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 UNIVERSITÉ FRANÇOIS - RABELAIS
DE TOURS
 

ÉCOLE DOCTORALE Sciences de l’Homme et de la Société
UMR 6173 CITERES - Equipe IPAPE

THÈSE présentée par :
Benoît FEILDEL

soutenue le : 16 novembre 2010


pour obtenir le grade de : Docteur de l’université François - Rabelais
Discipline : Aménagement de l’espace, urbanisme

ESPACES ET PROJETS A L’EPREUVE DES AFFECTS
Pour une reconnaissance du rapport affectif à l’espace
dans les pratiques d’aménagement et d’urbanisme

THÈSE dirigée par :
M. MARTOUZET Denis Professeur, Université François - Rabelais Tours

RAPPORTEURS :
M. LAFLAMME Simon Professeur, Université Laurentienne - Sudbury
M. RATOUIS Olivier Professeur, Université Michel de Montaigne - Bordeaux 3


JURY :
M. LAFLAMME Simon Professeur, Université Laurentienne - Sudbury
M. MARTOUZET Denis Professeur, Université François - Rabelais Tours
M. MATHIS Philippe Professeur émérite, Université François - Rabelais Tours
M. RAMADIER Thierry Chargé de recherches CNRS, Université de Strasbourg
M. RATOUIS Olivier Professeur, Université Michel de Montaigne - Bordeaux 3
Mme SALOMON CAVIN Joëlle Maître assistante, Université de Lausanne
   
Espaces et projets 
à l’épreuve des affects 
 
Pour une reconnaissance du rapport affectif à l’espace dans 
les pratiques d’aménagement et d’urbanisme 
  
  
À Hélène 
  
 
  
