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Grottes Sépulcrales, à Saze (Gard) - article ; n°5 ; vol.26, pg 284-294

De
12 pages
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1929 - Volume 26 - Numéro 5 - Pages 284-294
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Sylvain Gagnière
Grottes Sépulcrales, à Saze (Gard)
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1929, tome 26, N. 5. pp. 284-294.
Citer ce document / Cite this document :
Gagnière Sylvain. Grottes Sépulcrales, à Saze (Gard). In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1929, tome 26, N. 5.
pp. 284-294.
doi : 10.3406/bspf.1929.6720
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1929_num_26_5_6720284 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE
Vous comprenez ma satisfaction et vous me permettrez de vous
remercier de m'avoir fait confiance. Le résultat est bien celui que j'a
ttendais. Au dolmen du Bois de Monsieur, près d'Assignan (Hérault), le
faux bronze a donné au maximum 3 °/0 d'étain. »
Analyse chimique,
faite par M. Lambert,
Ingénieur-chimiste à Mayenne.
Poids de l'échantillon analysé 537 milligrammes.
Teneur en étain 3,96 °/o.
Traces de fer — Infimes.
Absence d'As, Ph, Ag, Sb, Zn, Ni.
D'où:
Etain 3,96
Cuivre 96,—
Divers — ,04
Total : 100 —
Certifié, Croix-de-Vie, 10 mai 1929,
(signé) : Dr M. Baudouin,
Secrétaire Général d'Honneur de la S. P. F.
Le Président rappelle que le Manuel de Recherches préhistoriques
va paraître au début de juin, et engage tous les Membres de la A'. P. F.
à profiter de la réduction offerte par l'éditeur, A. Costes, en souscri
vant avant le 1er juin.
La séance est levée à 18 h. 10.
NOTES, DISCUSSIONS, MÉMOIRES.
Grottes Sépulcrales, à Saze (Gardj.
Sylvain GAGNIÈRE
I. — Grotte de Saze proprement dite (1).
Cette grotte est située à.l km. 500 environ au sud du village de
Saze (Gard), dans le massif montagneux qui s'étend au sud jusqu'au
Rhône et forme au nord la bordure méridionale de l'étang desséché
(1) Révision et complément de l'étude succincte parue dans le compte rendu du
6e Congrès de Rhodania, Avignon, 1У24, page 45, № 940. PRÉHISTOKIQUE FRANÇAISE 285 SOCIÉTÉ
de Pujaut. Elle s'ouvre dans les assises hauteriviennes au point où
ces dernières entrent en contact avec le burdigalien constitué, en cet
endroit, par une mollasse calcaire riche en lithotamnium. Exposée
au sud-esi, elle offre une grande et unique salle bien éclairée, de
15 mètres de longueur sur 8 mètres de largeur maxima.
En 1880, Nicolas pratiqua un sondage dans la partie centrale et
rencontra un foyer de cendres, des ossements humains, deux poin
çons en corne de cerf, une épingle en os, cassée en son milieu, et
quelques fragments de poteries (1). En 1911, Mazauric, de Nîmes,
vint visiter la Grotte et, dans une fouille hâtive et superficielle,
recueillit une petite lampe romaine en terre rosée, à couverte rouge
sans ornements et une alêne en fer avec manche en bois de cerf;
c'est sans doute en présence de ces objets et après avoir remarqué
sur le sol quelques débris squelettiques anciens, exhumés par Nico
las des couches prolondes et laissés à l'abandon, qu'il songea à des
sépultures gallo-romaines (2).
De 1922 à 1926, avec l'aide précieuse de mon collègue, M. L. Ger-
mand, j'ai fouillé soigneusement la grotte de Sazc, on ouvrant dans
le sens de la longueur une grande tranchée qui me permit de relever
une succession de couches non remaniées s'étendant de l'Age du
Bronze au moyen âge.
Il ne sera pas question ici de cette dernière période. Elle n'est
représentée que par une très faible épaisseur de terre offrant des
vestiges sans grand intérêt.
Par contre, l'époque gallo-romaine forme une couche assez puis
sante (50 à 60 cm.), constituée par une terre cendreuse très fine et
très sèche qui, lorsqu'on la remue, dégage une poussière abondante
rendant les fouilles excessivement pénibles. A ce niveau nous avons
pu recueillir des ossements de sanglier, de bœuf et de mouton, un
petit bronze de Gallien (IIIe s. ap. J.-C.) et quelques fragments
de vases en pâte rose dont l'un, à couverte grise métallique, porte
trois lettres (YIN) gravées sur la pâte après cuisson. Un petit dé à
jouer et une épingle en os d'un type très répandu accompagnaient
ces différents vestiges auxquels il convient d'ajouter la lampe en terre
rosée et l'alêne en fer recueillies par Mazauric en 1911.
