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La diffusion des nouvelles technologies de l'information et de la communication dans l'économie

De
4 pages
Cette étude figure in extenso dans l'édition 2000-2001 de l'Économie française, publiée en juin 2000 par l'Insee aux éditions « Le Livre de poche » (groupe Hachette) - collection Références. L'étude cherche à appréhender certaines des conséquences macroéconomiques de la diffusion des nouvelles technologies de l'information et de la communication dans l'économie. La première partie donne une mesure, sur la base des données de la comptabilité nationale, du poids dans le PIB des nouvelles technologies de l'information et de la communication et de l'impact de l'activité des branches productrices sur la croissance. La seconde partie de l'étude s'intéresse à la diffusion de l'informatique dans le capital productif des entreprises et évalue, à partir des comptes des entreprises, la contribution de l'accumulation de ce capital à la croissance.
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La diffusion des nouvelles technologies de l’information
et de la communication dans l’économie
Cette étude figure in extenso dans l’édition 2000-2001 de L’Économie française,
publiée en juin 2000 par l’INSEE aux éditions « Le Livre de poche » - collection
Références. Un résumé est proposé ci-après.
L’étude cherche à appréhender certaines des conséquences macroéconomiques de la
diffusion des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans
l’économie. La première partie donne une mesure, sur la base des données de la
comptabilité nationale, du poids dans le PIB des nouvelles technologies de l’information et
de la communication et de l’impact de l’activité des branches productrices sur la
croissance. La seconde partie de l’étude s’intéresse à la diffusion de l’informatique dans le
capital productif des entreprises et évalue, à partir des comptes des entreprises, la
contribution de l’accumulation de ce capital à la croissance.
L’impact de la production des nouvelles technologies de l’information et de
la communication sur la croissance
Le poids des NTIC dans la valeur ajoutée : 4,8 % en 1998
Après l’ordinateur, toutes sortes de technologies modernes, hi-fi, téléphonie mobile,
Internet, sont apparues sur le marché français. Elles sont regroupées sous le nom de
« nouvelles technologies de l’information et de la communication » (NTIC). La valeur
ajoutée en valeur liée à la production des NTIC représente, en 1998, 4,8 % de la
valeur ajoutée de l’ensemble de l’économie et 4,4 % du produit intérieur brut. Les
activités de service liées à l’informatique se sont développées plus rapidement que
les autres branches des NTIC.
De fortes baisses de prix ont contribué au dynamisme des NTIC
L’augmentation de la valeur ajoutée des NTIC est surtout sensible en volume : elle
est, en 1998, quatre fois et demi plus importante qu’en 1980 alors que le PIB
n’augmente que de 44 % au cours de la même période. Cette très vive progression
des volumes est liée à de fortes baisses de prix. Le progrès technique a permis aux
producteurs de NTIC de réduire leurs prix de vente, et par conséquent de produire
davantage pour vendre plus, cette production de masse favorisant à son tour la
modération des prix. La baisse des prix et la hausse des volumes sont aussi d’origine
technique : dans les comptes, les améliorations dans la qualité et les performances
des produits se répercutent sur les volumes, et font, par conséquent, baisser les
indices de prix.
La production des NTIC apporte un « supplément de croissance » évalué à
0,4 point en 1998
La valeur ajoutée liée à la production des NTIC progressant, en volume, beaucoup
plus rapidement que celle des autres branches de l’économie, les branches
productrices de NTIC ont un effet d’entraînement sur la croissance. On l’évalue en2
comparant le taux de croissance réel du PIB en 1998, égal à 3,1 %, à celui d’une
économie fictive où la croissance des NTIC serait la même que celle des autres
branches : ce taux n’aurait été que de 2,7 %. L’écart de 0,4 point avec la croissance
réelle mesure le « supplément de croissance » imputable à la production des NTIC.
Les effectifs des NTIC ont progressé de 20 % au cours des années quatre-vingt,
mais ils sont en 1998 à peu près au même niveau qu’en 1990. L’emploi des NTIC
doit son relatif dynamisme aux services informatiques exclusivement. L’essor des
nouvelles technologies concerne tous les pays développés et elles occupent une
place comparable dans toutes ces économies.
La contribution à la croissance du capital informatique
Les performances des ordinateurs se sont en trente ans considérablement accrues,
sans se répercuter à l’identique sur les prix de vente. Les services rendus par l’outil
informatique sont donc devenus de moins en moins coûteux pour les entreprises qui
ont eu intérêt à s’équiper davantage. On peut quantifier les effets de l’accumulation
du capital informatique sur la croissance : la contribution de l’informatique s’exprime
comme le produit du taux de croissance de ce facteur de production par un poids
traduisant son importance dans la combinaison productive des entreprises, égal, sous
certaines hypothèses, à la part de sa rémunération dans la valeur ajoutée.
