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N°4 - Novembre 2006


Les comptes économiques de La Réunion en 2005
L’investissement record soutient une croissance forte

Division comptes économiques, Direction régionale INSEE, Île-de La-Réunion



La croissance depuis 2003 EEEn 2005, la croissance économique à La
Unité : en % et millions d'euros
Réunion est estimée à 4,9% d’après les
Valeur Valeur Évolution
premiers résultats issus des comptes rapides. 2003 2005 en volume Sous l’effet cumulé de cette croissance
2004 2005 d’activité et de celle des prix, la valeur du
Produit Intérieur Brut de La Réunion a Produit Intérieur Brut 10 523 4,5% 4,9% 11 990
progressé à un rythme estimé à 7,3%.
Dépense de consommation 6 844 4,8% 3,9% 7 770 des ménages
La croissance économique apparaît forte :
FBCF 2 151 11,9% 13,0% 2 830
elle se situe un demi point au-dessus de la
Importations 3 423 0,2% 7,5% 3 780 moyenne des dix dernières années.
Exportations 612 1,2% 1,0% 650 L’accélération des prix l’a cependant limitée,
dont dépenses des touristes 311 -0,7% -3,9% 309 et conduit à nuancer les résultats augurés en
cours de l’année par la vigueur exceptionnelle

des chiffres d’affaires. En effet, l’inflation a
atteint +2,2% en 2005 en moyenne annuelle
(après +1,7 % l’année précédente) poussée Évolution du PIB
(au prix de l’année précédente, base 100 en 1993) notamment par les hausses de l’énergie, des
transports et des loyers. A La Réunion, 220
comme au niveau national, les effets du PIB
200renchérissement du pétrole, des matières
Pib en euros par habitantpremières industrielles importées et du fret 180
ont pesé sur la valeur ajoutée créée. La
Réunion conserve cependant un dynamisme 160
propre élevé puisqu’au niveau national la
140croissance n’a pas dépassé 1,2%.
120
Par rapport à l’année 2004, la croissance
2005 marque une accélération grâce à la 100
vigueur des investissements. La
80consommation reste dynamique mais sa
1993 1995 1997 1999 2001 2003 2005contribution à la croissance globale plafonne.

1993 à 2003 : comptes définitifs, 2004 et 2005 : estimations comptes rapides



1er compte économique « rapide » de La Réunion en 2005

èreL’année 2005 marque la 1 réalisation d’un compte économique rapide à La Réunion. Ce compte économique
rapide est produit par l’INSEE dans le cadre du projet CEROM conduit en partenariat entre l’INSEE, l’AFD, et
l’IEDOM. Il repose sur une modélisation macroéconomique alimentée par les premières données disponibles de
l’année précédente.
Il ne s’agit donc pas d’un compte définitif. Les estimations pourront faire l’objet d’une révision lorsque la totalité
des données 2005 sera collectée.


Entreprises, ménages et secteur public dynamisent l’investissement

L’investissement du secteur public s’est porté deL’année se distingue par un niveau d’investisse-
surcroît sur des bâtiments d’enseignement,ment exceptionnel, fruit des efforts cumulés de
renforts d’infrastructures et travaux d’aména-l’ensemble des acteurs : secteur public, entreprises,
gement. Les investissements du secteur publicménages. Au total, les montants investis dans èmereprésentent 1/5 des investissements del‘économie ont progressé de plus de 15 % en
l’économie réunionnaise. valeur.
Les entreprises ont repris leur


effort d’investissement comme Profils de croissance Réunion et France
en témoigne l’accélération des
Taux de croissance (PIB en volulme) en monnaie constante, en %ventes de véhicules industriels
8%
(+13% après +9% en 2004) et
7%des importations de biens
La Réunion
d’équipement (+19% hors 6%
achat exceptionnel aéronau-
5%
tique), en lien avec
4%l’accélération de leurs encours
de crédits d’équipement 3%
(+18% après +11,6% en 2004
2%
en moyenne annuelle). France
1%En 2005, les investissements
0%des entreprises représentent
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004* 2005*44% de l’ensemble des
* : Estimations issues des comptes rapides pour La Réunioninvestissements de l’économie
réunionnaise.