Il est très important de faire remarquer qu'aucun ossement humain
ne fut trouvé dans cette, couche, sur la longueur totale de la grotte.
(1) Nicolas (H.). — Le Bassin du Rhône , in Congrès Archéol. de Fr., Lie
Session, Foix 1884, p. 489.
La majeure partie des différents objets trouvés par Nicolas dans la grotte de
Saze, a été donnée au Musée National de Saint-Gerinuin-en-Laye, par la Société
Française d'Archéologie.
Voir également : Raymond (Dr P.). — L'arrondissement d'Uzès avant L' histoire ,
page 121, Paris, Alcan, 1900.
(2) Mazauric (F.). — Recherches et acquisitions, Nîmes, 1911, p. 84. 286 SOCIÉTÉ PKÉHISTofÙQÛE FRANÇAISE
A la base de ce niveau nous avons rencontré quelques vestiges de
l'Age du Fer représentés par de rares fragments de poteries à sur
face externe grossièrement peignée en tous sens et par un fragment
d'anneau en pâte de verre.
Au-dessous on remarque une couche de terre jaunâtre, très sèche,
avec gros blocs calcaires provenant de la voûte ; son épaisseur est de
0in80à un mètre. C'est dans cette couche que furent trouvés plusieurs
squelettes dont les os gisaient pêle-mêle, sans aucune connexion
anatomique. Un intéressant mobilier funéraire accompagnait ces
ossements ; il comprenait une hache en bronze, d'abondants
fragments de céramique, une fusaïole, un poinçon en os et des
etsobj de parure.
A. Description du mobilier funéraire.
Hache en bronze. — La hache est en bon état de conservat
ion (Fig. 1). C'est le type de l'Age du Bronze II de Montiîlius,
caractérisé par des bords droits peu élevés obtenus par martelage
latéral . Sur notre exemplaire, les côtés sont légèrement concaves
dans la partie médiane de l'objet, et forment une sorte d'étrangle
ment central assez accentué. Le talon porte le cran habituel. Le poids
de cette belle pièce est de 557 grammes ; son épaisseur maxima est
de 0m023.
Céramique. — La céramique est abondante et variée, offrant
tantôt une pâte grossière, à grains de calcitc bien apparents et à
surface rugueuse, tantôt une pâte fine, régularisée à l'ébauchoir ou
lustrée sur la face externe et durcie par de menus fragments cal
caires.
Il est difficile de se rendre compte de la forme exacte des diffé
rents ustensiles, étant donné qu'ils sont représentés, en majeure
partie, par des fragments très petits qui ne donnent aucune idée de
l'aspect du récipient entier. Il est possible toutefois, grâce à certains
morceaux plus conséquents, de reconnaître les 2 types suivants :
1° Marmite se rapprochant un peu de la forme actuelle; anses
creuses, panse très renflée, bord légèrement évasé. (Le tesson qui
fournit ce type ne permet pas de se prononcer sur la forme exacte
du fond).
2° Vase à panse biconique (carène à angle mousse), fond plat et
étroit, base du col ornée d'un filet horizontal en creux. A cette forme
appartient un vase reconstitué en partie, en pâte très fine et lustrée.
Certains débris, accusant une faible courbure, ont appartenu à
des vaisseaux de grand diamètre. société Préhistorique Française 2Š7
A côté de l'anse funiculaire ou de suspension, on trouve l'anse
proprement dite ou de préhension qui, comme on le sait, est com
mune pendant l'Age du Bronze. On remarque, en outre, dans la
céramique de Saze différents modèles de transition : plusieurs frag-
Fig. 1. — Hache en bronze; face et profil (1/2 de gr. nat.).
ments nous donnent le petit mamelon non perforé, simple protubé
rance de la pâte, modelée près de l'orifice; d'autres tessons nous
fournissent l'aplatissement de ce mamelon en une languette perpend
iculaire à la paroi du vase; nous trouvons ensuite le mamelon per
foré horizontalement, puis l'anse tubulaire à trou plus ou moins large,
et enfin l'anse creuse de forme actuelle.
