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Les évolutions démographiques des professions de santé

De
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Entre 1990 et 2005, le nombre de professionnels de santé a augmenté plus vite que celui des autres actifs en raison surtout du faible nombre de départs à la retraite : ces professionnels étaient en moyenne relativement jeunes en 1990. Cependant, avec les diminutions des entrées en formation décidées par les pouvoirs publics jusqu'au milieu des années quatre-vingt-dix, la croissance démographique des médecins et pharmaciens s'est ralentie à partir de cette date. Si pour ces deux professions, les sentiments de « pénurie » de professionnels ont pu être alimentés par ce ralentissement démographique, ce n'est pas le cas pour les infirmiers, sages-femmes ou masseurs-kinésithérapeutes, qui ont connu une croissance démographique forte et régulière sur l'ensemble de la période. À l'avenir, le nombre de médecins et de pharmaciens partant à la retraite va fortement augmenter. Les hausses récentes des numerus clausus ne pourront les compenser dans l'immédiat. Ainsi, le rythme de croissance des effectifs de pharmaciens ralentirait encore, et le nombre de médecins diminuerait à partir de 2008. À l'inverse, pour les autres professionnels, la forte croissance se poursuivrait.
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Santé et protection sociale 7
Les évolutions démographiques
des professions de santé
Anne Billaut, Pascale Breuil-Genier, Marc Collet, Daniel Sicart*
Entre 1990 et 2005, le nombre de professionnels de santé a augmenté plus
vite que celui des autres actifs en raison surtout du faible nombre
de départs à la retraite : ces professionnels étaient en moyenne relativement
jeunes en 1990. Cependant, avec les diminutions des entrées en formation
décidées par les pouvoirs publics jusqu’au milieu des années quatre-
vingt-dix, la croissance démographique des médecins et pharmaciens
s’est ralentie à partir de cette date. Si pour ces deux professions, les
sentiments de « pénurie » de professionnels ont pu être alimentés par ce
ralentissement démographique, ce n’est pas le cas pour les infirmiers,
sages-femmes ou masseurs-kinésithérapeutes, qui ont connu une croissance
démographique forte et régulière sur l’ensemble de la période.
À l’avenir, le nombre de médecins et de pharmaciens partant à la retraite
va fortement augmenter. Les hausses récentes des numerus clausus
ne pourront les compenser dans l’immédiat. Ainsi, le rythme
de croissance des effectifs de pharmaciens ralentirait encore,
et le nombre de médecins diminuerait à partir de 2008. À l’inverse,
pour les autres professionnels, la forte croissance se poursuivrait.
n 2005, les profession- tout des professions de santé ré- (masseurs-kinésithérapeutes,
nels de santé sont au glementées par le Code de la infirmiers, orthophonistes, or-E nombre de 1 850 000, santé publique : médecins, phar- thoptistes, psychomotriciens,
soit 7,6 % des actifs ayant un maciens, dentistes, sages-femmes pédicures podologues, ergothé-
emploi (figure 1). Il s’agit sur- et professions paramédicales rapeutes, audio-prothésistes,
* Anne Billaut, Pascale Breuil-Genier, Marc Collet et Daniel Sicart font partie de la Drees du ministère de l’Emploi, de la Cohésion sociale
et du Logement et du ministère de la Santé et des Solidarités.
Données sociales - La société française 555 édition 2006
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7 Santé et protection sociale
Figure 1 - Principaux indicateurs démographiques sur les professions de santé (1990-2005)
Taux de
Effectifs Taux de Taux de Part Part
croissance Part Âge moyen
au croissance croissance des moins des 55 ans
annuel des femmes auer1 janvier 2005/1990 annuel moyen de 35 ans ou plus1 ermoyen lissé (en %) 1 janvier 2005
2005 (en %) (en %) (en %) (en %)
(en %)
Médecins 205 864 18,9 1,2 1,1 38,0 7,4 26,2 48,5
Dentistes 41 083 8,3 0,5 0,5 34,7 14,0 26,4 47,1
Pharmaciens 67 484 26,2 1,6 1,6 64,2 15,8 20,7 45,9
Sages-femmes 16 550 54,6 2,9 3,1 99,0 29,8 14,0 41,9
Infirmiers 452 466 48,6 2,7 2,8 87,1 28,5 15,6 42,6
Masseurs-kinésithérapeutes 60 364 57,8 3,1 3,1 44,0 30,3 21,3 42,9
Orthophonistes 15 909 59,1 3,3 3,2 95,7 29,8 15,8 42,3
Orthoptistes 2 588 79,1 4,1 4,2 92,2 39,1 11,8 39,5
Psychomotriciens 5 894 … … … 85,5 36,1 7,8 39,9
Pédicures-podologues 10 550 85,8 4,2 … 68,0 38,1 16,9 40,9
Ergothérapeutes 5 370 … … … 85,1 47,4 7,7 37,2
Audio-prothésistes 1 806 … … … 41,0 35,2 22,3 43,1
Opticiens 15 141 … … … 46,3 51,2 15,4 38,8
Manipulateurs radio 24 512 … … … 72,6 28,2 13,8 42,3
Ensemble des professions régle-
mentées par le Code de santé
publique 925 581 … … … 68,4 23,1 19,0 41,4
Aides soignants 455 806 59,6 3,4 3,3 90,3 30,5 7,0 40,1
Agents de service hospitaliers
et professions assimilées 299 353 24,7 1,6 0,8 79,8 28,3 9,2 40,8
2
Autres 171 366 … … … … … … …
Total des professions de santé 1 852 106 36,3 2,2 1,9 76,1 30,3 9,9 40,9
Catégories socioprofessionnelles
Cadres et professions intellec-
tuelles supérieures 3 542 807 44,8 2,7 2,6 35,3 26,8 15,5 42,6
Professions intermédiaires 5 720 876 31,7 2,0 1,7 47,8 34,8 8,8 39,9
Employés 7 043 375 17,5 1,2 1,4 76,3 35,5 10,1 39,6
Professions libérales 337 799 17,3 1,1 0,7 36,2 15,7 24,4 46,6
Médecins, internes, dentistes,
pharmaciens... 328 556 4,3 0,3 0,3 48,6 18,6 19,1 45,2
Professions intermédiaires de la
santé et du travail social 1 099 299 56,6 3,3 3,1 76,3 36,6 8,5 39,5
Employés civils et agents de ser-
vice de la Fonction publique 2 171 363 21,4 1,4 1,4 76,4 26,2 10,9 41,6
Ensemble des actifs 24 512 696 9,8 0,7 0,7 45,5 33,0 11,3 40,4
Champ : France métropolitaine.
