La lecture en ligne est gratuite
Télécharger
4SUD INSEE N° 74  octobre 200 l'essentiel La création dentreprise en ProvenceAlpesCôte dAzur : àla fois dynamique et fragile
Avec 24 500 entreprises créées ou reprises en 2002, ProvenceAlpes Côte dAzur fait partie, avec le Lan guedocRoussillon et lIledeFrance, des régions les plus dynamiques de France pour la création et pour la croissance du parc dentreprises. Ce taux de créationélevé, favorisé par la surreprésentation du secteur tertiaire dans le tissuéconomique, saccompagne dun taux de survie beaucoup plus faible que dans la moyenne des régions françaises. Les entreprises créées sont plus souvent de petite taille et le recours aux financements bancaires est peu important. Les anciens chômeurs sont nombreux parmi les créateurs. Ils rencontrent plus de difficultés quailleurs pour pérenni ser leur entreprise.
245 000entreprises de l’industrie, du commerce et des services étaient instal er lées dans la région au 1janvier 2002. 24 500nouvelles entreprises y ont été créées au cours de l’année 2002, soit un taux de création de 10%. Ce résultat place la région au deuxième rang der rière l’IledeFrance et devant Langue (1) docRoussillon. Entre 1998 et 2002,
© INSEE 2004
le taux de création est stable et la région garde la même position.
Le plus souvent, un taux de création éle vé s’accompagne d’un taux de survie faible. Sur 100 entreprises créées ou re prises en 1998 en ProvenceAlpesCôte d’Azur, 58 passent le cap des trois ans. Ce taux de survie, inférieur de cinq points au taux national, est le plus faible des régions avec ceux de l’IledeFrance et de LanguedocRoussillon. Au total, à la faveur de nombreux mouvements de créations et de cessations, le tissu régio nal se renouvelle rapidement. Les entre prises régionales sont ainsi plus jeunes qu’au plan national.
Un tissu économique qui favorise la création
Le secteur tertiaire représente 76 % du parc d’entreprises régionales (73% au niveau national). Le tissu économique de ProvenceAlpesCôte d’Azur, région fortement urbanisée, se caractérise par le poids des activités résidentielles et touristiques. Ces secteurs affichent des taux de création d’entreprise importants dans toutes les régions. Ils sont particu lièrement élevés en ProvenceAlpes Côte d’Azur: les services aux particu liers et le commerce ont des taux de création de 12,3% et 10,2% (contre respectivement 10,3 % et 8,8 % pour la France entière).
(1) Cet article est issu d’un dossier réalisé par l’INSEE ProvenceAlpesCôte d’Azur et la Chambre régionale de commerce et d’industrie Provence Alpes Côte d’Azur Corse intitulé “La création d’entreprise en ProvenceAlpes Côte d’Azur”.
SUD INSEE l'essentiel
N° 74  octobre 2004
ProvenceAlpesCôte d’Azur : deuxième région la plus dynamique en termes de création Nombre de créations d'entreprises en 2002 53 430 17 810
Taux de création d’entreprises en 2002 (%) 8,9 8,3 7,7
Source : INSEE, Sirene
© IGNINSEE 2004
Les services aux entreprises étaient sousreprésentés dans la région en 1993. Ce secteur a, depuis, rattrapé son retard, favorisé par l’externalisation d’activités de l’industrie et le développement de pôles de haute technologie. Il connaît un taux annuel moyen de croissance du nombre d’établissements de 1,5 % entre 1993 et 1997 et de 2,2 % entre 1998 et 2002, supérieur au taux national. Il se singularise par un taux de survie à trois ans des entreprises créées en 1998 (61 %)supérieur de trois points à la moyenne des secteurs.
A partir de 1998, le regain d’attractivité de la région, tant pour la population (cf. SUD INSEE l’essentiel n° 65), que pour les établissements (cf. SUD INSEE l’es sentiel n° 72), favorise le développement économique et la création. Reflet de cette évolution, le taux de création dans les services liés à l’immobilier (promotion, transactions...), plus faible dans la région dans les années 90, est désormais égal au taux national. De même, après des an nées de déclin, le secteur de la construc tion se développe rapidement : le taux de création a augmenté de deux points entre 1998 et 2002 pour atteindre près de 12 %.