L’investissement en logement des ménages est
resté très soutenu, même s’il paraît plafonner, à Le BTP entraîne les activités
l’image du nombre de logements neufs visés par le
qui lui sont liées Consuel stabilisé à un niveau très élevé. L’encours
de crédits à l’habitat octroyés par les banques de la
Le secteur du BTP a été le secteur le plus place réunionnaise a progressé à un rythme
dynamique en 2005. Avec une valeur ajoutée en toujours rapide bien qu’en décélération légère
progression de 11,3%, en volume, il devance les (+15% après +17,3% en 2004 en moyenne
secteurs des biens d’équipement et produits annuelle). L’allongement des durées des prêts
minéraux ainsi que le commerce automobile. Les proposés dans un contexte de taux d’intérêt encore
performances de ces secteurs en terme de valeur favorables soutient le dynamisme de l’accession à
ajoutée sont cependant remarquables avec des la propriété malgré la hausse continue des prix
taux de progression en volume de 8% à 11%. Le immobiliers. Les investissements des ménages
dynamisme du BTP a entraîné toutes les activités constituent le tiers de l’ensemble des
investissements de l’économie réunionnaise. qui lui sont liées. Dans son sillage, les secteurs des
Les travaux publics et de génie civil ont de plus services aux entreprises et des transports ont aussi
constitué des moteurs puissants en 2005 avec réalisé des résultats meilleurs que la moyenne avec
principalement le chantier de la route des Tamarins des hausses de valeur ajoutée à prix constant de
et les travaux de basculement des eaux. l’ordre de 5%.

Si l’expansion du chiffre d’affaires du secteur
Évolution de l’investissement secondaire a été exceptionnelle en 2005,
(en euros courants, y compris investissements aéronautiques)
l’accélération de sa valeur ajoutée a été cependant
un peu moins forte qu’attendu du fait du
25%
renchérissement des consommations intermé-
diaires. Les hausses des cours internationaux du 20%
pétrole et des matériaux ferreux se sont en effet
15% répercutées sur les prix des matériaux dérivés. De
plus l’index du prix du fret affiche une hausse de
10% près de 20% sur l’année à La Réunion.
Concernant le secteur primaire, la production de la
5% pêche s’est accrue (+17% en valeur) tandis que
celle du sucre s’est repliée, la campagne 2005
0%
ayant déçu après le tonnage exceptionnel récolté 1995 1997 1999 2001 2003 2005
en 2004.


Par ailleurs, l’hôtellerie-restauration a marqué une De même, les dépenses en loyers, qui
pause avec le tassement du nombre de touristes. représentent un cinquième des dépenses des
Le déficit commercial s’est à nouveau creusé ménages, ont conservé un rythme de hausse
(+10%, hors achats exceptionnels aéronautiques) soutenu. Enfin, pour les ménages comme pour
car les imports ont accéléré. La hausse a été l’ensemble des acteurs de l’économie, les
particulièrement forte pour les machines et dépenses en énergie s’accélèrent sous l’effet
équipements (+27%), en lien avec la vigueur de principalement de la flambée du prix du pétrole,
l’investissement, et pour l’énergie dont la facture mais aussi de la progression de la consommation.
s’alourdit (+18%). Les exportations de biens sont Pour les ménages réunionnais, la hausse du prix
restées bien orientées, en progression de 4,9% de l’énergie a atteint 9,7% en moyenne annuelle
grâce aux ventes de sucre (+14%) issues de (+15,3% au niveau national).
l’excellente campagne sucrière 2004.
Les dépenses des touristes sur le sol réunionnais Reprise des salaires ont aussi fléchi de 1,8% avec 308,8 millions