Bien entendu, cette succession de formes n'a ici aucun caractère
chronologique, toutes les pièces provenant d'un même niveau et
appartenant, sans conteste, à une même époque bien déterminée. SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 288
L'ornementation consiste en impressions digitales, en lignes en
creux, en bourrelets et en incisions profondes incrustées de matière
blanche.
Les impressions digitales ne se rencontrent que sur les vases
grossiers. Elles se présentent sous forme de cupules avec coups
d'ongles parfois bien apparents et s'alignent sur le pourtour de l'ori
fice et sur des bourrelets horizontaux entourant la panse (Fig. 2, a).
On les trouve aussi sur des mamelons tenant lieu d'anses ou sur la
carène de certains récipients. Parfois le doigt et l'ongle sont rem
placés par une tige de bois qui laisse alors, sur la pâte molle, des
empreintes très nettes et régulières.
Les lignes en creux, formées de filets peu profonds, horizontaux
et parallèles, sont tracées dans l'argile fraîche et entourent le sommet
ou la panse des récipients. Parfois ces filets horizontaux limitent des
groupes de traits verticaux alternant avec des espaces libres. On ne
rencontre ce décor que sur la céramique soignée.
Les bourrelets sont assez communs et, en général, représentés par
le simple cordon de terre, modelé ou appliqué horizontalement sur la
paroi externe et encerclant le vase au voisinage du bord. Un tesson
offre un spécimen de bourrelet vertical prenant naissance sur une face
d'anse plate.
Nous ne possédons que trois fragments avec décor à incisions
profondes. Deux sont en pâte noire fine et lustrée, l'autre est en pâte
rougeâtre, plus grossière. Sur les deux premiers, on observe deux
zones parallèles de lignes incisées limitant une rangée de chevrons
tracés par le même procédé ; c'est, en somme, un des dessins carac
téristiques de la céramique à incisions profondes. Sur l'autre fra
gment les chevrons font défaut et l'on ne remarque que deux zones
parallèles et horizontales séparées par un espace libre de 0m010 à
0m012. Sur les trois fragments ci-dessus, les lignes, formées de fines
hachures verticales et régulières incrustées de matières blanches,
paraissent avoir été obtenues au moyen d'un instrument muni de
dents fines ou à l'aide de la roulette, ce qui permet de supposer que
ces exemplaires, qui ont été recueillis dans la partie tout à fait supé
rieure de la couche, sont moins anciens que les autres poteries
décrites.
Parmi les morceaux non ornés, un seul mérite d'être cité ; c'est un
débris de gros récipient présentant une perforation complète de la
paroi faite après cuisson (trou de raccommodage sans doute).
Objets divers et Silex. — La couche des sépultures nous a
fourni une fusaïole et un poinçon en os. Le premier de ces objets est
de forme commune ; c'est un vulgaire disque plat de terre cuite
perforé au centre ; son diamètre est de 0m029. Le second est d'un SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 289
travail excessivement grossier ; c'est une simple esquille d'os, de
0m098 de longueur, appointée seulement à un bout, le reste de l'in
strument n'a5rant subi aucune préparation. Citons enfin quelques
éclats de silex et deux mauvaises lames, dont Tune est en silex blanc
laiteux (0mQ33x0m019) et l'autre en silex gris (0ш037х0т009).
Objets de parure. — Les objets de parure sont représentés par
des incisives de ruminants de taille moyenne, portant une encoche
très nette au niveau du collet et par un mollusque marin (Columbella
rustica L.) présentant au sommet une perforation obtenue par l'abra
sion des premiers tours de spire. Ce dernier genre de parure se
rencontre dans beaucoup de dolmens et de grottes sépulcrales de la
région. Il convient également de signaler deux dents de squale fossile
appartenant à l'espèce Oxyrhina hastalis Agassiz et provenant proba
blement des couches helvétiennes de Saint-Pierre-du-Terme (1).
B. Ossements humains.
Les ossements humains de la grotte de Saze ne sont pas très nomb
reux. C'est à peine si nous possédons une trentaine de pièces
osseuses pour déterminer la présence d'une quinzaine d'indi
vidus (2). Il s'agit vraisemblablement d'un ossuaire où des squelettes
incomplets ont été déposés en désordre. Les os longs que nous
avons pu recueillir ne présentent rien de particulier. Les crânes
utilisables, au nombre de cinq, feront l'objet d'une étude ultérieure.
