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L'impact de trois aides aux entreprises - Seules les entreprises les plus dynamiques en profitent vraiment

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L'aide aux investissements matériels des entreprises (FDPMI) accompagne le développement de PME performantes. Elle génère un surcroît de croissance qui profite à l'emploi. Globalement, les entreprises retenues dans le dispositif du FDPMI sont bien celles qui ont la capacité d'en tirer avantage. Pour les autres, la perte d'opportunité est faible ou nulle. L'aide aux investissements immatériels (ARC-FRAC) dope elle-aussi l'activité des bénéficiaires, avec un effet limité sur l'emploi. Les entreprises non aidées auraient probablement tout autant tiré parti des aides. Entre 1995 et 2004, les aides distribuées au titre de l'ARC, du FRAC et du FDPMI s'élèvent à plus de 34 millions d'euros et concernent plus de 660 entreprises bas-normandes.
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L'impact de trois
aides aux entreprises
Seules les entreprises
les plus dynamiques
en profitent vraiment
repères
Entre 1995 et 2004, les aides du économiques meilleurs que leurs
Fonds de développement des peti- consœurs non aidées. Ainsi, après
L’aide aux investissements ma- tes et moyennes industries ces deux ans, leur chiffre d’affaires
tériels des entreprises (FDPMI) (FDPMI), du Fonds régional d’aide et leur valeur ajoutée ont progres-
accompagne le développement de au recrutement de cadres (ARC) et sé à un rythme beaucoup plus ra-
PME performantes. Elle génère un du Fonds régional d’aide au conseil pide que ceux des entreprises non
surcroît de croissance qui profite à
(FRAC) ont été versées à plus de aidées, les écarts se chiffrant à
l'emploi.
660 entreprises pour un montant 14 % et à 12 %. En moyenne, les
total de 34,3
Globalement, les entreprises re- millions d’eu-
tenues dans le dispositif du ros. Ces aides
FDPMI sont bien celles qui ont la ont pour but de
capacité d’en tirer avantage. Pour soutenir l’inves-
les autres, la perte d'opportunité
tissement ma-est faible ou nulle.
tériel (FDPMI)
et immatériel
L’aide aux investissements (ARC-FRAC) des
immatériels (ARC-FRAC) dope entreprises.
elle-aussi l’activité des bénéficiai-
res, avec un effet limité sur l’em-
ploi. Les entreprises non aidées
auraient probablement tout autant Deux ans après
tiré parti des aides.
le versement
de l’aide, les
Entre 1995 et 2004, les aides entreprises
distribuées au titre de l’ARC, du subventionnées
FRAC et du FDPMI s’élèvent à plus par le FDPMI
de 34 millions d’euros et concer- affichent un
nent plus de 660 entreprises
grand nombre
bas-normandes.
d’indicateurs
cent pour cent - BASSE-NORMANDIE n° 154entreprises aidées ont donc large- L’impact des aides
ment profité de la subvention pour
gagner de nouveaux marchés et s’atténue en comparant
développer leur activité. Pour ac- De quoiles entreprises aidées etcompagner cette croissance, elles
parle-t-on ?ont aussi augmenté leurs effectifs. non aidées identiques
En effet, deux ans après avoir reçu
ou proches Le Fonds de Développementl’aide, la différence entre les deux
des PMI (FDPMI) aide les entre-groupes d’entreprises en terme de
prises à investir dans un outil decroissance de l’emploi, estimée à Cependant, la seule comparaison production plus technologique et à9 %, est nettement à l’avantage des évolutions moyennes des en- améliorer leur compétitivité. Son
des entreprises aidées. L’écart treprises aidées et non aidées ne montant est plafonné à 150 000
s’est d’ailleurs creusé au fil des an- suffit pas à identifier les effets des euros.
nées, passant de 3 % l’année du aides. La concentration des entre-
versement de l’aide, à 6 % l’année Le Fonds Régional d’Aide auprises aidées dans certaines zones
Conseil (FRAC)apourbutdefaci-suivante, puis à 9 %. En moyenne, géographiques et, surtout, dans
liter l’accès aux conseils extérieursl’impact de la subvention sur la certains secteurs d’activité (voir
afin d’ optimiser le management etcroissance de l’emploi paraît du- encadré) masque en partie l’im- le développement des entreprises
rable, même s’il est impossible de pact réel des aides. notamment dans les domaines du
le chiffrer au-delà de deux ans. La commercial, de l’évolution des
croissance de la valeur ajoutée produits, de la modernisation de la
Si on limite la comparaison entreétant supérieure à celle de l’em- production, de la qualité. Son
entreprises aidées et entreprisesploi, les entreprises aidées ont montant est plafonné à 30 000 eu-
non aidées ayant des caractéristi- ros.aussi gagné en productivité.
