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ÉCONOMIE
Recul de la croissance
chez nos voisins
unreculsensibledesavaleurajoutée delaconsommationprivée,sousl'effetDans un cadre de récession
(-17%horsBTP).Ilenestainsi,dans delaprimeàlacasse.mondiale entamée en 2008,
une moindre mesure, de l'ensemble
l'Allemagne et la Suisse
commerce, hôtels-restaurants et Pourtant,lesconséquences surle
ont connu une baisse transports (-5 %).Seuls, le secteur marché du travail ont été limitées.
du produit intérieur brut. primaire et les services non mar- L'emploi salarié et non salarié est
chands ont connu une très légère resté quasi stable, par rapport àCelle-ci a été nettement
croissance de leur valeur ajoutée 2008, qui était de plus une annéeplus marquée en Allemagne,
en 2009. record.Lesentreprisesonttrèspeu
avec cependant
utilisé le licenciement, lui préférant
un impact limité sur l'emploi. Dès 2008, le commerce extérieur la réduction du temps de travail.En
La Suisse traverse avait cessé de jouer son rôle habi- un an, le taux de chômage a connu
tueldemoteuréconomique.Enchu- le plus faible accroissement demieuxlacrise
tant -en volume- respectivement de toute l'Union européenne. L'Alle-avec une baisse
14,7 % pour les exportations et de magne enregistre, en contrepartie,du produit intérieur brut
8,9 % pour les impor, les unreculnetdelaproductivité:-4,9%
beaucoup plus modérée. échanges extérieurs expliquent par emploi et -2,2 % par heure tra-
l'essentiel des 5 % du PIB perdus vaillée, soit la variation la plus
'année 2009, surtout en son en2009.Àcelas'ajoutelabaissedes importante depuis l'après-guerre.L début, a été le témoin dans la investissements (-12,5 %) qui a con- Le revenu national a perdu 4 % en
quasi-totalité des pays européens tribué également au recul du PIB. 2009 : -0,2 % pour les revenus du
de la prolongation de la plus forte Seule, la consommation a progressé travail, -11 % pour ceux de l'entre-
crise économique, apparue en modérément (+0,9 %), surtout la prise et du capital.Il s'agit d’un pur
2008,depuis l'après-guerre.Hormis consommationpublique(+2,7%)etla renversement par rapport à la
en Pologne où la croissance s'est partie "transports et communications" période 2004-2007.
poursuivie modérément, le produit
intérieur brut (PIB) a reculé dans Allemagne : le retour du balancier
tous les autres pays (-4,2 % en 200
Indice (base 100 en 1991) Revenus de l'entreprise et du capitalvolume pour l'ensemble de l'Union
européenne).Danslemêmetemps, 180
le taux de chômage a progressé de
prèsdedeuxpointsetlestauxd'ac- 160
tivitéetd'emploiontchutéàpartirdu
e
3 trimestre 2009. 140
Rémunérations du travail
120Impact limité
sur l'emploi en Allemagne
100
Le secteur industriel allemand,
80trèsdépendantdel'export,aconnu
1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009
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Chiffres pour l'Alsace · dossier n° 17 · L'année économique et sociale 2009 · juin 2010
Source :Office fédéral allemand de statistiqueÉCONOMIE
Lessalairesettraitementsbrutsaffi- pour la République fédérale). relativement limité (5 %), seule la
chentunreplide0,5%,conséquence S'agissant du marché du travail, la Bavièreconnaîtuntauxinférieur.