Toutefois nous attirons, dès à présent, l'attention sur deux boîtes
crâniennes présentant des caractères particuliers. L'une d'elle a sans
doute appartenu à un hydrocéphale ; elle est relativement volumi
neuse et offre de nombreux os wormiens dans la région sus-occipit
ale, des bosses frontales saillantes et, au voisinage du bregma, des
vestiges de la suture métopique. L'autre boîte crânienne a appartenu
à un vieillard ; toutes les sutures sont synostosées ; le caractère par
ticulier de cette pièce réside dans la saillie exagérée de son occipital
qui est brusquement projeté en arrière et forme un « chignon » vrai
ment remarquable. Cette conformation, un peu atténuée, se retrouve
sur une autre calotte d'homme moins âgé et dont les sutures sont par
conséquent bien visibles, ce qui permet de se rendre compte de la
présence d'un véritable enchevêtrement d'os wormiens dont certains
interrompent même, dans son parcours, la suture sagittale.
La dentition est saine ; deux cas de carie seulement sont à signaler :
sur un maxillaire inférieur, on observe une carie latérale très pro-
(1) Ce gisement miocène (calcaires marneux de l'helvétien inférieur) se trouve à
3 kilomètres au sud-est de la grotte. Il offre un grand nombre de dents de squales.
(2) Ajoutons que certains ossements ont dû être emportés par Nicolas en 1880 et
par Mazauric en 1911 .
SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE. 19 290 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE
fonde de la première molaire droite ; l'ivoire a été entièrement perforé
et la cavité de la pulpe a été mise à découvert. Sur une molaire du
maxillaire supérieur on aperçoit également une carie latérale bien
accentuée mais qui n'a pas atteint cependant le centre nerveux de la
dent.
C. Faune.
La couche à sépultures contenait de nombreux ossements se rap
portant aux espèces suivantes :
Canis familiaris Linné. Un maxillaire inférieur droit privé de
toutes ses dents et de la partie supérieure de la branche montante.
A appartenu à un chien de faible taille .
Sas scrofa L. (assez abondant). Nombreuses dents, fragment de
maxillaire supérieur et portion antérieure de maxillaire inférieur.
Equns caballus L. (rare). Une molaire supérieure, une molaire
inférieure, une incisive, une canine et 2e phalange du pied.
Bos taiirus L. (très abondant). Un grand nombre de dents, fragments
de maxillaires supérieur et inférieur et un astragale. L'ensemble
dénote des individus de taille moyenne.
Cervus elaphus L. (assez rare). Deux molaires et une prémolaire
supérieures, une prémolaire inférieure (Pm2) fixée à un morceau de
mandibule, une incisive et plusieurs fragments de bois.
Ovis sp. (abondant). Nombreuses dents et deux fragments de
maxillaires inférieurs dont l'un a appartenu à un jeune individu.
Capra hircns L. Morceau de corne.
La même couche nous a livré, en outre, les mollusques sui
vants (1) :
Helix du groupe cespiluni Draparnaud. Un exemplaire adulte. (helicigona) lapicida Linné. Un exemplaire non
Hijalinia sp. Un exemplaire.
En terminant l'étude de cet intéressant gisement, nous faisons
remarquer que nous n'avons pas encore atteint le sol naturel de la
grotte. Nous avons seulement effectué un léger sondage dans les
dépôts qui s'étendent au-dessous de la couche à sépultures et nous
avons pu constater que les terres traversées par ce sondage étaient
vierges de tout vestige préhistorique. Malgré cela, nous ne pouvons
pas affirmer qu'il n'existe pas dans de plus grandes profondeurs un
(1) Dans les couches tout, à fait supérieures de la grotte, M. C. Chatelet, d'Avi
gnon, a recueilli un exemplaire d'Hélix (murella) orgonensis Ph. adulte, qui figure
actuellement dans sa belle collection de malacologie. Ou sait que cet Helix ne se
trouve, en France, qu'à Orgon (15. -du Rh.), sur les escarpements rocheux de N.-D.
de lîeaiiregard. Su présence à la giolte de Saze est donc difficile à expliquer et
mérite d'être signalée. SOCIÉTÉ PRÉH1STU1UQÚE FRANÇAISE 29Í
autre niveau archéologique. Les blocs énormes que nous avons
constamment rencontrés ont été pour nous un sérieux obstacle. Us
ont rendu notre travail particulièrement pénible et nous ont empêché
de poursuivre nos fouilles jusqu'au véritable sol.