ques identiques en terme de sec-
Le Fonds Régional d’Aide auteur d’activité, de localisation, de
Recrutement des Cadres (ARC)tranche d’effectif salarié et de
doit permettre à l’entreprise, lors-
structure productive initiale (pro-L'effet du FDPMI a priori qu’elle a au moins deux ans d’exis-
ductivité, intensité capitalistique tence, de renforcer sa structure
plus visible que celui de ou encore effort d’investisse- d’encadrement pour accroître sa
ment), c’est-à-dire en raisonnant compétitivité. Les fonctions d’ac-l'ARC-FRAC
tion commerciale (marketing,hors “effets de structure”, les
vente...) de gestion (finance, res-écarts de croissance des chiffres
sources humaines...) ou encore ded'affaires et de la valeur ajoutéeLes entreprises subventionnées
production sont concernées parrestent importants (respective-par les dispositifs d'aide à l’inves-
cette aide. Son montant est pla-
ment 10 % et 8 % d'écart). En re-tissement immatériel (Fonds Ré- fonné à 20 000 euros.
vanche, en déduisant les effets degional d’Aide au Recrutement des
structure, l'impact du FDPMI sur laCadres et Fonds Régional d’Aide
au Conseil) ont aussi une crois-
sance moyenne plus vive que les croissance de l'emploi apparaît
(*) L’entreprise “ médiane ” est une entre-autres. Ainsi, deux ans après le moins nettement : le surcroît de
prise fictive coupant l'échantillon en deuxversement de la subvention, les des effectifs est en effet
parts égales, et évitant de prendre en
écarts de croissance du chiffre réduit des deux tiers par rapport àcompte des valeurs extrêmes ou très
d'affaires entre les entreprises ai- concentrées. l'observation brute, et plafonne à
dées par l'ARC-FRAC et les autres 3%.
entreprises s'élève à 6 %. L'écart
de croissance de la valeur ajoutée
est lui de 4 %. Les entreprises ai-
dées par l'ARC-FRAC affichent
donc des écarts de croissance plus
faibles que celles aidées par le
FDPMI, sans doute parce que le
montant moyen de l'aide est plus
faible (10 300 euros contre 48 000
euros par dossier d'aide). Enfin,
ces entreprises aidées ont égale-
ment augmenté leurs effectifs
dans des proportions supérieures
aux entreprises non aidées (+ 7 %
contre + 2 %). Mais si l'écart
moyen atteint 5 %, cette diffé-
rence de croissance des effectifs
est ramené à 2 % si l'on considère
(*)les entreprises “médianes” .
cent pour cent - BASSE-NORMANDIE n° 154Quant à l’effet des aides ARC-FRAC sure de l’impact réel des aides. Elle prises aidées et entreprises non ai-
sur les performances des entre- consiste à identifier l’effet spéci- dées aurait tendance à surestimer
prises, il apparaît assez faible lors- fique des aides, hors biais de sé- l’impact réel de l’aide, celui-ci
qu’on compare des groupes d’en- lection, c'est-à-dire une fois étant majoré par les bons résultats
treprises aux caractéristiques éliminés les facteurs qui différen- de départ des entreprises aidées.
identiques au départ. Les écarts cient les entreprises avant même Une trajectoire positive après le
observés au niveau de l’emploi et tout versement d'une aide et qui versement d’une aide pourrait
de la valeur ajoutée disparaissent expliquent en partie les évolutions donc n’être en fait, en totalité ou
même. La différence au niveau du différentes. En effet, toutes les en- en partie, que le prolongement
chiffre d’affaires est quant à elle treprises n'ont pas la même pro- d’une tendance préexistante. En re-
confirmée, mais l’écart de crois- babilité de demander telle ou telle vanche, si le dispositif visait à
sance entre entreprises aidées et aide (état du carnet de comman- compenser un handicap, les évolu-
entreprises non aidées est seule- des, présence ou non de projets, tions moyennes sous-estimeraient
ment de 3 %. niveau de productivité, etc.). En très certainement son impact réel.