Note : pour certaines professions de santé, plutôt récentes, les données de 1990 ne sont pas disponibles (…).
1. Les taux de croissance annuels lissés sont calculés à partir des tendances linéaires en ajustant au mieux les effectifs annuels sur la période d’étude, afin de
limiter l’impact des fluctuations d’échantillonnage de l’enquête Emploi sur les évolutions.
2. La catégorie « Autres » est obtenue par différence entre le total des professions de santé tiré de l'enquête Emploi et les effectifs des professions de santé
règlementées tirés d'Adeli.
Sources : Drees : répertoire Adeli pour les professions de santé règlementées, Insee : enquêtes Emploi 1990-2004.
Données sociales - La société française 556 édition 2006
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Santé et protection sociale 7
opticiens lunetiers, manipulateurs d’autres professionnels, en effec- Une croissance
d’électro-radiologie médicale). S’y tifs plus réduits (psychologues, du nombre
ajoutent les aides-soignants, les ambulanciers) contribuant à pro-
des professionnels
agents de services hospitaliers et duire des services de santé.
de santé plus rapide
que l’ensemble des actifs
Encadré 1
En 1990, ces professionnels deSources
santé n’étaient que 1 350 000,
Différentes sources statistiques re- médecins fonctionnaires de l’État soit 6 % des actifs ayant un em-
censent ou dénombrent les profes- ou d’une collectivité locale qui ploi. La croissance des effectifs
sionnels de santé, avec des champs n’exercent pas de soins, ainsi que
entre 1990 et 2005 a ainsi étéplus ou moins larges parmi les- les docteurs en médecine exer-
plus rapide pour les profession-quelles : çant une autre activité profes-
sionnelle. nels de santé que pour les actifs
– le répertoire Adeli recense, ayant un emploi (+ 1,9 % contre
pour lesprofessionsdesanté ré- –demême, le Conseil de
+ 0,7 % en moyenne par an) ou
glementées par le Code de la santé l’ordre des pharmaciens
encore l’ensemble de la popula-publique, tous les professionnels (CNOP), le Conseil de l’ordre
en exercice (hormis ceux relevant dessages-femmesetleConseil tion française (+ 0,4 % en
duservicedesanté desarmées)te- de l’ordre des chirurgiens-den- moyenne paranenmétropole).
nus de faire enregistrer leurs di- tistes répertorient les profession- Cette croissance a été variable
plômes auprès de la direction nels les concernant. Le CNOP ne
d’une profession à l’autre, notam-départementale des Affaires sani- recense que les pharmaciens ayant
ment pour les cinq professionstaires et sociales de leur départe- une activité pharmaceutique stric-
er
ment d’exercice. Au 1 janvier to sensu (excluant par exemple analysées plus en détail dans
2005, les professions de santé ré- ceux qui s’occupent exclusivement cette étude à partir principale-
glementées étaient les médecins, du marketing…). Les diplômés
ment du répertoire Adeli du mi-
chirurgiens-dentistes, pharma- sont de plus en plus nombreux à
nistèrechargédelaSantéciens, sages-femmes, infirmiers, exercer une activité pharmaceu-
masseurs-kinésithérapeutes, ortho- tique ou en tout cas à le déclarer à (encadré 1).Lenombredeméde-
phonistes, orthoptistes, psycho- l’Ordre, et de plus en plus rapide- cins (205 900 en 2005) a aug-
motriciens, pédicures-podologues, ment après l’obtention de leur di- mentéde1,1 %par an en
ergothérapeutes, audio-prothésis- plôme.