Remerciements 
La thèse est avant tout une aventure personnelle, de longue haleine, cependant, celle‐ci 
ne  serait  tout  simplement  pas  réalisable,  ni  même  envisageable,  sans  les  rencontres,  les 
échanges, les relations qui ont jalonné ce parcours. C’est pourquoi, je tiens à exprimer ici ma plus 
grande reconnaissance à toutes les personnes qui ont contribué à ce travail, pour leur aide, pour 
leurs conseils, pour leur soutien. 
En premier lieu, je tiens à adresser mes plus sincères remerciements à mon directeur de thèse, 
M.  Denis  Martouzet,  sans  qui,  l’idée  même  de  réaliser  cette  thèse n’aurait pu germer. Pour la 
confiance  qu’il  m’a  accordée  depuis  l’entame  de  mon  diplôme  d’études  appliquées,  pour  son 
soutien permanent et sans cesse renouvelé tout au long de ce travail de thèse, pour son immense 
disponibilité, pour ses conseils nombreux et avisés, je lui suis particulièrement reconnaissant. 
Je tiens également à remercier les membres du jury, Mme Joëlle Salomon  Cavin,  M.  Simon 
Laflamme, M. Philippe Mathis, M. Thierry Ramadier et enfin M. Olivier Ratouis, qui ont accepté 
d’accorder à ce travail de leur temps, et qui, par leurs commentaires,  leurs  remarques,  leurs 
critiques contribueront à stimuler et à enrichir ma réflexion. 
Ce travail est également tributaire de ma participation à divers contrats de recherche réalisés au 
sein de l’équipe Ingénierie du Projet en Aménagement Paysage et Environnement de l’UMR Cités 
Territoires  Environnement  et  Sociétés.  Que  les  Professeurs  Philippe Mathis, Serge Thibault, 
Denis  Martouzet,  soient  ainsi  remerciés  pour  les  opportunités  scientifiques  et  pour 
l’enrichissement  intellectuel  dont  ils  m’ont  fait  profiter.  Sans la confiance qu’ils ont su 
m’accorder ce travail n’aurait pu tout simplement aboutir. 
Plus largement, ce travail doit beaucoup à tous les personnels enseignants et administratifs du 
Département Aménagement de l’École Polytechnique de l’Université de Tours, ainsi qu’à ceux de 
l’UMR CITERES. Je rends hommage à leur bienveillance. Anne, Pascale, Pascaline, Karine, Marie‐
Hélène, Monique, Lydia, Sandrine, … merci pour votre soutien quotidien. Sébastien, Hervé, José, 
François,  Jean‐Louis,  merci  pour  votre  aide,  vos  conseils.  Un  remerciement  tout  particulier  à 
Jeanine, qui m’aura fait goûter aux joies de l’enseignement, ac compagné,  guidé  dans  cette 
découverte. 
Il y a bien évidemment les amis doctorants que je tiens à remercier chaleureusement pour tous 
les bons moments partagés : Nathalie, Fabien, Cyril, Sam(s), Max,  Alejandra,  Noémie,  Bruno, 
Jean‐Baptiste, Julien, Laurent, Anne‐Lise, Laura, Cédric, Stéphane,  Delphine,  Elisabeth,  Emilie, 
Laure, Elsa, Ghassan, William, Thié, … et j’en oublie. 
Et puis, il y a ma famille, sans le soutien et l’amour de laquelle ce projet n’aurait été réalisable.  
Enfin,  il  y  a  Hélène.  Merci  pour  tes  encouragements,  ton  soutien, tes relectures, tes conseils 
avisés, ta patience… et surtout ta patience ! Merci de m’avoir montré le chemin et après de m’y 
avoir accompagné. 
Sans oublier, toutes les personnes, professionnels et habitants, qui, gentiment, ont bien 
voulu me consacrer un peu de leur temps, beaucoup de leur vie et de leurs sentiments, et sans 
lesquels je n’aurais pu réaliser ce travail. 
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Résumé 
L’afectivité, les émotions, les sentiments sont des thématique s  encore  relativement  peu 
explorées dans le champ des sciences de l’espace, et pourtant de plus en plus nombreux sont les 
auteurs  qui  soulignent  l’intérêt,  et  même  la  nécessité,  de  surmonter  la  difficulté  de  leur 
intégration.  Souscrivant  pleinement  à  cet  objectif,  le  présent  travail  de  thèse  pose  comme 
hypothèse fondatrice que la dimension affective de la relation de l’homme à son environnement, 
son rapport affectif à l’espace, depuis les mécanismes qui président à sa construction jusqu’à ses 
conséquences pratiques, constituent une connaissance utile à la science de l’aménagement des 
espaces. À travers ce travail nous avons donc cherché à mettre en lumière les mécanismes de 
type afectif, en lien avec les valeurs,  les  préférences,  les  attitudes, qui sont en mesures 
d’intervenir à la fois sur les représentations, les décisions et in fine sur les actions qui participent 
aussi bien des logiques géographiques au fondement de l’agencement de l’espace des sociétés, 
que des logiques projectives propres aux pratiques de transformation intentionnelle des espaces 
habités. 
En  nous  focalisant,  dans  un  premier  temps,  sur  la  dimension  spatiale  de  la  relation  affective 
entre l’individu et son environnement, à l’échelle  biographique, nous avons pu montrer que la 
relation  affective  à  l’espace  était  une  dimension  conséquente  de  l’organisation  des  espaces  et 
qu’elle  participait  plus  largement  de  l’agencement  des  spatialités  individuelles  et  collectives. 
L’enquête  mise  en  œuvre  sur  le  quartier  nouvellement  construit  des  Deux‐Lions  (Tours)  a 
permis de mettre au jour le modèle dynamique et relationnel qui participe de la construction du 
rapport affectif à l’espace chez les habitants. Nous avons également pu mesurer les différentes 
composantes  de  la  relation  affective,  ses  dimensions  temporelles,  spatiales,  sociales,  et  noter 
l’influence du rapport affectif à l’espace sur la perception et la représentation de l’espace. Nous 
avons souligné les différentes modalités du rapport affectif à l’espace : ancrage, enracinement, 
attachement, sentiment d’appartenance, et décrit  les mécanismes identitaires qui leurs étaient 
sous‐jacents. En outre, nous avons pu donner une image cartographique de ce réseau constitué 
d’attachements,  d’ancrages,  d’enracinements,  d’appartenances,  de rejets et de ruptures, et 
souligner ainsi le poids des dynamiques émotionnelles, entre confrontation et évitement, dans le 
jeu proxémique entre mise à distance et mise à proximité. 
Basculant  d’une  approche  diachronique,  centrée  sur  l’individu  et  son  parcours  de  vie,  à  une 
approche synchronique  centrée sur le lieu, nous  avons pu, dans un second temps, démêler les 
dimensions  individuelles  et  sociales,  ainsi  que  leur  étroite  intrication,  dans  la  construction  du 
rapport  affectif  à  l’espace.  Le  travail  d’investigation  mené  auprès des habitants d’un espace 
périphérique  de  l’agglomération  de  Tours,  le  secteur  Rolland‐Pilain  (Chambray‐lès‐Tours),  et 
des  opérateurs  amenés  à  intervenir  sur  ce  même  espace  dans  le  cadre  d’un  projet 
d’aménagement,  nous  a  donc  permis  de  mieux  comprendre  les  conditions  d’émergence  du 
rapport affectif à l’espace, qui produisent le besoin idéel et/ou  matériel  de  se  rapprocher  de 
certains espaces, certaines idées d’espaces, ou à l’inverse les   mécanismes  qui  en  induisent 
l’éloignement. Dès lors, nous avons pu envisager l’influence de ces dynamiques affectives sur le 
projet d’aménagement et d’urbanisme, lorsque inévitablement l’intervention sur l’espace suscite 
et  implique  que  l’émotion  est  partie  intégrante  du  processus  de  structuration  de  l’action 
collective. 
Nous avons en ce sens pu éclairer ce que pourraient être les pr émisses  d’une  approche 
émorationnelle de l’action d’aménager l’espace. Nous avons vu en particulier que les émotions 
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pouvaient non seulement bloquer mais aussi aider dans le cadre de la co‐construction de l’action 
d’aménager l’espace, à condition de mettre en œuvre les modalités de reconnaissance du rapport 
affectif à l’espace. De la sorte, nous avons pu dégager le fondement  rationnel  de  la  prise  en 
compte des émotions et, dès lors, suggérer des pistes pour l’intégration  opérationnelle  de  la 
donnée  affective  dans  la  conduite  du  projet  d’aménagement.  Nous  avons  ainsi  pu  montrer  en 
quoi les évolutions paradigmatiques en matière d’aménagement des espaces et d’urbanisme, de 
la  planification  au  projet,  s’inscrivaient  dans  une  logique  nécessitant  la  prise  en  compte  des 
dynamiques émotionnelles, tant au niveau du rapport des individus à l’espace, que du point de 
vue de la conduite de l’action sur l’espace. 
 
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