outre, l’octroi des aides résulte
également de décisions, et donc En outre, la prise en compte du
La correction des effets de struc-
de critères propres à l’organisme biais de sélection permet de simu-
ture confirme les des aides,
qui les dispense. Au terme de ce ler également l’effet potentiel que
notamment sur les chiffres d’affai-
processus de sélection, deux cas l’aide aurait eu sur les entreprises
res, mais beaucoup moins sur
théoriques extrêmes peuvent se qui ne l’ont pas reçue. On peut ain-
l’emploi.
produire. Le premier concernerait si mesurer "ce qu’ont perdu" les
un dispositif qui viserait des entre- entreprises non aidées en n’étant
Une troisième méthode permet prises à fort potentiel. Dans ce pas sélectionnées, ce que l’on ap-
cas, la comparaison entre entre- pelle la perte d’opportunité.d’affiner encore un peu plus la me-
ZOOM
Approche en terme de densité
L’observation des évolutions moyennes fait apparaître proportion une aide augmente les chances d’une entreprise
sans ambiguïté un plus fort dynamisme des entreprises ai- d’accroître ses effectifs. Dans le cas du FDPMI, toutes les
dées. Toutefois, ces moyennes recouvrent des comporte- entreprises aidées n’ont pas augmenté leurs effectifs,
ments individuels très différents. L’approche en terme de même si, en moyenne, elles l’ont fait dans une proportion
densité permet d’appréhender les phénomènes sous d’au- supérieure aux entreprises non aidées (+ 13 % contre
tres angles et éventuellement d’en relativiser la portée sui- + 4 %). Seules 63 % de ces entreprises ont augmenté
vant la distribution observée. leurs effectifs, mais c’est bien plus que la proportion des
Il est possible, notamment, de mesurer dans quelle entreprises non aidées ne trouvant dans ce cas (44 %). Le
meilleur résultat du groupe des en-
treprises aidées provient donc pour
partie de la propension plus forte à
augmenter l’emploi dans ce
groupe. Ce phénomène est illustré
par un décalage sur la droite de la
courbe de distribution des évolu-
tions individuelles des entreprises
aidées.
D’autre part, les variations de l’em-
ploi constatées dans les entreprises
aidées sont plus homogènes que
celles observées dans les entrepri-
ses non aidées. Ainsi, la distribution
des entreprises subventionnées par
le FDPMI est moins dispersée que
celle des entreprises non aidées. A
l'opposé, les aidées par
l'ARC-FRAC ont été moins sujettes
aux fortes diminutions d'emploi.
Ainsi, 10 % des entreprises aidées
ont vu leurs effectifs chuter de plus
de 25 %, alors que cette diminution
concernait plus de 16 % des entre-
prises non aidées.
cent pour cent - BASSE-NORMANDIE n° 154L'impact de trois
aides aux entreprises
De quoi parle-t-on ?
Champ de l'étude et méthodologie
La direction régionale de l’Insee de Basse-Normandie même méthode permet également de calculer l’effet po-
et la de l’industrie, de la re- tentiel de l’aide pour les entreprises non aidées, c’est à dire
cherche et de l’environnement (DRIRE) de les évolutions qu’elles auraient connues si elles avaient été
Basse-Normandie ont collaboré pour évaluer l’impact des aidées. L'efficacité est considérée comme étant optimale si
aides à l’investissement matériel et immatériel des entre- d'une part, l'effet sur les entreprises aidées est notable et,
prises bas-normandes, aides versées d’une part par le d'autre part, si la perte d'opportunité pour les entrepri-
Fonds de développement des petites et moyennes indus- ses non sélectionnées pour l'aide est nulle ou négative.
tries (FDPMI), et d’autre part par le Fonds régional d’aide
Cette étude est donc une approche de l’efficacité des ai-
au conseil (FRAC) et le Fonds régional d’aide au recrute-
des. Elle n’aborde donc pas la question de leur efficience,ment de cadres (ARC). Chaque dispositif est exami-
qui imposerait d’évaluer les effets par rapports aux coûts
né indépendamment l’un de l’autre.
des mesures prises et de rapporter ces effets à l’impact
d’autres dispositifs (baisse des charges, réduction duL’évaluation de l’impact des aides consiste à comparer
temps de travail...) engageant des moyens d’intervention
les évolutions respectives des entreprises aidées et des
identiques.
