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Une récession profonde, suivie d'une timide reprise de l'activité

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Contexte national et international Une récession profonde, suivie d'une timide reprise de l'activité En 2009, toutes les économies avancées ont enregistré une profonde récession. Leur activité s'est repliée de 3,5 %. Si la récession a été globale, sa sévérité a varié selon les pays. La baisse s'est limitée à 2,2 % en France - représentant pourtant la plus forte baisse depuis l'après-guerre - et à 2,4 % aux États-Unis ; elle a atteint environ 5 % en Allemagne, en Italie, au Royaume-Uni et au Japon. Le dynamisme des économies émergentes a suscité un rebond du commerce international en cours d'année et les économies avancées en ont bénéficié pour amorcer une sortie de crise. La situation à l'international u deuxième trimestre 2009, l'activité s'est quasiment même, les critères d'octroi du crédit aux ménages restentA stabilisée dans les économies avancées (- 0,1 %), stricts, même si les banques annoncent leur stabilisation. après le fort repli des trimestres précédents. En France comme Si la crise immobilière continue de déprimer les en Allemagne, elle s'est même inscrite en hausse de 0,3 %. volumes des transactions, des signes d'accalmie se font Les économies avancées ont bénéficié du rebond de jour. Ainsi, en Espagne, la baisse des prix se modère.
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Contexte national et international
Une récession profonde, suivie d'une timide reprise de l'activité
En 2009, toutes les économies avancées ont enregistré une profonde récession. Leur activité s'est
repliée de 3,5 %. Si la récession a été globale, sa sévérité a varié selon les pays. La baisse s'est
limitée à 2,2 % en France - représentant pourtant la plus forte baisse depuis l'après-guerre - et à
2,4 % aux États-Unis ; elle a atteint environ 5 % en Allemagne, en Italie, au Royaume-Uni et au
Japon. Le dynamisme des économies émergentes a suscité un rebond du commerce international
en cours d'année et les économies avancées en ont bénéficié pour amorcer une sortie de crise.
La situation à l'international
u deuxième trimestre 2009, l'activité s'est quasiment même, les critères d'octroi du crédit aux ménages restentA stabilisée dans les économies avancées (- 0,1 %), stricts, même si les banques annoncent leur stabilisation.
après le fort repli des trimestres précédents. En France comme Si la crise immobilière continue de déprimer les
en Allemagne, elle s'est même inscrite en hausse de 0,3 %. volumes des transactions, des signes d'accalmie se font
Les économies avancées ont bénéficié du rebond de jour. Ainsi, en Espagne, la baisse des prix se modère. En
la demande en provenance des pays émergents, France, les ventes de logements neufs ont augmenté au
notamment du sud-est asiatique : en particulier, la croissance premier semestre, grâce à la baisse des taux d'intérêt et au
chinoise a été soutenue par la mise en œuvre d'un plan de dispositif "Scellier", et les stocks se sont repliés. En Irlande,
relance et par l'assouplissement des conditions d'accès au les mises en chantiers de logements semblent se stabiliser
crédit. Le commerce mondial, qui s'était effondré au tournant depuis le début de l'année, mais à un niveau très déprimé.
de 2009, s'est stabilisé au deuxième trimestre, tiré par les Les marchés immobiliers américains et britanniques sont
importations des pays émergents (+ 1,8 %), et plus nettement mieux orientés, après avoir enregistré une
particulièrement des pays asiatiques (+ 5,0 %). Il a également correction brutale : sur le marché américain, les ventes
été soutenu par l'intensification des échanges de produits de enregistrent un rebond et les prix semblent se stabiliser aux
l'industrie automobile suite à la mise en œuvre de primes à États-Unis alors qu'ils sont déjà en hausse au Royaume-
la casse dans de nombreux pays. Cette embellie du Uni. Toutefois, une rechute est toujours possible à ce stade,
commerce a profité aux économies très dépendantes du du fait de conditions de financement toujours difficiles et de
commerce extérieur comme l'Allemagne et plus encore le la dégradation des marchés du travail.