des réductions des temps de travail. tendance observée au plan national
Quant aux coûts salariaux unitaires se retrouve en Rhénanie-Palatinat : La Suisse traverse mieux la crise
dutravail,ilsontaugmentédeplusde quasi-stabilité des effectifs em-
D'après les premières estima-5%en2009,soitunaccroissement ployés, diminution de 2,9 % des
tions, le PIB de la Suisse auraitjamais enregistré depuis le milieu heures travaillées ainsi que de la
diminué de 1,5 % en valeur réelle.des années quatre-vingt dix. productivité par heure travaillée et
Le revenu disponible des ménages surtout par emploi. Hormis la Pologne, il s'agit de la
s'est accru de 0,4 %, les dépenses plus petite baisse enregistrée par
de consommation progressant de DansleBade-Wurtemberg,lePIB un pays européen en 2009. Selon
l'approche par la dépense, les0,5%etletauxd'épargne semain- adiminuéde7,4%,soitlabaissela
balances commerciales debiensettenant à 11,2 %. Le taux d'inflation plus importante dans toute l'Alle-
de services expliquent ce recultrèsmodéréde0,4%ainfluépositi- magne après celle de la Sarre.
pourrespectivement1,3et1,4pointvement sur leur équilibre global. L'industrie locale, d'ordinaire véri-
de pourcentage. Elles sont com-table moteur en termes de crois-
pensées par l'augmentation desLes mesures de soutien à l'éco- sance et d'exportations, et pesant
dépenses de consommation pu-nomie et la diminution des impôts plus du quart de la valeur ajoutée
blique comme privée. L'approcheperçus contribuent à un déficit brute totale du Land, subit des
financier public de 77 milliards reculs dépassant 25 % du chiffre par la production montre un secteur
d'euros : c'est 3,2 % du PIB nomi- d'affairesdanstoutessesbranches de l'intermédiation financière en
nal, soit, pour la première fois clés, aboutissant à une perte d'un baisse de presque 6 %, un secteur
primaire de 3 % et unedepuis 2005, un peu plus que le peu plus de 21 %. Le secteur des
industrie hors construction deseuilfixéparleTraitédeMaastricht. transports et des communications
3,6 %. Si le commerce progresseperd lui aussi du terrain. Seuls, le
très légèrement, la constructionsecteur primaire, les administra-Le Bade-Wurtemberg
gagne 3,7 % et les services nontions et les services à la personnele plus touché
marchands 1 %.enregistrent une croissance.
La population active occupée s'estEn Rhénanie-Palatinat, la réces-
En 2009, les entreprises du accrue de 0,3 %, (+1,1 % pour lession observée est voisine de celle
Bade-Wurtemberg ont eu beau- travailleurs frontaliers). Les emploisde la République fédérale, aussi
coupplusrecoursautravailàtemps sont restés stables, malgré unebienparsonampleurqueparsaré-
baisse dans le secondaire.Globale-partition dans le temps. partiel qu'en 2008. Malgré cela et
ment, les gains du canton de ZurichL'industrie manufacturière, légère- pourlapremièrefoisdepuissixans,
etdelarégionlémaniqueéquilibrentment plus présente que dans le l'emploiaenregistréunebaisse(-0,6%).
les pertes sur l'ensemble du pays.reste du pays, baisse un peu plus Les pertes sont plus nettes dans le
Après avoir enregistré en 2008 la(-19 % contre -17 %), avec une secteur de l'industrie manufac-
moyenne annuelle la plus bassechute à -45 % pour la construction turière(-3,1%),letertiairecompen-
depuis six ans, le nombre de chô-automobile, très dépendante de sant globalement ces pertes d'un
meurs a augmenté de l'ordre del'export. Dans le bâtiment, la crois- tiers grâce à sa partie non mar-
chande. Les intérimaires ont été 44 % en 2009 ; le taux de chômagesance est de 1,4 % grâce aux tra-
particulièrement touchés : s'ils dé- estpasséde2,6à3,7%(3,5à4,3%vaux d'installation et/ou de finition
(stabilité au niveau de la Répu- pendent par leurs contrats de travail au sens du BIT).
blique fédérale). Quant au secteur du tertiaire, ils sont fréquemment
tertiaire,ilafficheunebaisselimitée actifs dans l'industrie. Néanmoins, le
Sébastian CARLOTTI
de 1 % par rapport à 2008 (-1,7 % taux de chômage est resté à un niveau
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Chiffres pour l'Alsace · dossier n° 17 · L'année économique et sociale 2009 · juin 2010