entreprises non-aidées, deux ans après le versement de
ces aides. Les comparaisons portant sur les évolutions des Pour mener les comparaisons entre les entreprises aidées
chiffres d’affaires, des valeurs ajoutées et des effectifs sa- et les entreprises non aidées, un ensemble d’entreprises
lariés, les aides sont considérées comme d'autant plus "ef- industrielles susceptibles de recevoir les aides a été cons-
ficaces" que les entreprises aidées ont des performances titué à partir des 8 630 entreprises industrielles de
supérieures à celles des entreprises non aidées. Basse-Normandie ayant eu une activité dans la période
1994-2002. Ont été éliminées les entreprises de moins de
L’étude s’appuie sur trois méthodes, qui permettent suc- trois salariés ou de plus de 300 salariés, un grand nombre
cessivement de mieux préciser l’impact réel des aides. La d’entreprises artisanales classées dans l’industrie agroali-
première évalue leur effet brut, en comparant simplement mentaire et les entreprises pour lesquelles la récupération
le groupe des entreprises aidées à leurs consoeurs non ai- de données comptables sur au moins quatre années
dées. La deuxième analyse les résultats des entreprises consécutives n’a pu être possible.
aidées et non aidées, en limitant le champ des
non aidées à celles qui, en termes de secteur, taille, etc. Au final, deux groupes de 860 entreprises non aidées ont
sont proches des entreprises aidées : l’analyse est alors été comparés à un premier groupe de 264 entreprises ai-
effectuée hors effets de structure. Enfin une troisième mé- dées au titre du FDPMI et à un second groupe de 280 en-
thode permet d’affiner encore un peu plus l’impact réel treprises aidées au titre des dispositifs ARC-FRAC. Dans
des aides. Elle identifie l’effet réel de l’aide après correc- chaque groupe d’entreprises aidées, les entreprises ont
tion du biais de sélection, sachant que toutes les entre- bénéficié d’une aide une seule fois sur la période
prises n’ont pas la même probabilité d’être aidées. Cette 1994-2002.
Estimation des effets des aides FDPMI et ARC-FRAC :
différence entre les entreprises aidées et les entreprises Le FDPMI sélectionne
non aidées deux ans après le versement de l'aide (en%)
des entreprises en
Avec correction Avec correction
Observation
des effets du biais croissance et génère un
brute
de structure de sélection
surcroît de croissance
FDPMI
limité
Évolution du chiffre d'affaires + 13,9 + 9,5 + 5,2 de la valeur ajoutée + 11,9 + 8,3 + 2,1
Cette méthode appliquée aux en-+ 9,2 + 3,1 + 1,8Évolution de l'emploi
treprises aidées par le FDPMI
ARC-FRAC montre que cette aide sélectionne
Évolution du chiffre d'affaires + 6,1 + 2,9 + 6,0 des entreprises plutôt performan- de la valeur ajoutée + 4,5 + 1,4 + 3,2 tes. En cohérence avec son objec-
tif, le FDMPI renforce desÉvolution de l'emploi + 4,5 - 0,7 + 0,8
performances économiques déjà
Source : Insee
bonnes, sur lesquelles s'appuient
NOTE DE LECTURE (tableau FDPMI) : lorsqu'on observe les données brutes, l'écart de l'évolution
des projets de croissancede l'emploi entre les deux groupes d'entreprises (évolution moyenne des entreprises aidées moins
évolution moyenne des entreprises non aidées) est de 9,2 %. En corrigeant des effets de strucure requérant une augmentation de
("toutes choses égales par ailleurs"), cet écart tombe à 3,1 %. Enfin, en ôtant le biais de sélection, l’investissement matériel.
cet écart n'est plus que de 1,8 %.
L’impact réel de l’aide, estimé par
cent pour cent - BASSE-NORMANDIE n° 154L'impact de trois
aides aux entreprises
ZOOM
ARC-FRAC. La métallurgie et la transformation des métaux,Plus de 34 millions d’euros répartis entre
la mécanique, l’imprimerie, la chimie et la plasturgie, sec-663 entreprises
teurs où la proportion de PME est assez forte, font partie des
secteurs les plus aidés. Ainsi, une entreprise sur cinq de la
Entre 1995 et 2004, les aides FDPMI, ARC et FRAC ont été
métallurgie a été aidée par une subvention du FDPMI et 22 %
versées à plus de 660 entreprises pour un montant total de
des entreprises du secteur chimie-caoutchouc-plastiques ont
34,3 millions d’euros. 191 ont reçu une aide FDPMI, 290
perçu l’ARC-FRAC.