d’euros après 314,4 en 2004. Si les dépenses Le revenu disponible global des ménages a
consacrées aux loisirs (-8,3%) et à la restauration progressé en 2005 à un rythme rapide estimé à
(-3,3%) ont reculé, celles consacrées aux 5,1% à prix constants, soit 7,4% en valeur. Il croît
souvenirs (+3,1%) et à l’hébergement (+2,7%) ont au rythme moyen observé sur la période 1993-
progressé, l’hébergement confortant sa place de 2004 qui était marquée par les mesures de
1er poste de dépenses. rattrapage salarial et social. En moyenne par
habitant; le revenu disponible a augmenté
légèrement plus vite que par le passé car la La consommation des ménages population s’accroît moins rapidement en 2005.
se fait plus sélective Le supplément de pouvoir d’achat global n’a pas

empêché un tassement de la consommation des
La consommation des ménages a augmenté à un L ménages (+3,9% en 2005, +4,2% en moyenne
rythme estimé à 6,2% en valeur, conforme à la décennale). L’arbitrage entre consommation et
moyenne des dix dernières années. Compte-tenu épargne s’est en effet opéré en faveur d’une
du surcroît d’inflation, cette hausse exprimée en prix épargne toujours dynamique orientée vers le
constants ne dépasserait cependant pas +4%, soit logement. Cette tendance se démarque de celle
légèrement en deçà du rythme moyen de la période observée au niveau national où le revenu
1993-2004 (+4,2%). disponible des ménages a ralenti (+3,1% après
Les dépenses en biens de consommation 4,1%), les incitant à abaisser leur taux d’épargne
(habillement, équipement du foyer, mobilier, vidéo, afin de maintenir une consommation dynamique.
photo, pharmacie, édition…) satisfaites aux 2/3 par A La Réunion, la progression du revenu des
des produits importés, ont peu accéléré, à l’image ménages est surtout alimentée par les salaires. La
des imports de ces articles (+4% après +3,5% en masse salariale distribuée par le secteur marchand
2004). A contrario, les ventes de véhicules de a accéléré sa croissance, progressant de 12%
tourisme ont remporté un franc succès : +17,8% en après +7% en 2004. Elle renoue ainsi avec les
cette année de salon automobile, soit 7 points de rythmes de hausse enregistrés avant le freinage
plus que lors de la précédente édition du salon en opéré en 2001. Cette reprise est le fruit à la fois
2003.Ces ventes participent à l’accélération des d’une hausse de l’emploi marchand (+3,3%) et de
encours de crédit à la consommation en fin hausses salariales. Les salaires du secteur privé
d’année. En moyenne annuelle, la progression des ont à nouveau bénéficié en 2005 d’une forte
encours de crédit à la consommation ont cependant revalorisation du SMIC (+5,5 % en juillet) dans le
ralenti (+7,7% après +10,9% en 2004). cadre, pour la dernière année, de la loi Fillon
Les dépenses en services des ménages définissant la convergence des garanties
progressent toujours rapidement, notamment les mensuelles nées de la réduction du temps de
télécommunications, l’audiovisuel et les services à travail. Les salaires versés dans le BTP ont été
la personne. encore plus dynamiques que dans les autres
branches.

Compte d’exploitation des branches
Unité : en % et millions d'euros
Évolutions en valeur (en %) Valeur Valeur

2003 2005 2003 2004 2005
Production 16 138 6,6% 6,7% 7,6% 18 530
Consommations intermédiaires 6 542 7,4% 7,0% 7,9% 7 550
Valeur ajoutée 9 596 6,1% 6,4% 7,4% 10 970
Excédent brut d'exploitation 3 771 6,1% 5,5% 6,7% 4 250
Revenu disponible des ménages 8 673 6,5% 6,1% 7,4% 9 880


Des comptes rapides construits à l’aide du modèle « Tablo-Réunion »
Le modèle TABLO est un modèle macro-économétrique, de type keynésien, modèle dit « quasi-
comptable ». Il permet de projeter les comptes économiques d’une année à partir d’hypothèses d’évolutions
de l’offre et de la demande de biens et services. A La Réunion, ce modèle est construit avec 25 branches et
25 produits.
Le modèle est basé sur le TES (Tableau des Entrées-Sorties) de la Comptabilité Nationale. En effet, ces
relations comptables permettent d’assurer la cohérence du modèle en décrivant les équilibres nécessaires
entre les ressources et les emplois pour chaque opération.
En conséquence, le modèle reproduit de façon mécanique la structure comptable déterminée par le passé.
La projection du compte se fait selon la méthode de Léontieff, fondée sur les interactions entre branches et
celle de Keynes, fondée sur l’interaction revenu-consommation.
Le modèle intègre peu de relations de comportement des agents et ne peut donc pas être utilisé pour
simuler l’impact de changements de comportement d’agents.