Entre 1993 et 1997, malgré de nom breuses créations, le parc d’établisse ments avait diminué dans la région. Les disparitions d’entreprises étaient, en moyenne, plus nombreuses que les créa tions. A cette époque, le dynamisme de la création résultait surtout d’une poli tique publique incitant fortement les chômeurs à créer ou reprendre une en
© INSEE 2004
treprise et de nombreuses créations étaient fragiles. La conjoncture favo rable de la période 19982001, a permis une accélération du rythme des créa tions mais surtout une diminution sen sible du nombre de cessations dans la région. ProvenceAlpesCôte d’Azur est désormais la première région fran çaise pour le développement du tissu productif : entre 1998 et 2001, le nombre d’établissements s’est accru de 11,2 % contre 6,3 % au niveau national.
Des projets plus fragiles
ProvenceAlpesCôte d’Azur connaît un taux de création plus élevé que la moyenne des régions françaises et un taux de survie inférieur. Taux de créa tion élevé et taux de survie faible vont généralement de pair (cf.graphique cidessous). En outre, la petite taille des projets et une capitalisation insuffisante contribuent pour une bonne part à la moindre survie des entreprises régiona les.
73 % des entreprises créées dans la ré gion n’ont pas de salarié (70 % au ni veau national). Ces microentreprises se caractérisent par des taux de survie particulièrement bas : 54 % dans la ré gion et 60 % en moyenne nationale.
Les moyens investis au démarrage sont moins importants. Avec Languedoc
Roussillon et MidiPyrénées, Provence AlpesCôte d’Azur forme le trio de tête pour la part des projets lancés avec moins de 8 000. Le financement est particu lièrement faible dans le secteur de la construction (18% des créations tota les), où trois créations sur quatre se font avec moins de 8000contre 63% en moyenne française. Dans l’industrie aussi, cette part est importante : elle at teint 57 %, soit dix points de plus qu’au niveau national. L’industrie régionale, essentiellement de transformation, se caractérise par un tissu de très petites en treprises soustraitantes. Comme pour les autres régions, plus les moyens finan ciers engagés pour démarrer le projet sont faibles, plus les chances de survie de l’entreprise créée diminuent. Lorsque l’investissement de départ dépasse 76 000, le taux de survie à trois ans est de 76 %. Il chute à 52 % pour une entreprise ayant investi moins de 1 500.
Les créateurs régionaux recourent moins souvent aux financements extérieurs, notamment aux emprunts bancaires: sur 100 créateurs régionaux, seulement 32 y font appel, contre 42 au niveau na tional. Ceci est vrai quel que soit le sec teur d’activité de l’entreprise. L’écart avec la moyenne nationale atteint  16 points dans les industries agroalimen taires,  15 points dans les services aux particuliers et la construction. Partout, les entreprises créées sans emprunt ban
Taux de création et taux de survie : trois régions se distinguent % 10,5 Taux de création en 1998 LanguedocRoussillon ProvenceAlpesCôte d'Azur 10 IledeFrance 9,5 Alsace Corse 9 RhôneAlpes Lorraine Aquitaine Pays de la Loire 8,5 NordPasdeCalais MidiPyrénées HauteNormandie Bretagne 8 ChampagneArdenne BasseNormandie Picardie PoitouCharentes 7,5 FrancheComté Centre Auvergne 7 Bourgogne Limousin 6,5 Taux de survie à trois ans 6 55 57 5961 6365 6769 7173 75% Source : INSEE, enquête Sine 1998, Sirene
N° 74  octobre 2004SUD INSEE l'essentiel La création d’entreprise a un rôle modéré sur la création d’emploi Trois entreprises sur quatre nouvellement créées n’ont pas de salarié. Les nouvelles entreprises commencent leur activité avec des moyens limi tés puis les augmentent les années suivantes, lorsque leur activité perdure. Au moment de la création, celleci a un rôle limité sur l’emploi. La créa tion d’emploi se fait d’abord dans les entreprises pérennes. er Il en va bien sûr de même pour les établissements. Au 1janvier 2002, les 279 000 établissements implantés en ProvenceAlpesCôte d’Azur emploient près de 940 000 personnes. L’évolution annuelle du nombre d’emplois dépend non seulement des créations d’emplois liées à des éta blissements nouveaux, des pertes d’emplois liées aux cessations, mais également des gains ou pertes d’emplois dans les établissements exis tants. Entre début 1993 et fin 2001, les nouveaux établissements ont créé en moyenne 63 000 emplois par an et les disparitions d’établissements ont entraîné une destruction de 82 000 emplois. Le solde d’emplois lié aux créations et cessations est donc négatif. En