une aide ARC-FRAC et 182 à la fois une aide et une
aide ARC-FRAC. En moyenne, chaque entreprise a touché
52 000 euros (74 000 euros pour le FDPMI contre 14 000 Un tiers des entreprises aidées sont dans
pour l’ARC-FRAC).
la zone d’emploi de Caen-Bayeux
Des entreprises de taille moyenne implan- La distribution géographique des entreprises aidées reste
conforme à l’implantation des bas-normandes.tées dans l’industrie
Ainsi, 30 % des entreprises aidées sont localisées dans la
Les de 20 à 49 salariés représentent plus de zone d’emploi de Caen-Bayeux, qui concentre le tiers des
60 % des entreprises aidées au titre du FDPMI, et près de entreprises bas-normandes. En outre, la proportion des en-
60 % subventionnées par l’ARC-FRAC. Hors industrie treprises aidées apparaît particulièrement forte dans les
agroalimentaire, 9 % des entreprises industrielles ont été zones d’emploi de Vire et surtout de Flers qui restent les
aidées par le programme FDPMI et 10 % par le programme territoires les plus industrialisés de Basse-Normandie.
Les secteurs de la mécanique et de la métallurgie captent l'essentiel des aides
Ensemble des entreprises
Entreprises aidées Entreprises aidées
présentes en
entre 1995 et 2004 entre 1995 et 2004
Basse-Normandie
Secteur d'activité par le FDPMI par l'ARC-FRAC erau 1 janvier 2005
Nombre % Nombre % Nombre %
Industrie 344 92 384 81 5 692 12
dont
Edition, imprimerie,reproduction 38 10 29 6 411 1
Industrie des équipements mécaniques 67 18 83 18 590 1
industries du bois et du papier 24 6 31 7 267 1
Chimie, caoutchouc, plastiques 29 8 38 8 173 0
Métallurgie et transformation des métaux 117 31 88 19 546 1
Autres 69 19 115 23 3 705 8
Hors industrie 29 8 88 19 40 154 88
dont
15 4 57 12 4 252 9
Conseils et assistance
Ensemble 373 100 472 100 45 846 100
(*) Champ : secteur marchand hors agriculture, sylviculture, pêche, industries agroalimentaires et activités financières.
Note : 182 entreprises ont reçu à la fois une aide FDPMI et une aide ARC-FRAC.
Sources : Insee, Sirène - DRIRE
cette modélisation, est donc moins rigée des effets de structure. Ainsi, prises aidées, mais se limite à
important que pourrait le laisser la différence de croissance du 5 %, bien loin des + 14 % d’écart
supposer la seule observation des chiffre d'affaires, hors biais de sé- brut observés. Le surcroît de va-
évolutions moyennes, même cor- lection, reste en faveur des entre- leur ajoutée plafonne également à
cent pour cent - BASSE-NORMANDIE n° 1542 % (contre 12 % en observation dèle, les entreprises non aidées sance des effectifs observé entre
brute et 8 % après correction des n’auraient pas forcément amélioré entreprises aidées et entreprises
effets de structure). Les effets sur leurs résultats si elles avaient bé- non aidées (+ 5 % au bout de deux
l'emploi sont similaires. Cela si- néficié de l’aide du FDPMI. Pour le ans) est donc surtout le fruit d’au-
gnifie que, si les entreprises aidées chiffre d'affaires, l'effet potentiel tres facteurs que l’aide elle-même.