moyenne sur la période, letes, opticiens-lunetiers et manipu-
nombre de pharmaciens (67 500)lateurs en électroradiologie. Bien – l’enquête Emploi de l’Insee est
qu’étant une obligation légale, une statistique par son- de 1,6 %, les nombres de sa-
l’inscription au répertoire Adeli ou dage. Quelques professions de san- ges-femmes (16 600), d’infirmiers
la mise à jour des données restent té peuvent être isolées dans la
(452 500) et de masseurs-kinési-
dépendantes des démarches du nomenclature des professions uti-
thérapeutes (60 400) chacun deprofessionnel. Un certain nombre lisée : les pharmaciens, les méde-
d’entre eux omettent notamment cins, les chirurgiens-dentistes, les plus de 2 % par an. Pour d’au-
de signaler leur cessation d’activi- sages-femmes, les infirmiers, les tres professions plus récentes, les
té, ce qui conduit à surestimer lé- aides-soignants, les agents de ser- évolutions ont été plus sensibles,
gèrement les évolutions démo- vice hospitaliers et depuis 2003, les
mais elles concernent des effec-graphiques, d’autant que par ail- masseurs-kinésithérapeutes.
tifs faibles. C’est notamment leleurs les incitations de plus en plus
fortes à l’inscription, notamment Pour les médecins, les statistiques cas des professionnels s’occu-
par l'obtention de la carte de pro- publiées chaque année par la pant de rééducation, de réadap-
fessionnel de santé, améliorent Drees à partir du répertoire Adeli
tation et d’appareillage dont les
également l’exhaustivité du réper- font l’objet d’une confrontation
besoins se sont accrus dans lestoire. aux autres sources, suivie d’un re-
dressement dont les principes et la dernières décennies (orthophonis-
– le Conseil national de l’ordre méthodologie ont été actés par un tes, orthoptistes, psychomotriciens,
des médecins recense les méde- groupe de travail du Conseil natio- pédicures-podologues, ergothéra-
cins inscrits aux tableaux des nal de l’information statistique
peutes, opticiens, ...). À l’inverse,conseils départementaux. Tout (CNIS). D’autres travaux de com-
lesinfirmierspsychiatriquessontmédecin français, européen ou paraison des sources ont égale-
extra-européen doit y être inscrit ment été menés par le ministère en voie de disparition car le di-
pour pouvoir exercer la médecine chargé de la Santé sur les infir- plôme correspondant n’est plus
en France. En revanche, le ta- miers, les pharmaciens (ONDPS,
délivré depuis 1995. Enfin, la
bleau de l’Ordre ne comptabilise tome I, rapport 2004) ou encore les
croissance est particulièrementpas les médecins cadres actifs du masseurs-kinésithérapeutes (Darri-
service de santé des armées, les né, 2003). élevée pour les aides soignants et
professions assimilées (auxiliaires
Données sociales - La société française 557 édition 2006
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7 Santé et protection sociale
de puériculture, assistants den- et professions de santé assimi- Les étudiants en médecine ont
taires, assistants vétérinaires et lées par rapport aux employés été parmi les premiers concernés
aides médico-psychologiques) : (1,4 %). par le numerus clausus, instauré
plus de 3 % par an en moyenne dès 1971. Il a été fixé initiale-
entre 1990 et 2004 pour un effec- ment à 8 500 étudiants admis en
tif de 456 000 professionnels en deuxième année, alors que les
2005. Pour les dentistes, la crois- dernières promotions avant l’ins-Les entrées
sance a au contraire été faible tauration du numerus claususen formation
(0,5 % par an pour atteindre étaient deux fois plus nombreu-
ont fortement diminué
41 100 personnes). ses, puis a été ensuite sensible-
jusqu’au milieu des ment réduit à partir de la fin des
années quatre-vingt-dixSi les évolutions des effectifs des années soixante-dix, les craintes
professions de santé réglemen- exprimées quant à une possible
tées restent pour la majorité bien Leseffectifsdelaplupart des «pléthoremédicale»persistant
supérieures à celles observées professions de santé font l’objet (figure 2). En 1993, il atteint sa
pour l’ensemble des actifs, le d’une forte régulation. Dans les valeur plancher de 3 500 avant
nombre de médecins et de phar- dernières décennies, les profes- de remonter progressivement,
maciens a cependant moins aug- sions médicales puis les principa- puis de manière plus nette de-
menté que celui des cadres et les professions paramédicales se puis 2002. Il a été fixé à 6 200
professions intellectuelles supé- sont vues progressivement appli- pour 2006.
rieures (2,6 % par an en moyenne quer des numerus clausus ou des
entre 1990 et 2005). Le nombre quotas d’entrée en formation. Or Depuis leurs mises en place, le
des infirmiers et masseurs-kinési- ceux-ci ont évolué très différem- numerus clausus pour les phar-
thérapeutes, par contre, progresse ment d’une profession à l’autre, maciens et les quotas pour les
davantage que celui des profes- ce qui contribue à expliquer les masseurs-kinésithérapeutes et sa-
sions intermédiaires (1,7 %), de différences d’évolutions démogra- ges-femmes ont évolué parallèle-
même que les aides soignants phiques passées. ment. Si les tendances sont les
Figure 2 - Évolution des numerus clausus et quotas concernant les médecins, pharmaciens,
infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes et sages-femmes (1971-2006, France entière)
médecins, masseurs-kinésithérapeutes,
sages-femmes, pharmaciens, infirmiers
en milliers en milliers
10 35
Numerus clausus médecins
9 30
Quotas infirmiers
8
25
7
6 20
5
15
4
Numerus clausus pharmaciens
103
Quotas masseurs-kinésithérapeutes
2
5
Quotas sages-femmes1
00
1971 1973 1975 1977 1979 1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003 2005
Source : direction générale de la Santé.