II. — Grotte François.
Située à environ 800 mètres au nord-est de la précédente, dans le
même massif montagneux, cette grotte est également creusée dans
l'hauterivien, aux pieds d'un rocher abrupt qui couronne une pente
très inclinée. C'est une simple excavation, étroite à l'entrée et qui
s'élargit en une petite salle de 5 mètres de longueur sur 2m50 de lar
geur et lm80 environ de hauteur. Près de l'entrée, à l'intérieur,
s'ouvre dans la paroi droite une cavité de lm50 de longueur, dirigée
vers le nord-est et presque parallèle au grand axe de la grotte.
C'est également Nicolas (1) qui, en 1880, a exploré la grotte Franç
ois dont il a complètement remué la terre, à part quelques lambeaux
demeurés intacts dans la partie terminale et dans la cavité de droite
signalée plus haut. Il recueillit de nombreux fragments de poteries,
une anse creuse, deux morceaux de bronze et deux valves perforées,
appartenant à Cavdium aculeatum L. et à Pectunculus sp. (non déter
miné).
En 1925 j'ai entrepris de fouiller les lambeaux de terre demeurés
vierges. Dans le fond de la grotte, l'épaisseur de la couche était de
0m80. En ce point la partie supérieure du dépôt ne contenait aucun
vestige ancien ; par contre à 0"'60 de profondeur, j'ai pu dégager
quelques os humains, ainsi qu'un grand nombre de dents, le tout
reposant sous quelques pierres plates de calcaire néocomien, dans le
même désordre qu'à la grotte de Saze. Quelques fragments de pote
ries se trouvaient mélangés aux ossements ainsi qu'un maxillaire de
Lynx.
Dans l'anfractuosité qui s'ouvre à droite, j'ai rencontré des osse
ments d'adultes, toujours sans aucune connexion, une mandibule
assez bien conservée, une pendeloque et un grand nombre de frag
ments de poteries. Le criblage des terres remuées par Nicolas, m'a
donné, en outre, une grande quantité de dents humaines, une
valve de pectunculus perforée au sommet et cinq fragments de
bronze ou de cuivre.
Céramique. — Elle est assez semblable, comme pâte et comme
technique, à la céramique courante et grossière de la grotte de Saze,
mais les formes sont peu variées ; la majeure partie des fragments
indique des récipients à fond plat et à anses creuses largement
il) Nicolas (H.).— Op. cit. p. 490,491. 292 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE
ouvertes. La poterie line et lustrée est absente (1), et les décors,
assez communs dans l'autre grotte, font également défaut. Deux
fragments seulement, offrent de petits mamelons façonnés sur le col
légèrement évasé d'un vase à panse arrondie. L'ensemble dénote une
industrie relativement grossière qui pourrait paraître plus ancienne
que celle de la grotte de Saze si l'on ne tenait compte de la forme
récente des anses creuses, des fonds plats à bourrelet et surtout de
la présence, dans la môme couche, de plusieurs fragments de
bronze.
Objets divers et objets de parure. — Dans les terres de dé
blai se trouvaient cinq fragments de bronze ou de cuivre, dont trois
sont des morceaux de tiges ayant appartenu probablement à des
épingles.
Fig. 2. — a Fragment de poterie à impressions digitales. Grotte de Saze
(1/2 gr. nat.) ; b Os perforé. Grotte François (3/4 gr. nat.) ; с Pendeloque en
test de coquille. Grotte François (3/4 gr. nat.).
Au fond de la grotte, j'ai recueilli l'objet le plus curieux de ce mobil
ier. C'est un fragment d'os de petit animal portant trois perforations
irrégulières, espacées par un intervalle de 0m01 (fig. 2, b). Le pour
tour de ces ouvertures est taillé en biseau ; toute la surface externe
de l'os porte des traces légères de polissage et, au voisinage de la per
foration centrale, se montre une rainure formée par la réunion de
plusieurs coups de silex bien apparents. L'extrémité supérieure est
nettement sciée, mais il n'est pas permis de se rendre compte du tra
vail de l'extrémité inférieure, celle-ci étant cassée depuis longtemps.
L'usage de cet objet, qui donne un peu l'impression d'un fragment
de flute, est très difficile à déterminer, et il est plus prudent de n'en
faire qu'une simple description.
Les objets de parure comprennent une valve dun petit pectunculm
(1) Je n'en ai recueilli aucun fragment et Nicolas n'en mentionne pas.