Japon dont les échanges vers le reste de l'Asie sont très La sortie de récession s'est confirmée au second
importants. semestre. Après la stabilisation des économies avancées
Par ailleurs, dans les pays avancés, la mise en œuvre des au deuxième trimestre, leur activité s'est inscrite en hausse
plans de relance a soutenu la demande des ménages. modérée sur la fin de l'année. Combiné au rebond des
En revanche, l'investissement des entreprises s'est encore économies émergentes, ce mouvement est venu conforter
sensiblement replié, pénalisé par de très fortes surcapacités la reprise du commerce mondial.
de production et par des conditions de financement toujours Dans les économies avancées, l'inflation "sous-jacente"
difficiles ; le marché du travail a continué de se détériorer s'inscrit dans une tendance à la baisse mais reste
dans le sillage de la forte contraction de l'activité au tournant presque partout positive. La baisse de l'inflation tient d'abord
de l'année 2009. à la hausse du chômage et à la modération salariale qu'elle
Les marchés interbancaires se sont normalisés sous induit. Elle tient également à la faiblesse de la demande qui
l'effet de l'assouplissement marqué de la politique monétaire contraint les entrepreneurs, à modérer leurs prix pour
des banques centrales, via la baisse des taux, puis via l'achat conserver des clients. En conséquence, le ralentissement
direct de titres de dette, et sous l'effet de l'intervention massive des prix s'est poursuivi. Ainsi, l'inflation "sous-jacente" est
des États pour soutenir les établissements financiers. Le restée très faible aux États-Unis et elle a continué à ralentir
mouvement de détente s'est ensuite fait sentir sur les dans la zone euro. La France a suivi la même tendance.
marchés obligataires privés. Toutefois, les conditions de Le profil de l'inflation totale est encore dicté par les
financement des entreprises, tant bancaires que sur les prix de l'énergie. Avec un marché proche de l'équilibre, le
marchés, sont restées plus difficiles qu'avant la crise. De prix du pétrole a atteint environ 75 $ le baril après le rebond
8 L’année économique et sociale 2009 - Dossier n°155Contexte national et international
enregistré au premier semestre, porté par le dynamisme de Le pouvoir d'achat de l'ensemble des ménages marque
la demande chinoise. Il est donc nettement supérieur au le pas au second semestre 2009. En effet, les revenus
niveau d'environ 40 $ le baril atteint fin 2008. Ainsi, l'inflation d'activité ont stagné, les pertes d'emplois et la hausse du
énergétique s'est redressée fin 2009, entraînant dans son chômage pesant sur les salaires. De plus, le pouvoir d'achat
sillage le glissement annuel des prix à la consommation. a été moins soutenu qu'au premier semestre par le plan de
L'inflation française, en rythme annuel, s'est redressée à relance. Enfin, il est pénalisé par la remontée de l'inflation en
1,0 % en fin d'année contre - 0,2 % en août et celle de la fin d'année. En moyenne annuelle, sa croissance serait
zone euro a atteint 1,1 % contre - 0,2 % en août. pourtant plus importante en 2009 (+ 2,1 %) qu'en 2008
(+ 0,7 %) du fait du reflux de l'inflation.La situation en France
En lien avec la faiblesse des gains du pouvoir d'achat au
L'activité en France a connu une hausse modérée lors second semestre, la consommation des ménages a
des trois derniers trimestres 2009. Après le rebond progressé à un rythme très modéré (+ 0,8 % après + 0,9 %
enregistré au deuxième trimestre, l'économie française a en 2008). Sur 2009, la hausse du chômage a incité les
continué de croître sur un rythme modéré au second semestre. ménages à la prudence, leur taux d'épargne passant de
En particulier, la production industrielle a progressé et l'activité 15,3 % en 2008 à 16,4 %.
dans les travaux publics a été soutenue par la mise en œuvre Depuis la mi-2008, les ménages réduisent leur
du plan de relance. Au total, l'activité s'est contractée de investissement, principalement constitué d'acquisition de
2,2 % en 2009 après la très faible croissance de 0,3 % logements. Ce mouvement s'est maintenu tout le long de
en 2008. l'année (- 8,2 % par rapport à 2008) malgré un rebond des
Comme le commerce mondial, la demande étrangère ventes de logements neufs au deuxième trimestre, poussant
adressée à la France s'est redressée au deuxième ainsi les stocks à la baisse. Mais, du fait des délais habituels
trimestre. Par conséquent, les exportations françaises ont de construction, ces ventes ne généreront que
connu une reprise. Elles ont marqué toutefois un progressivement de l'activité dans le secteur.