Données sociales - La société française 558 édition 2006
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Santé et protection sociale 7
Figure 3 - Pyramides des âges des professions de santé en 2005mêmes que pour les médecins,
elles sont cependant nettement
Médecinsmoins marquées (figure 2). L’écart
65 ans ou plusHommes Femmesentre la valeur initiale et le
60à64
nombre de diplômés des années
55à59
précédentes est également moins 50à54
marqué que pour les médecins. 45à49
40à44Pour les masseurs-kinésithérapeu-
35à39tes, le quota d’entrée en forma-
30à34
tion était de 1 426 en 2003, avant
moinsde30ans
d’être augmenté à 1 887 en 2005. 40 30 20 10 0 10 20
en milliersMais des professionnels diplômés
à l’étranger viennent s’installer en Pharmaciens
France après avoir demandé une 65 ans ou plus
Hommes Femmes
60à64autorisation d’exercice, principale-
55à59ment des étudiants français allant
50à54faire leurs études en Belgique, où
45à49
l’entrée en formation n’est pas 40à44
soumise à quota. Leur nombre a 35à39
30à34nettement augmenté sur la pé-
moinsde30ansriode récente : d’une centaine en
12 96 3 03 6 9 121995, il a dépassé 400 en 2000, en milliers
jusqu’à atteindre un maximum de
Infirmiers
1 532 en 2003, et un peu moins
65 ans ou plus
Hommes Femmesde 1 000 l’année suivante. Ils re- 60à64
55à59présentent donc une très forte
50à54part des nouveaux installés dans
45à49
la profession. 40à44
35à39
30à34Pour les infirmiers, les quotas
25à29
d’entrée en formation instaurés moinsde25ans
en 1983 ont également un peu 120 80 40 0 40 80 120
en milliersdiminué dans un premier temps
Masseurs-kinésithérapeutes(de 16 117 en 1983 à 13 897 en
65 ans ou plus1989), mais ont augmenté plus Hommes Femmes
60à64
tôt que les autres, dès 1993
55à59
(+ 22 % par rapport à l’année 50à54
45à49précédente), et puis plus forte-
40à44ment dans les années 2000
35à39
(+ 43 % en 2001, + 13 % en 30à34
25à292004). Le quota est maintenu à
moinsde25ans30 000 depuis 2004, soit deux
6 42 0 24 68 10
fois plus que dans les années en milliers
quatre-vingt. Sages-femmes
65 ans ou plus FemmesHommes F
L’âge moyen des professionnels 60à64
55à59de santé est de 40,9 ans en 2005,
50à54
contre 37,8 en 1990. Ce vieillisse- 45à49
ment se retrouve de manière 40à44
35à39moins marquée parmi l’ensemble
30à34
desactifsayant unemploi,dont 25à29
l’âge moyen sur la période est moinsde25ans
0 3 51 12 4passé de 38,5 à 40,4 ans. Les
en milliers
tranches d’âges sur-représentées
Source : Drees, répertoire Adeli.
comme le rythme du vieillisse-
Données sociales - La société française 559 édition 2006
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7 Santé et protection sociale
ment chez les professionnels de ce sont les médecins qui sont en directement de l’avancée en âge
santé varient fortement selon la moyenne les plus âgés (48,5 ans des promotions de diplômés les
profession, et sont en grande en 2005), cette tendance au vieil- plus nombreuses, correspondant
partie liés aux politiques de régu- lissement s’accentuant très forte- actuellement aux 45-49 ans et aux
lation des flux d’entrée. ment (42,4 ans en 1990). Leur 50-54 ans (figure 3). Les pharma-
âge moyen élevé tient en partie à ciens sont également dans ce cas,
Descinqprofessionsanalysées la durée de leurs études, mais le avec comme pour les médecins
plus en détail dans cette étude, vieillissement résulte, lui, plus mais de manière moins marquée,
Figure 4 - Effectifs de médecins, pharmaciens, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes et
sages-femmes depuis 1980 et projections à l’horizon 2025
Effectifs bruts
médecins, masseurs-kinésithérapeutes,
sages-femmes, pharmaciens infirmiers
Effectifs observés Effectifs projetésen milliers en milliers
700
200
600
Médecins
500
150
Infirmiers 400
Masseurs-kinésithérapeutes*
100
300
200Pharmaciens
50
100Sages-femmes
0 0
1980 1988 1996 2004 2012 2020 2025
* Les effectifs projetés de masseurs-kinésithérapeutes retiennent une hypothèse de 1 000 autorisations d’exercer par an délivrées à partir de 2004.
Source : Drees, projections actualisées en 2005.
Effectifs (base 100 en 2005)
Effectifs observés Effectifs projetés
140
Sages-femmes
120
Pharmaciens
100
Médecins
80
Infirmiers
60
Masseurs-kinésithérapeutes*
40
1980 1988 1996 2004 2012 2020 2025
* Les effectifs projetés de masseurs-kinésithérapeutes retiennent une hypothèse de 1 000 autorisations d’exercer par an délivrées à partir de 2004.