n’avaient pas reçu l’aide, l’écart de de l'aide pour les entreprises non
croissance entre elles et les autres aidées est estimé à 3 %, impact
serait resté significatif (+ 9 % pour inférieur à l'effet pur de l'aide pour Il semble que si les entreprises
le chiffre d'affaires, + 10 % pour la les entreprises aidées (5 %). Pour non aidées avaient bénéficié de
valeurajoutéeet+7%pourl'em- la valeur ajoutée, la perte d’oppor- l’aide de l’ARC et du FRAC, elles
ploi). L’effet “accélérateur de crois- tunité est nulle et cette perte est auraient probablement généré le
sance” de l’aide semble donc assez même négative pour l’emploi. En même gain de croissance que cel-
limité. fait, les entreprises non aidées les qui ont été aidées. C’est une
sont plus proches des entreprises différence significative avec le
aidées qui ont perdu de l’emploi FDPMI. En effet, l’effet potentiel de
Malgré cela, l’aide du FDPMI s’a-
que des entreprises aidées qui en l’aide pour les entreprises non ai-dresse sans doute aux bonnes en-
ont gagné. La perte d’opportunité dées, c’est-à-dire la perte d’oppor-
treprises, au sens de celles qui
nulle ou négative signifie que, tunité subie par ces entreprises,sont bien en mesure d’en profiter
même si elles avaient été aidées, n’est pas toujours inférieure à l’ef-
pour accroître leur activité. En ef-
les entreprises non aidées au- fet réel de l’aide sur les entreprisesfet, selon les estimations du mo-
raient globalement suivi la trajec- aidées. Par exemple, calculée sur
toire des entreprises aidées qui la valeur ajoutée, cette perte d’op-
n’ont pas créé de valeur ajoutée portunité est de 4 %, alors que le
supplémentaire et qui ont perdu différentiel de croissance de valeur
des effectifs. ajoutée entre entreprises aidées et
entreprises non aidées n’est que
de3%.
ARC-FRAC : un
L’effet de l’ARC-FRAC sur la situa-dispositif peu sélectif et
tion des entreprises est doncpeu d’impact sur l’emploi moins visible que dans le cas du
DIRECTION
FDPMI. D’une part, l’effet de levier
REGIONALE DE L'INSEE
pour les entreprises aidées n’est
DE BASSE-NORMANDIE Selon le modèle, les aides pas considérable, et, d’autre part,
ARC-FRAC dopent l’activité des93, rue de Geôle cet effet de levier n’est pas forcé-
entreprises qui en bénéficient,14052 CAEN CEDEX 4 ment supérieur à la perte d’oppor-
Tél. : 02.31.15.11.00 comme le FDPMI. Mais, contraire- tunité subie par les entreprises
Fax : 02.31.15.11.80 ment au FDPMI, cela ne se traduit non aidées. Cette efficacité moindre
pas par un surcroît significatif deswww.insee.fr/basse-normandie provient sans doute du fait que les
effectifs. L’ARC-FRAC soutient net- entreprises aidées dans leur inves-
Directeur de la publication : tement la croissance du chiffre tissement immatériel ne sont pasJean-Louis BORKOWSKI d’affaires et de la valeur ajoutée. économiquement significative-
Si les entreprises aidées n’avaientService études et diffusion : ment différentes des autres. Elles
Sophie DESTANDAU pas été subventionnées par ces affichent par exemple des produc-
Fonds, leurs chiffres d’affaires se tivités du travail et des taux deRédacteur en Chef :
seraient accru quasiment de laPascal CAPITAINE marge très proches de ceux des
même façon que celui des entre- entreprises non aidées. L’attribu-
Secrétaire de Rédaction : prises non aidées, au lieu d’affi- tion des aides ARC-FRAC est moinsNadine GAUTIER
cher un surcroît de croissance de corrélée à la situation financière
6 %. L’aide explique aussi les deuxComposition PAO : des entreprises que dans le cas du
Françoise LEROND tiers du surcroît de de FDPMI. L’impact s’en trouve
valeur ajoutée des entreprises ai- amoindri. Une autre explicationImpression :
dées, le dernier tiers étant impu-Dauphin com.imprim' - 02.31.23.60.70 réside dans le montant moyen des
table au biais de sélection propre aides ARC-FRAC, largement infé-
Crédit photos : au dispositif ARC-FRAC. En re- rieur à une subvention par leComité régional du tourisme ; vanche, l’impact de ces aides sur
Chambre régionale d'agriculture ; CDT Manche ; FDPMI. Mais si l'on rapporte l'effet
l’emploi, hors biais de sélection,STELMI Brécey, NII Colombelles de l'aide aux montants engagés,
est très faible. Ainsi, l’avantage l'efficacité paraît confirmée.Attaché de presse : des entreprises aidées en termes
Philippe LEMARCHAND
de croissance des effectifs est seu- Bruno DARDAILLON02.31.15.11.14
lement de 1 %. L’écart sur la crois- Insee
Prix : 2,30€
Abonnement un an (12 numéros)
France : 21€
Etranger : 24€
ISSN 1267-2769 - Dépôt légal : février 2006 - Code SAGE : Cent 15470 © Insee 2006

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