ralentissement au quatrième trimestre du fait notamment de Les importations se sont redressées quelque peu. Au
la fin de la prime à la casse allemande. Après la poursuite de premier semestre 2009, les importations de biens et services
la baisse des exportations françaises au premier trimestre ont sensiblement reculé en lien avec l'affaissement de la
2009 (- 7,3 %), elles ont ensuite progressé de 0,5 %, 1,5 % demande intérieure et des exportations. Les importations
puis 0,5 % sur les trois trimestres suivants. Néanmoins, par de produits manufacturés se sont particulièrement repliées,
rapport à 2008, leur recul atteint 11,2 % sur l'ensemble de notamment celles de biens intermédiaires et d'automobiles.
l'année 2009. Au second semestre, elles progressent quelque peu,
En 2009, l'investissement des entreprises a reculé très entraînées par la reprise des échanges extérieurs et le
fortement (- 7,8 %). Pourtant, ce repli est nettement moins redressement, toutefois encore limité, de la demande
prononcé au second semestre qu'au premier. Si les capacités intérieure. Au total, par rapport à 2008 les importations ont
de production sont encore sous-utilisées, les conditions de reculé de 9,6 % en volume.
financement sont devenues progressivement moins difficiles En France, la reprise de la demande intérieure resterait
et les perspectives de demande se sont améliorées. hésitante au premier semestre 2010 et la croissance du
L'emploi est en forte baisse. Suite à la forte contraction PIB serait modérée : 0,2 % au premier trimestre et 0,3 % au
de l'activité constatée au premier trimestre, le marché du deuxième.
travail a continué à enregistrer, avec le retard habituel, L'appareil productif reste faiblement sollicité. Au premier
d'importantes baisses d'emplois sur le reste de l'année. semestre 2010, les entreprises relanceraient cependant
Cependant, elles se sont modérées progressivement avec quelque peu leurs projets d'investissement mis à mal par la
le retour de la croissance. Ainsi, l'emploi s'est replié au total crise, en s'appuyant sur l'amélioration progressive de leurs
de près de 300 000 postes en 2009, dont 36 000 sur le débouchés et de leurs conditions de financement. Le rythme
second semestre. Les secteurs marchands non agricoles des destructions d'emploi, atténué depuis l'été dernier, devrait
ont perdu 360 000 postes en 2009 après 170 000 en 2008. encore faiblir dans les mois qui viennent. La hausse du
L'emploi a nettement baissé tant dans l'industrie que dans la chômage se modèrerait ainsi sensiblement pour atteindre
construction et le tertiaire marchand. Le repli de l'emploi total 9,8 % en France métropolitaine à l'horizon de la mi-2010.
a été atténué par les secteurs non marchands, grâce La consommation des ménages stagnerait globalement au
notamment à la progression de l'emploi aidé. premier semestre 2010, fragilisée par la faiblesse du pouvoir
Le taux de chômage est nettement reparti à la hausse d'achat et le contrecoup de la prime à la casse.
à partir du deuxième trimestre 2008 avec la dégradation de
la conjoncture. Il s'est établi ainsi à 8,6 % en moyenne au Alain Dupré
premier trimestre 2009 en France métropolitaine contre un Insee Rhône-Alpes
point bas à 7,1 % début 2008. Cette hausse s'est poursuivie
Rédigé à partir des notes de conjoncture de l'Insee de décembre 2009 et de mars 2010 ; les estimationstoute l'année. Fin 2009, le taux de chômage s'établit ainsi à
ont été mises à jour à partir des résultats des comptes du quatrième trimestre 2009 parus le 2 avril 2010
9,6 % en France métropolitaine. (ces documents sont disponibles sur insee.fr).
L’année économique et sociale 2009 - Dossier n°155 9

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