Source : Drees, projections actualisées en 2005.
Données sociales - La société française 560 édition 2006
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Santé et protection sociale 7
une classe d’âge nombreuse cons- seurs-kinésithérapeutes) ou aux culièrement jeunes, notamment
tituée des 45-49 ans. débuts de carrière des profes- parmi celles qui s’occupent de
sionnels recrutés avec des quo- rééducation, de réadaptation et
Pour les infirmiers, le vieillisse- tas plus élevés (infirmiers, sages- d’appareillage.
ment est aussi très net. D'après femmes).
l’enquête Emploi, l’âge moyen a
augmenté de 4 ans entre 1990 et Pour lesprofessionsdesanté
2005. Il est actuellement de non soumises à quota ou nume- Le nombre de médecins
42,6 ans. Toutefois les infirmiers rus clausus, le vieillissement et et de pharmaciens :
vont bénéficier, comme les mas- les pyramides des âges sont en une croissance
seurs-kinésithérapeutes et les sa- général plus réguliers. Bien sûr, à
qui s’essouffle
ges-femmes, du rajeunissement côté de ces professions nombreu-
qui va s’amorcer avec l’arrivée ses, des professions de taille plus
de promotions plus nombreuses réduite regroupent, du fait de Pour la plupart des professions
correspondant aux profession- leur création ou développement étudiées, les évolutions démo-
nels diplômés à l’étranger (mas- récents, des professionnels parti- graphiques passées n’ont pas
Encadré 2
Projections démographiques des professions de santé à l’horizon 2025
Les principes (taux d’abandon des études par nouveau quota (1 675) et d’un
exemple) que dans leur vie profes- nombre d’autorisations d’exercice
Les pyramides des âges actuelles sionnelle. Les flux de professionnels de 1 000 par an (Darriné, 2003) ;
détermineront pour une large étrangers sont aussi supposés cons-
part les évolutions démographi- tants, à leurs niveaux actuels. – les projections provisoires d’infir-
ques futures des professions étu- miers portent sur la France entière
diées. Celles-ci dépendront Champs spécifiques aux projec- à partir des données Adeli au
erégalement des décisions des pou- tions 1 janvier 2000 et sous l’hypothèse
voirs publics en matière de nume- d’un quota maintenu à 30 000 ;
rus clausus ou de quota, ainsi que Les projections reposent sur des
des choix que les professionnels données ou des champs légèrement – les projections à l'horizon 2020
et futurs professionnels feront en différentsdeceuxutilisésdansle des sages-femmes, réalisées par
matière d’activité (choix de l’âge reste de l’étude : l’IRDES (Institut de recherche et
de début et de fin d’exercice par documentation en économie de la
exemple). Au-delà, les évolutions – les projections de médecins por- santé) en 2004 à partir des don-
démographiques pourraient nota- tent sur les médecins de moins de nées sur la France entière au
erblement être influencées par des 80 ans en France métropolitaine et 1 janvier 2004, reposent sur le
modifications des règles d’exer- ont été réalisées en 2004 à partir maintien du quota à 975 places
cice professionnel, telles que cel- des données d’Adeli redressées au (ONDPS, tome III, rapport 2004).
les appliquées aux diplômés 31 décembre 2002 (Bessière,
étrangers ou celles qui seront mi- Breuil-Genier, Darriné, 2004), sous Pour cette étude, les projections
ses en place dans le cadre de la l’hypothèse d’un numerus clausus à réalisées à partir de données anté-
ervalidation des acquis de l’expé- 7 000 ; rieures au 1 janvier 2005 ont été
rience. Bien sûr, il est très diffi- recalées sur les effectifs à cette
cile et risqué de faire de la – les projections de pharmaciens date, en appliquant à ces effectifs
prospective sur ces différents fac- sont réalisées à partir des données les taux d’évolution qui avaient été
teurs. C’est pourquoi les résultats relatives àlaFranceentièreau obtenus précédemment.
erqui suivent ne sont pas des prévi- 1 janvier 2005 du CNOP et d’un nu-
sions mais des projections démo- merus clausus à 2 790 (Collet, 2005) ; Les grandes tendances à l’hori-
graphiques, sous l’hypothèse de zon 2025
maintien des numerus clausus et – les projections de masseurs-kinési-
quotas à leur niveau actuel, mais thérapeutes sont effectuées sur la Avec la cessation d’activité des
aussi de comportements inchangés France métropolitaine à partir promotions les plus nombreuses
erdes (futurs) professionnels de san- d’Adeli au 1 janvier 2002 et ont été et l’arrivée des promotions corres-
té tant au cours de leur formation actualisées pour tenir compte du pondant aux numerus clausus les
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suivi celles des flux d’entrée. En ment fréquents chez les infir- graphique. Or la part des 55 ans
effet, des délais variables s’insè- miers : le rapport entre le ou plus, de 8 % des profession-
rent entre le moment où le flux nombre d’étudiants diplômés et nels de santé en 1990, atteint
red’entrée est modifié (numerus le d’inscrits en 1 année 10 % en 2005, soit la part
clausus ou quota) et celui où d’études trois ans plus tôt est qu'elle avait en 1990 pour l’en-
les premiers professionnels d’environ 80 % en 2004 (Mar- semble desactifsayant unem-
concernés arrivent sur le mar- quier, 2005). De même, les pos- ploi. Les départs à la retraite
ché du travail : une dizaine sibilités (légales) de dépas- ont commencé à augmenter, et
d’années pour les médecins, sement des numerus clausus ou vont s’amplifier fortement dans
cinq ans pour les pharmaciens quotas ont une incidence sur les un futur proche avec les cessa-
non spécialisés, contre quatre ans variations démographiques. tions d’activité des générations
pour les sages-femmes, trois ans Mais surtout, les sorties d’activi- nombreuses. Comme, dans le
et demi pour les infirmiers et té ont été peu nombreuses. De même temps, les flux d’entrées
trois ans pour les masseurs- ce fait, les entrées, même en ont ralenti pour la plupart des
kinésithérapeutes. Il faut aus- forte diminution, sont restées professions, la croissance des ef-
si tenir compte des abandons supérieures aux sorties, perpé- fectifs a été freinée dans la pé-
en cours d’études, particulière- tuantdonclacroissancedémo- riode récente.