En moyenne chaque année, entre 1989 et 1997, l’accumulation du capital
informatique explique 0,3 point de la croissance de la valeur ajoutée de
l’industrie et des services (hormis les banques et les sociétés d’assurance),
laquelle progresse de 1,7 %.
La contribution du capital informatique à la croissance a d’abord été évaluée à partir
de données individuelles d’entreprises, utilisées à différents niveaux d’agrégation. Elle
apparaît relativement élevée puisqu’elle représente, en moyenne chaque année, entre
1989 et 1997, 0,3 point de croissance (en %) pour un ensemble de secteurs de
l’industrie et des services dont la valeur ajoutée progresse dans le même temps de
1,7 %. Cette contribution représente le tiers de celle de l’ensemble du capital. Elle
est due à la très vive progression du capital informatique, en volume, qui atteint 15,8
% par an, au cours de la période. La part de la rémunération de ce facteur de
production dans la valeur ajoutée, qui pourrait par ailleurs expliquer cette forte
contribution, joue peu car elle est faible : elle est estimée à 1,9 % seulement.
L’augmentation des volumes traduit, pour partie, l’accroissement des performances
des ordinateurs, c’est-à-dire l’augmentation des services rendus par ce facteur de
production.
La contribution du capital informatique à la croissance est plus importante
dans le tertiaire que dans l’industrie.
Tous les secteurs d’activité ne font pas un usage équivalent de l’informatique : sa
place est ainsi moins importante dans l’industrie que dans les services. Plus intensif
est l’usage de l’informatique, plus forte est sa contribution à la croissance. Elle atteint
0,59 % dans les services et 0,83 % pour les secteurs les plus utilisateurs, mais n’est
que de 0,22 % dans l’industrie et peut tomber à 0,15 % pour les secteurs les moins
utilisateurs. Ces écarts reflètent la très forte dispersion de la part de la rémunération3
de l’informatique dans la valeur ajoutée qui tombe en dessous de 1 % pour les
secteurs les moins utilisateurs (construction, industrie, etc.) mais peut dépasser 6 %
pour les secteurs les plus utilisateurs (commerce de gros).
L’intensité de l’utilisation de l’informatique explique en partie les différentiels
de croissance
Les secteurs pour lesquels le capital informatique contribue beaucoup à la croissance
se trouvent être ceux dont l’activité progresse le plus rapidement. Cette corrélation
pourrait être liée à des phénomènes d’offre ou de demande indépendants de
l’utilisation de l’informatique. Mais elle peut aussi provenir de l’effet d’entraînement
lié à la baisse du prix de l’informatique. A travers le prix de l’investissement, cette
baisse se répercuterait sur les coûts, puis sur les prix de vente et donc sur la
demande, entraînant ainsi une recrudescence de l’activité. Par conséquent, plus la
place de l’informatique dans la combinaison productive d’une activité est importante,
plus la baisse du prix de l’informatique sera profitable à ce secteur.
Sur la base des données de la comptabilité nationale, et pour l’ensemble de
l’économie, la contribution à la croissance de l’accumulation du capital
informatique est évaluée à 0,1 point de croissance par an, en moyenne, entre
1967 et 1997, pour un taux de croissance du produit intérieur brut de 2,9 %.
Ce résultat global masque des écarts importants selon les périodes : entre 1967 et
1977, la contribution à la croissance du capital informatique est de 0,1 point pour
une croissance de 4,5 % du PIB ; au cours des deux décennies suivantes, elle reste
du même ordre (0,12 point et 0,09 point, respectivement) pour une croissance très
ralentie (2,2 % et 2 % respectivement).
L’écart, à la baisse, entre la contribution à la croissance issue de ce second calcul et
l’évaluation précédente fondée sur les comptes des entreprises provient de
l’estimation de la part de la rémunération de l’informatique dans la valeur ajoutée. Il
est d’origine technique ; ces calculs diffèrent en effet, tant par les sources mobilisées,
que par le champ couvert et par les méthodes d’évaluation.4
L ’ÉCONOMIE FRANÇAISE
ÉDITION 2000 – 2001
L’Économie française – Édition 2000 – 2001
Éditions « Le livre de poche » - Collection Références
Juin 2000 – 224 pages
Cet ouvrage fait le point sur l ’économie française, à travers l’analyse des faits
marquants de l’année 1999, deux dossiers et quatorze fiches thématiques.
L’Économie française a été rédigée par un ensemble de spécialistes de l’économie
appartenant à l’INSEE, à la direction de la Prévision du ministère de l’Économie, des
Finances et de l’Industrie, et à la Banque de France. L’ouvrage est disponible dans
toutes les grandes librairies ainsi que dans les points de vente de l’INSEE, à Paris et en
région, au prix de 40 francs (éditeur : Le Livre de Poche, collection Références, 224
pages).