revanche, dans les établis er sements “pérennes” (ceux qui sont présents du 1janvier au 31 décembre de l’année) le solde d’emploi est positif, en moyenne de 31 000 par an. Les nouveaux établissements ont un rôle limité sur l’emploi en période de croissance mais ils jouent un rôle amortisseur en période de ralentisse ment conjoncturel. Les gains d’emplois liés aux établissements nouveaux sont relativement stables d’une année à l’autre. En revanche, les pertes d’emplois dues aux établissements qui disparaissent varient beaucoup plus, en lien avec la conjoncture économique. De la même façon, les éta blissements pérennes s’adaptent à la conjoncture en ajustant leurs effectifs. Décomposition des mouvements d’emploi salarié selon le type d’établissement Période duPériode du er er 1 janvier1993 au 31 décembre 19971 janvier1998 au 31 décembre 2001 Total Moyenneannuelle TotalMoyenne annuelle Emplois salariés en début de période818 811766 337 Gains d'emplois dans les établissements nouveaux302 14860 430272 00068 000 Pertes d'emplois dans les établissements disparus 429 606 85 921 310 762 77 691 Gains d'emplois dans les établissements pérennes434 38186 876447 794111 949 Pertes d'emplois dans les établissements pérennes 359 397 71 879 237 812 59 453 Emplois salariés en fin de période766 337937 557 Variation nette de l'emploi salarié 52 474 10 495171 22042 805 Source : INSEE, Sirene
caire présentent des taux de survie àsont de dix points inférieures à cellescréées par d’anciens ouvriers est de trois ans inférieurs à celles qui y ont euconstatées dans la moyenne des ré58 %alors qu’il dépasse 68% en recours. Ils sont respectivement degions françaises. De la même façon, lesmoyenne nationale. 53 % et 79 % dans la région et de 58 %créateurs précédemment sans activité et 81 % en moyenne nationale. Une deprofessionnelle (15% des créateurs) mande de prêt bancaire implique unesont plus nombreux et leurs entreprises Des atouts à renforcer évaluation du projet. L’obtention de ceplus fragiles. prêt témoigne a priori d’une plus grande solidité de ce dernier.Le taux de survie des entreprises crééesMalgré des problèmes structurels, la par un porteur de projet détenteur d’unrégion peut s’appuyer sur le dyna CAP/BEP est de 60% dans la régionmisme de jeunes créateurs et la solidité Une situation avant la contre 69% au niveau national. Dede projets menés par des créateurs ex création plus délicate même, le taux de survie des entreprisespérimentés. ProvenceAlpesCôte d’Azur a un taux de chômage élevé (12% début 2002,Le nombre de créations d’entreprise augmente plus vite date de l’enquête, soit un peu plus deen ProvenceAlpesCôte d’Azur à partir de 1998 Evolution du nombre de créations entre 1993 et 2002 (base 100 en 1993) deux points que la moyenne nationale). 108 Dans ce contexte, les créateurs invo France ProvenceAlpesCôte d’Azur quent plus souvent qu’ailleurs le fait106 d’être sans emploi et moins souvent le 104 goût d’entreprendre. Avec 17,2% de chômeurs de longue durée parmi les102 créateurs, ProvenceAlpesCôte d’Azur 100 se classe, avec MidiPyrénées et Lan guedocRoussillon, au premier rang des98 régions françaises. Cette part n’est que 96 de 13 % pour l’IledeFrance. En outre, les anciens chômeurs rencontrent plus94 de difficultés qu’ailleurs pour pérenni 92 ser leur entreprise : à projet comparable, 1993 1994 1995 19961997 1998 1999 2000 2001 2002 les chances de survie d’une entreprise Source : INSEE, Sirene créée par un chômeur de longue durée
© INSEE 2004
SUD INSEEN° 74  octobre 2004 l'essentiel Des moyens investis au démarrage plus faibles dans la quasi totalité des secteurs Entreprises créées avec moins de 8 000Eselon le secteur d’activité
Industries agroalimentaires
Industrie (hors IAA) Construction Commerce et réparation ProvenceAlpesCôte d’Azur Transport France Activités immobilières Services aux entreprises Services aux particuliers Education, santé, action sociale Ensemble des secteurs 0 1020 30 4050 60 7080 % Source : INSEE, enquête SINE 2002
En 2002, un créateur sur dix était jeune (2) diplômé de l’enseignement supérieur (hors médical et paramédical), plaçant la région, avec RhôneAlpes et Midi Pyrénées, au second rang, derrière l’Ile deFrance. 43 % de ces jeunes créateurs diplômés de l’enseignement supérieur sont issus, comme au niveau national, de la filière “économie et gestion”. La filière “tourismehôtellerie” est davan tage représentée dans la région (5,3 %
contre 2,9% au niveau national), en lien avec l’offre locale de formation et le dynamisme du secteur touristique ré gional.