Encadré 2 (suite)
plus faibles, les effectifs de méde- port à celui décidé pour l’année tivité pour des ajustements dé-
cins devraient progresser légère- 2004-2005 (2 790 places), le nombre mographiques est moindre, puis-
ment jusqu’à atteindre en 2007 le de pharmaciens en activité conti- qu’il ne s’écoule que 3 à 4 ans
chiffre de 206 000, puis diminuer à nuerait de croître sensiblement jus- entre le moment où le niveau des
partir de 2008, et être en 2025 infé- qu’en 2017, mais à un rythme quotas est modifié et celui où les
rieurs de 10 % à ceux de 2005. Il y nettement moins soutenu que dans promotions correspondantes
aurait alors 3 médecins pour le passé : ce nombre passerait à commencent à exercer. Les effec-
1 000 habitants en 2025 contre 3,4 plus de 75 000 professionnels actifs, tifs augmenteraient de manière
en 2005. Un nouveau relèvement soit 8 % de plus qu’en début 2005 et régulière d’environ 2 % par an, si
du numerus clausus n’aura pas deux fois plus qu’au début des an- lesquotas(et le nombre d’autori-
d’impact avant 2015, compte tenu nées quatre-vingt. Après 2017, le sationsd’exercicedanslecas des
de la durée de formation des mé- nombre de pharmaciens se stabili- masseurs-kinésithérapeutes) de-
decins. Un relèvement rapide du serait jusqu’en 2025, entraînant ain- meuraient inchangés à leur niveau
numerus clausus à 8 000 stabilise- si une baisse de la densité qui actuel. On recenserait alors, en
rait cependant le nombre de méde- retrouverait alors son niveau actuel. 2025, 650 000 infirmiers (+ 45 %
cins entre 2015 et 2025, qui Avec un numerus clausus porté dès par rapport à début 2005),
augmenterait ensuite fortement 2006 à 3 000 étudiants, la densité 90 000 masseurs-kinésithérapeutes
au-delà. Sans ce relèvement, l’âge resterait stable entre 2015 et 2025, (+ 50 %) et 20 000 sages-femmes
moyen des médecins continuerait soit 1,18 pharmacien pour 1 000 ha- en 2020 (+ 25 %). Les densités de
à augmenter jusqu’en 2015, où il bitants contre 1,14 aujourd’hui. ces trois professions augmente-
atteindrait 51 ans. Il diminuerait Sans ce relèvement, et à l’image des raient alors respectivement de
ensuite à nouveau pour revenir en médecins, la pyramide des âges des 35 % et 40 % entre 2005 et 2025
dessous de 47 ans en 2025, essen- pharmaciens évoluerait donc selon et de presque 20 % entre 2005 et
tiellement du fait de l’entrée en deux tendances différentes entre 2020. Parallèlement, les arrivées
exercice des promotions de méde- 2005 et 2015 et entre 2015 et 2025 : massives de jeunes diplômés
cins correspondant au numerus tout d’abord, l’âge moyen augmente- conduiraient à un rajeunisse-
clausus de 7 000 étudiants. rait jusqu’à 47 ans, avec le vieillisse- ment d’environ 2 ans des actifs
ment des générations nombreuses entre 2005 et 2015 (de 40 à
De même que pour les médecins, des diplômés de la fin des années 38 ans pour les infirmiers et de
l’évolution à court terme du soixante-dix et du début des 42 à 40 ans pour les masseurs-ki-
nombre de pharmaciens ne dé- quatre-vingt ; il se stabiliserait en- nésithérapeutes) suivi d’une sta-
pend quasiment que des seuls suite aux alentours de 46 ans. bilisation à ce niveau à l’horizon
comportements de cessation d’ac- 2025. Enfin, dans le cas d’une
tivité des pharmaciens aujourd'hui Les projections démographiques suppression des autorisations
actifs ; une modification du nume- concernant les infirmiers, mas- d’exercice, la croissance des mas-
rus clausus n’agirait qu’à compter seurs-kinésithérapeutes et sa- seurs-kinésithérapeutes serait
de 2010. Sous l’hypothèse d’un nu- ges-femmes indiquent une toute restreinte à hauteur de 1 % par
merus clausus inchangé par rap- autre tendance. Le temps de réac- an.
