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L'éradication du cannabis va bon train

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L'éradication du cannabis va bon train

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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ÉCONOMIE
La production de cannabisau Maroc a diminué de 3.610 tonnes en 2003 à 1.066 tonnes en 2006. Mais les mafias latino-américaines tentent de la transformer en plaque tournante pour leur cocaïne.
L’éradication du cannabis va bon train
Les paysans ne sont pas les plus gros bénéficiaires de la culture de cannabis. armi tous les pays recensésEn 2006, et suites à plusieurs enquêtes comme étant de grands pro-réalisées par les autorités marocaines, moPnde par le dernier rapport annuelde l’Office des Nations-Unies contre la ducteurs de la drogue dans leen étroite coopération avec les experts réalisé par l’ONU sur les stupéfiantsdrogue et le crime (Onudc), on estime et rendu public le 1er mars à Genève,aujourd’hui à 72.000 hectares les super-le Maroc fait figure de bon élève, carficies consacrées à la culture du can-il tente tant bien que mal de combattrenabis, alors qu’en 2003, elles étaient ce grand fléau universel qui ronge unede 134.000 hectares, soit une chute grande partie de la population de laimportante de 40%. S’en est suivie planète. Malgré le fait avéré qu’ilalors une baisse tout aussi considéra-demeure encore le plus gros producteurble de la production, qui passe de 3.610 de résine de cannabis (haschisch) danstonnes en 2003 à 1.066 tonnes en 2006, le monde et le plus grand exportateur,soit une dégringolade de plus des deux surtout vers l’Europe, le Maroc a réussitiers en trois ans. à baisser la culture et la production deDeux facteurs expliquent globalement cette drogue consommée par quelquecette baisse:il y a d’abord la sécheresse 162 millions de personnes, soit 4% dequi a sévi dans la région du Rif et la population mondiale, âgée entre 15ensuite le succès des campagnes d’é-et 64 ans.radication. Celles-ci, menées par les
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services anti-drogue du ministère de l’Intérieur, aidés comme il se doit par la gendarmerie royale, ont commencé depuis plusieurs années, mais elles se sont accentuées à partir de 2004, inci-tant les agriculteurs à abandonner la culture de cannabis au profit d’autres cultures, notamment celle de l’olivier. Beaucoup d’entre eux ont accepté le principe de cette reconversion, mais ils ont du mal à l’appliquer sur le ter-rain de la réalité pour une grande rai-son: la terre longtemps habituée à la culture de cannabis n’est plus apte à cultiver autre chose que celui-ci. Sur le plan financier, et compte tenu du faible revenu qu’ils tirent de la cul-ture de cannabis, laissant le jackpot aux réseaux de trafiquants, les habitants du Rif vivant de cette activité ont tout inté-rêt à l’abandonner pour une autre cul-ture. C’est en tout cas ce que laisse entendre le rapport de l’ONU en faisant une estimation des revenus des agri-culteurs. Selon ce dernier, le revenu tiré par les fermiers de la culture de cannabis en 2004 s’élève à quelque 320 millions de dollars. En répartis-sant cette somme sur les 804.000 per-sonnes vivant de cette culture dans le Rif, le revenu par habitant serait de 400 dollars. Soit un chiffre très inférieur au PIB (Produit intérieur brut) par habitant en 2003, qui est de 1.478 dollars. Ce qui fait que la production de can-nabis au Maroc est de toute évidence un moyen de subsistance pour des fer-miers qui ne profitent que très peu du commerce de cette drogue. Dans un entretien récent accordé au quotidien espagnolEl Pais, le minis-tre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, * avait affirmé qu’“aucun autre
Maroc Hebdo International N° 735 du 9 au 15 Mars 2007
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