En outre, sur 100 entreprises créées par des étudiants en 1998, 68 fêtent leur troisième anniversaire, soit huit points de plus qu’au niveau national. C’est le troisième taux de survie le plus élevé, derrière ceux obtenus par les agents de
Sources et définitions * Pourl’analyse duprofil des entreprises créées et des créateurs, les résultats de cet article sont issus dela première vague d’interrogation des entreprises créées en 2002 (SINE 2002). SINE 98 et SINE 2002s’inscrivent dans le cadre du dispositif SINE (Système d’Information sur les Nouvelles Entreprises) qui a pour objectif de suivre une génération d’entreprises pendant cinq ans. Elles sont interrogées, une première fois dans les mois qui suivent leur création, une seconde fois à leur troisième anniversaire, une dernière à leur cinquième. Seules les entreprises encore “vivantes” ont pu être interrogées trois et/ou cinq ans après leur création. Sine 98 et 2002 concernent respecti vement les entreprises créées ou reprises en 1998 et au premier semestre 2002. *Les statistiques sur la démographie d’entreprises ou d’établissements sont issues du répertoire SIRENE, géré par l’INSEE. Elles recouvrent le champ ICS (Industrie, Commerce, Services). En sont exclues les activités financières, l’administration et l’agriculture. * L’entrepriseest une unité économique, juridiquement autonome, organisée pour produire des biens ou des services pour le marché. * L’établissementest une unité de production géographiquement individualisée, mais juridiquement dépendante de l’entreprise. L’établissement, unité de production, constitue le niveau le mieux adap té à une approche géographique de l’économie.
Pour en savoir plus
“La création d’entreprise en ProvenceAlpesCôte d’Azur” SUD INSEE dossier n° 19, novembre 2004, INSEE ProvenceAlpesCôte d’Azur  Chambre régionale de commerce et d’industrie Provence Alpes Côte d’Azur Corse. Pour en savoir plus sur les définitions et les sources, voir www.insee.fr, rubrique nomenclatures, définitions et méthodes.
© INSEE 2004 N° CPPAP : 0904B05336 N° ISSN : 1287292X Prix : 2,20 euros Code Sage : SIE047432
Un recours aux emprunts bancaires plus faible Obtention d’un prêt bancaire pour le financement du projet
En % du nombre d'entreprises créées 50,9 41
© IGNINSEE 2004 Source : INSEE, enquête SINE 2002
maîtrise et les chefs d’entreprise. Au niveau national, le taux de survie des entreprises créées par des étudiants est, avec les créateurs sans activité pro fessionnelle, le plus faible de toutes les catégories socioprofessionnelles.
Près de 8% des créateurs régionaux sont d’anciens artisans, commerçants, chefs d’entreprise ayant déjà créé une entreprise. Ces créateurs, qui peuvent être qualifiés de traditionnels, sont pro portionnellement aussi présents dans la région que dans la moyenne des régions françaises. Leurs projets sont mieux pré parés, plus solides, avec des moyens investis au démarrage souvent élevés. Leurs entreprises ont un poids écono mique important. 19% d’entre elles comptent plus de trois salariés, soit plus du double de l’ensemble des créations régionales. Ces créateurs sont plus sou vent poussés par le goût d’entreprendre ou par une idée nouvelle de produit ou de marché. Ils valorisent leur savoir faire en restant dans leur métier.
Xavier Monchois, Françoise Brulon, Stéphane Meloux
(2) Les jeunes créateurs diplômés sont titulaires d’un diplôme DUT, DEUG et âgés au maximum de 31 ans ou titulaires de diplômes de niveau au moins égal à la licence et âgés au plus de 34 ans, cf. INSEE Première n° 814 de décembre 2001 : “jeune, diplômé et créateur d’entreprise”.
Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques ProvenceAlpesCôte d'Azur 17, rue Menpenti Directeur de la publication : François Clanché 13387 Marseille Cedex 10 Chef du service Etudes et Diffusion : Pascal Oger Téléphone : 04 91 17 57 57 Rédacteur en chef : Annie Mulard Fax : 04 91 17 59 58 Internet : www.insee.fr/paca