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Santé et protection sociale 7
Ainsi, le nombre des médecins aux forts quotas des dernières L’offre de soins
en activité en France métropo- années. se concentre dans les
litaine a continué à augmenter
grandes agglomérations
jusqu’à 205 900 en 2005, du Pour les masseurs-kinésithéra-
fait de l’arrivée puis du main- peutes en revanche, la croissance
tien en activité des générations des effectifs est restée forte et ré- Lescommunesrurales,dansles-
importantes d’étudiants des an- gulière de 1980 à 2005, avec en quelles habite un quart de la po-
nées soixante-dix (figure 4, en- toute fin de période une très lé- pulation française, regroupent
cadré 2). Mais cette croissance gère accélération liée à l’arrivée seulement 7 % des professionnels
s’est amoindrie au fil du de masseurs-kinésithérapeutes de santé réglementés par le Code
temps : elle était supérieure à diplômés à l’étranger. De même, de la santé publique. Ils restent
4%en moyenne paranaudé- le rythme de croissance des ef- donc concentrés dans les agglo-
but des années quatre-vingt fectifs de sages-femmes varie peu mérations. La moindre implanta-
d’après le répertoire Adeli, en- au cours de la période. tion en zone rurale, le plus grand
core voisine de 2 % au début attrait pour les grandes agglomé-
des années quatre-vingt-dix, rations et l’héliotropisme sont
mais n’est plus que de 1 % par Forte féminisation des traits communs à l’ensemble
an depuis 1994. Jusqu’à pré- desprofessionsdesanté,maisdes professions
sent, la baisse du nombre d’en- plus ou moins marqués selon lesde santé au cours
trées ne s’est toutefois pas professions. Ainsi, les profession-
des vingt dernières années
traduite par une diminution nels qui ne délivrent pas de soins
des effectifs de médecins, dans aux patients (audio-prothésistes,
la mesure où les médecins arri- En 2005, les trois quarts (76 %) opticiens) ou exercent essen-
vant à l’âge de la retraite ap- des professionnels de santé tiellement dans les hôpitaux
partiennent à des générations sont desfemmescontre72 % (sages-femmes, manipulateurs
peu nombreuses. en 1986. La féminisation, tradi- d’électroradiologie) sont quasi-
tionnellement forte dans la plu- ment absents des zones rurales,
Le ralentissement de la croissance part de ces métiers, s’est où ces établissements ne sont
démographique affecte aussi les amplifiée, les femmes étant de guère implantés. Seule excep-
pharmaciens, mais de manière plus en plus nombreuses parmi tion, les infirmières sont tout de
moindre (taux de croissance de lesjeunesdiplômésdesprofes- même représentées à hauteur de
3,5 % par an dans les années sions médicales et paramédica- 6,5 % dans ces zones. Au contraire,
quatre-vingt et stable à hauteur les. D’une profession de santé à les psychomotriciens, ergothéra-
de 2 % depuis le début des an- une autre, le taux de féminisa- peutes, masseurs-kinésithéra-
nées quatre-vingt-dix) en raison tion est cependant très va- peutes et pharmaciens sont plus
d’une baisse moins forte et plus riable, le phénomène ayant présents que les autres en zone
régulière du numerus clausus, plus particulièrement concerné rurale. Les trois premiers métiers
mais également d’une propension les médecins et les pharma- concernent fréquemment la mo-
plus forte des diplômés à exercer ciens (figure 1). Schématique- bilité et la motricité des person-
une activité pharmaceutique stric- ment, trois grands groupes de nes et donc particulièrement des
to sensu et/ou à s’inscrire dans les professions peuvent être distin- personnes dans l’incapacité de se
fichiers de l’Ordre ou du minis- gués selon ce critère (Bessière, déplacer, d’où la nécessité d’une
tère de la Santé. 2005) (encadré 3). installation à proximité des pa-
tients. La forte représentation
Pour les infirmiers, la croissance Il faut toutefois souligner que la des pharmaciens dans les com-
des effectifs, après s’être égale- féminisation des professions de munes rurales tient directement
ment ralentie au cours des an- santé s’accompagne de la perpé- à l’existence d’un système plani-
nées quatre-vingt, est repartie à tuation d’un phénomène que fié et contraint de maillage des
la hausse dès le début des années DominiqueCèbequalifiede«sé- officines sur le territoire. Les mé-
quatre-vingt-dix. Elle a été parti- grégation verticale » (Cèbe, 2001), decins et dentistes, quant à eux,
culièrement marquée entre 2000 c’est-à-dire une probabilité diffé- sont très nombreux dans l’agglo-
et 2005 (supérieure à 3 % chaque renciée selon le sexe d’accéder aux mération parisienne qui ras-
année) en raison notamment de postes les plus élevés dans la hié- semble 22 % d’entre eux pour
l’arrivée sur le marché du travail rarchie du travail et des conditions 16 % de la population et plus lar-
de professionnels correspondant de travail différentes. gement dans les grandes agglo-
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7 Santé et protection sociale
Encadré 3
La féminisation des professions de santé :
tendances actuelles et futures
Selon leur degré de féminisa- – enfin, un troisième groupe est mes ne représentent qu'un tiers
tion, les professions de santé constitué de professions pour les- des actifs de 50 ans ou plus.