La masse salariale du BTP a connu une ont atteint 1 236,4 millions d’euros en 2005, soit
expansion exceptionnelle. Elle a progressé de une hausse de 4,8% après 7,9% en 2004. Le
plus de 20% sous l’effet conjugué des hausses freinage provient des prestations liées à la
d’effectifs (+12%) et des salaires (primes précarité (RMI et RSO) et au logement. Le montant
notamment). La masse salariale versée dans les versé au titre du RMI ne s’est accru que de 4,2%
services aux entreprises a également rebondi après +10,9% en 2004, il atteint 372,5 millions
(+15%) tandis que celle des industries agro- d’euros en 2005. Sa hausse ne provient plus de
alimentaires a marqué le pas. l’expansion du nombre de bénéficiaires comme en
Dans le secteur public, la hausse de la masse 2004, mais du recul de leurs ressources
salariale distribuée a été moins rapide que dans complémentaires. Le RMI est en effet une
le secteur marchand. Les dépenses de l’Etat en allocation différentielle, il compense donc la baisse
rémunération de personnel ont augmenté de ou la perte éventuelle des indemnisations chômage
5,2% sous l’effet mécanique de l’avancement en ou allocations de solidarité de ses bénéficiaires. Le
carrière des personnels et de la revalorisation du nombre de bénéficiaires du RMI diminue de 1,7%.
point indiciaire de +0,9%. Parallèlement, le nombre de érémistes de plus de


cinquante ans devenus bénéficiaires du RSO
s’accroît de 6,2%. Freinage des prestations sociales Le montant des allocations chômage versées par
l’ASSEDIC a poursuivi son repli. Il a reculé de
5,1% (après 5,2% en 2004) pour atteindre 357 Le montant global des prestations sociales
millions d’euros. Cette baisse s’explique versées par la Caisse d’allocations familiales a
principalement par la baisse du nombre de moins augmenté que l’année précédente. Elles
bénéficiaires du régime d’assurance chômage.
Parallèlement, les bénéficiaires de l’allocation de
Les publications CEROM solidarité versée aux personnes n’ayant plus droit
à l’assurance chômage ont augmenté de 3,5% Réunion « Émergence de nouveaux moteurs de
(soit +475 bénéficiaires). Au total, le nombre croissance » Novembre 2005
d’allocataires a donc baissé de près de 4 000.
Réunion « Une double transition presque
réussie » Octobre 2004 Par ailleurs, les prestations liées au logement
(242,4 millions d’euros) progressent de 2,4% Guadeloupe « Une économie en déficit G
seulement, après +8,3% en 2004. A l’opposé, les …d’image » Juin 2004
prestations liées à l’isolement augmentent toujours
Martinique « L’économie martiniquaise au rapidement (+ 16,4% après + 13% en 2004) en
passage de 2000 : une économie vertueuse ? » raison de l’alignement progressif de l’Allocation de
Juin 2005 parent isolé (API) sur les niveaux servis en
métropole. L’API a ainsi atteint 41,8 millions Saint-Pierre et Miquelon « Premières synthèses S
d’euros en 2005. Par ailleurs, les prestations des sur l’économie de Saint-Pierre et Miquelon en
branches famille-enfant, et invalidité maintiennent 2004 » Septembre 2006
un rythme de hausse autour de 4%. Nouvelle-Calédonie : « L’économie calédonienne
en mouvement » Novembre 2005
Nadine Jourdan, Christiane Millet


Comptes économiques définitifs de La Réunion sur www.insee.fr/réunion

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