1,8 1,4 1,3 4,2 2,1 3,3
Information dans
l'industrie 0,7 1,2 0,3 1,0 2,0 2,2 0,0 1,0 2,0
Total 100 100 100 100 100 100 100 100 100
Source : Insee - Recensement de la population de 1999
baisse des emplois, qu’ils soient métropolitains supérieurs ou pas. Emplois métropolitains
supérieurs dans les Cependant, ces résultats sont à interpréter avec précaution puisqu’ils
aires urbaines de portent sur de très petits effectifs.
Champagne- Ardenne
Une croissance favorable aux fonctions de recherche-
enseignement
Parmi les quelques 1 800 emplois stratégiques supplémentaires que
comptaient les douze aires urbaines de Champagne-Ardenne en
1999, près de mille (977) ont été créés dans la fonction "enseignement-
recherche" et 520 dans la fonction “art”.
En 1999, les aires urbaines champardennaises totalisaient 2 700
emplois dans l’"enseignement-recherche", soit 56% de plus qu’en
1990. Reims, qui était déjà en tête au début de la décennie quatre-
vingt-dix a renforcé sa position : la ville a gagné 700 emplois de ce
type en neuf ans. Troyes a également bien tiré son épingle du jeu
en gagnant environ une centaine d’emplois dans l’"enseignement-
recherche". Si, dans la région, la densité de chercheurs demeure
encore en deçà de la moyenne nationale, ces évolutions traduisent
néanmoins le développement accru d’actions locales en faveur du
développement de la recherche. Ainsi, le renforcement de la présence
du pôle universitaire rémois, de la « Reims Management School » et
la création de l’Université de Technologie de Troyes sont autant de
facteurs illustrant ce phénomène.Bien qu’en faible nombre (824), les emplois supérieurs dans la fonction
“art” ont nettement augmenté au cours des années quatre-vingt-dix
(+63%). Les villes champardennaises ont, sans doute, ainsi commencé
à rattraper leur retard national dans ce domaine. Dans certaines aires
urbaines (par exemple à Rethel), cette fonction est quasiment la seule
à avoir gagné des effectifs.
Malgré ces évolutions, la fonction “service aux entreprises” reste la
fonction supérieure la mieux représentée dans la région. Avec 4 150
emplois en 1999, elle est désormais bien implantée dans les villes
de Champagne-Ardenne et constitue 23% du total des emplois
supérieurs. Elle est particulièrement importante à Charleville-Mézières
et à Chaumont, y contribuant pour environ un tiers des emplois
stratégiques. La croissance des emplois ayant été plus rapide dans
les services et notamment dans les fonctions supérieures, ceci s’est
traduit par une progression de l’ordre de 4% dans la fonction “services
aux entreprises”. L’augmentation est toutefois, bien inférieure à celles
enregistrées en moyenne dans les autres villes de l’hexagone (+19,7%),
l’écart résultant sans doute de la moindre dotation en emplois tertiaires
de la Champagne-Ardenne.
La présence de France Télécom à Chaumont et, surtout, à Châlons-
en-Champagne explique celle plus marquée dans ces villes d’emplois
dans la fonction “télécommunications”. De plus, l’installation d’un centre
de tri postal près de la capitale régionale a généré une quarantaine
d’emplois supplémentaires au cours de la dernière décennie.
Dans les secteurs industriels, Troyes, épernay, et dans une moindre
mesure Saint-Dizier, concentrent relativement plus d’emplois de
gestionnaires et de commerciaux. Dans le cas d’épernay (surtout des
postes de gestionnaires) cette situation est sans doute à rapprocher
de la forte présence d’entreprises de champagne, tandis que dans les
deux autres, elle refl ète leur caractère industriel.
Pour en savoir plus
- Les fonctions métropolitaines dans le Nord-Pas-de-Calais, Eric Vaillant et Philippe
Becquet, Nord-Pas-de-Calais Profi ls n°2, avril 2003.
- Metz et surtout Nancy : un rayonnement national, William Roos, Economie Lorraine
n°225, décembre 2002.
- Onze fonctions pour qualifi er les grandes villes, Philippe Julien, INSEE Première n°840,
mars 2002.
page 31

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