peuvent être classées en trois quelles le mouvement de féminisa-
groupes : tion est marqué mais où les hommes
demeurent néanmoins majoritaires : En revanche, en ce qui concerne
opticiens, masseurs-kinésithérapeu- les professions déjà fortement fé-
tes, audio- prothésistes, médecins et– le premier groupe rassemble des minisées, la répartition entre
chirurgiens-dentistes. La chirurgieprofessions très fortement et de- hommes et femmes est en voie de
dentaire reste la profession de santépuis longtemps féminisées : sa- stabilisation. Ainsi, la féminisa-
la moins féminisée avec 34,7 % deges-femmes, orthophonistes, tion des pharmaciens en activité
femmes en 2005. C’est au contraireorthoptistes, aides-soignants (plus se poursuivrait dans les années à
parmi les médecins que le phéno-de 90 % de femmes), infirmiers, venir mais à un rythme de plus en
mène de féminisation est le plus net,psychomotriciens, ergothéra- plus réduit, passant de 65 % au
ermême si les femmes ne représententpeutes (80 à 90 %), agents de ser- 1 janvier 2005 à 66,5 % en 2010,
encore que 38 % d’entre eux en 2005vice hospitaliers, manipulateurs 67 % en 2015 et 68 % en 2025.
(contre 26 % en 1986).d’électroradiologie médicale (plus L’âge moyen des femmes et des
de 70 %). Dans toutes ces profes- hommes suivrait pendant cette pé-
sions, la faible mixité a très peu riode des évolutions très proches
évolué au cours des deux derniè- Pour les professions les moins fémi- si bien qu’un écart d’âge un peu
res décennies. Ces professions nisées à l’heure actuelle, le phéno- plus limité qu’en 2004 (47 ans
ont également en commun de re- mène se poursuivrait dans le futur, pour les hommes et 44 ans pour
cruter à un niveau d’études équi- soutenu par des taux de féminisa- les femmes) subsisterait dans les
valent, le baccalauréat, le plus tion en hausse parmi les étudiants. années à venir : en 2025, les phar-
souvent scientifique. Ce sont des Les femmes étant en effet désormais maciens seraient âgés de 47,5 ans
professions auxquelles on accède majoritaires parmi les étudiants en pour leshommesetde45ans
par des études courtes, en compa- médecine, leur proportion est en- pour les femmes.
raison de celles de médecine, d’o- core plus élevée en début de cursus ;
dontologie ou de pharmacie. Bien elles représentaient, en 2002, 64 %
que la préférence des femmes des étudiants en première année De même, le taux de féminisation
pour le salariat soit parfois (Labarthe, Hérault, 2003). La pro- de la profession infirmière de-
évoquée, la forte féminisation portion de femmes parmi les méde- vrait peu évoluer dans les années
concerne tout autant des profes- cins en exercice devrait ainsi passer à venir, la part des femmes parmi
sions qui exercent quasi exclusi- de 38 % en 2005 à 45 % en 2015 et les diplômés étant très proche de
vement en secteur libéral qu’en même dépasser 50 % en 2025. Natu- celle observée parmi les actifs ac-
salariat ; rellement, les femmes seraient alors tuels.
plus jeunes que leurs homologues
masculins.
–ledeuxièmegrouperéunit des Enfin, les sages-femmes, profession
professions de santé dans lesquel- de santé sans conteste la plus fémi-
les les femmes représentent les De même, pour les masseurs-kinési- nisée–jusquedanssadénomina-
deux tiers des effectifs et dont la fé- thérapeutes, il semblerait que le phé- tion – pourrait voir la part des
minisation a évolué fortement à la nomène de féminisation se poursuive hommes (1 % en 2002) augmenter.
hausse ou à la baisse : pharmaciens dans les années à venir, bien que de En effet, depuis 2002, la première
(+ 11 points depuis 1986) et pédicu- manière plus nuancée que pour les année d’études est commune à la
res-podologues (– 9 points). Parmi médecins. Depuis la fin des années médecine, à l’odontologie et aux sa-
les professions de santé nécessitant quatre-vingt, la proportion de fem- ges-femmes, alors que pour ces der-
les plus longues études et une forte mes parmi les diplômés oscille au- nières la voie d’accès à la
sélection à l’entrée, les pharma- tour de 50 % (contre 36 % en 1970 et profession était auparavant dis-
ciens comptent de très loin la 43 % en 1982). Cette féminisation tincte. De nombreux hommes se
proportion la plus élevée de fem- desétudesalimentecelle desactifs; sont engagés dans cette dernière
mes(65 %),etcedepuislong- par conséquent, la part des femmes voie (13 % des étudiants en pre-
temps. Ce taux est bien plus élevé en exercice est plus forte parmi les mière année en 2004), en particu-
que pour les cadres et professions praticiens les plus jeunes. Parmi les lier parmi ceux dont le classement
intellectuelles supérieures actifs de moins de 40 ans, la parité ne permettait pas une poursuite des
(35,3 % en 2005) ou les profes- entre hommes et femmes est parfai- études en médecine ou en odonto-
sions libérales (36,2 %) ; tement respectée tandis que les fem- logie (Marquier, 2005).
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